Encadrement de l'enfant

Le cadre que vous offrez à votre enfant comprend la routine et des limites. Tout enfant a besoin de cet encadrement. Offrez‑lui une routine et des limites que vous trouvez adaptées à son âge et à ses besoins.

Vos efforts quotidiens pour maintenir le cadre aideront votre enfant pour les années à venir.

Il est préférable que le cadre soit appliqué de manière similaire par les différents membres de la famille.

Copyright: Florence Dion-Morin
Avoir une routine et respecter des limites aide l’enfant dans son développement.

Mettre en place une routine

La routine est un ensemble d’habitudes ou d’actions qui se répètent de manière régulière dans le quotidien de l’enfant. Elle est établie graduellement. Elle est différente pour chaque famille.

Votre enfant aime que les choses se répètent à peu près dans le même ordre (ex. : bain, histoire, dodo). Il aime aussi que certains gestes et certaines activités se ressemblent d’une journée à l’autre. Vous pouvez par exemple chanter la même chanson ou raconter la même histoire avant le coucher.

La routine calme et rassure votre enfant.

L’enfant a besoin d’une routine qui l’aide à comprendre ce qui se passe et ce qui va se passer. Cela le rassure et le calme. Il est alors plus disposé à être en relation avec vous et à se développer.

Il est normal que les étapes de la routine ne se produisent pas exactement aux mêmes heures chaque jour. Il est également normal de ne pas respecter la routine dans certains contextes.

Mettre des limites

Même s’il peut être difficile de mettre des limites, votre enfant en a besoin. En tant que parent, vous le préparez à la vie à l’extérieur de la maison (ex. : garderie, famille élargie), où il devra tolérer d’autres limites et suivre d’autres règles.

Le but des limites

Les limites permettent à l’enfant de se sentir en sécurité et en confiance. Elles l’aident aussi à comprendre ce qui est attendu de lui.

Votre enfant a besoin de limites pour se sentir en sécurité et en confiance, même si cela peut le fâcher. Il apprendra peu à peu à tolérer les frustrations.

Les limites sont nécessaires pour l’empêcher de se faire mal. Elles lui permettent de prendre conscience du danger. Par exemple, lorsque votre enfant commence à marcher et qu’il s’approche d’un escalier, il doit vous tenir la main.

Les limites permettent aussi à votre enfant d’apprendre peu à peu à respecter les personnes et son environnement. Par exemple, même si votre enfant est capable d’utiliser des crayons, il ne peut pas dessiner partout dans la maison.

Comment mettre des limites?

Au début, vous mettez des limites en rendant l’environnement sécuritaire (ex. : vous placez une barrière dans le haut de l’escalier) (voir Aménager un environnement sécuritaire). Peu à peu, votre enfant comprend aussi vos consignes. Vers l’âge de 1 an, il se met à comprendre des règles très simples (ex. : on ne touche pas au four).

Les phrases que vous dites à votre enfant doivent être courtes et concrètes (ex. : « Donne la main »). Vos consignes et vos attentes évolueront avec l’âge de votre enfant et le développement de son autonomie.

Si votre enfant ne semble pas comprendre, vous pouvez faire des gestes (ex. : bouger la main pour dire « Viens ») ou montrer le comportement attendu (ex. : flatter un chat sans le taper).

Parfois, même si votre enfant comprend une consigne, il peut ne pas la respecter. Il ne contrôle pas encore ses impulsions. Il a aussi besoin de valider les limites qu’il est en train d’apprendre. Pour l’aider, maintenez la même consigne dans des contextes différents (ex. : il ne doit pas taper ses parents et il ne doit pas taper non plus les autres personnes). Essayez aussi de réagir de la même façon aux mêmes comportements (ex. : vous lui dites de parler doucement chaque fois qu’il crie).

Lorsque vous mettez des limites de façon constante, votre enfant a plus de facilité à les respecter. Votre enfant apprendra graduellement à respecter les règles avec votre aide et en observant comment les autres se comportent autour de lui.

Les parents ne mettent pas tous les limites de la même façon. N’hésitez pas à partager votre point de vue sur l’encadrement avec l’autre parent (voir La coparentalité).

Quoi faire quand il ne respecte pas les limites?

Une bonne façon d’aider votre enfant lorsqu’il ne respecte pas une consigne, c’est de le diriger vers une autre action ou une autre activité. Par exemple, s’il essaie d’arracher les feuilles d’une plante, vous pouvez lui dire « non » calmement et le diriger vers un jeu qu’il aime. Selon son niveau de compréhension, vous pouvez expliquer : « on regarde la plante, on ne tire pas les feuilles ».

Si votre enfant réagit à une limite, nommez son émotion (ex. : « Je vois que ça te fâche »). À son âge, il n’est pas encore capable de reconnaître et de gérer ses émotions seul. Il a besoin de votre aide. C’est au fil des ans qu’il apprendra petit à petit à le faire.

Il est important de reconnaître l’émotion de votre enfant, mais vous devez aussi maintenir les limites. Vous pouvez dire que ce qu’il veut n’est pas possible pour le moment. Rappelez‑vous que vous devrez répéter souvent les mêmes consignes, c’est normal. En restant calme, vous lui montrez un bon modèle de gestion des émotions.

Vous aidez votre enfant en lui montrant et en encourageant les comportements attendus, pas en le punissant. Par exemple, si votre enfant déchire une page d’un livre, vous pouvez lui dire « On est doux avec les livres » et lui montrer comment tourner doucement les pages. Les punitions ne permettent pas à votre enfant de savoir ce que vous attendez de lui.

Si vous avez des questions ou des inquiétudes sur l’encadrement ou l’intensité des réactions de votre enfant, n’hésitez pas à consulter un professionnel de la santé.

La punition physique (ex. : fessées, tapes, coups) et les comportements qui humilient l’enfant (ex. : insultes, dénigrement) nuisent à sa santé, à sa sécurité et à son bien-être. Ces pratiques ne doivent pas être utilisées et elles sont encadrées par des lois québécoises. Pour obtenir de l’aide rapidement, contactez Info-Social (811). Vous pouvez aussi consulter la section Ressources pour les parents.

Quoi faire quand vous êtes en colère?

La plupart des parents trouvent exigeant de placer et de maintenir des limites, surtout lorsque l’enfant ne les respecte pas. Si vous sentez la colère monter en vous, vous pouvez le dire calmement à votre enfant (ex. : « Je sens que je vais perdre patience » ou « J’ai besoin de me calmer »), même s’il ne comprend pas encore.

Vous pouvez demander à quelqu’un d’autre de s’occuper de votre enfant. Vous pouvez aussi vous assurer qu’il est en sécurité (ex. : dans son lit) et quitter la pièce. Au besoin, revenez toutes les 10 minutes pour vérifier que votre bébé est toujours en sécurité. Ne le reprenez pas dans vos bras tant que vous n’avez pas retrouvé votre calme. Vous évitez ainsi les comportements impulsifs, blessants ou violents.

Les cris et les gestes de colère du parent placent l’enfant dans une situation de stress. L’enfant peut être impressionné ou avoir peur devant un visage fâché et une voix forte. Il apprend moins bien ce que vous attendez de lui s’il est stressé. En étant calme, vous gérez mieux la situation et votre enfant garde sa confiance en vous et en lui. Il retient qu’il continue à être aimé, même si vous n’approuvez pas ce qu’il a fait.

Si vous vous êtes emporté, vous pouvez vous excuser auprès de votre enfant, même s’il ne comprend pas encore. Vous lui donnez ainsi un bon modèle.

Si vous avez de la difficulté à retrouver votre calme, vous pouvez appeler Info-Social (811) pour une aide rapide. Si vous vous sentez fatigué, dépassé et impatient en général avec votre enfant, n’hésitez pas à demander du soutien (voir Le soutien).

Encourager votre enfant

Votre enfant est en apprentissage. Il a besoin de votre soutien et de votre patience. Accordez-lui plus d’attention positive que négative, en le félicitant et en l’encourageant. Il est préférable de souligner ses progrès et ses efforts plutôt que de mettre l’accent sur ses difficultés et ses comportements non souhaités.

Vos encouragements le rassurent sur ses capacités et ses compétences. C’est par les expériences qu’il vit au jour le jour que votre enfant bâtira son estime de lui, qu’il se fera une idée positive de sa valeur personnelle. Encourager par un sourire ou un mot doux est bénéfique pour l’enfant dès ses premiers mois.

Vos mots et vos gestes suffisent pour encourager votre enfant. Votre regard compte pour lui. Il est important d’éviter de le récompenser avec de la nourriture ou du temps d’écran : il pourrait se mettre à faire des efforts seulement pour la récompense. Cela pourrait créer de mauvaises habitudes (voir Les écrans).

Il est normal que vous soyez plus encourageant et patient certains jours et d’autres moins. Être parent présente des défis. Vous êtes en apprentissage vous aussi.


Dernière mise à jour :
17 février 2026