Cannabis : effets psychoactifs

Le cannabis est une plante qui contient des substances psychoactives (SPA). Les substances psychoactives sont des produits qui agissent sur le cerveau comme stimulants, perturbateurs ou dépresseurs.

Les stimulants (ex. : caféine, nicotine, cocaïne, amphétamines) favorisent temporairement un état d’éveil et d’excitation, masquent la fatigue et induisent un sentiment d’assurance et de contrôle de soi. Les dépresseurs (ex. : alcool, GHB, héroïne) entraînent, à court terme, une sensation de détente, de bien-être ainsi qu’une perte d’inhibition. Les perturbateurs (ex. : cannabis, champignon magique, kétamine, MDMA) provoquent quant à eux une perturbation de la perception de l’environnement, du temps et de l’espace, une plus grande sensibilité aux couleurs et aux sons et une confusion des sens (1).

Le THC est la composante qui entraîne la plus grande partie des effets psychoactifs du cannabis.

Terminologie et formes de préparation

La plante de chanvre, Cannabis sativa L. ou Cannabis sativa indica, est la plante à partir de laquelle sont produites diverses préparations psychoactives:  la marijuana, le haschich et l’huile de cannabis. Le terme marijuana désigne les sommités florales, les tiges et les feuilles séchées surtout consommées par inhalation sous forme de cigarettes (avec ou sans tabac) appelées « joints ». Le haschich vient de la résine visqueuse produite par les sommités florales, qui a été séchée et mélangée à d’autres parties séchées de la plante pour être ensuite compressée sous forme solide. Le « hash » peut être chauffé sur des couteaux ou émietté et fumé comme la marijuana. L’huile de cannabis est une huile épaisse provenant de la marijuana ou du haschich, obtenue par extraction à l’aide d’alcool à 90 %. Très concentrée en principes actifs, elle est généralement déposée sur une cigarette ou mélangée à du tabac, puis fumée. Le cannabis peut aussi être transformé sous différentes formes concentrées de THC que l’on nomme dabs (ex. : wax, shatter). Dans ce dernier cas, la teneur en THC peut varier de 40 à  80 %.

Composés organiques

Le Cannabis sativa contient plus de 400 composés organiques qui peuvent produire des substances chimiques appelées cannabinoïdes. Les principaux cannabinoïdes sont le delta‑9‑tétrahydrocannabinol (THC), le cannabinol (CBN) et le cannabidiol (CBD).

  • Le THC est la composante qui entraîne la plus grande partie des effets psychoactifs du cannabis.
  • Le cannabinol (CBN) possède des propriétés psychoactives équivalentes à environ 10 % de celles du THC (2).
  • Le cannabidiol (CBD) n’a pas d’effet psychoactif décelable. Les résultats d’études précliniques suggèrent qu’il pourrait avoir des effets anti-inflammatoires, analgésiques, anti-nausées, antiémétiques, antipsychotiques, anti-ischémiques, anxiolytiques et antiépileptiques (3). Le CBD agit comme modulateur du THC(2), c’est-à-dire que l’augmentation de sa concentration atténue les effets psychoactifs du THC.

La présence de ces trois substances et d’autres cannabinoïdes varie en fonction de facteurs tels que la variété du cannabis, les conditions du sol et les conditions climatiques, ainsi que les techniques de culture. Plusieurs cannabinoïdes synthétiques ont aussi été élaborés et commercialisés, c’est-à-dire qu’ils ont une structure moléculaire différente du THC, mais qui agissent sur les mêmes récepteurs endogènes.

Concentration en THC

À l’état naturel, le cannabis contient entre 0,5 % et 5 % de THC. Les modes de culture sophistiqués, la sélection des plants, le choix entre des plants femelles, permettent d’atteindre des concentrations plus élevées (jusqu’à 30 %)(3). Au Canada, la concentration moyenne en THC des joints de cannabis est passée de 1,5 % en 1960 à 5 à 11 % de THC en 2014 (2).

Effets psychotropes

Le cannabis a des effets sur plusieurs organes et fonctions du corps. Alors que l’usage médical du cannabis s’appuie sur l’effet de celui-ci sur différentes fonctions corporelles, l’utilisation non médicale est pour sa part liée à son effet comme substance psychoactive. Cet effet dépend de la dose consommée, mais aussi de l’individu qui le consomme (expériences antérieures, état physique et mental), du mode de consommation et du contexte social de l’usage. Ils varient aussi selon que la substance a été consommée seule ou de pair avec d’autres substances psychotropes.

Les effets du cannabis atteignent leur maximum environ 30 minutes après avoir été inhalé (fumé ou vapoté) et jusqu’à deux heures après avoir été ingéré (préparations culinaires : biscuits, muffins, etc.). Les effets s’estompent environ 2 ½ heures après la dernière dose inhalée et environ 7 heures après la dernière dose ingérée.

Le principal motif pour la consommation du cannabis à des fins non médicales est l’effet d’euphorie qu’il provoque. Des utilisateurs rapportent d’autres effets tels qu’une diminution de l’anxiété et de la vigilance, de l’impudeur, une logorrhée et une augmentation de la confiance en soi et de la sociabilité (2). Bien qu’il persiste des divergences entre les différentes études sur les effets du cannabis sur la mémoire et les habiletés motrices, la consommation de cannabis est liée à la déficience d’une variété de tâches cognitives et de la mémoire de travail (3).


  1. Gagnon, H. et Rochefort, L., 2010, L’usage de substances psychoactives chez les jeunes Québécois - Conséquences et facteurs associés, INSPQ
  2. Douville, M. et Dubé, P.-A., 2015, Les effets du cannabis sur la conduite automobile. Revue de la littérature, INSPQ.
  3. Santé Canada, 2013, Le cannabis (marijuana, marihuana) et les cannabinoïdes, plante séchée aux fins d’administration par ingestion ou par d’autres moyens. Agent psychoactif http://www.hc-sc.gc.ca/dhp-mps/marihuana/med/infoprof-fra.php (page consultée le 5 avril 2017)
  4. CPHA. 2016. How does marijuana affect health. En ligne :  http://www.cpha.ca/en/programs/portals/substance/health/faq02.aspx (page consultée le 5 avril 2017)

Dernière modification: 

12 juin 2017