L’Indicateur de santé publique déploie six nouveaux indicateurs sur le bien-être des jeunes

Le bien-être des jeunes Québécois à l’adolescence présente un portrait contrasté. C’est ce que révèlent les six nouveaux indicateurs déployés dans l’Indicateur de santé publique de l’Institut national de santé publique du Québec. Tirées de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire, les données montrent que plusieurs indicateurs liés à la santé mentale et au soutien social se sont détériorés entre 2016-2017 et 2022-2023, bien que la pandémie ait pu rendre les résultats du dernier cycle particulièrement atypiques.  

La consommation de drogues, quant à elle, poursuit sa tendance à la baisse. Les données illustrent aussi le rôle protecteur du soutien social chez les jeunes contre la violence et l’abus des drogues.

Un soutien social moins élevé qu’auparavant

L’enquête révèle d’abord un recul de 10 points de pourcentage du soutien social élevé chez les élèves du secondaire, passant de 63% à 53% sur la période à l’étude. Cette baisse est particulièrement marquée chez les filles avec des taux de 65% en 2016-2017 versus 52% en 2022-2023. Malgré cette tendance, la famille demeure la principale source de soutien pour les jeunes, tant chez les garçons que chez les filles. Les amis, de même que les milieux scolaire et communautaire, viennent compléter ce réseau essentiel à leur développement.

Une santé mentale affaiblie, surtout chez les filles

Parallèlement, la proportion de jeunes présentant une santé mentale florissante a également diminué au cours de la même période. Alors qu’elle se chiffrait à 47 % en 2016-2017, elle chute à 37 % en 2022-2023. Là encore, les filles sont davantage touchées par cette baisse avec un taux passant de 44 à 29 %.

Les résultats soulignent par ailleurs l’importance de certains facteurs de protection. Les jeunes qui pratiquent une activité physique régulière et qui bénéficient d’un soutien social soutenu affichent généralement une meilleure santé mentale.

Une image corporelle de moins en moins appréciée

L’image corporelle constitue également un enjeu important. En 2022-2023, seulement 40 % des élèves du secondaire se disent satisfaits de leur apparence physique, comparativement à 50 % en 2010-2011.

Les préoccupations diffèrent selon le sexe. Parmi les filles insatisfaites de leur apparence, la majorité souhaiterait être plus mince. Chez les garçons, l’insatisfaction se partage également entre le désir de perdre du poids et celui d’avoir une carrure plus musclée.

Une diminution marquée de la consommation de drogues

Du côté des habitudes de consommation, les données montrent toutefois des avancées encourageantes. La consommation de drogues autres que le cannabis a été réduite de moitié depuis 2010-2011. La proportion des élèves ayant déclaré leur usage au cours des 12 mois précédents est passée de 12 à 6 %.

La nature des substances consommées a également évolué. Alors que la MDMA (ecstasy) figurait parmi les drogues les plus utilisées en 2010-2011, ce sont désormais les médicaments non prescrits qui occupent le premier rang.

Le cannabis poursuit son recul

La consommation de cannabis est elle aussi en diminution. Le taux de jeunes ayant consommé cette substance au cours de la dernière année est de 16 % en 2022-2023, alors qu’il s’affichait à 25 % en 2010-2011.

Les données mettent également en lumière l’effet protecteur du milieu familial. Seulement 13 % des jeunes bénéficiant d’un soutien familial élevé déclarent avoir consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois, comparativement à 24 % de ceux recevant un soutien faible ou moyen.

Violence et cyberintimidation : une réalité encore bien présente

L’enquête met également en évidence la persistance de la violence et de la cyberintimidation. En 2022-2023, 41 % des élèves du secondaire affirment avoir été victimes de violence à l’école ou sur le chemin de l’école, ou encore de cyberintimidation au cours de l’année précédente. Cette situation est plus fréquente chez les élèves des premières années du secondaire que chez ceux des niveaux plus avancés. 

Une fois de plus, le soutien familial apparaît comme un facteur déterminant. Les jeunes qui bénéficient d’un fort appui de leur famille rapportent moins souvent avoir été touchés par la violence scolaire ou la cyberintimidation.

Pour des données détaillées, consultez l’Indicateur de santé publique.

11 août 2026