À la lumière des nouvelles connaissances disponibles depuis la publication de l'avis scientifique original (mai 2013) et des résultats obtenus grâce à la mise en place d'un plan d'intervention gouvernemental de protection de la population contre le VNO en 2013, l'INSPQ soumet au MSSS des recommandations pour éclairer la prise de décision sur la gestion du risque de transmission du VNO pour 2014.

Tel qu'indiqué dans l'avis scientifique original, il est important de prendre note que le présent addenda ne traite pas des risques et des interventions pour la transfusion de sang et la transplantation de tissus et d'organes. De même, les risques et les interventions pour des sous-groupes spécifiques (ex. les femmes enceintes ou qui allaitent et les travailleurs des secteurs forestiers et autres secteurs à risque) ne sont pas considérés.

Bien qu'un bon nombre d'incertitudes persistent, les connaissances dans le domaine du VNO s'accroissent. Or, nul ne peut prédire quand une saison VNO équivalente ou pire que celle vécue en 2012 surviendra au Québec.

La surveillance intégrée du VNO est la base de la gestion du risque, incluant la surveillance entomologique, la surveillance animale et la surveillance des cas humains. Il y a un besoin de complémenter la surveillance par un suivi météorologique adéquat, requérant l'identification des facteurs de risque à documenter et le développement d'une méthodologie appropriée.

Les choix de stratégies pour réduire les complications et la mortalité reliées à l'infection par le VNO devraient être guidés par un processus de gestion du risque, intégrant une évaluation du risque de transmission du VNO. L'exploration d'une méthode de caractérisation du risque a permis de fournir des éléments de réponse à la question du MSSS en lien avec l'attribution des stations de surveillance entomologique. De plus, cet exercice exploratoire a permis d'identifier différents niveaux de risque de transmission du VNO au Québec, la région métropolitaine de Montréal étant la plus à risque selon les paramètres pris en compte. L'incidence cumulée (2002-2013) des cas d'infection par le VNO avec atteinte neurologique y est aussi environ trois fois plus élevée que dans les autres zones géographiques. Cette méthode d'évaluation du risque devrait être étoffée à court terme afin d'orienter le choix des interventions futures et être en lien avec le cadre de gestion de risque développé par l'INSPQ.

Les recommandations émises par le groupe d'experts scientifiques sur le VNO ont été rédigées au meilleur de la connaissance de ses membres et le niveau de confiance apparaît satisfaisant. Il existe toutefois un besoin d'améliorer les connaissances qui entrent en compte dans l'évaluation du risque de transmission du VNO, notamment la caractérisation des génotypes de VNO circulants au Québec, les conséquences de l'infection par le VNO (besoin de plus d'information sur les complications rénales, poursuite de l'étude sur le fardeau de l'infection par le VNO). Les connaissances portant sur les interventions, notamment sur l'efficacité des larvicides et les campagnes d'information, doivent aussi être améliorées. Au fur et à mesure que de nouvelles données probantes seront disponibles, les recommandations devront être révisées et le cas échéant, réorientées.

Les coûts directs et indirects associés aux cas d'infection par le VNO survenus en 2012 au Québec ont été estimés à 6,9 M $. Le risque de transmission du VNO doit être géré de la façon la plus éclairée possible afin que les interventions nécessaires soient mises en place en temps opportun.

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978-2-550-71077-6

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