Mieux communiquer au sujet des enjeux climatiques

Les communications actuelles sur les enjeux climatiques ont tendance à présenter les menaces et les risques au détriment des moyens d’action climatique et des cobénéfices, ce qui nuit au message. Par exemple, les discours alarmistes peuvent engendrer des écoémotions négatives ou des mécanismes de protection comme la banalisation et le déni. 

Apprendre à communiquer efficacement au sujet des changements climatiques favorise la mobilisation et l’engagement. Mieux communiquer améliore aussi la compréhension collective de cet enjeu.

Cobénéfices pour la santé

Ce sont les effets positifs qu’une politique ou mesure visant un objectif peut avoir sur d’autres objectifs. Par exemple, les efforts d’atténuation des changements climatiques déployés dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, de l’aménagement, de l’agriculture et des transports peuvent contribuer à améliorer la santé de la population grâce aux avantages qu’ils procurent en matière de qualité de l’air, de normes de logement, d’alimentation et d’activité physique (GIEC, 2018). 

Quelques embûches

La communication des changements climatiques vise toute personne intéressée qui possède ou non une expérience en science du climat. En comprenant les barrières à la communication, il peut être possible de les surmonter. 

Voici un aperçu des embûches à la communication des changements climatiques : 

  • Sentiment d’inefficacité : L’incertitude quant aux actions concrètes à entreprendre pour s’adapter aux changements climatiques et les atténuer ou la perception que ces actions sont insuffisantes nourrit un sentiment d’inefficacité qui, à son tour, peut engendrer une démotivation relativement à l’action climatique. 
  • Complexité de la science du climat : La complexité des changements climatiques, accentuée par un discours technique et une littératie climatique relativement faible au Québec, freine la compréhension des risques et la mobilisation climatique.
  • Sous le radar : Les discours sur la crise climatique se heurtent à la concurrence d’autres enjeux et à une surcharge informationnelle qui peuvent affaiblir l’attention aux messages en lien avec les changements climatiques ainsi que la motivation relativement à l’action climatique et l’engagement à cette dernière.
  • Écoémotions négatives : Les écoémotions, bien qu’elles soient normales face à la crise climatique, peuvent affecter le bien-être, la santé mentale et la mobilisation pour l’action climatique.
  • Mécanismes de protection : Les mécanismes de protection comme le déni ou la banalisation conduisent à sous-estimer les risques climatiques, à réduire la réceptivité aux messages et à limiter la mobilisation.
  • Distance psychologique : Il est plus difficile pour plusieurs personnes de percevoir les menaces générées par les changements climatiques comme pouvant les affecter ici et maintenant. Cette perception réduit le sentiment d’urgence à agir et l’intention de se mobiliser.

Des solutions

Plusieurs stratégies peuvent être mises de l’avant pour s’assurer d’une communication climatique efficace.

Voici un aperçu des solutions recensées par l’INSPQ : 

  • Adapter le message à son public cible : L’adaptation du message selon les caractéristiques du public cible (connaissances, valeurs, préoccupations) facilite une communication bienveillante et vulgarisée, plus susceptible d’être reçue positivement. Il est également important de choisir le messager. En effet, le message sera mieux reçu si la personne qui le porte partage les valeurs ou les intérêts du public cible et qu’elle paraît crédible à ses yeux. 
  • Opter pour la qualité plutôt que la quantité : L’information sur les changements climatiques est surabondante. Au lieu de contribuer à cette surenchère – et pour préserver l’intérêt– le message transmis doit plutôt se distinguer par la pertinence des faits présentés et la qualité des propos transmis. Les messages qui offrent une plus-value au public cible doivent donc être privilégiés. Par ailleurs, il sera important d’éviter la répétition d’informations déjà connues. Il est ainsi préférable de tenter de répondre aux besoins liés au message et de mettre de l’avant les faits et les arguments qui résonnent avec les préoccupations du public cible.
  • Parler des risques sans être alarmiste : Aborder les risques climatiques locaux de manière concrète et personnelle, à l’aide d’exemples clairs et réalistes, sans être alarmiste, améliore la sensibilisation du public et favorise l’engagement. Cette stratégie permet de réduire la distance psychologique en rendant concrets les enjeux climatiques. 
  • Discuter davantage des solutions : Pour favoriser le passage à l’action climatique, les solutions doivent être au centre du discours et doivent être abordées de manière tangible, concrète, accessible et adaptée. Les avantages associés à l’action climatique, ou cobénéfices, pourront aussi être mis en valeur dans les messages.
  • Nourrir un espoir lucide : Une communication climatique efficace va au-delà des risques et des solutions : elle tient compte des émotions suscitées. Les messages doivent cultiver un espoir lucide en reconnaissant les défis et les craintes, tout en mettant en lumière les progrès accomplis et les actions possibles. Un discours bienveillant soutient la mobilisation dans un cadre positif et constructif. 

Les embûches et les solutions pour les surmonter

En conclusion, qu’importe le sujet discuté, la façon de transmettre le message influence grandement la manière dont il sera reçu. Il s’agit donc d’un aspect crucial à prendre en considération pour optimiser les résultats escomptés. 

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