ITSS et COVID-19 - Manchette n°4

Recommandations pour le suivi de l’infection à VIH, de la PPrE et de la PPE en période de COVID-19

Le Programme national de mentorat sur le VIH et les hépatites a diffusé cette semaine le document Recommandations pour le suivi de l’infection à VIH, de la prophylaxie préexposition (PPrE) et de la prophylaxie post-exposition (PPE) en période de COVID-19, rédigé par le Comité consultatif sur le VIH et l’hépatite C du MSSS.

Voici les grandes lignes de ce document, que nous vous invitons à consulter pour plus de détail.  Pour soutenir l'intégration de ces recommandations en période de COVID-19, un webinaire aura lieu le 8 mai de 12h à 13h. https://pnmvh.org/evenement/webinaire-vih-covid19/

Parmi les populations plus vulnérables à la COVID-19 et ses complications, on retrouve les personnes immunodéprimées, notamment les personnes atteintes du VIH avec un faible décompte de CD4 et/ou qui ne reçoivent pas de traitement antirétroviral. Certaines comorbidités peuvent apporter un risque plus élevé de complications en cas d’infection par la COVID-19, dont une hypertension, une maladie du système respiratoire ou une maladie cardiovasculaire. Plusieurs personnes vivant avec le VIH (PVVIH) présentent également certaines de ces comorbidités. Enfin, on considère les personnes âgées de 65 ans et plus ainsi que les personnes qui fument du tabac comme étant plus vulnérables à la COVID-19.

Les 4 recommandations présentées sous forme de diaporama visent à :

1- Optimiser le suivi des PVVIH, des personnes recevant la PPrE ou la PPE dans le contexte de la COVID-19;

Les recommandations rappellent les précautions à mettre en place pour toutes les PVVIH dont l’hygiène des mains, l’étiquette respiratoire, la distanciation physique, la mise à jour de la vaccination contre le pneumocoque, la diminution des visites médicales et à la pharmacie dans la mesure du possible.

2- Diminuer les contacts en présence pour le suivi des patients, surtout pour ceux qui présentent une vulnérabilité accrue à la COVID-19;

Le suivi des PVVIH

Les recommandations invitent à favoriser les rendez-vous par téléphone ou télémédecine, de reporter les visites non urgentes, d’éviter si possible les changements de traitement antirétroviral qui peuvent nécessiter des visites médicales supplémentaires, de prescrire une quantité suffisante de médication jusqu’à la prochaine visite. On recommande également d’espacer les visites et les prélèvements de laboratoire à 6 mois et plus au besoin pour les patients stables qui ont une bonne adhésion à leur médication.

Dans les cas où une visite en présentiel était requise, il est recommandé d’éviter autant que possible les visites en milieux hospitaliers ou en clinique médicale. Si une visite en clinique ambulatoire était requise, il est suggéré d’aviser la clinique et que le patient s’identifie à son arrivée comme personne en Précautions de Protection afin d’éviter de s’asseoir dans la salle d’attente ou dans la zone respiratoire.

Pour réduire les visites à la pharmacie, il est recommandé d’envisager de servir une provision de médication de 30 à 90 jours à la fois selon l’avis du pharmacien et de faire livrer sa médication après entente avec le pharmacien. On rappelle l’importance de prendre en compte les barrières financières à l’accès à la médication et d’avoir recours au besoin aux programmes de support financier offerts par les fabricants.

Le document présente également des recommandations concernant l’hospitalisation d’une PVVIH ainsi que pour l’initiation d’un traitement et d’une prise en charge médicale chez une personne qui a reçu un diagnostic de VIH.

Les personnes qui reçoivent la PPrE

Le document de référence demeure La prophylaxie préexposition au virus de l’immunodéficience humaine : Guide pour les professionnels de la santé du Québec. Toutefois, dans le contexte actuel, on recommande de favoriser les suivis médicaux téléphoniques ou par télémédecine, de maintenir la visite au départ et à un mois, d’espacer les visites de suivi aux 6 mois pour les patients qui ont un faible risque d’ITSS et qui ont eu une adhésion parfaite à la PPrE continue ou intermittente lors de leur prise de risque, de maintenir le dépistage de l’infection à VIH et des ITSS de façon plus rapprochée lorsque le risque est élevé. On rappelle aussi de prescrire une quantité suffisante de médication jusqu’au prochain suivi lorsque ce dernier est retardé.

Les personnes qui reçoivent la PPE

Le document de référence demeure le Guide pour la prophylaxie et le suivi après une exposition au VIH, au VHB et au VHC. De plus, dans le contexte de la COVID-19, pour le suivi de la PPE sexuelle, on recommande notamment d’envisager de faire des visites par téléphone ou par télémédecine lorsque possible. Pour le suivi de la PPE professionnelle, envisager de ne faire que des visites par téléphone ou par télémédecine lorsque possible, si le travailleur exposé peut procéder aux bilans de suivi dans un laboratoire près de son travail.

3- Mieux utiliser les ressources de laboratoire dans le contexte de la COVID-19;

4- Préciser les critères pour le retrait préventif du travailleur vivant avec le VIH de son milieu de travail.

Le document nous rapporte les recommandations formulées par l’INSPQ dans le document Recommandations intérimaires pour la protection des travailleurs immunodéprimés, du Groupe de travail santé au travail COVID-19, 26 mars 2020.

Pour plus d’informations, contactez directement le PNMVH : [email protected]

Rédigée par : 

Geneviève Boily (INSPQ)

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