Risques liés à l’autorisation des produits comestibles et extraits de cannabis

L’autorisation des produits du cannabis de type comestibles, extraits et topiques entraîne de nouveaux enjeux de santé et de sécurité publiques.

La mise en œuvre de politiques en matière de cannabis fondée sur les données probantes est déterminante pour l’atteinte des objectifs de santé et de sécurité publiques.

Le premier type de risque, et le plus important à l’échelle populationnelle, est que la diversification des produits du cannabis provoque une augmentation du nombre consommateurs de cannabis et, surtout, du nombre d’usagers quotidiens et quasi-quotidiens. L’usage quotidien ou quasi quotidien de cannabis est en effet associé à un niveau de risque plus élevé pour la santé tels que les troubles de l’usage (ou dépendances), les maladies pulmonaires, le nombre et la sévérité des épisodes psychotiques, le désinvestissement scolaire ou social.

Le second type de risques est lié aux caractéristiques des produits eux-mêmes. D’abord, les produits comestibles de cannabis ont des effets psychoactifs plus difficiles à anticiper que les produits inhalés. En effet, le délai typique avant le début de l’effet psychoactif est plus long lorsque du cannabis est mangé (une heure ou plus) plutôt que fumé (quelques secondes ou minutes). Ne ressentant pas les effets psychoactifs, l’usager peut ainsi être amené à consommer de nouvelles doses ou à entreprendre des activités risquées, comme conduire un véhicule motorisé, pendant lesquelles l’effet peut se faire ressentir. De plus, les effets sont potentiellement plus intenses et plus prolongés en raison du processus de métabolisation par le foie. En outre, il est parfois difficile voire impossible, dans certains cas, de distinguer des produits comestibles qui contiennent du THC de ceux qui n’en contiennent pas en raison de leur similarité avec des produits alimentaires courants. On constate ainsi certains cas de consommation et d’intoxication involontaires de produits comestibles.

Les extraits de cannabis sont souvent, quant à eux, à très haute teneur en THC. Si les usagers n’ajustent pas, ou pas complètement, les quantités consommées en fonction de l’élévation de la concentration en THC, cela peut provoquer des effets plus intenses par la hausse de la quantité consommée par épisode. Un nombre croissant d’études associent d’ailleurs la consommation de hautes doses de THC à une plus grande incidence d’épisodes psychotiques ou à des symptômes psychotiques plus graves. Ce type de risque est d’autant plus élevé que le contenu précis en THC des produits concentrés et leur innocuité semblent plus difficiles à contrôler adéquatement que pour les produits fumés.

Pour plus d’informations


  1. Projet de règlement « Autres catégories de cannabis qui peuvent être vendues par la Société québécoise du cannabis et certaines normes relatives à la composition et aux caractéristiques du cannabis » Mémoire déposé au ministère de la Santé et des Services sociaux (INSPQ, 2019).

Dernière modification: 

26 novembre 2019