Pleurs du nouveau-né
Tous les bébés pleurent et c’est normal. Certains pleurent plus que d’autres. Cela dépend, entre autres, de leur tempérament (voir Le tempérament).
Les pleurs ont tendance à augmenter à partir de la deuxième semaine de vie. Ils atteignent leur maximum vers la sixième semaine. Ils diminuent généralement vers le troisième ou le quatrième mois.
Il peut être difficile de comprendre pourquoi un nouveau‑né pleure. C’est en passant du temps avec lui que vous apprendrez à reconnaître ce que ses pleurs veulent dire. Par exemple : il a faim, il est fatigué, il a besoin de faire un rot, sa couche est sale, il a besoin d’affection.
Vous apprendrez également comment apaiser les pleurs de votre bébé. Ses réactions vous permettront de savoir ce qui lui fait du bien et ce qu’il n’aime pas.
Pendant les neuf premiers mois, votre bébé n’a pas la notion du temps. Il a besoin que vous vous occupiez de lui rapidement quand il pleure. C’est normal de trouver cela exigeant.
Consoler un bébé lorsqu’il pleure ne risque pas de le gâter. Au contraire, il apprend que vous prêtez attention à ses besoins.
Parfois, malgré vos efforts, vous ne réussirez pas à savoir pourquoi votre bébé pleure. Il est important de demeurer calme. Autant que possible, restez auprès de votre enfant. Il développe ainsi son sentiment de confiance et de sécurité envers vous (voir L’attachement).
Cela dit, même s’il pleure, bébé peut être déposé dans un endroit sécuritaire, si vous avez besoin d’un peu de temps ou si vous sentez que vous allez perdre votre calme (voir l’encadré ci-dessous Vous sentez que vous perdez votre calme).
Pleurs intenses (coliques)
Tous les bébés peuvent pleurer beaucoup par moments, qu’ils soient nés à terme ou prématurés, allaités ou nourris au biberon.
Certains bébés pleurent plus de trois heures par jour, surtout en fin de journée, et paraissent inconsolables. Pendant une crise de pleurs, ils peuvent sembler avoir mal : leur visage est rouge, leurs poings sont fermés et leurs cuisses repliées sur leur ventre tendu. Ils peuvent avoir des gaz, car en pleurant, ils avalent de l’air.
Ces épisodes de pleurs intenses, souvent appelés coliques, sont tout à fait normaux. Ils sont rarement associés à un problème de santé et n’ont pas de conséquences à long terme pour le bébé.
Que faire?
Assurez-vous que les besoins de bébé sont comblés et qu’il n’a pas d’autres signes inquiétants (voir l’encadré rouge ci-dessous)
- Vous pouvez essayer différentes techniques pour l’apaiser :
- Rechercher un environnement calme et diminuer les sources de lumière.
- Mettre une musique douce, un bruit de fond ou lui parler doucement.
- Le masser, le caresser ou le toucher, par exemple en le plaçant peau à peau contre votre ventre, à la chaleur.
- Lui offrir le sein, dans le cas où le nouveau‑né est allaité. Beaucoup de bébés se calment en prenant le sein : celui‑ci peut aussi bien consoler que nourrir.
- Bouger avec lui, le bercer ou le promener en poussette, en auto ou dans un porte‑bébé.
- Lui donner un bain. Certains bébés sont apaisés par l’eau.
- Placer votre bébé à plat ventre sur votre avant‑bras, son dos contre votre ventre, sa tête dans le creux de votre coude et votre main entre ses jambes. C’est souvent une position apaisante pour le bébé (voir photo ci-dessus).
Il faut garder en tête que si une façon d’apaiser bébé a réussi une fois, elle peut ne pas fonctionner la fois suivante.
En général, les médicaments et les produits de santé naturels contre les « coliques » ne sont pas recommandés. Parlez‑en avec un professionnel de la santé avant d’en donner à votre bébé.
De façon générale, les pleurs intenses qui devraient vous alerter sont accompagnés d’autres signes. Par exemple, vous devriez consulter un professionnel de la santé si, en plus d’être inconsolable, votre bébé :
Il reste inconsolable...
Ne secouez jamais un bébé ou un jeune enfant. Cela peut entraîner de graves blessures, voire la mort. Déposez-le et demandez de l’aide.
La période des pleurs intenses est un moment difficile à traverser pour toute la famille. Il est normal de ressentir de l’incompréhension, de l’impuissance, de l’irritation et de la frustration.
Si vous avez essayé des techniques pour apaiser votre bébé pendant plusieurs jours et qu’il reste souvent inconsolable, ou si vous avez des inquiétudes sur ses pleurs, n’hésitez pas à consulter un professionnel de la santé.
Vous sentez que vous allez perdre votre calme
Si vous sentez que vous perdez votre calme, vous pouvez essayer de vous faire remplacer auprès de bébé le temps de vous reposer. Lorsque vous reviendrez, vous serez plus calme et plus en mesure de le consoler.
Si vous ne trouvez personne pour prendre la relève, mettez votre enfant dans un endroit sécuritaire, comme son lit, fermez la porte et éloignez‑vous de la pièce quelques instants. Vous avez besoin d’une pause, c’est normal. Revenez toutes les 10 minutes pour vérifier que votre bébé est toujours en sécurité, mais ne le reprenez pas dans vos bras tant que vous n’avez pas retrouvé votre calme. Vous évitez ainsi les comportements impulsifs, blessants ou violents.
Si vous avez de la difficulté à retrouver votre calme, vous pouvez appeler Info‑Social (811) pour avoir de l’aide rapidement.
Si vous vous sentez fatigué, dépassé et impatient en général avec votre enfant, n’hésitez pas à aller chercher du soutien (voir Le soutien).
Spasme du sanglot
À partir de l’âge de 6 mois, certains bébés peuvent pleurer jusqu’à cesser de respirer quelques secondes et à perdre brièvement connaissance. L’enfant peut alors devenir bleu ou pâle. Ce type d’épisode, que l’on appelle spasme du sanglot, est involontaire de la part du bébé qui fait face à une situation déplaisante.
Il est normal d’être inquiet si cette situation survient. Rassurez‑vous, ce n’est pas dangereux pour la santé de votre enfant. Gardez votre calme, restez auprès de lui et rassurez‑le. En effet, votre enfant reprendra vite son souffle de lui‑même. Cependant, si cela se produit avant l’âge de 6 mois ou si le spasme dure plus d’une minute, parlez-en à son médecin.