Efficience des stratégies de notification des partenaires exposés à une ITSS : que dit la littérature récente?

Une synthèse des connaissances de l’INSPQ souligne l’importance d’adapter l’intervention au contexte et met en lumière l’efficacité et l’acceptabilité des approches traditionnelles et numériques utilisées pour la notification des partenaires. 

La notification des partenaires d’une personne ayant reçu un résultat positif à une infection transmissible sexuellement et par le sang (ITSS) est une intervention essentielle de santé publique. Elle favorise le dépistage précoce, contribue à briser la chaîne de transmission et permet de réduire les conséquences sur la santé des individus.

Dans un contexte marqué par une hausse des ITSS au Québec, des ressources humaines limitées et des pratiques régionales variables, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a réalisé une synthèse de connaissances de type revue des revues. Celle-ci vise à actualiser les données sur l’efficience des stratégies de notification pour joindre, notifier, dépister et traiter les partenaires, ainsi que sur leur acceptabilité.

Deux catégories de stratégies de notification identifiées dans la littérature

Les méthodes traditionnelles comprennent la notification en face à face ou par appel téléphonique, effectuée par la personne atteinte ou par le personnel clinique ou de santé publique. 

Bien qu’elles demandent un investissement de temps et de ressources humaines possiblement important, les données indiquent qu’elles permettent de joindre, notifier, dépister et traiter un plus grand nombre de partenaires. Elles sont aussi généralement bien acceptées.

Les méthodes numériques incluent la notification par les plateformes Web (permettant la notification anonyme), les courriels, les messages textes et les applications mobiles/réseaux sociaux. 

Les données montrent que, malgré de l’innovation limitée au cours de la dernière décennie et une acceptabilité variable, ces méthodes constituent des stratégies légitimes présentant un potentiel d’efficience. Elles peuvent être utilisées seules ou en complément des approches traditionnelles, notamment pour des situations moins prioritaires ou lorsque les méthodes classiques échouent. Elles offrent aussi la possibilité de joindre des partenaires difficiles à retracer, de réengager des personnes dans le système de santé et de transmettre rapidement de l’information pertinente. Toutefois, des enjeux liés à la confidentialité sont soulevés.

La clé : l’adaptation aux contextes d’intervention et aux individus

Les données démontrent que l’efficacité et l’acceptabilité de la notification des partenaires dépendent fortement du contexte. Ceci exige d’adapter les stratégies aux préférences de la personne ayant reçu un résultat positif, aux caractéristiques de la population à laquelle elle appartient, au type de partenaire ou à la nature de la relation, ainsi qu’à l’ITSS en cause.

À la lumière de ces éléments, la systématisation des pratiques ne constitue pas une solution optimale. La diversité des situations requiert plutôt une approche flexible. Cette synthèse des connaissances soutient l’idée d’un « panier d’options » permettant au personnel clinique et de santé publique d’utiliser la stratégie la plus adaptée au contexte et d’en maximiser l’efficacité et l’acceptabilité, en fonction des réalités et exigences de son milieu. 

Cette publication de l’INSPQ éclaire et soutient les interventions du personnel clinique et de santé publique et ne constitue ni un guide de pratique ni un avis scientifique avec des recommandations. 

Rédigé par
Florence Maheux Dubuc
Date de publication :