Exposition au bruit intense en milieu de travail

En 2020-2021

Les hommes (12 %) sont trois fois plus exposés au bruit intense en milieu de travail que les femmes (4 %).

Les travailleurs de la construction, du secteur primaire et de la fabrication sont les plus exposés au bruit intense au travail.

Les graphiques de cette page présentent les données les plus récentes disponibles. Ils sont mis à jour lorsque de nouvelles données deviennent accessibles.

Les résultats des régions du Nunavik et des Terres-Cries-de-la-Baie-James ne sont pas présentés en raison d'enjeux liés à la disponibilité et la fiabilité des données.

Notez que, si des graphiques de comparaison sont présentés — qu’ils soient canadiens (graphiques 4.1a et 4.1b), américains (5.1a et 5.1b) ou internationaux (6.1) — la valeur du Québec peut différer de celle figurant dans d’autres graphiques. Cette différence s’explique par l’utilisation de sources de données distinctes entre les graphiques.

Pour une interprétation juste des données, consultez la section “Méthodologie” au bas de cette page, la page “Informations sur les comparaisons” ainsi que le “Glossaire”, notamment pour les notions de proportions brutes et d’intervalles de confiance.

Les graphiques de cette page sont interactifs :

  • En cliquant sur une série de la légende (ex. masculin), il est possible de la faire apparaître ou disparaître du graphique et l'échelle s'ajustera automatiquement.
  • Il est possible de télécharger les données en sélectionnant l’icône située en haut à droite des graphiques.
  • Par défaut, les genres réunis et la période la plus récente de l’indicateur sont affichés. Des menus de sélection sont parfois disponibles dans les graphiques et permettent d’afficher les données selon le genre (masculin ou féminin) ou des périodes antérieures.
  • L’évolution dans le temps des données par région sociosanitaire peut être visualisée en cliquant sur une région dans la carte 3.1a. Pour comparer l’évolution de plusieurs régions, cliquez sur Maj + une région sur la carte.

Définition

L’indicateur est basé sur une question relative au bruit intense au travail rendant difficile de tenir une conversation à quelques pieds de distance, même en criant, ce qui équivaut à un niveau sonore d’au moins 85 décibels à un mètre (Martin 2024). Une exposition au bruit est considérée significative si le répondant a déclaré être exposé « souvent » ou « tout le temps ». Ces deux catégories sont regroupées afin de calculer la proportion de la population de travailleuses et travailleurs exposés à du bruit intense en milieu de travail.

Contexte

Le bruit est l’une des expositions professionnelles les plus répandues (Teixeira, Pega, de Abreu et al., 2021; Nelson et al., 2005). La perte d’audition permanente est l’effet le plus connu causé par le bruit au travail et ce type de surdité progressive reste encore très fréquent (Nelson et al., 2005; World Health Organisation, 2021; Masterson, Themann et al., 2016; Masterson, Bushnell et al., 2016). Les atteintes auditives ont des effets sur la communication, la vie sociale (Hétu et al., 1995; Hallberg 1996), la qualité de vie des personnes atteintes et celle de leurs proches (Nordvik et al, 2018), et augmentent le risque de déclin cognitif (Cloeren et al., 2025) et d’hospitalisation (Girard 2014, Simpson et al., 2016).

Précisions méthodologiques

Sur l’Enquête québécoise sur la santé de la population (EQSP)

  • Les données proviennent de l’Enquête québécoise sur la santé de la population (EQSP). Pour les indicateurs de la santé au travail, la population visée est celle de 15 ans et plus vivant dans un logement non institutionnel et ayant un ou plusieurs emploi(s) rémunéré(s), à temps plein ou à temps partiel, salarié ou à son compte.
  • Pour plus d’information concernant la méthodologie de l’EQSP 2020-2021, veuillez consulter les documents techniques de l’enquête publiés par l’Institut de la statistique du Québec.

Sur l’indicateur « Exposition au bruit intense en milieu de travail » :

  • Pour cet indicateur, en 2008, la population visée était la population de 15 ans et plus dans les ménages privés.
  • La définition de travailleur inclut les personnes actuellement en vacances, en congé parental, en congé de maladie incluant les accidents de travail, en grève ou en lock-out.
  • La variable « sexe » était utilisée en 2008 et en 2014-2015 et a été remplacée par la variable « genre » en 2020-2021. La comparabilité dans le temps demeure généralement valide, les populations trans et non binaires étant très peu nombreuses. Les personnes non binaires sont incluses dans les données, mais leurs résultats ne sont pas diffusés pour des raisons de confidentialité et elles sont réparties aléatoirement entre les catégories « masculin » et « féminin », lesquelles regroupent les personnes cisgenres et transgenres (Classification de cisgenre, transgenre et non binaire, Statistique Canada, Prise en compte du genre, ISQ).
  • L’indice de défavorisation matérielle et sociale présenté au graphique 2.2 est une classification en cinq quintiles : le quintile Q1 est le plus favorisé, tandis que le quintile Q5 représente le plus défavorisé. Cet indice reflète la situation sociale et économique des personnes qui demeurent sur un territoire donné et non celle d’un individu. Plus d’information est disponible à Indice de défavorisation matérielle et sociale | Institut national de santé publique du Québec.
  • Les 13 secteurs d’activité économique sont les suivants :
    • Secteur primaire
    • Fabrication
    • Construction
    • Services publics, transport et entreposage
    • Commerce
    • Information / culture / arts et loisirs
    • Finance / assurances / services immobiliers / gestion et administration
    • Services professionnels, scientifiques et techniques
    • Enseignement
    • Soins de santé et assistance sociale
    • Hébergement et restauration
    • Administrations publiques
    • Autres services
  • Les 7 catégories professionnelles sont les suivantes :
    • Cadres supérieurs et intermédiaires
    • Professionnels
    • Semi-professionnels et techniciens
    • Contremaîtres et cades de premier niveau
    • Personnel de bureau
    • Ouvriers qualifiés
    • Personnel et ouvriers non qualifiés et manœuvres
  • Les données régionales aux graphiques 3.1a et b font référence à la région sociosanitaire du lieu de travail et non de résidence.  Les symboles (+) et (-) indiquent les résultats des tests statistiques comparant chaque région au reste du Québec. Un (+) signifie que la valeur de la région est significativement supérieure, tandis qu’un (-) indique qu’elle est inférieure. L’absence de symbole signifie qu’il n’y a pas de différence statistique. À noter que la différence entre les cycles n’a cependant pas été testée.

Limites méthodologiques

  • Le cycle 2020-2021 de l’EQSP a été mené dans un contexte de pandémie et de télétravail, ce qui a pu avoir eu un effet sur les indicateurs de santé au travail.
  • Il n’est pas possible de faire un lien de cause à effet entre les variables.
  • Un biais de désirabilité sociale (donner une réponse perçue plus acceptable que la réalité) est possible dans les enquêtes.

Références

https://www.inspq.qc.ca/publications/1040Girard, S A, Tony Leroux, R Verreault, et al. 2014. « Falls Risk and Hospitalization among Retired Workers with Occupational Noise-Induced Hearing Loss ». Canadian Journal on Aging / La Revue Canadienne Du Vieillissement 33 (1): 84‑91. https://doi.org/10.1017/S0714980813000664.

Hallberg, L. R. 1996. « Occupational Hearing Loss: Coping and Family Life ». Scandinavian Audiology. Supplementum 43: 25‑33.

Hétu, R., L. Getty, et H. T. Quoc. 1995. « Impact of Occupational Hearing Loss on the Lives of Workers ». Occupational Medicine 10 (3): 495‑512.

Institut de la statistique du Québec, page web Prise en compte du genre.

Martin, R. 2024. Guide de pratique pour l’identification et la mesure de l’exposition des travailleurs au bruit (MAJ avril 2025). No. 3537. With P. Fortier, P. Deshaies, et H. Nélisse. Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Martin, R., P. Deshaies, et M. Poulin. 2015. Avis sur une politique québécoise de lutte au bruit environnemental : pour des environnements sonores sains. Avis scientifique. Publication no. 2048. Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). https://www.inspq.qc.ca/publications/2048

Masterson EA, Bushnell PT, Themann CL, Morata TC. Hearing Impairment Among Noise-Exposed Workers - United States, 2003-2012. MMWR Morb Mortal Wkly Rep. 22 avril 2016; 65(15) : 389‑94

Masterson EA, Themann CL, Luckhaupt SE, Li J, Calvert GM. Hearing difficulty and tinnitus among U.S. workers and non-workers in 2007. Am J Ind Med. 2016; 59(4) : 290‑300.

Michel, C., Funès, A., Martin, R., Fortier, P., Girard, S.-A., Deshaies, P., … Gagné, M. (2014). Portrait de la surdité professionnelle acceptée par la Commission de la santé et de la sécurité du travail au Québec : 1997-2010. Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Nelson DI, Nelson RY, Concha-Barrientos M, Fingerhut M. The global burden of occupational noise-induced hearing loss. Am J Ind Med. 2005; 48(6) : 446‑58.

Nordvik, Øyvind, Peder O. Laugen Heggdal, Jonas Brännström, Flemming Vassbotn, Anne Kari Aarstad, et Hans Jørgen Aarstad. 2018. « Generic quality of life in persons with hearing loss: a systematic literature review ». BMC Ear, Nose, and Throat Disorders 18 (janvier): 1.

Simpson, Annie N., Kit N. Simpson, et Judy R. Dubno. 2016. « Higher Health Care Costs in Middle-Aged US Adults with Hearing Loss ». JAMA Otolaryngology-- Head & Neck Surgery 142 (6): 607‑9.

Statistique Canada 2021. Classification de cisgenre, transgenre et non binaire. [En ligne] 

World Health Organisation (WHO), Chadha S, Cieza A. World Report on Hearing. Geneva : WHO, Department of Noncommunicable Diseases; 2021. 252 p.

Citation suggérée : Institut national de santé publique du Québec. (2026).  L'Indicateur de santé publique : Exposition au bruit intense en milieu de travail. Institut national de santé publique du Québec. Consulté le [date].  

Dernière mise à jour : 24 février 2026.