Prendre la décision d’allaiter

Réfléchir à la manière de nourrir son enfant est une étape tout aussi importante que de se préparer à l’arrivée du bébé et à l’accouchement. Afin de prendre une décision, plusieurs familles souhaitent en savoir plus sur l’allaitement, sur sa mise en place et sur les défis possibles. Les pages qui suivent vous donnent des informations pour vous accompagner dans votre prise de décision.

Les raisons sont variées pour allaiter. Plusieurs allaitent pour le côté pratique d’un lait toujours prêt. D’autres y voient une façon de poursuivre le lien qui s’est développé entre elles et leur bébé pendant la grossesse. Pour d’autres encore, les bénéfices de l’allaitement pour la santé de la personne qui allaite et de l’enfant peuvent être au coeur de la décision. Faites-vous confiance, car vous êtes la meilleure personne pour savoir de quoi votre bébé a besoin.

Connaître les raisons qui vous motivent à allaiter, avant même la naissance de votre bébé, pourra vous aider tout au long de votre expérience d’allaitement.

Questionnez-vous sur ce qui est important pour vous et votre famille, en fonction de vos valeurs et de votre situation. Questionnez‑vous aussi sur vos intentions d’allaitement. Réfléchissez à la manière de vous préparer pour faire face aux défis qui pourraient se présenter.

C’est possible d’allaiter un bébé que vous n’avez pas porté. Il existe plusieurs protocoles pour démarrer la production de lait sans avoir vécu une grossesse. Si cela vous intéresse, renseignez-vous auprès de vos médecins ou professionnels de la santé, idéalement plusieurs mois avant l’arrivée de votre bébé, puisque certains protocoles peuvent être longs à réaliser.

Allaitement et santé

Le personnel de la santé de partout dans le monde recommande que les bébés soient nourris uniquement de lait maternel les six premiers mois de leur vie. Au Canada, la Société canadienne de pédiatrie, les Diététistes du Canada et Santé Canada appuient aussi cette recommandation. Ensuite, quand l’enfant mange, on conseille de poursuivre l’allaitement jusqu’à ce qu’il ait deux ans ou plus.

Le lait humain contient des anticorps et d’autres éléments qui aident le système immunitaire du bébé allaité à se défendre contre certaines maladies. Plus le bébé reçoit de ce lait, plus grand est cet effet protecteur. La protection se poursuit même après la fin de l’allaitement.

Les bébés allaités ont moins de risques de souffrir de maladies comme la diarrhée, l’otite, le rhume et la bronchiolite. Même lorsqu’elles surviennent, ces maladies sont moins graves chez les bébés allaités. Ceux-ci ont moins de risques de mort subite du nourrisson et sont mieux protégés contre certaines maladies chroniques (ex. : obésité, diabète).

L’allaitement retarde le retour des menstruations. À court terme, l’allaitement réduit les risques d’anémie et à long terme, il réduit les risques de diabète ou de développer un cancer du sein ou de l’ovaire.

La plupart des médicaments, y compris les hormones, sont compatibles avec l’allaitement. Si vous en prenez, parlez-en avec l’équipe qui suit votre grossesse avant la naissance du bébé.

Quand vous êtes malade, l’allaitement demeure recommandé. Toutefois, en présence de fièvre, de toux, d’un mal de gorge ou de congestion nasale, il est important de prendre certaines précautions. Pendant la durée des symptômes, il est préférable de porter un masque pendant l’allaitement. En tout temps, il est important de se laver les mains avant de nourrir l’enfant.

Allaiter, un geste qui s’apprend

Les débuts de l’allaitement sont aussi les débuts de la vie avec votre bébé. Se préparer aux réalités de l’allaitement et des premiers jours avec votre bébé vous aidera à faire face aux surprises et aux moments de découragement.

L’allaitement est un geste qui s’apprend avec la pratique, pour vous comme pour votre bébé. Avant l’arrivée du bébé, on apprend la théorie. Ensuite, on commence à pratiquer; c’est là qu’on s’aperçoit que ce n’est pas toujours simple.

Avoir fait un premier contact avec des personnes‑ressources en allaitement, sur qui vous pourrez compter en cas de difficultés, peut s’avérer réconfortant et utile par la suite.

Petit à petit, au fil des jours et des tétées, vous deviendrez tous les deux plus habiles. Puis, éventuellement, vous le ferez sans y penser. Quand ça devient facile, c’est là que le plaisir commence.

Vous pouvez avoir besoin de quatre à six semaines pour vous sentir à l’aise dans l’allaitement. Il est possible que ce soit plus rapide, ou plus long. Pendant cette période, vous et votre partenaire trouverez une façon de faire équipe dans cet apprentissage.

En cas de questions ou de difficultés, on a souvent besoin d’information, de soutien et d’encouragements. N’hésitez pas à faire appel à des personnes sur qui vous pouvez compter. Des personnes clés de votre entourage ou des ressources en allaitement existent (voir L’importance d’un réseau de soutien).

Craintes courantes et difficultés possibles durant l'allaitement

Certaines personnes ont l’impression que l’allaitement est quelque chose de naturel et facile, et peuvent se sentir déstabilisées par les difficultés rencontrées. Rassurez-vous, la plupart des difficultés sont temporaires et des solutions existent.

Bien qu’il soit compréhensible d’avoir des craintes par rapport à l’allaitement, sachez que la plupart de ces craintes proviennent de croyances populaires ou de mythes. La crainte de ne pas être capable, de ne pas avoir assez de lait, d’avoir mal aux mamelons, de ne pas pouvoir manger de tout, que l’autre parent ou l’entourage ne puisse pas contribuer aux soins du bébé ou que l’allaitement déforme les seins sont parmi les raisons souvent nommées. Discutez-en avec une personne formée en allaitement.

Les premières semaines de l’allaitement peuvent toutefois comporter quelques défis, tels que : l’engorgement, la douleur ou les blessures aux mamelons, les tétées très fréquentes (voir Tétées groupées), le positionnement au sein difficile, l’inquiétude au sujet de la production de lait ou des pleurs du bébé. La plupart de ces difficultés sont temporaires, et des solutions existent (voir Difficultés courantes de l’allaitement).

Si vous désirez vous préparer ou si vous avez des inquiétudes, n’hésitez pas à prendre contact avec une personne formée en allaitement. Dès la grossesse, vous pouvez contacter une marraine d’allaitement ou une professionnelle du CLSC de votre région. Vous aurez des outils pour surmonter les défis, s’ils se présentent.


Dernière mise à jour :
17 février 2026