Enfance et adolescence
Au cours de l’enfance et de l’adolescence, l’individu se développe, sous l’influence de son environnement immédiat, et du contexte plus large. Les milieux familial et scolaire, ainsi que la communauté offrent de nombreuses opportunités aux enfants et aux adolescents pour accroître leurs habiletés et leurs compétences personnelles, afin de grandir en santé et de ressentir du bien-être. Selon les facteurs de risque (ex. : pauvreté, statut migratoire, violence) ou de protection (personnel scolaire bienveillant, réseau d’entraide, accès à la nature) qui se présentent dans ces différents milieux, leur santé peut varier.
Cette page présente les travaux de l’INSPQ en lien avec l’amélioration et le maintien de la santé des enfants et des adolescents, de 6 à 17 ans.
Inégalités sociales de santé
La santé de la population s’explique en large proportion par les déterminants sociaux de la santé, soient les conditions économiques, sociales et environnementales, comme le revenu, la cohésion sociale ainsi que les milieux de vie. Les inégalités sociales vécues durant l’enfance et l’adolescence ont un effet particulièrement néfaste et durable sur la santé tout au long de la vie. Elles se traduisent généralement en inégalités sociales de santé.
Environ 7 % des enfants de moins de 8 ans vivent en situation de faible revenu au Québec en 2023. Cette défavorisation matérielle peut avoir des impacts dans de nombreuses sphères de la vie des enfants et des adultes qu’ils deviendront.
Les inégalités sociales de santé buccodentaire sont un bon exemple. Une étude a révélé que la carie irréversible était plus fréquemment observée chez les élèves issus des milieux défavorisés. De plus, les élèves de 2e année provenant de ces ménages présentaient plus souvent un besoin évident de traitement lié à la carie et disposaient de moins de dents permanentes protégées par des scellants.
Habitudes de vie
Les habitudes de vie acquises durant l’enfance et l’adolescence influencent celles à l’âge adulte. Pourtant, dès la maternelle, plus de la moitié des enfants ne font pas suffisamment d’activité physique et les écrans sont déjà présents de façon importante dans leur vie. Un usage des écrans prolongé, ainsi que l’exposition à certains contenus peuvent entraîner des effets négatifs sur la santé, le bien-être et le développement des jeunes. L’exploration de leurs perceptions permet de mieux comprendre leurs comportements et d’entreprendre des actions préventives. Consultez notre publication : Usage des écrans, santé et bien-être : perceptions des jeunes (2025) et nos pages Écrans et hyperconnectivité.
Substances psychoactives
La plupart des consommateurs de substances psychoactives (SPA) se sont initiés à leur usage au cours de l’adolescence. L’alcool est la SPA la plus consommée par les jeunes du secondaire, suivie de la cigarette électronique, du cannabis et des produits du tabac. Parmi les drogues non réglementées, les médicaments non prescrits et les hallucinogènes sont les plus consommées.
Les adolescentes et adolescents sont plus à risque que les adultes de subir des effets découlant de l’usage de SPA, puisque leur cerveau est encore en développement. Chez certains jeunes, la dépendance aux SPA, et particulièrement à la nicotine, peut se développer bien avant que l’usage ne devienne régulier.
Bien que la consommation d’alcool, de cannabis ou de tabac chez les élèves du secondaire soit en diminution depuis plusieurs années, la hausse rapide de l’usage de cigarette électronique chez les jeunes non-fumeurs est préoccupante. Pour plus d’information, consultez nos indicateurs sur l’usage de SPA.
Vaccination
Des doses de vaccins sont offertes aux enfants ainsi qu’aux adolescentes et adolescents pour les protéger contre certaines infections. Un vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) est proposé aux enfants de quatrième année du primaire. Les travaux réalisés à l’INSPQ démontrent que l’administration d’une seule dose aux enfants de cet âge offre une protection adéquate. Consultez notre avis sur le calendrier de vaccination contre le VPH.
Maltraitance envers les enfants
Le rapport annuel des directrices et directeurs de la protection de la jeunesse fait état de nombreux enfants et jeunes de moins de 18 ans qui sont victimes ou à risque de négligence ou d’abus. Ces situations, signalées en vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse, ne rendent pas compte de l’ensemble du phénomène. Une enquête illustre que de nombreux jeunes de moins de 18 ans sont exposés à une forme de violence ou de négligence dans leur milieu familial. Par exemple, au cours de l’année précédant l’enquête de 2024, environ 217 000 enfants auraient subi au moins une fois de la violence physique mineure (ex. : donner une tape, pincer l’enfant pour le punir). Heureusement, cette proportion a significativement diminué depuis 25 ans.
Certaines politiques publiques et certains programmes de soutien à la parentalité ont des effets sur la prévention de la maltraitance envers les enfants. Consultez nos publications :
- Quelles caractéristiques des programmes de soutien à la parentalité améliorent leur efficacité pour prévenir la maltraitance envers les enfants ? (2026)
- Politiques sociales et prévention de la maltraitance envers les enfants : quels constats ? (2026).
Santé sexuelle
Les grossesses de même que leurs interruptions volontaires à l’adolescence sont moins fréquentes qu’auparavant. Toutefois, les besoins en matière de contraception demeurent : en 2022-2023, environ une élève du secondaire sur cinq âgées de 14 ans et plus a eu recours à la contraception orale d’urgence au cours des 12 mois précédents.
Les jeunes adultes figurent parmi les groupes d’âge les plus touchés par les infections transmissibles sexuellement, particulièrement pour l’infection à Chlamydia. L’usage du condom a diminué chez les personnes de 15 à 24 ans entre 2008 et 2020-2021. Consultez nos publications :
- Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) au Québec : année 2023 et projections 2024
- Enquête Pixel : santé sexuelle des jeunes adultes au Québec.
Santé mentale et bien-être
La santé mentale se développe dès le plus jeune âge. Elle est influencée, notamment, par les expériences vécues durant l’enfance et l’adolescence. La présence de conditions qui favorisent le pouvoir d’agir ainsi que le développement de compétences personnelles et sociales contribuent à accroître la capacité des jeunes à faire face aux défis vécus et à modérer l’impact du stress. Elles concourent ainsi à protéger et à améliorer la santé mentale.
La proportion de jeunes affichant une santé mentale florissante a diminué entre 2016-2017 et 2022-2023 : elle est passée de 47 % à 37 %. En contrepartie, la proportion de jeunes affichant une santé mentale languissante est en hausse (6 % c. 12 %). Ce constat concerne autant les garçons que les filles, ainsi que tous les niveaux du secondaire.
L’action envers les jeunes doit donc s’appuyer sur les facteurs de risque et de protection de la santé mentale et sur le déploiement d’un continuum d’interventions complémentaires. Ces interventions, souvent en contexte scolaire, devraient s’étendre de la promotion de la santé mentale, en amont des problèmes, jusqu’au soutien des jeunes qui ont à composer avec des difficultés ou un diagnostic de trouble mental. Pour en savoir plus, consultez notre publication : Environnement social favorable à la santé mentale en contexte scolaire : quelles interventions privilégier ? (2026).
Prévention du suicide
Les expériences négatives dans l’enfance vécues au sein de la famille (ex. : violence physique, sexuelle, exposition à la violence conjugale, problème de santé mentale du parent) constituent un facteur qui augmente notamment le risque de suicide. Pour en savoir plus, consultez nos publications :
- Portrait des comportements suicidaires au Québec
- Prévenir le suicide en réduisant les expériences négatives dans l’enfance et leurs conséquences : quelles pistes d’actions ? (2023).
Troubles du développement
Pour la majorité des enfants et des jeunes, leur développement suit la trajectoire attendue. Pour certains, il emprunte un chemin différent.
Parmi la diversité des troubles du développement figurent le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et les troubles du spectre de l’autisme (TSA). Le TDAH est l’un des plus souvent diagnostiqués chez les enfants et les adolescents, tandis que les TSA sont moins fréquents. Toutefois, on observe une hausse du nombre d’enfants ayant eu l’un de ces diagnostics. Consultez nos indicateurs concernant le TDAH et les TSA.
Pour en savoir plus
- Consultation sur l’organisation des services de santé mentale pour les jeunes : propositions de santé publique (2019)
- Formation : Influencer positivement la santé mentale des jeunes en milieu scolaire
- Contenus en éducation à la sexualité en contexte scolaire
- Écrans et hyperactivité
- Activité physique
- Santé mentale
- Intimidation
- Violence interpersonnelle chez les jeunes en contexte sportif