Suivre le logement comme déterminant de santé, sans stigmatiser certains groupes
Le Comité d’éthique en santé publique (CESP) recommande que le Plan national de surveillance (PNS) de santé publique s’assure de recueillir les informations sur les populations plus vulnérables en matière de logement en évitant de stigmatiser certains groupes.
Le ministère de la Santé et des Services sociaux a déjà reconnu l’importance du logement comme déterminant de la santé. À partir de travaux de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), l’équipe du PNS a récemment soumis un projet de bonification de la surveillance du déterminant logement au CESP, qui rend aujourd’hui son avis sur le sujet.
Les préoccupations éthiques
Selon l’équipe responsable, le rehaussement de la surveillance du déterminant logement soulève différentes préoccupations éthiques. Elle souhaite mettre en lumière les enjeux concernant les groupes défavorisés, mais en évitant de renforcer des perceptions négatives ou des préjugés à l’égard de certains groupes, particulièrement ceux défavorisés économiquement ou socialement.
La réponse du CESP
Le CESP remarque que les sources de données pour documenter le logement social abordable restent à déterminer. Cela pourrait faire en sorte qu’une part importante de personnes en situation de vulnérabilité échappe à la surveillance. Les responsables de la surveillance devront aussi jauger l’utilité de la diffusion de certaines données à un large auditoire. Selon le CESP, il faut privilégier leur partage auprès d’acteurs ciblés afin de favoriser les actions de proximité auprès des personnes concernées.
Le CESP ajoute qu’au-delà de la surveillance, la crise actuelle du logement nécessite le développement de la recherche dans ce domaine. Elle requiert aussi des plans d’action ou de concertation plus larges mettant à contribution les municipalités et les politiques qui touchent le logement en général. Le CESP souligne également l’urgence d’agir en concertation, étant donné le contexte.
À propos du Plan national de surveillance de santé publique
La Loi sur la santé publique stipule « que soit effectuée une surveillance continue de l’état de santé de la population en général et de ses facteurs déterminants afin d’en connaître l’évolution et de pouvoir offrir à la population des services appropriés ». Cette exigence a mené à la création du Plan national de surveillance en santé publique. Avec pour objectif de mettre en œuvre une démarche concertée portant sur le logement en tant que déterminant de la santé, la Table nationale de santé publique a approuvé en 2022 la création d’un groupe de travail tripartite sur le logement avec une représentation des 18 régions du Québec et de l’INSPQ.