Informations additionnelles sur l'amiante au Québec

(INSPQ, 1213, 1380, 1409)

 

 

Projet de règlement modifiant le Règlement sur la santé et la sécurité du travail et le Code de sécurité pour les travaux de construction NOUVEAU

  • La Gazette officielle du Québec a publié, le 27 décembre 2012, un projet de règlement qui ajoute de nouvelles normes de sécurité relatives 1) à la gestion de l’amiante notamment quant à la localisation par l’employeur des flocages et des calorifuges contenant de l’amiante, 2) à la vérification par l’employeur qui s’apprête à effectuer des travaux susceptibles d’émettre de la poussière, de la présence d’amiante dans les matériaux et produits susceptibles d’en contenir et 3) à l’enregistrement et à la diffusion des informations (Source : www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/
    telecharge.php?type=1&file=58697.PDF
    ).

Recommandations et suivi à la suite des connaissances acquises sur l’amiante de 2003 à 2009 NOUVEAU

  • Que le ministère de la Santé et des Services sociaux demande à la Commission de la santé et de la sécurité du travail du Québec de réviser la norme actuelle d’exposition à l’amiante à la baisse en milieu de travail (Règlement sur la santé et la sécurité du travail). De plus, aucune des réglementations actuellement en vigueur ne devrait être atténuée (notamment le Code de sécurité pour les travaux de construction et les normes d’exposition à l’amiante du Règlement sur la santé et la sécurité du travail) et les mesures de protection édictées doivent être appliquées pour protéger les travailleurs, notamment dans les secteurs de la construction, de la rénovation et de la transformation de l’amiante.
  • Que le ministère de la Santé et des Services sociaux encourage la Commission de la santé et de la sécurité du travail du Québec à poursuivre des travaux visant l’adoption d’un règlement obligeant les propriétaires d’édifices publics à identifier les locaux qui renferment des matériaux contenant de l’amiante, à mettre en place un programme de gestion sécuritaire de l’amiante et à le tenir informé de l’état d’avancement de ces travaux.
  • Que le ministère de la Santé et des Services sociaux :
    • demande la réalisation d’un programme de surveillance des concentrations d’amiante dans l’air ambiant des villes minières au Québec, sous la responsabilité du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec ;
    • demande une évaluation des concentrations du bruit de fond d’amiante en milieux urbain et rural au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec ;
    • s’assure que ces prélèvements d’air soient analysés en microscopie électronique à transmission ;
    • demande aux pouvoirs concernés d’instaurer des mesures de contrôle de l’exposition dans les villes minières du Québec telles que l’interdiction d’accès aux haldes, l’arrêt d’utilisation des résidus miniers aux fins de remblayage et comme abrasif et le recouvrement des remblais de résidus miniers des villes minières du Québec par un matériel non contaminé.
  • L’institut national de santé publique du Québec suggère au ministère de la Santé et des Services sociaux de vérifier, auprès des pouvoirs publics concernés, l’état d’avancement de la démarche préventive visant la gestion sécuritaire de l’amiante dans les locaux des établissements suivants et de lui en faire rapport : les écoles, les garderies, les cégeps et les universités (sous la responsabilité du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport) ; les établissements de santé (sous la responsabilité des agences de la santé et des services sociaux) et les bâtiments publics municipaux (sous la responsabilité des municipalités et du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire).

Norme d'exposition à l'amiante au Québec 

  • La norme d'exposition professionnelle à l'amiante au Québec est la même depuis 1990. La valeur d'exposition moyenne pondérée (VEMP) et la valeur d'exposition de courte durée (VECD) pour le chrysotile, la trémolite, l'anthophyllite et l'actinolite sont respectivement de 1 fibre/ml (f/ml) et de 5 f/ml. La VEMP et la VECD pour la crocidolite et l'amosite sont respectivement de 0,2 f/ml et de 1 f/ml.
  • La norme de 1 f/ml est dix fois plus élevée que la norme qui prévaut en Ontario, aux Etats-Unis et en France où elle est de 0,1 f/ml.
  • La norme de 1 f/ml est 100 fois plus élevée que la norme des Pays-Bas et de la Suisse.
  • En France, le décret numéro 2012-639, entré en vigueur en juillet 2012, stipule que la norme actuelle d’exposition professionnelle à l’amiante de 0,1 f/ml baissera à 0,01 f/ml à partir de juillet 2015 (Source : www.travailler-mieux.gouv.fr/IMG/pdf/Decret_amiante_4_mai_2012.pdf, consulté le 25 février 2013).
  • Il n'y a pas de norme d'exposition environnementale à l'amiante.

Exposition à l'amiante dans la population générale du Québec 

  • En 2004, à Montréal et à Québec, les concentrations en fibres totales mesurées dans l'air extérieur par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) et provenant de 117 échantillons analysés par microscopie optique à contraste de phase (MOCP) s'étendaient de < 0,0015 à 0,0054 fibre/ml (f/ml) tandis que les analyses en microscopie électronique à transmission (MET) de cinq échantillons n'ont pas permis d'identifier de fibre d'amiante.
  • Dans la ville d'Asbestos, les concentrations annuelles moyennes de fibres dans l'air ambiant rapportées entre 1998 et 2005 par la mine Jeffrey variaient entre 0,003 et 0,007 f/ml selon le site d'échantillonnage (méthode d'analyse non spécifiée).
  • Dans la ville de Thetford Mines, en 2004, les concentrations en fibres totales mesurées dans l'air extérieur par le MDDEP à partir de 125 échantillons analysés par MOCP variaient entre < 0,0015 et 0,056 f/ml. Les concentrations en fibres d'amiante mesurées à partir de sept échantillons analysés en MET s'étendaient de < 0,0006 f/ml à 0,0082 f/ml avec une moyenne de 0,0043 f/ml.
    • La concentration moyenne en fibres d'amiante mesurée dans l'air extérieur de Thetford Mines en 2004 par le MDDEP (0,0043 f/ml) était 215 fois supérieure à celle obtenue dans l'air extérieur de bâtiments ayant fait l'objet de litiges à propos de l'enlèvement de matériaux contenant de l'amiante sur le territoire américain. Il en est de même pour la concentration moyenne mesurée par l'Association des mines d'amiante du Québec à Asbestos par MET en 1997 de 0,004 f/ml.
  • Contrairement à l'échantillonnage qui avait été effectué en 2000 par le ministère de l'Environnement du Québec, aucune fibre d'amiante n'a été détectée en 2005 dans l'air ambiant de Thetford Mines à proximité de terrains contenant des remblais d'amiante.
  • Les concentrations en fibres d'amiante mesurées dans l'air intérieur de 26 résidences de la ville de Thetford Mines en 2003 et 2004 par l'Association des victimes de l'amiante du Québec s'étendaient de < 0,000553 à 0,010 fibre PCMe/ml (ou phase contrast microscopy equivalent) avec une moyenne de 0,0018 fibre PCMe/ml.
    • Cette concentration moyenne est 1,7 à 1,4 fois plus faible que celle observée à la fin des années 1990 dans 17 écoles du Québec (0,0031 fibre PCMe/ml) et dans deux résidences touchées par la poussière engendrée par l'effondrement des tours du World Trade Center en 2001 (0,0026 fibre PCMe/ml).
    • Elle est de 16 à 45 fois plus élevée que celles observées dans l'air intérieur de bâtiments ayant fait l'objet de litiges à propos de l'enlèvement de matériaux contenant de l'amiante sur le territoire américain à partir des années 1980 jusqu'au début des années 2000 (0,00004 à 0,00011 fibre PCMe/ml).
  • Aucune donnée sur l'exposition aux fibres d'amiante de la population générale causée par les enrobés bitumineux contenant de l'amiante présents sur les routes québécoises n'est disponible.

Exposition à l'amiante en milieu de travail au Québec 

Secteur des mines 

  • Depuis 2000, aucune publication sur les niveaux d'exposition des travailleurs dans les mines des régions de Thetford Mines et d'Asbestos n'a été retracée.

Secteur industriel 

  • Entre 2005 et 2009, parmi neuf établissements québécois qui utilisaient de l'amiante chrysotile dans leur procédé de fabrication ou ceux où les travailleurs manipulaient des produits à base d'amiante, aucun ne le faisait de façon sécuritaire.
  • Dans quatre des neuf établissements où l'exposition à l'amiante a été évaluée, 22 travailleurs étaient exposés à des niveaux ≥ 0,1 fibre/ml (f/ml). Parmi ceux-ci, deux travailleurs qui provenaient d'une même usine étaient exposés au-dessus de la valeur d'exposition moyenne pondérée de 1 f/ml, et ce, malgré le mouillage des matériaux lors des prélèvements.
  • En 2010, le ministère des Transports du Québec a identifié 28 centrales d'enrobage équipées pour la fabrication d'enrobés bitumineux contenant de l'amiante à travers le Québec. Après vérification, seulement 20 centrales ont été retracées et quatre d’entre elles étaient en opération. Des mesures de l’exposition des travailleurs ont été effectuées dans une seule de ces centrales. Les niveaux d’exposition étaient < 0,1 f/ml.

Secteur de la construction 

  • Parmi les 2 475 échantillons de matériaux prélevés dans des chantiers à risque élevé qui contenaient de l'amiante, 75 % contenaient du chrysotile seul, 15 % du chrysotile en présence d'autres types de fibre et 10 % uniquement des amphiboles.
    • Les échantillons avec du chrysotile provenaient généralement des plafonds, des murs, des coudes et des planchers.
    • Les échantillons avec de l'amosite se retrouvaient principalement au niveau des tuyaux et des coudes.
  • Parmi 3 000 prélèvements d'air recueillis sur des chantiers à risque élevé, 43 % avaient des concentrations ≥ 1 fibre/ml (f/ml) (la norme d'exposition à l'amiante chrysotile), 13 % avaient des concentrations supérieures à 5 f/ml et 5 % avaient des concentrations supérieures à 10 f/ml avec une valeur maximale de 96 f/ml. Cependant, seulement 3 % des échantillons ont été prélevés dans la zone respiratoire des travailleurs, 52 % dans la zone respiratoire de marcheurs et 42 % en poste fixe. Ces conditions peuvent avoir pour effet de sous-estimer le nombre de dépassements des valeurs de référence.
  • Parmi 2 616 prélèvements d'air recueillis pendant les travaux de désamiantage dans les vestiaires, 77 % avaient des concentrations de fibres égales ou supérieures à 0,01 f/ml (le critère de démantèlement des enceintes sur des chantiers de construction à risque élevé) comparativement à 14 % dans les zones connexes. Par contre 46 % des échantillons dans les vestiaires et 74 % dans les zones connexes ne respectaient pas les conditions optimales d'échantillonnage prescrites.
  • Pendant les travaux de désamiantage, les émissions de fibres d'amiante semblent plus intenses lors d'activités de récupération des déchets, d'enlèvement de matériaux et de démolition comparativement aux tâches de nettoyage, de scellement et d'inspection.
  • Parmi 23 099 échantillons de matériaux contenant de l'amiante répertoriés dans 1 550 bâtiments situés dans l'ensemble du Québec, 10 538 contenaient du chrysotile. Parmi ces 10 538 échantillons, 95 % contenaient du chrysotile seul et 5% contenaient un mélange de chrysotile et d'amphiboles.
    • Les matériaux contenant du chrysotile étaient principalement des calorifuges de tuyauterie, des flocages, des revêtements de sol et des plaques en amiante-ciment.
    • Les matériaux contenant de l'amosite et de la crocidolite étaient principalement des calorifuges de tuyauterie.
  • En 2004, d'après le ministère des Transports du Québec, les concentrations de fibres totales dans l'air ambiant le long d'une route de la région de Chaudière-Appalaches comportant des enrobés bitumineux contenant de l'amiante avant l'enlèvement de ces enrobés variaient entre < 0,001 et < 0,004 f/ml (sic) en microscopie optique à contraste de phase (MOCP). Les mesures effectuées lors des opérations d'enlèvement des enrobés, en poste mobile (n=17), révélaient des concentrations qui variaient entre 0,09 et < 0,90 f/ml selon l'analyse par MOCP. De l'actinolite était présente dans trois des cinq échantillons analysés par microscopie électronique à transmission.

Biométrologie des fibres dans les tissus pulmonaires de travailleurs québécois NOUVEAU

  • Le contenu en fibres des poumons de 123 travailleurs québécois atteints d’amiantose, de mésothéliome ou de cancer du poumon relié à l’exposition à l’amiante et ayant eu une analyse biométrologique entre 1988 et 2007 a été décrit.
    • Un peu plus de 85 % des travailleurs avaient du chrysotile dans leurs tissus pulmonaires ; 76 % avaient de la trémolite, 64 % de l’amosite et 43 % de la crocidolite.
    • En général, les concentrations de fibres de chrysotile et de trémolite sont plus élevées que celles des fibres d’amosite et de crocidolite.
    • Des fibres de chrysotile de toutes longueurs ont été observées dans les poumons de certains travailleurs plus de 30 ans après la fin de leur exposition. Leurs concentrations de chrysotile sont plus élevées que celle d’une population de référence.
    • L’ensemble des fibres se répartit en 80 % de fibres courtes et fines d’amiante, et 20 % de fibres OMS. Or, dans les études épidémiologiques, les chercheurs ont établi le lien entre l’exposition à l’amiante et les maladies à l’aide de la mesure des fibres OMS. Il faut donc s’interroger sur le pouvoir des fibres courtes et fines.
    • Chez les travailleurs exposés dans le secteur des mines et atteints de l’une ou l’autre des maladies reliées à l’amiante, les concentrations de trémolite et de chrysotile sont les plus élevées ; les concentrations d’amosite sont plus élevées chez les travailleurs de l’entretien et de la réparation de structures ou de matériaux contenant de l’amiante ; chez les travailleurs de la construction, l’amosite et la trémolite dominent.

Effets de l'amiante sur la santé de la population générale du Québec 

Mésothéliome de la plèvre 

  • Au Québec, 1 530 nouveaux cas de mésothéliomes de la plèvre (1 210 hommes et 320 femmes) ont été enregistrés au Fichier des tumeurs du Québec de 1982 à 2002. Les taux d'incidence annuels moyens ajustés pour l'âge étaient de 1,98 par 100 000 personnes-années chez les hommes et de 0,41 par 100 000 personnes-années chez les femmes.
  • De 1982 à 2002, une augmentation significative des taux annuels d'incidence du mésothéliome de la plèvre ajustés pour l'âge a été observée chez les hommes. Cette augmentation correspond à un taux de croissance annuel moyen de 3,6 %, qui représente une valeur inférieure à celle qui avait été calculée pour la période de 1982 à 1996. Aucune tendance temporelle significative n'est observée chez les femmes.
  • De 1981 à 2003, 1 059 décès par cancer de la plèvre ont été enregistrés au Fichier des décès dont 769 hommes et 290 femmes.
  • À l'échelle régionale, les taux standardisés d'incidence du mésothéliome de la plèvre sont significativement plus élevés chez les hommes et les femmes de Chaudière-Appalaches, ainsi que chez les hommes de la Montérégie et de Lanaudière. Par ailleurs, ils sont significativement plus faibles chez les hommes des régions du Bas-Saint-Laurent et de l'Outaouais. La distribution géographique des excès significatifs des taux d'incidence coïncide avec celle des excès de mortalité par cancer de la plèvre.
  • À l'échelle nationale, les taux d'incidence du mésothéliome chez les hommes et les femmes du Québec étaient les plus élevés du Canada pour la période de 1993 à 1997.
  • À l'échelle internationale, des comparaisons réalisées pour la période de 1993 à 1997 révèlent que seuls les taux standardisés d'incidence pour les mésothéliomes de la plèvre, du péritoine et du péricarde réunis chez les hommes de la Nouvelle-Zélande, des Pays-Bas, de plusieurs régions du Royaume-Uni et de l'Australie étaient supérieurs à celui du Québec. Chez les femmes, des excès significatifs de mésothéliome par rapport au Québec ont été observés seulement en Australie occidentale et en Écosse.
  • Une étude de validation du diagnostic des cas de mésothéliomes inscrits au Fichier des tumeurs du Québec en 2001 et en 2002 a montré que de 73 % à 77 % des cas ont été jugés certains ou probables par un panel de trois médecins spécialistes (un pneumologue, un radiologue et un pathologiste) sur revue de résumés de dossiers jugés de qualité satisfaisante. Ces proportions se comparent avantageusement à ce qui est décrit dans la littérature scientifique. Le corollaire de ce résultat est qu’environ 25 % des cas pourraient ne pas être des mésothéliomes. L’étude ne permettait cependant pas de vérifier la présence de cas de mésothéliome enregistrés sous un autre diagnostic dans le Fichier des tumeurs.

Mésothéliome du péritoine 

  • Au Québec, 170 nouveaux cas de mésothéliomes du péritoine (98 hommes et 72 femmes) ont été enregistrés au Fichier des tumeurs du Québec de 1982 à 2002. Les taux d'incidence annuels moyens ajustés pour l'âge étaient de 0,15 par 100 000 personnes-années chez les hommes et de 0,09 par 100 000 personnes-années chez les femmes. Les taux d'incidence annuels n'ont présenté aucune tendance significative et aucune région du Québec n'a montré d'excès ou déficit significatif pour ce mésothéliome.

Amiantose 

  • De 1992 à 2004, 2 072 personnes (1 993 hommes et 79 femmes) ont été enregistrées dans le système « maintenance et exploitation des données pour l'étude de la clientèle hospitalière » (MED-ÉCHO) avec une première mention d'amiantose comme diagnostic principal ou secondaire.
  • Les taux annuels moyens d'hospitalisation avec une première mention d'amiantose étaient de 4,80 pour 100 000 personnes-années chez les hommes et de 0,14 pour 100 000 personnes-années chez les femmes. Aucune tendance temporelle significative des taux annuels n'a été observée ni chez les hommes, ni chez les femmes.
  • De 1981 à 2003, 195 décès par amiantose ont été enregistrés au Fichier des décès dont 191 hommes et quatre femmes.
  • Des excès significatifs d'hospitalisation par amiantose ont été observés chez les hommes et les femmes de Chaudière-Appalaches et chez les hommes de l'Estrie et de Lanaudière. En ce qui concerne la mortalité par amiantose, des excès significatifs étaient observés seulement chez les hommes de Chaudière-Appalaches et de l'Estrie.

Évaluation du risque de cancer du poumon et de mésothéliome dans la population générale de Thetford Mines 

  • Une évaluation du risque de cancer du poumon et de mésothéliome chez les résidants de la ville de Thetford Mines a été réalisée en utilisant deux approches. L'excès de risque vie durant de mortalité pour ces deux cancers estimé en utilisant l'approche qui s'appuie sur les lignes directrices du ministère de la Santé et des Services sociaux était de 72, 110 ou 125 pour 100 000 personnes résidant à Thetford Mines et exposées continuellement à l'amiante durant toute leur vie.
  • L'excès de risque vie durant de mortalité pour ces mêmes cancers estimé en utilisant l'approche qui s'appuie sur le modèle de Berman et Crump était de 8,2 pour 100 000 personnes exposées.
  • À titre comparatif, les risques associés aux concentrations en fibres d'amiante présentes dans l'air intérieur et extérieur d'édifices sur le territoire américain comportant des matériaux contenant de l'amiante ont été calculés. Ils s'étendaient de 0,46 à 7,1 pour 100 000 personnes selon l'approche utilisée.
  • Cette évaluation du risque comporte des incertitudes liées à la détermination des coefficients de cancérogénicité et aux concentrations utilisées pour déterminer la dose d'exposition moyenne à vie. Elle doit donc être interprétée avec prudence.

Effets de l'amiante sur la santé des travailleurs du Québec 

Nouveaux cas de maladies reliées à l'amiante chez les travailleurs 

  • De 1988 à 2003, 1 348 travailleurs ont été atteints de 1 512 maladies reliées à l'exposition à l'amiante reconnues comme des maladies professionnelles pulmonaires par le Comité spécial des maladies professionnelles pulmonaires (CSMPP) suite à une réclamation à la Commission de la santé et de la sécurité du travail du Québec. De ces travailleurs, 57,3 % présentaient une amiantose, 27,9 % un mésothéliome et 27,0 % un cancer pulmonaire.
  • Les travailleurs atteints de ces maladies étaient répartis dans les milieux d'exposition professionnelle suivants :
    • 29,1 % dans les mines
    • 28,4 % lors de travaux d'entretien/réparation de produits ou de structures contenant de l'amiante
    • 21,0 % dans la construction
    • 11,3 % dans les usines de transformation
    • 10,2 % dans d'autres milieux.
  • Comme les occupations sont généralement les mêmes chez les travailleurs de la construction et de l'entretien/réparation, les deux secteurs ont été réunis. Le pourcentage des travailleurs atteints d'une maladie reliée à l'exposition à l'amiante provenant de ces deux secteurs (49,4 %) surpasse celui des travailleurs des mines.
  • La majorité des travailleurs atteints de mésothéliome provenaient des secteurs réunis de la construction et de l'entretien/réparation (59,5 %) tandis que les travailleurs atteints de cancer du poumon provenaient principalement des mines (56,5 %).
  • Durant la période de l'étude, il y a eu une augmentation du nombre de travailleurs atteints d'une maladie reliée à l'amiante dans les secteurs de la construction, de l'entretien/réparation et de la catégorie autres. Le nombre de cas rapportés dans les secteurs des mines et de la transformation demeurait relativement stable.

Décès reliés à l'amiante chez les travailleurs 

  • Entre 2005 et 2011, l'amiante était responsable de 77 à 89 % de tous les décès causés par des maladies professionnelles qui ont été déposés au conseil d'administration de la Commission de la santé et de la sécurité du travail du Québec et pour lesquels la décision d'accepter de les indemniser a été rendue.

Dépistage de l'amiantose dans la construction 

  • En 2006, 925 travailleurs de sept métiers de la construction de trois régions du Québec (Montérégie, Laval, Lanaudière) ont passé une radiographie de dépistage de l'amiantose. Sur les 772 radiographies disponibles au moment de l'étude, six (0,8 %) présentaient des anomalies compatibles avec une amiantose. Par ailleurs, 142 (18,4 %) montraient des plaques pleurales et des épaississements pleuraux.

Mésothéliomes et amiantoses d'origine professionnelle dans la population générale du Québec 

  • Les cas de mésothéliomes reconnus comme maladies professionnelle par le CSMPP de 1975 à 2003, suite à une réclamation à la Commission de la santé et de la sécurité du travail, représentent 21,4 % de l'ensemble des cas de mésothéliome de la plèvre enregistrés au Fichier des tumeurs du Québec de 1975 à 2002.
  • Les cas d'amiantose reconnus par le CSMPP de 1967 à 2003 représentent 35,0 % des individus hospitalisés avec une première mention d'amiantose enregistrés dans le système « maintenance et exploitation des données pour l'étude la clientèle hospitalière (MED-ÉCHO) de 1988 à 2003.

Maladies à déclaration obligatoire (MADO) reliées à l’exposition à l’amiante NOUVEAU 

  • Le mésothéliome, l’amiantose et le cancer du poumon lié à l’amiante dont l’origine professionnelle a été confirmée par le CSMPP sont des maladies à déclaration obligatoire par les médecins depuis 2003.
  • Entre 2006 et 2010, 160 amiantoses, 28 cancers du poumon et 53 mésothéliomes ont été déclarés en moyenne chaque année.
  • Seulement deux amiantoses et 16 mésothéliomes sont d’origine autre que professionnelle. Ceci s’explique par le fait que ce sont majoritairement les médecins du CSMPP qui déclarent leurs cas.
  • Parmi les cas d’origine professionnelle, un peu plus de la moitié des cas ont été exposés à des isolants (38 %) et à des poussières (15 %).
  • Un peu moins de 50 % des cas ont été exposés dans un secteur d’activité non précisé. Les autres travailleurs ont été exposés principalement dans les secteurs des mines, carrières et puits de pétrole et des bâtiments et travaux publics. Un peu plus de la moitié des travailleurs étaient des travailleurs du bâtiment (39 %) et des mines (13 %) (Source : Surveillance des maladies à déclaration obligatoire au Québec. Maladies d’origine chimique ou physique. Rapport des maladies et intoxications d’origine chimique déclarées au Québec de 2005 à 2010).
  • Entre 2006 et 2012, aucune nouvelle maladie reliée à l’amiante n’a été déclarée chez des travailleurs des mines de la région de l’Estrie embauchés à partir de 1975 (Source : Simard R. Données non publiées. Extraction du fichier des MADO de l’Estrie. Septembre 2012). Dans la région de Chaudière-Appalaches, on en a dénombré huit (Source : Bernier V, Deshaies P. Maladies de l’amiante dans la municipalité régional de comté des Appalaches. Rapport d’analyse des enquêtes de maladie à déclaration obligatoire colligées entre 2006 et août 2012 en réponse à une demande de journaliste. Agence de la santé et des services sociaux de Chaudière-Appalaches. Janvier 2013).