Des pistes pour améliorer et maintenir la vigie des eaux usées
Un article scientifique, Tracking SARS-CoV-2 transmission: evaluation of the Québec wastewater surveillance program, rédigé par une équipe de l’Institut national de santé publique du Québec recommande de poursuivre l’expérimentation et l’utilisation de la vigie des eaux usées pour améliorer ses résultats et ainsi mieux soutenir les décisions en santé publique. Le programme québécois analysait des échantillons d’eaux usées dans 13 régions sanitaires du Québec pour y déceler la présence du virus de la COVID-19.
Cette technique mise à profit pendant la pandémie a démontré un vaste potentiel. Dans cet article scientifique, les autrices et auteurs soulignent que les données issues des eaux usées, combinées à celles des tests de dépistage et des consultations médicales, ont accru la capacité de la santé publique à suivre la progression du SRAS-CoV-2.
Pour améliorer son suivi de la progression des maladies, le programme pourrait définir des objectifs clairs, adaptés aux microorganismes ciblés. Par exemple, pour un virus comme le SRAS-CoV-2 responsable de la COVID-19, il est approprié de suivre des charges virales pour en comprendre sa progression dans le temps, tandis que pour la rougeole, le suivi consiste plutôt à vérifier sa présence ou son absence.
L’évaluation de la vigie démontre que les instances de santé publique reconnu la valeur du programme. Elles ont toutefois indiqué qu’il deviendrait encore plus utile s’il permettait une détection plus rapide des tendances épidémiologiques. Dans le cas de la COVID-19, ces données ont directement influencé certaines décisions, notamment les recommandations concernant le port du masque.
Les autrices et auteurs de l’article recommandent une évaluation périodique de la vigie des eaux usées. Un tel suivi garantirait la pertinence, la réactivité et l’efficacité du programme à répondre aux impératifs de la santé publique tout en favorisant l’avancement des connaissances scientifiques.
La vigie des eaux usées constitue une voie d’avenir pour protéger la population par la détection de menaces sanitaires. Elle pourrait notamment soutenir la mise en œuvre appropriée des campagnes de vaccination. Cette méthode permet par exemple d’identifier des pathogènes responsables d’infections respiratoires et de suivre les tendances de consommation de substances psychoactives.
Pour consulter l'article scientifique : C. Jobin, M. Dubé, F. Bouchard, F. Lamothe, L. Duquesne & C. Huot. Tracking SARS-CoV-2 transmission: evaluation of the Québec wastewater surveillance program, International Journal of Environmental Health Research, novembre 2025.