Influenza

L'influenza, ou la grippe, est causé par un virus provoquant chez l'homme une infection des voies respiratoires avec une forte fièvre, de la toux, des frissons, des douleurs musculaires, des vomissements et de la diarrhée. Elle peut provoquer des complications sérieuses et entraîner le décès.

Deux types de virus de l'influenza, soit les types A, B, sont à l’origine des épidémies chez les humains. Le type A comporte le potentiel épidémique le plus important et se divise en deux sous-type le A/H1N1 et le A/H3N2. La létalité est généralement faible, sauf chez les personnes souffrant de problèmes de santé chroniques, notamment pulmonaires ou cardiaques, et chez les personnes âgées qui sont particulièrement affectées par l’influenza A/H3N2. La période d'incubation (délai entre l'infection et le développement de symptômes) est en moyenne de deux jours et la guérison survient généralement en une à deux semaines. Le virus se transmet d'une personne à une autre par l'inhalation de fines particules en suspension dans l'air, des gouttelettes, par contact direct ou par contact indirect avec des objets contaminés. Le contact avec les sécrétions respiratoires et les gouttelettes serait la cause de la plupart des infections.

Une personne infectée par le virus de l'influenza est probablement contagieuse depuis 24 heures avant le début des symptômes et le demeure pendant une période pouvant aller jusqu'à 8 jours.

Épidémie saisonnière

Lors d'une saison typique, entre 3 % et 7 % des adultes seront malades de la grippe et cette proportion est plus élevée chez les enfants. Les complications graves et les décès sont surtout enregistrés chez les personnes âgées alors que les taux plus élevés de maladie se retrouvent chez les enfants.

Mutation du virus

Le virus de l'influenza subit constamment des mutations qui affectent l'ensemble de ses protéines, mais les changements les plus importants pour son potentiel de transmission sont ceux qui affectent ses protéines de surface, soit l'hémagglutinine (H) et la neuraminidase (N). Les mutations s'effectuent soit par dérive antigénique, soit par cassure antigénique.

La dérive antigénique : lors de la réplication du virus, une erreur peut survenir sur un fragment de l'acide ribonucléique (ARN). L'erreur est ensuite transcrite et traduite lors des réplications successives, de sorte qu'un nouveau virus légèrement modifié, c'est-à-dire muté, apparaît. L'accumulation de ces mutations crée graduellement un virus dont les caractéristiques antigéniques diffèrent substantiellement de la souche originale, ce qui lui permet d’échapper à l’immunité due aux infections passées et de réinfecter les humains. Ce phénomène est responsable des épidémies saisonnières de grippe.

La cassure antigénique : elle est le produit d'un réagencement de fragments géniques entre deux souches du virus de l'influenza A différentes qui se répliquent dans une même cellule, ce qui peut créer un virus chimère dont les caractères antigéniques diffèrent complètement des deux souches parentales. Ce phénomène est à l'origine des pandémies.

Une analogie

Le processus de dérive est comparable à un photocopieur qui copierait le même exemplaire d'un document. À la longue, en raison de l'usure du mécanisme, de la réduction du niveau d'encre, etc., les copies sont de moins bonne qualité. Elles deviendront difficiles à lire, voire non reconnaissables. Le procédé serait accéléré si l'on copiait la copie, de la copie, de la copie. Cette altération de l'original figure la dérive antigénique. Elle est lente.

La cassure antigénique surviendrait lorsqu'on mélange deux documents différents avant de les photocopier, et qu'on recréer aléatoirement deux nouvelles piles à la sortie du photocopieur. Chacun des deux nouveaux documents est composés de parties de ceux qui ont été photocopiés. Par chance, il pourra être compréhensible et être utilisé.

Pandémie

Une pandémie est définie comme une hausse soudaine, massive, déterminée dans le temps, de cas d'infection par un agent biologique - ici le virus de l'influenza - contre lequel peu ou pas d'individus ont une immunité.

Quatre principales conditions sont nécessaires par les autorités internationales pour qualifier une situation épidémiologique de pandémie d'influenza: 1) la modification de la souche est importante au niveau génétique; 2) la population humaine en général n'y a pas été exposée 3) sa transmission de personne à personne est efficace (généralement par micro gouttelettes); 4) enfin, elle cause une maladie qui peut engendrer des complications graves, voire la mort.

Au siècle dernier, trois pandémies se sont produites : celle de la grippe espagnole de 1918-1920, celle de la grippe asiatique de 1957-1958 et enfin, la grippe de Hong Kong de 1968-1969.

Lors de la grippe espagnole, dont la propagation aurait été, entre autres, facilitée par les soldats de la Première Guerre mondiale et par le manque d'hygiène générale en raison de la privation causée par le conflit, les différentes nations ont enregistré une incidence (nombre de personnes infectées au cours de cette période par rapport à la population totale) de 30%. Trois quarts de million de personnes en seraient décédées aux États-Unis, plus de 400 000 en France et au Canada, de 30 000 à 50 000 personnes. Au niveau mondial, les estimations sont de l'ordre de 20 à 40 millions de personnes décédées. Certaines publications relatent que le tiers de la population mondiale aurait été infecté. Contrairement aux périodes typiques d'activités grippales, lors de pandémies, les plus fortes complications et les décès sont enregistrés chez les personnes de moins de 60 ans. En 1918, la majorité des décès ont en effet été observés chez les 20 - 40 ans. Les pandémies de 1957-58 et 1968-69 étaient beaucoup plus modérées.

Lors de la dernière pandémie de grippe en 2009, la morbidité et la mortalité associée ont été jugées de faible à modérée selon les pays touchés.

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