Consommation de drogues chez les jeunes du secondaire

En 2022-2023

La consommation de drogues autres que le cannabis a diminué de moitié chez les jeunes du secondaire depuis 2010-2011, chutant de 12 % à 6 % en 2022-2023 (usage au cours de 12 derniers mois).

La nature des drogues consommées au secondaire varie selon l’année d’enquête. En particulier, les médicaments non prescrits sont le type de drogue le plus souvent consommée par les jeunes en 2022-2023, alors qu’en 2010-2011, c’était la MDMA (ecstasy).

Cet indicateur présente la consommation de drogues autres que le cannabis chez les jeunes du secondaire. Ces jeunes peuvent avoir consommé du cannabis en plus d’autres drogues. Cependant les élèves ayant consommé uniquement du cannabis ne sont pas comptabilisés.

Les graphiques de cette page présentent les données les plus récentes disponibles. Ils sont mis à jour lorsque de nouvelles données deviennent accessibles.

Les résultats des régions du Nunavik et des Terres-Cries-de-la-Baie-James ne sont pas présentés en raison d'enjeux liés à la disponibilité et la fiabilité des données.

Pour une interprétation juste des données, consultez la section “Méthodologie” au bas de cette page, la page “Informations sur les comparaisons” ainsi que le “Glossaire”, notamment pour les notions de proportions brutes et d’intervalles de confiance.

Les graphiques de cette page sont interactifs :

  • En cliquant sur une série de la légende (ex. masculin), il est possible de la faire apparaître ou disparaître du graphique et l'échelle s'ajustera automatiquement.
  • Il est possible de télécharger les données en sélectionnant l’icône située en haut à droite des graphiques.
  • Par défaut, les genres réunis de l’indicateur sont affichés. Des menus de sélection sont parfois disponibles et permettent d’afficher les données selon d’autres croisements.

Définition 

Cet indicateur porte sur la proportion d’élèves du secondaire qui rapportent avoir consommé des drogues autres que le cannabis au moins une fois au cours des 12 mois précédant l’enquête. 

Contexte 

L’adolescence constitue une période de changements physiques et psychologiques où les jeunes forgent leur identité par la socialisation et l’expérimentation. C’est au cours de cette période qu’une proportion importante de jeunes effectue ses premiers essais de consommation d’alcool et de drogues. Pour la majorité, ces expériences demeurent ponctuelles et sans conséquences majeures. Toutefois, l’usage de ces substances psychoactives peut avoir, à court ou à long terme, des conséquences néfastes sur le fonctionnement du cerveau de certains adolescents, pouvant affecter leurs comportements, leurs émotions et leurs cognitions. (Salmanzadeh et autres 2020 ; Steinfeld et Torregrossa 2023). Il existe aussi un risque de consommation excessive, de dépendance ou des méfaits liés à la consommation des drogues chez les jeunes, ce qui fait de ce problème un réel enjeu de santé publique (Ministère de la Santé et des Services sociaux 2015).  

Les changements survenus dans la législation des substances psychoactives au Québec, notamment la légalisation du cannabis pour de fins non médicales en 2018 a été suivie par une diminution observée de la proportion des jeunes de 15 à 20 ans qui consomment du cannabis au Québec (Conus et Davison 2024). Il est donc important d’observer l’évolution de la consommation d’autres drogues (avec ou sans cannabis) pour savoir s’il y aurait eu un déplacement de la consommation du cannabis vers d’autres types de drogues chez les jeunes.  

Précisions méthodologiques 

Sur l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes (EQSJS) 

  • Les données proviennent de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes au secondaire (EQSJS). Celle-ci vise les élèves de secondaire 1 à 5 (12 à 17 ans) inscrits à l’école secondaire, publique ou privée, de langue française ou anglaise. Elle exclut les élèves inscrits à un programme aux adultes. 
  • Les écoles suivantes sont exclues : 
    • Celles situées dans les régions du Nunavik et des Terres-cries-de-la-Baie-James; 
    • Les établissements hors réseau, qui relèvent du gouvernement fédéral ou d’autres ministères provinciaux ;  
    • Les écoles où l’on retrouve au moins 30 % d’élèves en situation de handicap ou qui présentent un trouble grave de comportement. 
  • Cet indicateur est disponible pour les cycles 2010-2011, 2016-2017 et 2022-2023 de l’EQSJS. 
  • La variable « sexe » est utilisée pour les cycles 2010-2011 et 2016-2017 tandis que la variable « genre » est utilisée pour le cycle 2022-2023. Pour faciliter les termes utilisés dans les graphiques, le terme "genre" est utilisé pour l'ensemble des cycles d'enquêtes.  
  • Le genre « masculin » comprend les hommes cisgenres ainsi que les hommes transgenres. De même, le genre « féminin » comprend les femmes cisgenres ainsi que les femmes transgenres.  
  • Les personnes cisgenres sont celles dont le sexe assigné à la naissance est identique à leur genre. Les personnes transgenres comprennent les personnes dont le genre déclaré ne correspond pas à leur sexe à la naissance déclaré (Classification de cisgenre, transgenre et non binaire, Statistique Canada). Pour des raisons de confidentialité, et compte tenu de la petite taille de la population concernée, la publication de statistiques pour le groupe des personnes non binaires n’est pas possible pour cette enquête.  
  •  Consultez les documents techniques de l’enquête sur le site de l’Institut de la statistique du Québec pour plus de détails. 

 

Sur l’indicateur « Consommation de drogues avec ou sans cannabis » :   

  • L’indicateur est construit à partir d’une série de questions et leurs catégories de réponses. Les voici pour le cycle 2022-2023 : 
    1. La première question consistait à savoir la fréquence de consommation du cannabis (mari, pot, weed, hasch, huile de haschisch, etc.) au cours des 12 derniers mois. Les personnes ayant répondu ‘aucune consommation ’ ont été considérées comme n’ayant pas consommé de cannabis au cours des 12 derniers mois. 
    2. La seconde question consistait à connaitre la fréquence de consommation de chacun des types de drogues suivantes au cours des 12 derniers mois : 
      • Cocaïne (coke, snow, neige, crack, free base, poudre, roches, rock, etc.)  
      • Solvant, colle, essence, gaz, poppers, nitrite, whippets, nettoyant, duster, etc.  
      • Hallucinogènes (LSD, acide, bonbon, buvard, PCP, mescaline, mess, champignons magiques, mush, etc.)  
      • MDMA (Ecstasy, E, XTC, X, pilule, extase, dove, love drug, molly, etc.)  
      • GHB (ecstasy liquide, jus, g, gh, gamma-OH, etc.) 
      • Héroïne (smack, junk, héro, blanche, cheval, came, jazz, etc.)  
      • Amphétamine ou méthamphétamine (speed, upper, peanut, meth, crystal, ice, pilule, wake-up, pep pills, peach, etc.)  
      • Sels de bain, nourriture/engrais pour plantes, cocaïne synthétique, méphédrone, MDPV, alpha-PVP, Flakka, Gravel  
      • Encens, épice, spice, K2, dream, Yucatan fire   
      • Salvia, kétamine, K, vitamine K, ket, ketty, spécial K, khat, BZP, 2CB, nexus  
      • Autre drogue 
    3. La troisième question consistait à connaitre la fréquence de consommation des médicaments pris sans prescription ou en dépassant la prescription en vue d’avoir un effet similaire à celui d’une drogue au cours des 12 derniers mois.  
  • Les figures présentent les proportions brutes, qui reflètent la fréquence réelle dans la population. Les proportions ajustées ne sont pas présentées pour cette enquête puisque peu de différence a été observée entre les proportions brutes et les proportions ajustées. 
  • Pour les graphiques de comparaisons régionales 3.1a et 3.1b, les tests de différence statistique entre les régions et le reste du Québec ont été réalisés en utilisant les proportions brutes. 
  • Le symbole (+) signifie que la valeur de la région est significativement supérieure au reste du Québec, tandis que le symbole (-) indique qu’elle est inférieure. L’absence de symbole signifie qu’il n’y a pas de différence statistique. À noter que la différence entre l’es cycles n’a cependant pas été testée. 
  • À cause d’un effet de période de collecte, les données du reste du Québec ont été ajustées pour être comparables avec celles de la région 10 (Nord-du-Québec) et pour pouvoir faire le test de comparaison.  

Limites méthodologiques   

  • La consommation de drogues est un sujet sensible, et comme il s’agit d’activités illégales pour les mineurs, certains jeunes peuvent hésiter à dire la vérité. Certains peuvent donc minimiser leur consommation tandis que d’autres peuvent exagérer leur consommation par bravade. Cependant des mesures ont été prises pour assurer la confidentialité des réponses et pour que les jeunes puissent se sentir à l’aise et répondent honnêtement aux questions.   
  • Pour le cycle 2022-203, l’effet de période de collecte affecte la comparabilité de la région 10 Nord-du-Québec avec les autres régions puisque la collecte des données dans cette région s’est effectuée seulement entre janvier et juin 2023, contrairement aux autres régions qui avaient également participé à la collecte des mois de septembre à décembre 2022. 
  • Au cycle 2016-2017, en raison d’une non-participation trop importante des élèves d’un RLS de l’Estrie - indépendante de la volonté de ses directions d’école - l’ensemble des élèves de ce RLS a dû être exclu de la population visée. Ces élèves représentent 3,7 % de la population des élèves de l’Estrie, mais seulement 0,2 % des élèves de l’ensemble du Québec. Leur exclusion a par conséquent une incidence négligeable sur la statistique nationale. 

Références 

  • CONUS, F., et A. DAVISON (2024). Enquête québécoise sur le cannabis 2023. Principaux résultats, portrait du vapotage de cannabis et premières données sur les connaissances à l’égard de la consommation à moindres risques, [En ligne], Québec, Institut de la statistique du Québec, 108 p. [statistique.quebec.ca/fr/fichier/enquete-quebecoise-cannabis-2023-vapotage-connaissances-consommation.pdf].  
  • MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX (2015). Programme national de santé publique 2015-2025. Pour améliorer la santé de la population du Québec, [En ligne], Québec, Gouvernement du Québec, 88 p.[publications.msss.gouv.qc.ca/msss/fichiers/2015/15-216-01W.pdf] 
  • SALMANZADEH, H., et autres (2020). "Adolescent drug exposure: A review of evidence for the development of persistent changes in brain function", Brain Research Bulletin, [En ligne], vol. 156, mars, p. 105-117. doi : 10.1016/j.brainresbull.2020.01.007. Consulté le 4 mai 2026.  
  • Statistique Canada, 2021.  Classification de cisgenre, transgenre et non binaire. [En ligne]  
  • STEINFELD, M. R., et M. M. TORREGROSSA (2023). "Consequences of adolescent drug use", Transl Psychiatry, [En ligne], vol. 13, no 1, octobre, p. 313. doi : 10.1038/s41398-023-02590-4. Consulté le 4 mai 2026.  

Citation suggérée : Institut national de santé publique du Québec. (2026). L’Indicateur de santé publique : Consommation de drogues chez les jeunes du secondaire. Institut national de santé publique du Québec. Consulté le [date].  

Dernière mise à jour : 11 août 2026

Code Javascript