Consommation de drogues dans la population
En 2020-2021
4 %
En 2020-2021, 4 % de la population québécoise a consommé une drogue autre que le cannabis. Ces substances incluent notamment la cocaïne, les hallucinogènes et les médicaments non prescrits.
La consommation de drogues autres que le cannabis est deux à trois fois plus fréquente chez les personnes présentant une détresse psychologique élevée que chez celles dont le niveau de détresse est faible ou modéré.
L’indicateur présente la proportion de la population ayant consommé au moins une drogue autre que le cannabis au cours des 12 derniers mois, avec ou sans consommation de cannabis.
Les graphiques de cette page présentent les données les plus récentes disponibles. Ils sont mis à jour lorsque de nouvelles données deviennent accessibles.
Les résultats des régions du Nunavik et des Terres-Cries-de-la-Baie-James ne sont pas disponibles pour cette enquête.
Pour une interprétation juste des données — incluant les proportions brutes et ajustées (lorsqu’applicable), ainsi que les intervalles de confiance — consultez la section “Méthodologie” au bas de cette page, la page “Informations sur les comparaisons” ainsi que le “Glossaire”.
Les graphiques de cette page sont interactifs :
- En cliquant sur une série de la légende (ex. masculin), il est possible de la faire apparaître ou disparaître du graphique et l'échelle s'ajustera automatiquement.
- Il est possible de télécharger les données en sélectionnant l’icône située en haut à droite des graphiques.
- Par défaut, les genres réunis, la période la plus récente et le total des âges de l’indicateur sont affichés. Des menus de sélection sont parfois disponibles dans les graphiques et permettent d’afficher les données selon le type de proportion (ajustée ou brute), le genre (masculin ou féminin), des périodes antérieures ou des groupes d’âge spécifiques.
- L’évolution dans le temps des données par région sociosanitaire peut être visualisée en cliquant sur une région dans la carte 3.1a. Pour comparer l’évolution de plusieurs régions, cliquez sur Maj + une région sur la carte.
Définition
Cet indicateur présente la proportion de la population ayant consommé des drogues autres que le cannabis dans la dernière année.
Contexte
La consommation de drogues (autres que le cannabis) constitue depuis longtemps un enjeu de santé publique en raison du risque de dépendance et de ses nombreuses conséquences. La crise sanitaire et sociale liée aux opioïdes, en particulier, préoccupe les autorités de santé publique depuis plusieurs années. De 2000 à 2023, on observe une augmentation des décès attribuables aux maladies non transmissibles, une croissance qui a été principalement portée par les troubles liés à la consommation de drogues (Naghavi et al, 2025).
La consommation de drogues peut entraîner des intoxications (surdoses), des troubles d’utilisations de substances (tels l’abus ou la dépendance) et des troubles induits, notamment le sevrage, les psychoses toxiques ou des maladies chroniques comme la cirrhose du foie (Huỳnh, 2019). En plus des impacts négatifs sur la personne qui consomme, l’utilisation problématique de substances psychoactives est aussi associée à une dégradation du fonctionnement social, à des problèmes familiaux, professionnels et juridiques, ainsi qu’à un fardeau économique important pour la société.
Précisions méthodologiques
Sur l’Enquête québécoise sur la santé de la population (EQSP)
- Les données proviennent de l’Enquête québécoise sur la santé de la population (EQSP). Celle-ci vise les personnes âgées de 15 ans et plus résidant en ménages privés et depuis 2014-2015, les personnes vivant dans certains ménages collectifs comme les résidences pour aînés (RPA) et les résidences intermédiaires et les ressources de type familial (RI-RTF).
- Les personnes résidant dans des réserves autochtones ou dans un logement collectif institutionnel (hôpital, centre d’hébergement de soins de longue durée, établissement pénitentiaire, centre de réadaptation) sont exclues de l’EQSP, de même que celles vivant dans la région du Nunavik. La région des Terres-Cries-de-la-Baie-James a participé uniquement au cycle 2014-2015 et n’est pas présentée dans l’indicateur.
- L’échantillon de l’enquête est tiré du Fichier d’inscription des personnes assurées (FIPA) de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Par conséquent, toute personne non couverte par le régime québécois d’assurance-maladie est exclue, qu’il s’agisse de résidents non permanents n’ayant pas encore effectué les démarches ou de personnes ayant oublié de renouveler leur carte d’assurance-maladie.
- Pour plus d’information concernant la méthodologie de l’EQSP 2020-2021, veuillez consulter les documents techniques de l’enquête publiés par l’Institut de la statistique du Québec.
- Pour cet indicateur, les données comparables sont disponibles pour deux cycles de l’EQSP: 2014-2015 et 2020-2021.
Sur l’indicateur « Consommation de drogues » :
- Types de drogues et appellations dans l’EQSP:
- Cocaïne ou crack (coke, free base, poudre);
- Ecstasy ou autres substances semblables (MDMA, E, XTC, X, pilule, extase, dove, love drug);
- Crystal meth ou méthamphétamines (ice);
- D’autres amphétamines (speed);
- Drogues hallucinogènes (PCP, LSD, acide, buvard ou champignons, kétamine [spécial K]);
- GHB (Ecstasy liquide, jus, G, gamma-OH);
- Héroïne (smack) – non illustrée au graphique 1.2 mais incluse dans les données globales;
- Médicaments au répondant (ex. dilaudid, benzodiazépines comme du valium ou des ativans, librium, dalmane, halcion, ritalin, morphine, codéine, etc.)
- Les répondants peuvent avoir consommé plus d’un type de drogues au graphique 1.2, les catégories ne sont pas mutuellement exclusives. Par conséquent, les proportions indiquées pour chaque drogue ne peuvent pas être additionnées pour estimer la consommation globale de drogues.
- Le GHB a été ajouté au questionnaire au cycle 2020-2021. Il est plausible que les consommateurs de cette substance l’aient incluse dans un autre type de drogue en 2014-2015.
- Les médicaments non prescrits peuvent être distingués en deux catégories :
- Ceux contenant des opioïdes : codéine, oxycodone, OxyContin, hydromorphone, morphine, fentanyl, Tylenol avec codéine, Percocet ou Percodan.
- Les autres médicaments non prescrits consommés pour avoir un effet : dilaudid, benzodiazépines comme du valium ou des ativans, etc.
- L’héroïne a été mesurée mais ne peut être présentée séparément au graphique 1.2 car ses données ne sont pas assez puissantes statistiquement pour être illustrées.
- Pour le croisement de la consommation de drogues selon le niveau de détresse psychologique, l’EQSP mesure la détresse basée sur l’échelle de Kessler à 6 questions. Celles-ci portent sur le fait de s’être senti : nerveux, désespéré, agité, déprimé, comme si tout était un effort, ou si déprimé que plus rien ne pouvait vous faire sourire et ce, dans le dernier mois. Chaque réponse est pondérée sur une échelle de 0 (« Jamais ») à 4 (« Tout le temps »), pour un score total variant de 0 à 24. Les résultats sont ensuite classés en deux niveaux de détresse :
- Faible ou moyen :score de 0 à 6
- Élevé :score de 7 ou plus
- La variable « sexe » était utilisée en 2014-2015 et a été remplacée par la variable « genre » en 2020-2021. La comparabilité dans le temps demeure généralement valide, les populations trans et non binaires étant très peu nombreuses. Les personnes non binaires sont incluses dans les données, mais leurs résultats ne sont pas diffusés pour des raisons de confidentialité et elles sont réparties aléatoirement entre les catégories « masculin » et « féminin », lesquelles regroupent les personnes cisgenres et transgenres (Classification de cisgenre, transgenre et non binaire, Statistique Canada; Prise en compte du genre, ISQ).
- L’indice de défavorisation matérielle et sociale présenté au graphique 2.2 est une classification en cinq quintiles : le quintile Q1 est le plus favorisé, tandis que le quintile Q5 représente le plus défavorisé. Cet indice reflète la situation sociale et économique des personnes qui demeurent sur un territoire donné et non celle d’un individu. Plus d’information est disponible à Indice de défavorisation matérielle et sociale | Institut national de santé publique du Québec.
- Dans les figures de comparaisons régionales 3.1a et b, les symboles (+) et (-) indiquent les résultats des tests statistiques comparant chaque région au reste du Québec. Un (+) signifie que la valeur de la région est significativement supérieure au reste du Québec, tandis qu’un (-) indique qu’elle est inférieure. L’absence de symbole signifie qu’il n’y a pas de différence statistique. Les tests statistiques sont basés à la fois sur les proportions ajustées et brutes. À noter que la différence entre les cycles n’a cependant pas été testée.
Limites méthodologiques
- La consommation de drogues est un sujet délicat pour l’entrevue, ce qui peut entraîner une sous-déclaration due au biais de désirabilité sociale (donner une réponse perçue plus acceptable que la réalité) ou, dans certains cas, une sur-déclaration (par bravade). Cela dit, différentes mesures ont été prises dans le cadre de l’enquête pour inciter les répondants à fournir l’information la plus exacte possible, notamment leur garantir la confidentialité des renseignements fournis.
- Pour comparer l’évolution entre 2014-2015 et 2020-2021, il est nécessaire d’utiliser les estimations comparables de 2014-2015 obtenues à partir du même mode de collecte que celui de 2020-2021. Cette précaution est importante, car cet indicateur est jugé affecté par le changement de mode de collecte effectué en 2014-2015. Ces estimations comparables diffèrent des estimations officielles, lesquelles sont utilisées dans les graphiques qui ne comparent pas directement les deux cycles.
- Il n’est pas possible de faire un lien de cause à effet entre les variables.
Références
Institut de la statistique du Québec, 2025. Prise en compte du genre. [En ligne]
Huỳnh C et autres (2019). Les troubles liés aux substances psychoactives – Prévalence des cas identifiés à partir des banques de données administratives, 2001-2016. [En ligne], Bureau d’information et d’études sur la santé des populations. Institut National de santé publique du Québec.
Naghavi M., Kyu H.H., Bhoomadevi A., Aalipour M.A., Aalruz H., Ababneh H.S., Abafita B.J., Abaraogu U.O., Abbafati C., Abbasi M., et al. Global Burden of 292 Causes of Death in 204 Countries and Territories and 660 Subnational Locations, 1990–2023: A Systematic Analysis for the Global Burden of Disease Study 2023. Lancet. 2025;406:1811–1872. doi: 10.1016/S0140-6736(25)01917-8.
Statistique Canada, 2021. Classification de cisgenre, transgenre et non binaire. [En ligne]
Statistique Canada, 2025. Les décès par chutes et par empoisonnement aux drogues sont les principaux facteurs contribuant à l'augmentation continue des décès accidentels, 2017 à 2022. [En ligne]. Le Quotidien. Repéré à https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/250219/dq250219b-fra.htm.
Données de consommation de drogues. Substances psychoactives, tabac et jeux d’argent, INSPQ.
Citation suggérée : Institut national de santé publique du Québec. (2026). L’Indicateur de santé publique : Consommation de drogues dans la population. Institut national de santé publique du Québec. Consulté le [date].
Dernière mise à jour : 28 avril 2026.