Médicaments et personnes aînées

La prise de plusieurs médicaments est très fréquente chez les personnes aînées. Au Québec, ces dernières consomment en moyenne 8 médicaments prescrits différents par année, une tendance stable depuis 2011. L’usage de plusieurs médicaments augmente le risque d’interactions néfastes entre ceux-ci. Il comporte également un risque plus élevé de chutes, d’hospitalisations et de décès, ce qui en fait un enjeu de santé publique.

L’INSPQ surveille, analyse et produit des connaissances sur la polypharmacie - la prise de plusieurs médicaments. Il a notamment réalisé un portrait à ce sujet chez les personnes aînées pour la période de 2000 à 2022. En voici les principaux constats.

Portrait de la polypharmacie

Le tiers (34 %) des personnes âgées de 65 ans et plus consomment 10 médicaments prescrits différents ou plus par année. Cela inclut les personnes qui en consomment 15 différents ou plus par année, soit 14 %. Cette prise de plusieurs médicaments en concomitance – la polypharmacie -, a connu une hausse jusqu’en 2011, suivie d’une période de stabilisation par la suite.

Les femmes, les personnes âgées de 85 ans et plus, celles qui vivent dans des milieux plus défavorisés et celles atteintes de plusieurs maladies chroniques sont plus à risque d’utiliser davantage de médicaments. Pour en savoir plus, consultez notre publication : Vieillissement en santé : Portrait de la polypharmacie chez les personnes aînées au Québec de 2000 à 2022.

Médicaments potentiellement inappropriés

Un médicament est considéré potentiellement inapproprié lorsque les risques qu’il peut entraîner dépassent les bénéfices attendus. La prise de plusieurs médicaments augmente la probabilité qu’un ou plusieurs d’entre eux soient inappropriés.

En 2023, 45 % des personnes aînées faisaient usage d’au moins un médicament potentiellement inapproprié. Cette proportion était encore plus élevée chez les personnes atteintes de plusieurs maladies chroniques, particulièrement celles avec un diagnostic de troubles mentaux, de maladie d’Alzheimer et autres troubles neurocognitifs majeurs de même que le diabète.

Fait encourageant, cette proportion a légèrement diminué depuis 2012. Des mesures comme la déprescription, des campagnes de sensibilisation pour un bon usage des médicaments, ainsi que l’éducation du public concernant les risques associés à la polypharmacie peuvent avoir contribué à cette baisse.

Enfin, l’INSPQ a constaté des changements dans les classes de médicaments consommés. Ainsi, l’usage des benzodiazépines, utilisées pour le sommeil et l’anxiété, a diminué de façon marquée. En revanche, l’usage des inhibiteurs de la pompe à protons pour réduire l’acidité de l’estomac a crû. Pour en savoir plus, consultez notre Portrait des médicaments potentiellement inappropriés chez les personnes aînées au Québec de 2012 à 2022.

Résistance aux antibiotiques

Comme les personnes aînées sont particulièrement vulnérables aux infections, les antibiotiques font partie des médicaments qui leur sont souvent prescrits. Le mauvais usage de ces médicaments contribue cependant au développement de la résistance aux antibiotiques. Au Québec et ailleurs dans le monde, les scientifiques ont observé une augmentation de certaines résistances aux antibiotiques, avec des conséquences importantes pour la santé humaine, la santé animale et l’économie.

Le Système intégré de surveillance des maladies chroniques du Québec (SISMACQ) permet à la fois de repérer les individus atteints de maladies chroniques et de mesurer l’utilisation de médicaments chez les individus couverts par le régime public d’assurance médicaments (RPAM). Pour en savoir plus, consultez notre publication : Impact des maladies chroniques sur les taux d’utilisation des antibiotiques dans la communauté.

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