Détresse psychologique liée à l’emploi
En 2020-2021
Les travailleuses (1 sur 4) sont plus touchées par la détresse psychologique élevée liée au travail que les travailleurs (1 sur 5).
Les travailleuses et les travailleurs ayant été exposés au harcèlement psychologique ou sexuel au travail sont plus nombreux à se situer à un niveau élevé de détresse psychologique liée à l’emploi.
Les graphiques de cette page présentent les données les plus récentes disponibles. Ils sont mis à jour lorsque de nouvelles données deviennent accessibles.
Les résultats des régions du Nunavik et des Terres-Cries-de-la-Baie-James ne sont pas disponibles pour cette enquête.
Notez que, si des graphiques de comparaison sont présentés — qu’ils soient canadiens, américains ou internationaux — la valeur du Québec peut différer de celle figurant dans d’autres graphiques. Cette différence s’explique par l’utilisation de sources de données distinctes entre les graphiques.
Pour une interprétation juste des données – incluant les proportions brutes et ajustées et la standardisation (lorsqu’applicable), ainsi que les intervalles de confiance – consultez la section “Méthodologie” au bas de cette page, la page “Informations sur les comparaisons” ainsi que le “Glossaire”.
Les graphiques de cette page sont interactifs :
- En cliquant sur une série de la légende (ex. masculin), il est possible de la faire apparaître ou disparaître du graphique et l'échelle s'ajustera automatiquement.
- Il est possible de télécharger les données en sélectionnant l’icône située en haut à droite des graphiques.
- Par défaut, les genres réunis, la période la plus récente et le total des âges de l’indicateur sont affichés. Des menus de sélection sont parfois disponibles dans les graphiques et permettent d’afficher les données selon le type de proportion (ajustée ou brute), le genre (masculin ou féminin), des périodes antérieures ou des groupes d’âge spécifiques.
- L’évolution dans le temps des données par région sociosanitaire peut être visualisée en cliquant sur une région dans la carte 3.1a. Pour comparer l’évolution de plusieurs régions, cliquez sur Maj + une région sur la carte.
Définition
L’indicateur porte sur la proportion de la population québécoise âgée de 15 ans et plus se situant à un niveau élevé à l’échelle de détresse psychologique.
Contexte
La détresse psychologique est définie comme le résultat d’un ensemble d’émotions négatives ressenties par les individus qui, lorsqu’elles s’installent dans la durée, peuvent évoluer vers des syndromes de dépression et d’anxiété (Camirand et Nanhou, 2008). La détresse psychologique est caractérisée par des émotions négatives intenses comme l’anxiété, la tristesse ou l’irritabilité, des symptômes physiques comme la fatigue ou le trouble du sommeil, des difficultés cognitives qui se traduisent en une faible concentration ou des pensées envahissantes. Tout ceci conduisant à des difficultés à accomplir des activités habituelles et plus généralement à un déséquilibre entre les exigences de la vie et les ressources personnelles pour y faire face (Drapeau A et al., 2012).
Précisions méthodologiques
Sur l’enquête québécoise sur la santé de la population (EQSP)
- Les données proviennent de l’Enquête québécoise sur la santé de la population (EQSP). Celle-ci vise les personnes âgées de 15 ans et plus résidant en ménages privés et depuis 2014-2015, les personnes vivant dans certains ménages collectifs comme les résidences pour aînés (RPA) et les résidences intermédiaires et les ressources de type familial (RI-RTF).
- Les personnes résidant dans des réserves autochtones ou dans un logement collectif institutionnel (hôpital, centre d’hébergement de soins de longue durée, établissement pénitentiaire, centre de réadaptation) sont exclues de l’EQSP, de même que celles vivant dans la région du Nunavik. La région des Terres-Cries-de-la-Baie-James a participé uniquement au cycle 2014-2015 et n’est pas présentée dans l’indicateur.
- L’échantillon de l’enquête est tiré du Fichier d’inscription des personnes assurées (FIPA) de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Par conséquent, toute personne non couverte par le régime québécois d’assurance-maladie est exclue, que ce soient des résidents non permanents n’ayant pas encore effectué les démarches pour être couverts par la RAMQ, ou en raison d’un oubli de renouvellement.
- Pour plus d’information concernant la méthodologie de l’EQSP 2020-2021, veuillez consulter les documents techniques de l’enquête publiés par l’Institut de la statistique du Québec.
- Pour cet indicateur, les données sont disponibles pour deux cycles de l’EQSP: 2014-2015 et 2020-2021 et sont comparables.
Sur l’indicateur « Détresse psychologique » :
- L’enquête québécoise sur la santé de la population (EQSP) mesure le niveau de détresse psychologique basé sur l’échelle de Kessler à 6 questions :
- À quelle fréquence vous êtes-vous senti(e) nerveux (nerveuse) au cours du dernier mois?
- À quelle fréquence vous êtes-vous senti(e) désespéré(e) au cours du dernier mois?
- À quelle fréquence vous êtes-vous senti(e) agité(e) ou incapable de tenir en place au cours du dernier mois?
- À quelle fréquence vous êtes-vous senti(e) si déprimé(e) que rien ne pouvait vous faire sourire au cours du dernier mois?
- À quelle fréquence avez-vous senti que tout était un effort (à ce point fatigué(e) que tout était un effort?
- À quelle fréquence vous êtes-vous senti(e) si déprimé(e) que plus rien ne pouvait vous sourire?
- Pour chacune des catégories des réponses, un score a été accordé comme suit : 0 pour la réponse « Jamais », 1 pour la réponse « Rarement », 2 pour la réponse « Parfois », 3 pour la réponse « La plupart du temps » et 4 pour la réponse « Tout le temps ».
- Le score global de l’échelle est obtenu en sommant les scores des six questions. Ce score peut varier de 0 à 24. Trois catégories du niveau de détresse psychologique ont été établies selon ce score :
- Faible (score global inférieur ou égal à 1)
- Moyen (score global supérieur à 1 et inférieur à 7)
- Élevé (score global supérieur ou égal à 7)
- Le niveau élevé de détresse psychologique est établi en utilisant les données de l’enquête de 2008 comme référence comparative. Il ne correspond pas à un seuil clinique et ne doit être utilisé qu’à des fins de comparaison ou pour repérer des groupes à risque. Des précisions supplémentaires sont présentées dans la section Limites méthodologiques. »
- La variable « sexe » était utilisée en 2014-2015 et a été remplacée par la variable « genre » en 2020-2021. La comparabilité dans le temps demeure généralement valide, les populations trans et non binaires étant très peu nombreuses. Les personnes non binaires sont incluses dans les données, mais leurs résultats ne sont pas diffusés pour des raisons de confidentialité et elles sont réparties aléatoirement entre les catégories « masculin » et « féminin », lesquelles regroupent les personnes cisgenres et transgenres ( Classification de cisgenre, transgenre et non binaire, Statistique Canada; Prise en compte du genre, ISQ).
- L’indice de défavorisation matérielle et sociale présenté au graphique 2.2 est une classification en cinq quintiles: le quintile Q1 est le plus favorisé, tandis que le quintile Q5 représente le plus défavorisé. Cet indice reflète la situation sociale et économique des personnes qui demeurent sur un territoire donné et non celle d’un individu. Plus d’information est disponible à Indice de défavorisation matérielle et sociale | Institut national de santé publique du Québec.
- Cet indicateur présente à la fois des proportions brutes et ajustées selon l’âge. Les proportions brutes reflètent la fréquence réelle dans la population. Les proportions ajustées selon l’âge permettent de comparer l’évolution dans le temps ainsi que l’écart entre chaque région et le reste du Québec en contrôlant l’impact du vieillissement de la population. Toutefois, les proportions ajustées ne représentent pas la fréquence réelle et sont utilisées uniquement à des fins comparatives.
- Dans les figures de comparaisons régionales 3.1a et b, les symboles (+) et (-) indiquent les résultats des tests statistiques comparant chaque région au reste du Québec. Un (+) signifie que la valeur de la région est significativement supérieure, tandis qu’un (-) indique qu’elle est inférieure. L’absence de symbole signifie qu’il n’y a pas de différence statistique. Les tests statistiques sont basés uniquement sur les proportions ajustées, et non sur les proportions brutes. À noter que la différence entre les cycles n’a cependant pas été testée.
Limites méthodologiques
- La proportion de personnes ayant un score élevé de détresse psychologique n’est pas une mesure de prévalence. Elle est construite à partir de quintiles, donc elle tourne autour de 20 % par définition. En conséquence, elle ne peut être utilisée que dans un but comparatif afin d’identifier des groupes présentant un niveau élevé à l’échelle de détresse psychologique. Le seuil utilisé (score de 7 lors de l’édition de 2008, conservé pour assurer la comparabilité temporelle) est reconnu dans la littérature comme indicateur d’un risque accru de développer un trouble plus sérieux, sans toutefois correspondre à un seuil clinique.
- L’indicateur de la détresse psychologique dans la population générale est affecté par le changement du mode de collecte entre l’édition 2014-2015 et l’édition 2020-2021 de l’EQSP. L’EQSP 2014-2015 a été réalisée au moyen d’une stratégie de collecte mixte (téléphonique et multimode) et l’EQSP 2020-2021 seulement au moyen d’une collecte multimode. Ainsi pour comparer l’évolution entre 2014-2015 et 2020-2021, il est nécessaire d’utiliser les estimations comparables de 2014-2015 obtenues à partir du même mode de collecte que celui de 2020-2021, soit le volet multimode. Ces estimations comparables diffèrent des estimations officielles, lesquelles sont utilisées dans les graphiques qui ne comparent pas directement les deux cycles.
Références
Camirand, H. et Nanhou, V. (2008). La détresse psychologique chez les Québécois en 2005. Série Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes. Repéré sur le site de l’Institut de la statistique du Québec : http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/sante/ bulletins/zoom-sante-200809.pdf
Drapeau A, Marchand A, Beaulieu-Prévost D. Epidemiology of psychological distress. In: LAbate L, editor. Mental Illnesses: Understanding, Prediction and Control. London: IntechOpen (2012). doi: 10.5772/30872
Institut de la statistique du Québec, 2025. Prise en compte du genre. [En ligne]
Kessler, R. C., Andrews, G., Colpe, L. J., Hiripi, E., Mroczek, D. K., Normand, S. L., … Zaslavsky, A. M. (2002). Short screening scales to monitor population prevalences and trends in non-specific psychological distress. Psychological Medicine, 32(6), 959-976. doi: 10.1017/S0033291702006074
Orpana, H. M., Lemyre, L. et Gravel, R. (2009). Revenu et détresse psychologique : le rôle de l’environnement social. Travaux de recherche (Publication no 82-003-XPF). Rapports sur la santé, 20(1), Repéré à http://www.statcan.gc.ca/pub/82-003-x/2009001/article/10772-fra.pdf
Statistique Canada, 2021. Classification de cisgenre, transgenre et non binaire. [En ligne]
- Tissot F, Jauvin N, Vézina M. Les déterminants de la détresse psychologique élevée liée au travail : résultats de l’Enquête québécoise sur la santé de la population, 2014-2015. Montréal, Québec : Institut national de santé publique du Québec; 2022. 70 p.
- Institut national de santé publique du Québec, 2024. Données et mesures en santé mentale. [En ligne]
- Institut national de santé publique du Québec, 2025. Veille scientifique en promotion de la santé mentale et prévention des troubles mentaux et du suicide. [En ligne]
Citation suggérée : Institut national de santé publique du Québec. (2026). L’Indicateur de santé publique : Détresse psychologique liée à l’emploi. Institut national de santé publique du Québec. Consulté le [date].
Dernière mise à jour : 24 février 2026.