Analyse des ventes de produits de vapotage et de tabac au Québec à la suite de l’interdiction des liquides aromatisés de vapotage
Le 31 octobre 2023, le gouvernement québécois a interdit la vente de liquides de vapotage aromatisés (à l’exception de la saveur de tabac). Cette mesure visait à diminuer l’attrait des produits de vapotage chez les jeunes. En effet, selon les données de l’Enquête québécoise sur le tabac et les produits de vapotage (EQTPV) de 2023, la proportion de Québécois ayant fait usage d’un produit de vapotage au cours des 30 jours précédents était de 14 % chez les 15-17 ans, 21 % chez les 18-19 ans et 23 % chez les 20-24 ans, comparativement à 9 % chez les 25-44 ans, 3 % chez les 45-64 ans et 1 % chez les 65 ans et plus. Les saveurs sont en partie responsables de l’attrait de ce produit, en particulier chez les adolescents et les jeunes adultes qui ne fument pas.
Quel effet sur les ventes des produits de vapotage et de tabac?
Le présent rapport analyse les données de ventes des produits de vapotage et de tabac dans plus de 1 600 dépanneurs et stations d’essence au Québec avant et après l’interdiction.
Les données suggèrent que les ventes de produits de vapotage ont beaucoup diminué dans ces commerces à la suite de l’interdiction des liquides aromatisés de vapotage. En effet, les ventes de liquides aromatisés aux saveurs de fruits, de menthe et de menthol, qui dominaient le marché avant leur interdiction, ont pratiquement cessé après le 31 octobre 2023. La vente de liquides aromatisés de vapotage à la saveur de tabac ou sans saveur a augmenté, mais n’a pas compensé la diminution des ventes des autres saveurs.
L’analyse des ventes de produits du tabac recueillies dans les mêmes commerces et dans plus de 900 épiceries et supermarchés démontre que les ventes de produits de tabac n'ont pas augmenté à la suite de l'interdiction de vente de liquides aromatisés de vapotage. Ces résultats vont dans le sens de ce qui a été suggéré dans d’autres études, soit que peu de vapoteurs se tourneraient vers la cigarette à la suite de l’interdiction des liquides aromatisés de vapotage.
Pour un portrait plus complet
D’autres sources de données indiquent que l’entrée en vigueur du règlement au Québec aurait été suivi d’une diminution de l’usage des produits de vapotage, notamment chez les jeunes. Toutefois, des données de sondage recueillies auprès d’adultes québécois qui vapotent, environ un an après l’entrée en vigueur de l’interdiction des liquides de vapotage aromatisés, suggèrent que la consommation de saveurs interdites de liquide de vapotage demeure à un niveau élevé. Cela porte à croire que des liquides aromatisés seraient toujours accessibles par des canaux d’approvisionnement autres que ceux répertoriés dans l’étude.
Les données analysées ne couvrent pas les commerces indépendants, les bannières non-participantes, ni les boutiques spécialisées de vapotage. Elles ne permettent pas non plus de documenter l’ampleur de l’usage de rehausseurs de saveurs, soit des liquides aromatisés sans nicotine permettant aux personnes qui vapotent de continuer à consommer des liquides aromatisés.
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