Maladies chroniques

Les maladies chroniques sont des problèmes de santé de longue durée qui s’étalent souvent sur plusieurs années ou toute la vie et évoluent lentement. En général, elles ne guérissent pas complètement, mais on peut les prévenir, les soulager et même les contrôler pour améliorer la qualité de vie des personnes atteintes. Par exemple, il est possible de modifier ses habitudes et son mode de vie, de prendre des médicaments ou d’adapter ses activités. Pour y parvenir, il est crucial que les différents milieux de vie que l’on fréquente au quotidien facilitent les saines habitudes de vie.

L’INSPQ suit les tendances d’une vingtaine de maladies chroniques dans la population québécoise à partir du Système intégré de surveillance des maladies chroniques du Québec (SISMACQ). Voici quelques exemples :

  • Diabète
  • Hypertension
  • Maladies pulmonaires chroniques (ex. : asthme)
  • Maladies du cœur (ex. : infarctus, angine, insuffisance cardiaque)
  • Maladies vasculaires cérébrales (ex. : hémorragie, attaque cérébrale)
  • Troubles cognitifs sévères (ex. : maladie d’Alzheimer)
  • Polyarthrite rhumatoïde
  • Troubles mentaux : (ex. : schizophrénie, troubles de la personnalité) 

Le SISMACQ permet de quantifier le nombre de personnes ayant reçu un diagnostic de maladie chronique, ainsi que celles vivant avec plusieurs de ces maladies (multimorbidité), et ce, depuis 1996. Avec cette perspective historique, plusieurs aspects peuvent être étudiés, tels que le moment du premier diagnostic, le profil des personnes atteintes selon l’âge et le sexe, leur parcours d’utilisation des services de santé, comme les hospitalisations, leur consommation de médicaments et la mortalité. L’INSPQ collabore avec l’Agence de la santé publique du Canada pour l’étude et la diffusion des données sur les maladies chroniques au Québec.

Le cancer, une maladie chronique?

Pour plusieurs cancers, les chances de survie à la suite d’un diagnostic ont augmenté au cours des dernières décennies. Par conséquent, un nombre croissant de personnes se retrouvent à vivre pendant plusieurs années avec les impacts d’un cancer ou de ses traitements. De nombreux types de cancer partagent donc certains points communs avec les maladies chroniques (longue durée, impact des traitements, etc.). Depuis plusieurs années, le cancer fait l’objet d’une surveillance spécifique à l’INSPQ. Voir notre page Cancer.

Les maladies chroniques sont-elles fréquentes?

En 2023-2024, un peu plus de 3 millions de personnes âgées de 25 ans ou plus au Québec vivent avec une maladie chronique. L’hypertension artérielle (« haute pression »), les maladies cardiaques et les maladies pulmonaires chroniques figurent parmi les plus fréquentes. Consultez notre indicateur sur les maladies chroniques.

Le risque de développer une maladie chronique augmente habituellement avec l’âge : ces maladies sont donc nettement plus fréquentes chez les personnes aînées.

Certaines maladies chroniques autrefois davantage détectées chez les hommes touchent maintenant les femmes dans une plus grande proportion. C’est le cas des maladies pulmonaires chroniques : elles touchent maintenant une proportion semblable d’hommes et de femmes. Cela est principalement attribuable aux changements dans la consommation de tabac observés au cours des dernières décennies. Par ailleurs, davantage de femmes vivent avec des troubles cognitifs majeurs comme la maladie d’Alzheimer, et ce, même en tenant compte du fait qu’il y a plus de femmes parmi les personnes aînées.

À l’échelle mondiale, les maladies chroniques figurent parmi les principales causes de décès. En 2050, les quatre plus importantes causes de mortalité prématurée et d’incapacités seront les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux, le diabète et les maladies pulmonaires chroniques.

Qu’est-ce qui cause les maladies chroniques?

Chaque maladie chronique a ses propres particularités, mais des facteurs de risque communs se démarquent.

La contribution des habitudes de vie

Sur le plan individuel, certaines habitudes de vie augmentent le risque d’être atteint de maladies chroniques. Parmi celles-ci, notons l’usage du tabac, la consommation d’alcool, l’inactivité physique, la sédentarité et ne pas dormir sainement (durée, qualité, régularité, etc.). Une mauvaise alimentation, c’est-à-dire pauvre en fibres, en légumes et en fruits ou encore riche en sel, sucre, gras et en aliments ultra-transformés est aussi associée aux maladies chroniques.

L’influence décisive des milieux de vie

La conception des milieux de vie fréquentés quotidiennement (maison, école, travail, loisirs, transports) influence fortement les habitudes de vie et ultimement la vulnérabilité aux maladies chroniques. Par exemple, faire de l’activité physique est beaucoup plus facile lorsqu’on peut se rendre à son travail ou à l’école à vélo ou à pied en toute sécurité. De même, manger sainement est plus aisé lorsqu’on trouve à proximité des aliments sains sur le marché à un coût raisonnable. Enfin, un discours social (publicité, médias sociaux, discussion dans son entourage) valorisant le bien-être quelle que soit l’apparence physique, favorise davantage la pratique d’activité physique et le plaisir de manger sainement. En somme, les habitudes de vie ne sont pas uniquement des choix personnels : elles dépendent aussi des milieux de vie physiques et sociaux que nous fréquentons au quotidien.

Enfin, la qualité de l’environnement pourrait aussi avoir un impact direct sur le risque de maladies chroniques. À titre d’exemple, la pollution de l’air intérieur et extérieur augmente les risques de cancer du poumon et de problèmes vasculaires (cardiaques et cérébraux). De même, l’exposition à un bruit environnemental élevé est associée à un risque accru de maladies cardiaques. Rappelons que les personnes atteintes de maladies chroniques sont plus vulnérables aux impacts des changements climatiques : par exemple, leur santé risque davantage de se détériorer durant les épisodes de chaleur ou de froid intenses.

Les facteurs socioéconomiques

Les déterminants sociaux de la santé, comme le statut socioéconomique, influencent la possibilité de fréquenter ou non des environnements plus favorables aux saines habitudes de vie. Par exemple, un revenu plus élevé permet de payer un logement dans un quartier offrant davantage de possibilités de pratiquer de l’activité physique et un meilleur accès à des aliments sains – des pratiques favorables à une meilleure santé.

Les liens sociaux et la cohésion sociale jouent également un rôle sur le maintien d’une bonne santé. Une personne dotée d’un fort réseau social disposera davantage de ressources pour faire face à des conditions de vie plus précaires (ex. : cuisiner en commun, entraide pour se déplacer, soutien lors d’événements stressants). Au contraire, l’isolement social est associé à un risque accru pour certaines maladies chroniques.

L’impact du vieillissement

De façon générale, la fréquence des maladies chroniques augmente avec l’âge. Les maladies chroniques sont évitables et ne constituent pas une fatalité du grand âge. Le processus de vieillissement varie entre les individus et dépend notamment des conditions et des milieux de vie fréquentés tout le long du parcours de vie.

En plus de l’effet du vieillissement, les dommages causés par les facteurs de risque comme de mauvaises habitudes de vie favorisent l’apparition de maladies chroniques. Par ailleurs, certaines maladies chroniques accroissent le risque du développement d’autres maladies chroniques. Par exemple, l’hypertension artérielle et le diabète augmentent la probabilité de développer une maladie cardiaque (ex. : infarctus) ou une maladie vasculaire cérébrale.

Que peut-on faire?

Lorsqu’une maladie chronique est diagnostiquée, une prise en charge globale et adaptée aux besoins de la personne permet d’identifier les actions à poser. Il peut s’agir de changements dans les habitudes et le mode de vie, de prise de médicaments à titre de traitement ou de prévention et de mesures de soutien dans le milieu de vie. Par exemple, la vaccination contre l’influenza saisonnière est préconisée pour prévenir l’aggravation de la maladie et ses impacts.

La prévention des maladies chroniques doit commencer aussi tôt que la petite enfance. À cette étape, la réduction des inégalités sociales et l’accès à des milieux de vie sains (familiaux, résidentiels, milieux de garde) permettent à l’enfant de développer ses goûts alimentaires et ses habiletés à bouger. Tout le long de l’enfance et de l’adolescence, l’influence des environnements tant physiques que sociaux demeure considérable. Le développement des habiletés personnelles aide notamment les jeunes à adopter des moyens sains de gérer leur stress et de déceler l’influence de leur environnement social sur leurs propres comportements. En bref, quel que soit l’âge, résider, étudier, travailler et se divertir dans des milieux sains contribuent à la prévention des maladies chroniques.

Les lois et règlements réduisant l’accès à certains produits (ex. : produits du tabac, alcool, gras trans) et sources de risques (pollution, bruit) favorisent aussi la prévention des maladies chroniques. Enfin, pour celles qui s’y prêtent (ex. : certains cancers, hypertension artérielle), le dépistage offre l’occasion d’intervenir plus précocement et d’en réduire les impacts.

Dernière mise à jour :