Mesures de prévention et protection contre les feux de forêt

Il est important de préparer les communautés et leurs membres, les habitations de même que les infrastructures jugées davantage à risque aux dangers que peut engendrer la propagation des feux de forêt. Des mesures de prévention et de protection adaptées permettent d’éviter la survenue de centaines de feux de forêt par année, qu’ils soient d’origine humaine ou naturelle. Elles contribuent aussi à limiter leurs conséquences, et ce, tant au niveau individuel que populationnel.

Mesures de prévention

Comportements individuels 

Selon la SOPFEU, il est important d’adopter des comportements susceptibles de limiter le déclenchement des feux incontrôlables, et ce, plus spécialement lors d’activités ou de déplacements en forêt ou à proximité de milieux forestiers, comme :

  • Éviter autant que possible de brûler des matériaux ou des rebuts combustibles.
  • Allumer uniquement des feux de camp en contexte favorable, lorsque le risque d’incendie est faible, sur un site approprié et en surveillant ce dernier en tout temps jusqu’à sa complète extinction.

Une attention particulière doit être portée aux mégots de cigarettes, aux cendres chaudes, aux feux d’artifice ainsi qu’aux systèmes d’échappement des véhicules tout-terrain qui peuvent être très chauds et enflammer, au contact, des matériaux combustibles comme de longues herbes sèches.

La sécurité civile recommande à la population, et plus spécialement aux membres des communautés établies à proximité de secteurs forestiers, de préparer une trousse d’urgence pour la maison visant à subsister pendant au moins trois jours (comprenant notamment de l’eau potable et de la nourriture en quantité suffisante, une radio à pile, une lampe de poche ainsi que tous les objets utiles pour le maintien du confort des animaux de compagnie), de même qu’un plan familial d’urgence (intégrant un plan d’évacuation du bâtiment résidentiel, une liste des coordonnées des personnes à joindre en cas d’urgence et un inventaire des biens précieux).

Restrictions populationnelles

Des mesures de prévention populationnelles (ainsi que pour les entreprises et les industries, non présentées) dites restrictives sont également soutenues par les autorités locales lorsque les conditions deviennent propices à l’éclosion et à la propagation d’incendies. Elles permettent de réduire les risques liés aux activités humaines en forêt et de préserver une capacité opérationnelle suffisante pour combattre efficacement les feux. Celles-ci comprennent notamment l’interdiction d’allumer des feux à ciel ouvert et d’accéder aux chemins forestiers.

Aménagement des bâtiments et des espaces adjacents 

Il est possible de protéger les bâtiments érigés à proximité des secteurs forestiers et les personnes qui y vivent en appliquant certaines mesures préventives, comme :

  • Réduire l’inflammabilité du bâtiment en utilisant des matériaux de recouvrement extérieur résistants au feu. 
  • Choisir des végétaux et des matériaux davantage résistants au feu autour des bâtiments. 

Ces mesures doivent être appliquées dans une zone d’intervention (dite prioritaire) située dans un rayon de 30 mètres autour du ou des bâtiments à protéger.

Mesures de protection 

En dépit de l’application rigoureuse de mesures de prévention, il est possible que les membres de certaines communautés établies à proximité d’un foyer d’incendie soient contraints d’être évacués. Dans de telles circonstances, les autorités de sécurité civile devront constater un risque imminent pour la sécurité de ces personnes. Les intervenantes et intervenants mobilisés invitent alors la population à consulter les sites web officiels et à suivre les médias sociaux de leur municipalité et d’Urgence Québec ou à écouter la radio et la télévision locales. 

En cas d’évacuation terrestre, il est d’abord conseillé de bien planifier ses déplacements en vérifiant l’état des conditions routières et de consulter la carte des zones touchées par les feux de la SOPFEU tout en s’assurant que le véhicule est apte à effectuer le trajet projeté (conditions mécaniques, état des pneus et réserve de carburant ou d’énergie). Il est également conseillé d’informer des proches du déplacement à effectuer et du chemin emprunté.

Mesures d’atténuation de l’exposition aux fumées

Accéder à des espaces antifumée

Pour protéger la population, les autorités locales peuvent aménager des espaces antifumée au sein de certaines communautés plus susceptibles d’être exposées. Il s’agit généralement de bâtiments publics, relativement étanches aux infiltrations d’air, et équipés de systèmes de ventilation et d’épuration d’air performants (incluant des épurateurs d’air mobiles), de détecteurs de particules fines (intérieur et extérieur), d’une génératrice et des commodités nécessaires pour répondre aux besoins des personnes qui pourraient y loger pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours. Des lignes directrices élaborées par Santé Canada sont d’ailleurs disponibles pour orienter l’aménagement de ces espaces de façon adéquate. 

Si de tels abris ne sont pas accessibles, si les niveaux d’exposition aux fumées ou bien certaines préférences ou contraintes individuelles incitent certains ménages et personnes de ne pas se rendre dans de tels abris, il est néanmoins recommandé à l’ensemble de la population d’observer certaines mesures visant à limiter l’exposition à la fumée.

Vérifier la qualité de l’air ambiant avant de sortir

Les populations de toute la province peuvent être affectées par la dégradation de la qualité de l’air extérieur occasionnée par le passage de panaches de fumée. Par exemple, à l’été 2025, le panache de fumée des feux qui sévissaient dans les Prairies canadiennes a dégradé la qualité de l’air jusqu’aux secteurs méridionaux du Québec. 

Divers outils peuvent être consultés : 

  • la carte de prévision de fumées de feux de forêt d’Environnement et Changement climatique Canada : elle permet un coup d’œil rapide sur les régions qui seront les plus touchées dans 48 heures. 
  • la carte des concentrations de particules fines d’AQmap : elle illustre les concentrations en particules fines en temps réel pour le territoire canadien.
  • l’outil de communication Cote air santé d’Environnement et Changement climatique Canada : il permet de transmettre des messages destinés au public de certaines grandes villes canadiennes, comme Gatineau, Montréal et Québec, portant sur les risques de la pollution de l’air sur la santé.
  • l’Indice de qualité de l’air du Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs : cet outil permet également de diffuser des messages pour l’ensemble de la population du Québec ainsi que certaines précisions destinées aux personnes aux prises avec des problèmes de santé susceptibles d’exacerber leur vulnérabilité aux fumées.

Chaque autorité régionale de santé publique émet également des recommandations de santé basées sur la concentration de particules fines dans l’air pour la population de leur région. Toutes ces sources d’information sont notamment utiles pour planifier ou adapter la pratique d’activités extérieures. Dans certaines situations, l’utilisation du masque N95 peut s’avérer utile pour réduire les risques associés à l’exposition à la fumée.

Rester à l’intérieur et limiter l’exposition aux fumées

Lorsque la qualité de l’air est mauvaise, il est recommandé, autant que possible, de limiter les activités extérieures. À moins qu’il soit absolument nécessaire de sortir, il est préférable de demeurer à l’intérieur du domicile afin de minimiser les potentiels effets de la dégradation de la qualité de l’air extérieur sur la santé. Pour optimiser l’effet protecteur du bâtiment au regard de l’exposition aux fumées, il est opportun de :

  • maintenir les portes et les fenêtres fermées;
  • utiliser le système de ventilation ou l’échangeur d’air en mode recirculation;
  • faire usage – au besoin – des climatiseurs de fenêtre ou centralisés ainsi que de purificateurs d’air portatifs munis de filtre HEPA (High Efficiency Particulate Air) dans les pièces où les occupants et occupantes passent le plus de temps;
  • limiter l’usage des extracteurs de salle de bain et des hottes de cuisine qui peuvent favoriser l’entrée d’air extérieur dans l’enceinte des bâtiments.

Exposition combinée à la chaleur et aux fumées 

Au Québec, la saison des feux de forêt s’étend généralement du mois d’avril au mois de septembre. Elle coïncide avec la période des épisodes de chaleur. Celles-ci peuvent être responsables, en totalité ou en partie, du déclenchement de feux de végétation et peuvent complexifier l’application des mesures de protection contre la fumée. 

Ainsi, selon les données de morbidité (p. ex. hospitalisation) et de mortalité comptabilisées au cours des dernières années au Canada et ailleurs en Occident, un nombre plus important d’individus est admis dans les hôpitaux lors d’épisodes de chaleur extrême que lors d’exposition aux fumées. Par conséquent, il importe de prioriser l’application de mesures de protection contre la chaleur.

Toute la population est susceptible d’éprouver des symptômes ou des effets sanitaires à la suite des expositions à la chaleur ou aux fumées, surtout lorsque la durée et l’intensité de ces expositions s’avèrent plus importantes, notamment en raison de conditions de logements inappropriées ou d’une situation socio-économique précaire. Certaines personnes demeurent toutefois plus vulnérables à ces facteurs de stress environnementaux.

En cas d’exposition combinée à la chaleur et aux fumées, il importe que les personnes plus à risque, à l’instar de la population en générale, appliquent certaines mesures de protection visant à réduire leur exposition à la chaleur.

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