Avis sur la pertinence d’un dépistage du VHC chez les baby-boomers au Québec

En 2012, les Centers for Diseases Control and Prevention ont recommandé le dépistage au moins une fois à vie de l’hépatite C (VHC) chez tous les baby-boomers (personnes nées entre 1945 et 1965). Une prévalence plus élevée de l’infection par le VHC au sein de cette cohorte des naissances a motivé les autorités de santé des États-Unis à émettre cette recommandation en addition au dépistage ciblé selon les facteurs de risque. L’Agence de santé publique du Canada s’est aussi penchée sur cette question et a confié au Groupe d’études canadien sur les soins de santé préventifs le mandat d’émettre des recommandations quant à la pertinence de dépister les adultes canadiens asymptomatiques pour le VHC sans facteurs de risque. Au Québec, l’Institut national de santé publique (INSPQ) a été mandaté par le Service de lutte contre les infections transmissibles sexuellement et par le sang du ministère de la Santé et des Services sociaux pour évaluer la pertinence de dépister l’hépatite C chez les baby-boomers.

Une revue des données probantes ainsi qu’une analyse des données épidémiologiques disponibles pour le Québec ont été réalisées par un sous-comité du Comité sur les infections transmissibles sexuellement et par le sang (CITSS) de l’INSPQ à partir desquelles ils ont émis des recommandations. Les principales observations qui émanent de ces analyses ont été soumises aux membres du CITSS qui a adopté l’avis et les recommandations par consensus d’experts.

Les principales conclusions sont les suivantes :

  • Les données disponibles pour le Québec ne sont pas complètes, mais elles donnent de bonnes indications sur une prévalence plus élevée de l’hépatite C au sein d’une cohorte des naissances, incluant une partie des baby-boomers, mais pas tous, soit pour la période de 1950 à 1969.
  • Les données probantes sont insuffisantes pour justifier la pertinence d’un programme de dépistage systématique unique de l’infection par le VHC chez les personnes nées entre 1950 et 1969 au Québec. Toutefois, la pertinence clinique d’une offre de dépistage opportuniste à cette cohorte a été soulignée par les experts consultés.
  • Les membres du CITSS recommandent de considérer une offre de dépistage, sur une base opportuniste, aux personnes nées entre 1950 et 1969, une fois à vie même en l'absence d'autre facteur de risque pour l'hépatite C.
  • De nombreux défis concernant l’implantation de différentes stratégies de dépistage du VHC ont été relevés dans la littérature et observés dans le contexte québécois. Plusieurs mesures doivent donc être déployées pour soutenir l'intégration de cette recommandation dans la pratique des professionnels de la santé et assurer l'accès à un suivi clinique pour les patients infectés.
  • Enfin, cette offre de dépistage doit être évaluée et ajustée à mesure que les données d’évaluation sont disponibles ou que des évidences sont mises à jour dans la littérature ou par des études épidémiologiques.
Avis sur la pertinence d’un dépistage du VHC chez les baby-boomers au Québec

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ISBN (electrónico): 

978-2-550-80157-3

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