Cannabis et conduite automobile

Les effets du cannabis varient grandement d’un individu à l’autre selon plusieurs facteurs.

Les effets dépendent de la dose consommée, de sa concentration en THC, du mode d’administration, de la morphologie du consommateur, de son type de consommation (régulière ou occasionnelle), de son état physique et mental ainsi que du contexte social de l’usage (1).

Des tests cognitifs menés chez des individus ayant consommé du cannabis ont montré que l’attention baisse, le temps de réaction augmente, le suivi de trajectoire et le contrôle moteur diminuent.

Influence négative sur la conduite

Plusieurs études ont toutefois établi que le cannabis a une influence négative sur les fonctions cognitives et motrices nécessaires à une conduite automobile sécuritaire. L’usage récent de cannabis serait associé à une altération importante de la capacité de conduite automobile surtout chez les consommateurs occasionnels (2).

Des tests cognitifs menés chez des individus ayant consommé du cannabis ont montré que l’attention baisse, le temps de réaction augmente et le suivi de trajectoire et le contrôle moteur diminuent. Les effets sont à leur maximum dans la première heure suivant la consommation de cannabis et diminuent ensuite graduellement sur une période de 3 à 4 heures, pouvant s’étendre jusqu’à 24 heures en ce qui concerne l’exécution de certaines tâches plus complexes (3).

Des tests en simulateurs de conduite et lors de la conduite dans des conditions réelles ont montré que le cannabis influence l’attention du conducteur, son respect des panneaux, sa capacité à éviter des obstacles et à suivre une trajectoire, sa réponse à des tâches secondaires et son contrôle du véhicule. Les études en simulateurs ont par ailleurs montré que la performance globale du conducteur est plus affectée par de fortes doses de cannabis, par la consommation simultanée d’alcool et par l’âge du conducteur. En effet, plus un conducteur est jeune, et donc inexpérimenté sur la route, plus sa performance de conduite est affectée (4). Malgré tout, les conducteurs ayant consommé du cannabis seul sont généralement conscients de leur intoxication et auraient tendance, pour compenser, à conduire plus lentement, à prendre moins de risques et à demeurer à une plus grande distance des autres voitures (5).

Augmentation des risques d’accidents routiers

Les données suggèrent que l’usage du cannabis est associé à une augmentation des accidents routiers (2; 7). Une récente méta-analyse des études de la conduite dans des conditions réelles montre que le risque relatif d’accidents de véhicule augmente de 1,2 à 1,4 chez les consommateurs de cannabis. La consommation récente de cannabis double le risque d’être impliqué dans une collision causant la mort ou des blessures graves (6). Par ailleurs, l'utilisation combinée de cannabis et d’alcool augmente le risque d'accident de véhicule à moteur de façon plus importante comparativement à l'utilisation d'une ou l'autre substance seule (2; 7).

Détecter la conduite avec facultés affaiblies

Il existe différentes façons de détecter la présence ou de quantifier la concentration en THC et de ses métabolites dans l'organisme, notamment par le prélèvement d’un échantillon d’urine, de salive ou de sang. Cependant, le fait que le THC et ses métabolites demeurent dans le corps plusieurs jours ou semaines peut compliquer énormément l’interprétation et l’applicabilité des analyses toxicologiques.

Actuellement, au Canada, les conducteurs interceptés par les policiers qui démontrent des facultés affaiblies lors d’épreuves de coordination des mouvements sur le bord de la route peuvent être mis en état d’arrestation. Une fois rendus au poste, des tests plus poussés seront administrés par un expert en reconnaissance de drogues qui pourra exiger un prélèvement d’un échantillon sanguin.

De nouvelles accusations en vertu du Code criminel pourraient être portées si les résultats sanguins démontraient des taux de THC supérieurs à ceux déterminés par le règlement fédéral, soit :

  • 2 nanogrammes de THC par millilitre de sang
  • 5 nanogrammes de THC par millilitre de sang
  • 2,5 nanogrammes de THC par millilitre de sang, combiné à un taux d’alcool égal ou supérieur à 50 milligrammes d’alcool par 100 millilitres de sang

Au Québec, en vertu du principe de tolérance zéro drogues, des sanctions prévues au Code de la sécurité routière pourraient également être appliquées.

Pour plus d'informations


  1. Hall W, Degenhardt L. Adverse health effects of non-medical cannabis use. The Lancet. 2009; 374(9698) : 1383-91.
  2. WHO. (2016). The health and social effects of nonmedical cannabis use. Geneva
  3. Huestis MA. Cannabis (Marijuana)- Effects on Human Behavior and Performance. Forensic Science Review. 2002; 14(1-2) : 15-60.
  4. Shaw LM et al.. Marijuana. The Clinical Toxicology Laboratory: Contemporary Practice of Poisoning Evaluation. USA : American Association for Clinical Chemistry; 2001. p. 43-68.
  5.  Menetrey A, Augsburger M, Giroud C, Mangin P. [Cannabis and automobile driving]. Praxis. 2001;90(34) : 1398-407.
  6. Asbridge M et al. Acute cannabis consumption and motor vehicle collision risk: Systematic review of observational studies and meta-analysis. BMJ (Online). 2012;344(7846).
  7. Colorado Department of Health & Environment. 2015. Marijuana Use and Injury Systematic Literature Review

Dernière modification: 

2 novembre 2018