Mesures d’adaptation à la chaleur en milieu résidentiel
De nombreuses mesures permettent d’adapter les milieux résidentiels aux épisodes de chaleur. Elles contribuent à limiter l’exposition des occupantes et occupants à des conditions thermiques pouvant entraîner des inconforts ainsi que des effets délétères.
Alors que la persistance de températures extérieures élevées demeure la principale cause de la surchauffe des bâtiments résidentiels, la conception de ces derniers, leur mode d’utilisation et d’entretien de même que les habitudes et les comportements des occupantes et occupants peuvent moduler, voire exacerber, le risque de surchauffe. Certaines mesures d’adaptation simples et accessibles contribuent à pallier de potentiels enjeux de santé occasionnés par la chaleur intérieure auprès des résidentes et résidents de tels milieux. Les mesures d’adaptation pouvant être appliquées au niveau du bâtiment et de ses aires habitables demeurent complémentaires aux mesures individuelles toujours pertinentes à adopter en contexte de chaleur (p. ex. boire de l’eau, limiter les efforts physiques, etc.).
Mesures à portée individuelle applicables en milieu résidentiel
Les mesures d’adaptation proposées ci-dessous peuvent s’avérer plus efficaces si leur application est combinée aux mesures individuelles. Elles sont déclinées de la plus simple à la plus difficile à mettre sur pied.
Comportements adaptés à la chaleur
- Limiter l’utilisation d’électroménagers ou d’autres équipements produisant de la chaleur (p. ex. cuisinière, sécheuse).
- Maintenir la fraîcheur dans le logement en fermant les rideaux, les stores ou les volets au cours de la journée, notamment durant les heures d’ensoleillement intense.
Aération
- Activer la ventilation mécanique (ventilateur récupérateur d’énergie ou de chaleur [VRE-VRC]) pour assurer un renouvellement minimal de l’air intérieur sans introduire d’air chaud dans le logement.
- Activer l’extracteur d’air de salle de bain lorsque la douche ou le bain est utilisé, et la hotte de cuisine lors de la cuisson des aliments afin d’évacuer l’humidité et la chaleur excédentaires.
- Ouvrir les fenêtres la nuit (aux heures les plus fraîches de la journée) lorsque la température extérieure est plus basse que la température intérieure pour favoriser l’introduction d’air frais extérieur et l’évacuation d’air chaud issu du logement.
Ventilateur sur pied
- Le flux d’air généré par le ventilateur sur pied doit être dirigé sur les occupantes et occupants.
- Utiliser un ventilateur lorsqu’il améliore le confort. Lorsque son utilisation devient inconfortable, d’autres moyens de rafraîchissement devraient être envisagés.
- Alternativement, orienter le ventilateur pour favoriser l’entrée d’air frais dans la pièce, par exemple en le plaçant près d’une fenêtre ou d’une pièce climatisée.
Climatisation
Différents types de systèmes de climatisation existent : unités portatives, murales ou couplées à un système de chauffage et de ventilation centralisé. Puisque les consignes d’utilisation et d’entretien varient d’un modèle à l’autre, il importe d’appliquer les recommandations du fabricant. Lorsque le logement est équipé d’un système de ventilation mécanique, la climatisation devrait être utilisée de concert avec ce dernier. En l’absence d’un système de ventilation mécanique, appliquer les mesures d’aération précisées ci-haut pour assurer le renouvellement de l’air.
La climatisation constitue une mesure de protection efficace permettant de réduire les hospitalisations et le risque de décès associés à la chaleur. Certains effets indésirables de la surclimatisation ainsi que d’autres enjeux relatifs à son utilisation sont également rapportés.
Conseils pour une climatisation efficace
- Climatiser la ou les pièces où les occupantes et occupants passent le plus de temps ou celles dans lesquelles se trouvent des personnes vulnérables à la chaleur.
- Climatiser aux heures les plus chaudes de la journée comme l’après-midi, ou encore la nuit lorsque la température extérieure excède 20 °C.
- Fermer les portes des pièces non occupées qui n’ont pas besoin d’être rafraîchies.
- Ne pas omettre d’appliquer les mesures d’aération précisées ci-haut tout en limitant l’ouverture des fenêtres lors de l’utilisation de la climatisation.
- Éviter la surclimatisation afin de ne pas compromettre le processus d’acclimatation à la chaleur des occupantes et occupants.
| Avantages de la climatisation | Inconvénients de la climatisation |
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Écohabitation détaille certaines stratégies pour réduire la chaleur en milieu résidentiel, et ce, à faible coût!
Mesures associées aux bâtiments neufs ou rénovés
Dès la construction ou la rénovation d’un bâtiment résidentiel, il est possible de prévoir l’implantation de certaines mesures pour limiter la surexposition des occupantes et occupants à la chaleur. Les combiner peut augmenter le confort des personnes qui y vivent.
La plupart des normes de construction en vigueur au Canada et au Québec sont établies en fonction des conditions climatiques observées au cours des dernières décennies. En revanche, elles ne considèrent pas nécessairement les actuels épisodes de chaleur ni l’évolution à la hausse des températures moyennes à l’échelle nationale.
Aspects qui diminuent la rétention de chaleur
- Une bonne isolation du toit ou du grenier permet de limiter la surchauffe des étages supérieurs du bâtiment.
- Les pare-soleils ou les volets permettent de réduire l’effet du rayonnement solaire direct à l’intérieur du bâtiment.
- Un bâtiment étanche et bien isolé permet de limiter les transferts de chaleur de part et d’autre de l’enveloppe du bâtiment. Il faut toutefois s’assurer de l’application d’une ventilation suffisante afin d’évacuer la chaleur, l’humidité excessive et les contaminants qui pourraient s’y accumuler.
Surface à albédo élevé
- Les surfaces à albédo élevé de couleur blanche ou pâle réfléchissent le rayonnement solaire sans emmagasiner la chaleur. À l’inverse, les surfaces à faible albédo de couleur noire ou foncée absorbent le rayonnement et emmagasinent la chaleur qui est ensuite transmise dans les matériaux et les espaces adjacents.
- L’installation de toits blancs de couleur claire, de fenêtres munies d’une pellicule réfléchissante Low-E et de murs à albédo élevé limite l’introduction et le rayonnement de la chaleur vers l’intérieur du logement.
Pare-soleils et murs végétalisés
- Les pare-soleils peuvent limiter l’effet du rayonnement solaire direct dans les résidences, mais ceux-ci sont plus efficaces lorsqu’installés au-dessus de fenêtres orientées vers le sud.
- Les murs végétalisés peuvent être aménagés sur les façades est, ouest et sud, dépendamment de la résistance au soleil, à la chaleur et à la sécheresse des espèces végétales implantées. Les murs végétalisés peuvent atténuer le rayonnement solaire sur ces surfaces et le transfert de chaleur vers le milieu intérieur.
Thermopompe
La thermopompe est un système de chauffage et de climatisation électrique avantageux d’un point de vue écoénergétique. Bien positionnée, elle permet, à moindre coût, de rafraîchir les espaces intérieurs en été et de les chauffer en hiver. Son efficacité sera d’autant plus importante si le bâtiment est bien isolé et étanche. Comme tout appareil de chauffage et de climatisation, un entretien régulier, selon les indications du fabricant, est indispensable pour assurer son fonctionnement optimal.
Géothermie
Les systèmes géothermiques utilisés pour la climatisation et le chauffage des bâtiments s’appuient sur le principe que la température des niveaux inférieurs du sous-sol terrestre reste constante (8-10 °C), peu importe les saisons. La température du sous-sol terrestre demeure donc plus fraîche que celle de l’air ambiant en été, plus chaude que celle de l’air ambiant en hiver, procurant ainsi une source durable de chaleur en hiver et de fraîcheur en été. Bien qu’un système de géothermie soit coûteux à installer, il permet d’économiser sur les coûts d’électricité pour tempérer les aires habitées d’un bâtiment, en été comme en hiver.
La gestion de la chaleur résidentielle : une question d’équilibre
Afin de réduire les dépenses énergétiques en hiver, notamment en matière de chauffage, il est suggéré de bien isoler et d’étanchéifier le bâtiment. Cette amélioration peut être bénéfique aussi en été, car elle limite l’infiltration d’air chaud venant de l’extérieur et permet de diminuer les dépenses de climatisation. Néanmoins, si la chaleur s’accumule à l’intérieur, une meilleure isolation peut également contribuer à maintenir la chaleur emmagasinée si elle n’est pas évacuée adéquatement.
Comment faire pour trouver le bon équilibre ?
- Optimiser l’étanchéité de l’enveloppe du bâtiment.
- S’assurer que les extracteurs d’air soient efficaces et fonctionnels, notamment ceux de la cuisine et de la salle de bain.
- Installer et utiliser un échangeur d’air muni d’un récupérateur d’énergie (VRE) ou de chaleur (VRC) qui assure une bonne qualité de l’air et diminue la concentration d’humidité.
- Favoriser l’adoption de comportements adaptés (fermer les rideaux lors des périodes d’ensoleillement, éviter d’utiliser des appareils ménagers produisant de la chaleur, rester au repos, etc.).
Pour en savoir plus
Consultez nos publications pour accéder aux références dans ce texte :
- Évaluation de mesures d’adaptation aux vagues de chaleur dans des logements à loyer modique de Gatineau (2024)
- Impacts de la climatisation des milieux intérieurs sur la santé et le confort thermique (2022)
- Mesures d’adaptation à la chaleur (2021)
- Mesures de lutte contre les îlots de chaleur urbains : mise à jour 2021 (2021)
Références complémentaires :
- Comprendre la géothermie (s. d.)
- Le chauffage et la climatisation avec une thermopompe adaptée au climat du Québec (s. d.)
- Rénovations écoénergétiques et qualité de l’air intérieur : prioriser la santé (2023)
- Surchauffe intérieure : un examen des vulnérabilités, des causes et des stratégies visant à prévenir les effets néfastes sur la santé humaine lors d’épisodes de chaleur extrême (2024, en anglais)