Légionellose
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La légionellose est une maladie qui peut se présenter sous deux formes cliniques : la fièvre de Pontiac et la maladie du légionnaire. Certaines personnes sont plus à risque de développer la légionellose comme les personnes âgées de plus de 50 ans, qui fument, qui consomment beaucoup d’alcool, les personnes immunosupprimées, atteintes d’une maladie chronique (ex. : maladie cardiaque ou respiratoire chronique, diabète) et celles qui ont eu une chirurgie récente.
Causée par la bactérie Legionella, elle est transmise lorsque des gouttelettes d’eau en suspension dans l’air contenant cette bactérie sont inhalées par une personne. Legionella peut être présente dans l’eau potable, l’eau récréative et l’eau non potable.
À titre d’exemple, en 2012, une importante éclosion de légionellose survenue dans la région de Québec a impliqué 181 personnes. Parmi celles-ci, 13 personnes en sont décédées. L’enquête réalisée a permis d’identifier une installation de tour de refroidissement à l’eau comme la source de l’éclosion. Depuis cet événement, de nombreuses mesures de surveillance et de contrôle ont été mises en place au Québec afin de prévenir cette maladie à déclaration obligatoire.
Au cours des années suivantes, davantage d’éclosions de légionellose ont été rapportées au Québec. Cette augmentation peut s’expliquer par un rehaussement de la vigilance menant à une surveillance plus complète. Néanmoins, on observe également à l’échelle mondiale une hausse des éclosions de légionellose. Des facteurs épidémiologiques, tels que le réchauffement climatique et le vieillissement de la population, peuvent aussi expliquer l’augmentation.
Nombre d’éclosions de maladies d’origine hydrique causées par la bactérie Legionella et nombre de personnes impliquées, selon l’année, ensemble du Québec, 2005-2024
Réseaux d’eau potable
Les chauffe-eaux constituent un environnement propice à la prolifération de la bactérie Legionella. Maintenir une température suffisamment élevée dans tout le réseau d’eau chaude (du chauffe-eau jusqu’aux robinets et aux douches), même domestique, est essentiel dans la maîtrise du risque lié à Legionella. De nombreuses organisations de santé publique, dont l’INSPQ, recommandent de régler la température de l’eau du chauffe-eau à 60 °C pour limiter la prolifération de la bactérie Legionella. Consultez notre avis scientifique :
Le chapitre III sur la plomberie du Code de construction du Québec exige d’ailleurs un seuil minimal de température de l’eau chaude dans les chauffe-eaux et dans les réseaux de distribution d’eau chaude pour limiter la prolifération de la bactérie Legionella dans les bâtiments.
Installations récréatives aquatiques
Le Règlement sur la qualité des piscines et autres bassins artificiels encadre le suivi de la qualité de l’eau pour les bassins accessibles au public. Les conditions particulières des spas, comme la température de l’eau, favorisent la prolifération de bactéries comme Legionella. Le brassage de l’eau des spas crée des gouttelettes pouvant contenir la bactérie Legionella qui peut être inhalée par les baigneurs et baigneuses. Pour en savoir plus, consultez notre publication :
Milieux de soins
Des cas et des éclosions de légionellose peuvent survenir dans des hôpitaux ou des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) par le biais des réseaux d’eau potable. Consultez nos publications pour soutenir la prévention des risques à cet égard :
- Prévention de la légionellose nosocomiale : aspects cliniques et mesures de prévention des infections (2023)
- Prévention de la légionellose nosocomiale : aspects techniques et environnementaux (2023)
- Gestion des risques associés à la présence de la bactérie Legionella spp. dans les réseaux des centres hospitaliers au Québec (2016)
- Position du Comité sur les infections nosocomiales du Québec sur les risques associés à l’utilisation des robinets électroniques en milieux de soins (2010)
- Recommandations sur le nettoyage et la désinfection des équipements d’hydrothérapie des établissements de soins au Québec (2003)
Installations de tours de refroidissement à l’eau
Les installations de tours de refroidissement à l’eau qui servent à climatiser les bâtiments ont été associées à plusieurs éclosions de légionellose, parfois importantes comme celle survenue en 2012. Dans ces installations, l’eau chaude est un milieu idéal pour la prolifération de la bactérie. Des gouttelettes pouvant contenir Legionella sont projetées et peuvent être inhalées par les personnes, même quand elles sont à une certaine distance de ces installations.
Parmi les nombreuses mesures de surveillance et de contrôle mises en place au Québec, le Règlement sur l’entretien d’une installation de tours de refroidissement à l’eau vise à minimiser le développement de la bactérie Legionella.
Le Géoportail de santé publique du Québec permet de visualiser une carte des installations de tours de refroidissement, afin de soutenir les enquêtes de santé publique. Des analyses géospatiales plus complexes ciblant ces installations peuvent également être utilisées afin de soutenir les interventions. Pour en savoir plus, consultez notre publication :
Les éclosions de maladies d’origine hydrique causées par la bactérie Legionella surviennent principalement durant les mois d’été.
Nombre total d’éclosions de maladies d’origine hydrique causées par la bactérie Legionella selon le mois de l’année, ensemble du Québec, 2005-2024
Les éclosions de légionellose associées aux installations de tours de refroidissement à l’eau sont généralement celles qui impliquent le plus de personnes. Comme pour les autres éclosions d’origine hydrique, il existe des difficultés à identifier avec certitude la source des éclosions à Legionella : plus des deux tiers des éclosions rapportées sont de source inconnue.
Nombre d’éclosions de maladies d’origine hydrique causées par la bactérie Legionella et nombre de personnes impliquées selon l’usage de l’eau, ensemble du Québec, 2005-2024
Nombre d'éclosions
Nombre de personnes impliquées
Pour en savoir plus
Consultez :
- la page sur Québec.ca : Légionellose
- le Guide d’intervention sur la légionellose du MSSS.
Approche méthodologique
Les résultats présentés sur cette page sont issus d’une collecte annuelle de données réalisée par l’INSPQ. Deux sources de données indépendantes sont utilisées pour colliger les éclosions de légionellose : les éclosions de légionellose et d’autres maladies d’origine hydrique rapportées par les directions de santé publique par le biais d’un questionnaire et les données du registre « ÉCLOSIONS » provenant du fichier des maladies à déclaration obligatoire (MADO) d’origine infectieuse. Lorsqu’une éclosion est identifiée par plus d’une source de données, les signalements rapportés par les directions de santé publique sont priorisés.
Dans le cadre de ce questionnaire, la définition d’éclosion de légionellose diffère de celle utilisée dans le guide d’intervention provincial. En effet, dans le cadre de la surveillance dont les résultats sont présentés dans cette page, une éclosion n’implique pas obligatoirement que la présence de l’agent pathogène ait été confirmée. Cette définition inclut donc le concept d’agrégat tel que défini dans le guide d’intervention.
Pour en savoir plus sur la méthodologie, l’interprétation et les limites des données, consultez notre plus récent bilan des éclosions de maladies d’origine hydrique au Québec. Certaines différences peuvent être observées entre le contenu des bilans et cette page Web, notamment au niveau du vocabulaire utilisé et des indicateurs présentés.