Le Laboratoire de santé publique du Québec effectue une percée dans la virologie des moustiques
Une récente étude du Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) établit pour la première fois un portrait complet des virus présents chez les moustiques au Québec. Grâce à une technique de pointe appelée séquençage métagénomique, les chercheurs ont été en mesure d’identifier des virus spécifiques connus comme pathogènes. Ils ont pu aussi détecter tous ceux présents sur des collections archivées de moustiques provenant d’un ancien programme provincial de surveillance entomologique du Québec.
Ce travail fait suite à une étude réalisée en 2019 qui décrivait la co-circulation de plusieurs variants distincts du virus du Nil occidental au Québec, de 2005 à 2016. Cette nouvelle étude constitue la première du genre au Québec.
La méthode utilisée révèle une diversité virale insoupçonnée avec près de 60 espèces, dont le virus du Nil occidental (VNO), celui de l’encéphalite équine de l’Est (EEEV) ou celui du lièvre variable, qui peuvent affecter les humains et les animaux. Les chercheurs ont aussi découvert un tout nouveau virus jamais décrit auparavant, chez une espèce de moustique appelée Culex pipiens. Au-delà de cette découverte, l’étude illustre concrètement l’intérêt de la métagénomique comme outil précieux pour compléter les méthodes de dépistage actuelles. En outre, il permettra de mieux surveiller les maladies transmises par les moustiques, dans un contexte où les changements climatiques risquent d’accroître l’exposition humaine à ces virus.
Ce travail démontre l’importance de l’utilisation de méthodes novatrices, comme le séquençage métagénomique, pour la surveillance d’arbovirus déjà établis au Québec.
Bien que l’étude porte sur des échantillons datant d’avant 2016, elle révèle le potentiel de ces nouvelles méthodes de caractérisation. Alors que plusieurs pics de cas humains de VNO ont été observés au Québec depuis 2018 et avec l’apparition récente des premiers cas humains d’EEEV en 2024, cette étude représente une base utile pour orienter de futurs programmes de surveillance entomologique en continu au Québec et au Canada. Elle comble aussi un vide géographique documenté, les régions tempérées nordiques demeurant largement sous-représentées dans la littérature mondiale sur les virus infectant les moustiques.