Évolution de la détection précoce, l'investigation, le traitement et la survie chez les femmes avec un cancer du sein diagnostiqué entre 1993 et 2003 au Québec

Ce rapport décrit les changements survenus au Québec, entre 1993 et 2003, dans une série d'indicateurs de lutte contre le cancer du sein. Il brosse un portrait de la situation prévalant au Québec dans le continuum des soins et services en cancer du sein durant une période marquée par la diffusion de nombreux guides de pratique en cancer du sein, la conception du Programme québécois de lutte contre le cancer et l'implantation du Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS). En voici les principaux constats :

  • Le pourcentage des cas de cancer du sein diagnostiqués au stade non infiltrant (CCIS) est passé de 8 à 15 % parmi les femmes de 50 à 69 ans.
  • Pour les cancers infiltrants, l'état d'avancement de la maladie au moment du diagnostic s'est détérioré chez les patientes de moins de 50 ans. La proportion avec une tumeur précoce (T1N0M0) a diminué de 15 points de pourcentage tandis que les proportions avec envahissement ganglionnaire (T1-3N+M0), tumeur localement avancée (T4M0) et tumeur métastatique (M1) ont augmenté, respectivement, de 8, 4 et 5 points de pourcentage.
  • Les pratiques d'investigation ont évolué considérablement et tous les groupes d'âge en ont bénéficié également.
  • Il y avait une concordance élevée entre les traitements prodigués et les recommandations cliniques — avec un certain rattrapage dans les traitements accordés aux patientes de 70 ans et plus.
  • Le délai entre la confirmation diagnostique et la chirurgie s'est allongé : le temps nécessaire pour que 95 % des patientes soient opérées suivant la confirmation diagnostique est passé de 5 à 17 semaines pour les CCIS et de 7 à 12 semaines pour les cas infiltrants.
  • La survie à 5 ans, ajustée pour le stade, de l'ensemble des femmes avec un cancer du sein infiltrant s'est améliorée de 5 points de pourcentage. Elle se situait, en 2003, à 88 %.
  • Parmi celles avec ganglions positifs, la survie à 5 ans s'est améliorée de 6 points de pourcentage, contre 3 points chez celles avec ganglions négatifs.
  • Les différences entre les groupes d'âge quant aux chances de survivre au cancer du sein se sont estompées. En 2003, les survies à 5 ans, ajustées pour le stade, des moins de 50, 50 à 69 et 70 ans et plus se rejoignaient presque à 89, 88 et 84 %.
  • L'amélioration des survies au cancer du sein, à 5 ans, semble principalement imputable aux progrès thérapeutiques.

L'apparente détérioration du profil des cas chez les femmes de moins de 50 ans pourrait découler d'un phénomène de « migration du stade » dans les hôpitaux avec un volume annuel de cancer du sein intermédiaire ou faible. Des analyses complémentaires seront nécessaires pour le confirmer. Il serait par ailleurs pertinent de mieux documenter l'évolution des délais à la chirurgie et d'en comprendre les déterminants. De même, une attention particulière devrait être accordée au groupe en expansion des CCIS et aux particularités inhérentes aux patientes de 70 ans et plus. Le rehaussement du Registre des cancers du Québec, le développement d'interface entre ce registre et les autres banques de données socio-sanitaires du Québec ainsi que la standardisation de certaines composantes du dossier médical sont autant de facteurs qui faciliteront la surveillance de la lutte contre le cancer du sein au Québec dans les années à venir.

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ISBN (electrónico): 

978-2-550-62063-1

ISBN (impresión): 

978-2-550-62062-4

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