Exigences psychologiques élevées au travail
En 2020-2021
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Près d’un travailleur ou d’une travailleuse sur trois occupe un emploi nécessitant des exigences psychologiques élevées, une situation plus fréquente chez les femmes.
Les travailleurs et travailleuses des milieux de soins de santé et assistance sociale semblent particulièrement exposés à un niveau élevé d’exigences psychologiques au travail.
Les exigences psychologiques élevées au travail sont également appelées “charge de travail élevée”.
Les graphiques de cette page présentent les données les plus récentes disponibles. Ils sont mis à jour lorsque de nouvelles données deviennent accessibles.
Les résultats des régions du Nunavik et des Terres-Cries-de-la-Baie-James ne sont pas disponibles pour cette enquête.
Notez que, si des graphiques de comparaison sont présentés — qu’ils soient canadiens, américains ou internationaux — la valeur du Québec peut différer de celle figurant dans d’autres graphiques. Cette différence s’explique par l’utilisation de sources de données distinctes entre les graphiques.
Pour une interprétation juste des données – incluant les proportions brutes et ajustées et la standardisation (lorsqu’applicable), ainsi que les intervalles de confiance – consultez la section “Méthodologie” au bas de cette page, la page “Informations sur les comparaisons” ainsi que le “Glossaire”.
Les graphiques de cette page sont interactifs :
- En cliquant sur une série de la légende (ex. masculin), il est possible de la faire apparaître ou disparaître du graphique et l'échelle s'ajustera automatiquement.
- Il est possible de télécharger les données en sélectionnant l’icône située en haut à droite des graphiques.
- Par défaut, les genres réunis, la période la plus récente et le total des âges de l’indicateur sont affichés. Des menus de sélection sont parfois disponibles dans les graphiques et permettent d’afficher les données selon le type de proportion (ajustée ou brute), le genre (masculin ou féminin), des périodes antérieures ou des groupes d’âge spécifiques.
- L’évolution dans le temps des données par région sociosanitaire peut être visualisée en cliquant sur une région dans la carte 3.1a. Pour comparer l’évolution de plusieurs régions, cliquez sur Maj + une région sur la carte.
Définition de l’indicateur
L’indicateur des exigences psychologiques au travail réfère à la quantité de travail à accomplir, aux exigences mentales ou physiques de même qu’aux contraintes de temps liées à ce travail. Cet indicateur est aussi appelé « Charge de travail » et est considéré comme un risque psychosocial de travail lorsque le niveau est élevé (Tissot et al., 2021; INSPQ, 2025). Il est basé sur mesurant la quantité de travail, les exigences mentales et les contraintes de temps auxquelles le travailleur doit faire face au travail (Vézina et al., 2011a).
Contexte
La charge de travail est un concept complexe à définir et va au-delà de la quantité de travail prescrite par l’employeur. Elle comporte une dimension subjective : la charge de travail ressentie est aussi importante que la charge de travail demandée (Pelletier et al., 2018).
Une charge de travail élevée est un facteur de risque majeur pour la santé tant physique que psychologique des travailleurs (INSPQ, 2025). Elle peut aussi avoir des impacts négatifs sur les organisations. Par exemple, l’augmentation de la charge de travail freinerait l’initiative et la créativité des travailleurs et nuirait à la mise en place de pratiques de gestion qui favorisent le soutien et la disponibilité du supérieur immédiat (Pelletier et al, 2018).
Précisions méthodologiques
Sur l’Enquête québécoise sur la santé de la population (EQSP)
- Les données proviennent de l’Enquête québécoise sur la santé de la population (EQSP). Pour les indicateurs de la santé au travail, la population visée est celle de 15 ans et plus vivant dans un logement non institutionnel et ayant un ou plusieurs emploi(s) rémunéré(s) à temps plein ou à temps partiel, salarié ou à son compte.
- Les personnes résidant dans des réserves autochtones ou dans un logement collectif institutionnel (hôpital, centre d’hébergement de soins de longue durée, établissement pénitentiaire, centre de réadaptation) sont exclues de l’EQSP, de même que celles vivant dans la région du Nunavik. La région des Terres-cries-de-la-Baie-James a participé uniquement au cycle 2014-2015 et n’est pas présentée dans l’indicateur.
- L’échantillon de l’enquête est tiré du Fichier d’inscription des personnes assurées (FIPA) de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Par conséquent, toute personne non couverte par le régime québécois d’assurance-maladie est exclue, que ce soient des résidents non permanents n’ayant pas encore effectué les démarches pour être couverts par la RAMQ, ou en raison d’un oubli de renouvellement.
- Pour plus d’information concernant la méthodologie de l’EQSP 2020-2021, veuillez consulter les documents techniques de l’enquête publiés par l’Institut de la statistique du Québec.
Sur l’indicateur « Exigences psychologiques élevées au travail » :
- Cet indicateur est basé sur cinq questions adaptées du Job Content Questionnaire de Karasek comprenant les modalités de réponses: « Pas du tout d’accord, pas d’accord, d’accord, tout à fait d’accord »:
- On me demande de faire une quantité excessive de travail.
- Mon travail exige d’aller très vite.
- J’ai suffisamment de temps pour faire mon travail.
- Mon travail exige de travailler très fort.
- Je reçois des demandes contradictoires de la part des autres, ces demandes peuvent provenir de différents groupes : supérieurs, collègues, clientèle, etc.
- Seules les modalités de réponse permettant de distinguer les gens exposés à une charge de travail élevée ont été cotées par 1 point ou 2 points, de manière à distinguer une plus ou moins grande exposition au facteur de risque (ex. : Mon travail exige d’aller très vite – attribution de 1 point aux répondants qui sont « d’accord » et 2 points aux répondants qui sont « fortement d’accord »). L’échelle varie de 0 à 10. Les catégories retenues sont : 0 ou 1 = faible; 2 ou 3 = modéré; 4 ou plus = élevé.
- La définition de travailleur inclut les personnes actuellement en vacances, en congé parental, en congé de maladie incluant les accidents de travail, en grève ou en lock-out.
- La variable « sexe » était utilisée en 2008 et en 2014-2015 et a été remplacée par la variable « genre » en 2020-2021. La comparabilité dans le temps demeure généralement valide, les populations trans et non binaires étant très peu nombreuses. Les personnes non binaires sont incluses dans les données, mais leurs résultats ne sont pas diffusés pour des raisons de confidentialité et elles sont réparties aléatoirement entre les catégories « masculin » et « féminin », lesquelles regroupent les personnes cisgenres et transgenres (Classification de cisgenre, transgenre et non binaire, Statistique Canada, Prise en compte du genre, ISQ).
- L’indice de défavorisation matérielle et sociale présenté au graphique 2.2 est une classification en cinq quintiles : le quintile Q1 est le plus favorisé, tandis que le quintile Q5 représente le plus défavorisé. Cet indice reflète la situation sociale et économique des personnes qui demeurent sur un territoire donné et non celle d’un individu. Plus d’information est disponible à Indice de défavorisation matérielle et sociale | Institut national de santé publique du Québec.
- Les 13 secteurs d’activité économique sont les suivants :
- Secteur primaire
- Fabrication
- Construction
- Services publics, transport et entreposage
- Commerce
- Information / culture / arts et loisirs
- Finance / assurances / services immobiliers / gestion et administration
- Services professionnels, scientifiques et techniques
- Enseignement
- Soins de santé et assistance sociale
- Hébergement et restauration
- Administrations publiques
- Autres services
- Les 7 catégories professionnelles sont les suivantes :
- Cadres supérieurs et intermédiaires
- Professionnels
- Semi-professionnels et techniciens
- Contremaîtres et cades de premier niveau
- Personnel de bureau
- Ouvriers qualifiés
- Personnel et ouvriers non qualifiés et manœuvres
- Les données régionales aux graphiques 3.1a et b font référence à la région sociosanitaire du lieu de travail et non de résidence. Les symboles (+) et (-) indiquent les résultats des tests statistiques comparant chaque région au reste du Québec. Un (+) signifie que la valeur de la région est significativement supérieure, tandis qu’un (-) indique qu’elle est inférieure. L’absence de symbole signifie qu’il n’y a pas de différence statistique. À noter que la différence entre les cycles n’a cependant pas été testée.
Limites méthodologiques
- Le cycle 2020-2021 de l’EQSP a été mené dans un contexte de pandémie et de télétravail, ce qui a pu avoir eu un effet sur les indicateurs de santé au travail.
- Il n’est pas possible de faire un lien de cause à effet entre les variables.
- Un biais de désirabilité sociale (donner une réponse perçue plus acceptable que la réalité) est possible dans les enquêtes.
Références
Institut national de santé publique du Québec. (2025). Risques psychosociaux du travail.
Institut de la statistique du Québec, 2025. Prise en compte du genre.
Pelletier M, Mantha-Bélisle MM, Vézina M, Denis MA. 2018. Recueil de fiches portant sur les indicateurs de la Grille d’identification de risques psychosociaux du travail. Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).
Statistique Canada, page web Classification de cisgenre, transgenre et non binaire.
- Duchaine CS, Aubé K, Gilbert-Ouimet M, Vézina M, Ndjaboué R, Massamba V, et coll. 2020. Psychosocial Stressors at Work and the Risk of Sickness Absence Due to a Diagnosed Mental Disorder: A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA Psychiatry. 2020; 77(8) : 842.
- Tissot F, Jauvin N, Mantha-Bélisle MM, Pelletier M, Vézina M. 2021. Indicateurs de risques psychosociaux liés au travail : définitions et résultats de l’Enquête québécoise sur la santé de la population 2014-2015, Institut national de santé publique du Québec (INSPQ)
- Tissot F, Jauvin N, Vézina M. 2022. Les déterminants de la détresse psychologique élevée liée au travail : résultats de l’Enquête québécoise sur la santé de la population, 2014-2015. Montréal, Québec : Institut national de santé publique du Québec (INSPQ)
- Vézina M, Pelletier M, Brisson C, Biron C, Gilbert-Ouimet M, Letellier M-C. 2021. Facteurs de risque psychosociaux, Chapitre 14, dans : Manuel d’hygiène du travail : du diagnostic à la maîtrise des facteurs de risque, Québec : Éd, Chenelière Éducation. Association québécoise pour l’hygiène, la santé et la sécurité au travail - AQHSST.
Citation suggérée : Institut national de santé publique du Québec. (2026). L'Indicateur de santé publique : Exigences psychologiques élevées au travail. Institut national de santé publique du Québec. Consulté le [date].
Dernière mise à jour : 24 février 2026.