La formation interculturelle dans le réseau québécois de la santé et des services sociaux : constats et pistes d’action

Ce rapport présente les principaux constats relatifs au contenu et aux modalités de mise en œuvre de formations interculturelles dans le réseau québécois de la santé et des services sociaux. Le mandat, confié par le ministère de la Santé et des Services sociaux, consistait à repenser la formation interculturelle dans le but d’en accroître la pertinence et l’efficacité en prenant appui sur une pluralité de points de vue : concepteurs, formateurs, intervenants et personnes issues des communautés interculturelles.

La formation interculturelle constitue l’un des moyens privilégiés de rehausser les compétences interculturelles des acteurs du réseau de la santé et des services sociaux afin de mieux répondre aux besoins des personnes issues des communautés interculturelles lors de prestation de services. Il importe toutefois de reconnaître que d’autres actions sont susceptibles d’accroître la compétence interculturelle des intervenants et, plus largement, du système de santé et de services sociaux. Des pistes d’action sont formulées en ce sens et sont articulées autour de quatre grands enjeux mis au jour en matière de formation interculturelle.

  • Favoriser l’accès à une formation interculturelle adaptée aux attentes et aux besoins des personnes issues des communautés ethnoculturelles.

Les personnes issues des communautés ethnoculturelles ont une appréciation moins favorable des services de santé et considèrent que les intervenants sont plus ou moins bien outillés pour agir en contexte interculturel. La formation interculturelle gagnerait à être adaptée aux attentes des personnes issues des communautés ethnoculturelles, qui ont principalement trait aux qualités humaines (écoute, empathie, respect), aux habiletés professionnelles et à la connaissance des difficultés liées à l’immigration.

  • Favoriser l’accès à une formation interculturelle adaptée aux besoins et à l’expérience professionnelle des intervenants.

Les formations générales, largement répandues, visent à sensibiliser les intervenants à l’influence de la culture dans la prestation de soins. Les formations plus spécifiques, centrées sur le soutien aux pratiques d’intervention, semblent appropriées pour les intervenants plus expérimentés, cependant l’offre demeure limitée. Divers changements apportés à l’échelle organisationnelle pourraient mieux soutenir l’acquisition et la mise en pratique de la compétence culturelle des intervenants (ex. guide d’analyse des besoins, diffusion des formations, communauté de pratique).

  • Accroître la compétence interculturelle en tant que dimension de la qualité des services à l’échelle du système de santé et de services sociaux.

La formation interculturelle seule ne peut qu’avoir des effets très limités si elle n’est pas intégrée à un ensemble d’actions visant l’amélioration de la qualité des services au même titre que la prestation personnalisée de services (ex. accès à des interprètes, accroissement du temps de consultation, formation du personnel non clinique, partenariat avec les communautés ethnoculturelles). Des effets sur la réduction des disparités de santé chez les personnes issues des communautés ethnoculturelles ont plus de chance d’être observés grâce à une approche intégrée de la compétence interculturelle.

  • Consolider les connaissances sur la compétence interculturelle et les effets de la formation interculturelle.

Les effets de la formation interculturelle étant plus souvent présumés que mesurés, il apparaît essentiel d’approfondir les connaissances dans ce domaine en soutenant l’élaboration de mesures et de critères qui prennent en considération l’appréciation que font les personnes issues des communautés ethnoculturelles du niveau de compétence interculturelle des intervenants.

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ISBN (electrónico): 

978-2-550-74738-3

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