Victimes

Que sait-on des personnes qui sont victimes d’agression sexuelle et des agressions sexuelles qu’elles subissent?

  • Même si différents facteurs individuels ont été identifiés comme pouvant être associés à un plus grand risque d’être victime d’agression sexuelle, aucun portrait type de victimes d’agression sexuelle n’existe.
  • Toutefois, certaines caractéristiques personnelles sont davantage présentes chez les enfants, les femmes et les hommes victimes d’agression sexuelle et différentes données permettent de décrire la nature et le contexte des situations d’agression sexuelle vécues par les victimes.
  • Certaines caractéristiques des agressions sexuelles peuvent être identifiées, permettant de décrire les situations d’agression sexuelles vécues par les victimes.
  • Peu de victimes d’agression sexuelle dévoilent les gestes qu’elles ont subis. D’autres tardent à les dévoiler, particulièrement les enfants, les privant ainsi de la protection et des services qu’ils pourraient recevoir.

Pour connaître les conséquences de l’agression sexuelle sur les victimes, consultez la section Conséquences.

Enfants victimes d’agression sexuelle

 
 

Pour plus d’informations sur les statistiques concernant l’ampleur et les caractéristiques des agressions sexuelles envers les enfants, consultez la section Statistiques.

  • Les enfants et les adolescents sont les principales victimes d’agression sexuelle. Ils représentaient les deux tiers (66 %) de toutes les infractions sexuelles enregistrées par les services de police québécois en 20101.
  • Il n’existe pas de portrait type de l’enfant victime d’agression sexuelle. Toutefois, certaines données nous permettent de décrire les contextes et la nature des agressions sexuelles qui sont vécues par les enfants victimes.
  • En 2008, l’Étude canadienne sur l’incidence des cas de violence et de négligence envers les enfants (ÉCI-2008) a documenté près de 16 000 situations de mauvais traitements signalées aux services de protection de l’enfance canadiens et les données recueillies permettent de décrire les caractéristiques des agressions sexuelles vécues par les enfants dont la situation a été retenue par les organismes de protection de l’enfance canadiens. Pour en savoir plus +

    Selon ces données2:

    • La victime était une fille dans la majorité des cas d’agression sexuelle corroborés (78 %).
    • Près de la moitié (48 %) des victimes d’agression sexuelle corroborées étaient âgées de 12 à 15 ans.
    • Plus de la moitié (51 %) des cas d’agression sexuelle corroborés comportaient des incidents multiples.
    • Dans la majorité des cas (50 %), les agressions sexuelles corroborées étaient des attouchements.
    • L’agresseur était une figure parentale vivant avec l’enfant dans 28 % des cas.
    • Près du tiers (32 %) des victimes ont été agressées sexuellement par un membre de la fratrie.

    Diagramme Caractéristiques des cas d'agression sexuelle fondés - sexe des victimes

    Diagramme Caractéristiques des cas d'agression sexuelle fondés - âge des victimes

    Graphique Caractéristiques des cas d'agression sexuelle fondés 2008 - type d'agression commise

    Graphique Caractéristiques des cas d'agression sexuelles fondés - identité de l'agresseur (%)
    Source : ÉCI-2008

  • Les infractions sexuelles enregistrées par les services de police québécois (DUC-2) en 2009 et 2010 permettent de décrire les agressions sexuelles commises envers des enfants et des adolescents qui ont été rapportées aux autorités. Pour en savoir plus +

    Ces données montrent que :

    • Les filles étaient les victimes de 3 fois et demie plus d’infractions sexuelles (n=2 621) que les garçons en 2010 (n=749)1.
    • En 2010, les filles ont davantage été victimes d’infraction sexuelle à l’adolescence (61 %), alors que les garçons ont été plus souvent victimes d’infraction sexuelle avant l’âge de 12 ans (62 %)8.
    • Les agressions sexuelles armées (niveau 2) ou graves (niveau 3) représentaient moins de 1% de toutes les infractions sexuelles sur des mineurs enregistrées en 20098.
    • Parmi les jeunes victimes d’infractions sexuelles en 2010, 87 % connaissaient l’auteur présumé de l’agression; la moitié était un membre de la famille (48 %)1.
    • Les enfants de 11 ans et moins étaient davantage victimes d’infraction sexuelle par unmembre de la famille immédiate ou éloignée (65 %) que les jeunes victimes âgées de 12 à 17 ans (36 %)1.

    Diagramme Proportion d'infractions sexuelles sur des mineurs déclarées à la police au Québec en 2009 elon le groupe d'âge

    Diagramme Nombre d'infractions sexuelles envers des mineurs déclarées à la police au Québec en 2009 selon le sexe
    Source : DUC 2 – MSP 2009

  • Un nombre considérable d’enfants victimes d’agression sexuelle vivraient d’autres formes de violence.
    • Sur la base de plusieurs études, dans 16 % des cas en moyenne, une victime d’agression sexuelle dans l’enfance aurait aussi vécu une autre forme de mauvais traitements dans son enfance (abus physique, abus psychologique, exposition à la violence conjugale ou négligence), et entre 5 % et 17 % deux autres formes3.
    • Au Québec, 19 % des Québécoises et Québécois qui rapportaient avoir été agressés sexuellement durant leur enfance rapportaient également avoir vécu de la violence physique et 14 % de la violence psychologique avant l’âge de 18 ans4.
    • Parmi les enfants québécois et canadiens dont les agressions sexuelles ont été jugées fondées entre 1998 et 2003 par les services de protection de l’enfance, les évaluations confirmaient qu’entre 25 % et 49 % d’entre eux avaient vécu une autre forme de mauvais traitements, incluant l’abus physique, l’abus psychologique, la négligence et l’exposition à la violence conjugale5,6,7.

Différences selon le sexe des enfants victimes d’agression sexuelle

Sur la base de plusieurs études scientifiques auprès d’enfants victimes d’agression sexuelle et à partir des statistiques des services de protection de la jeunesse et celles des services policiers, il appert que les filles et les garçons se distinguent quant à la nature des agressions sexuelles dont ils sont victimes.

  • Les filles sont davantage victimes d’agression sexuelle intrafamiliale que les garçons9.
  • Les garçons sont plus souvent que les filles victimes d’un agresseur étranger9.
  • Les garçons sont plus souvent agressés sexuellement sur une période de temps plus courte et subissent moins d’incidents d’agression sexuelle que les filles10.
  • Les filles sont plus souvent victimes d’agression sexuelle à l’adolescence, alors que les garçons en sont plus souvent victimes à l’enfance (0-12 ans)8.
  • Les filles dont l’agression sexuelle a été corroborée par les services de protection de l’enfance canadiens sont plus nombreuses que les garçons à avoir subi une pénétration (12,5%), comparativement aux garçons (4,2%)11.

Femmes victimes d’agression sexuelle

  • Parmi les adultes de 18 ans et plus victimes d’agression sexuelle, les femmes en sont les principales victimes. Elles représentaient au Québec plus de 9 victimes d’infractions sexuelles sur 101.
  • Il n’existe pas de portrait type de la femme victime d’agression sexuelle. Toutefois, les statistiques sur les infractions sexuelles enregistrées par les services de police québécois et canadiens, et les données d’enquêtes sur la victimisation révèlent certaines caractéristiques des femmes qui ont été agressées sexuellement et permettent de décrire les agressions dont elles sont victimes. Pour en savoir plus +

    Ces données montrent que :

    • Les femmes âgées de 18 et 24 ans représentaient le groupe d’âge parmi les femmes adultes où il y a eu le plus de victimes d’infractions sexuelles au Québec en 20098.
    • 38 % des infractions sexuelles perpétrées contre des femmes au Canada en 2008 ont entraîné des blessures12.
    • 3,2 % des femmes victimes d’infractions sexuelles au Québec en 2009 ont vécu une agression sexuelle grave ou armée8.
    • Au Canada en 2008, les infractions sexuelles commises envers des femmes l’ont été en majorité (59 %) dans un lieu résidentiel12.
    • En majeure partie, (37 %) des femmes victimes d’infraction sexuelle au Canada en 2008 ont été agressées par un ami ou une connaissance12.

    Graphique Taux de femmes victimes d'infractions sexuelles selon le groupe d'âge au Québec 2009
    Source : DUC 2 – MSP 2009

    Diagramme Proportion de femmes victimes d'infractions sexuelles selon le lieu du crime Canada 2008

    Diagramme Proportion de femmes victimes d'infractions sexuelles selon la relation avec l'auteur présumé Canada 2008
    Source : DUC 2 – Statistiques Canada

Hommes victimes d’agression sexuelle

 
 

Les mythes et préjugés associés à la sexualité masculine et à l’agression sexuelle envers les hommes sont un obstacle au dévoilement, ce qui rend les statistiques peu fiables. Les experts pensent que les statistiques officielles sous-estiment le nombre d’hommes victimes d’agression sexuelle13.

  • À l’exception des agressions sexuelles commises envers des garçons mineurs, l’agression sexuelle envers des hommes adultes a fait l’objet de peu de recherches13.
  • Les hommes adultes sont moins représentés parmi les adultes victimes d’agression sexuelle ; ils représentaient 3 % de toutes les infractions sexuelles rapportées à la police en 2010 au Québec1.
  • Dans une enquête faite auprès de la population adulte canadienne en 2009, 30 % des agressions sexuelles rapportées par les répondants avaient été commises à l’endroit d’un homme. Quand on observe plutôt les données colligées par les services policiers, les hommes ne représentaient que 8 % des victimes adultes d’infractions sexuelles, laissant croire que les hommes adultes sont sous-représentés dans les victimes d’infractions sexuelles.
  • Tout comme pour les femmes, il n’existe pas de portrait type de l’homme victime d’agression sexuelle. Toutefois, les statistiques sur les infractions sexuelles enregistrées par les services de police québécois et canadiens et les données d’enquêtes sur la victimisation permettent d’identifier certaines caractéristiques des hommes victimes d’agression sexuelle et de décrire les agressions dont ils sont victimes. Pour en savoir plus +

    Selon ces données :

    • Les 18 et 24 ans représentaient le groupe d’âge parmi les adultes où il y a eu le plus d’hommes victimes d’infractions sexuelles au Québec en 20098.
    • 30 % des infractions sexuelles perpétrées contre des hommes au Canada en 2008 ont entraîné des blessures14.
    • 1,5 % des hommes victimes d’infractions sexuelles au Québec en 2009 ont vécu une agression sexuelle grave ou armée8.
    • Au Canada en 2008, les infractions sexuelles commises envers des hommes l’ont été dans presque la moitié des cas (48 %) dans un lieu résidentiel12.
    • La majorité (46 %) des hommes victimes d’infraction sexuelle au Canada en 2008 ont été agressés par un ami ou une connaissance12.

    Diagramme Taux d'hommes victimes d'infractions sexuelles selon le groupe d'âge au Québec 2009
    Source : MSP 2009

    Diagramme proportion d'hommes victimes d'infractions sexuelles selon le lieu du crime Canada 2008

    Diagramme proportion d'hommes victimes d'infractions sexuelles selon la relation avec l'auteur présumé Canada 2008

L’agression sexuelle envers les hommes dans les prisons

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)13, même s’il est difficile d’en estimer l’ampleur réelle, des rapports sexuels forcés se produiraient régulièrement dans les prisons entre détenus, et ce, afin d’établir des hiérarchies de respect et de discipline, mais aussi par le personnel des prisons. Dans plusieurs pays, des agressions sexuelles seraient commises par des gardiens de prison, des policiers et des soldats. « Ainsi, il arrive que l’on contraigne des prisonniers à avoir des rapports sexuels avec d’autres comme forme de « divertissement » ou avec des agents ou responsables. »

Dévoilement des agressions sexuelles

Le processus de dévoilement

 
 

La possibilité et la volonté pour les victimes d’agression sexuelle de dévoiler les agressions qu’elles ont subies sont à la base d’interventions sociales, médicales, psychologiques et judiciaires.

  • On parle de « dévoilement » lorsqu’une victime d’agression sexuelle confie à quiconque la situation qu’elle a vécue, que ce soit à une personne de l’entourage ou à une source formelle de soutien15.
  • Ainsi, une victime d’agression sexuelle peut avoir dévoilé la situation à une personne de son entourage, mais l’agression sexuelle pourrait ne jamais être rapportée aux autorités.

Le processus du dévoilement

Le dévoilement, et plus particulièrement dans le cas des enfants, doit être vu comme un processus en plusieurs étapes qui peuvent (ou non) inclure16 :

    1. des tentatives de dévoilement;
    2. le déni;
    3. la rétractation;
    4. une réaffirmation ;
    5. une augmentation des détails au fil du temps.

Attention : Il faut être prudent avant d’interpréter la rétractation d’un enfant ayant dévoilé avoir été victime d’agression sexuelle comme un mensonge, et donc comme de fausses allégations d’agression sexuelle, puisque cela peut s’inscrire dans une étape normale du dévoilement. Pour plus d’information, consultez la fiche thématique sur les fausses allégations d’agression sexuelle chez les enfants.

Le dévoilement des agressions sexuelles vécues à l’enfance

  • Plusieurs enfants victimes d’agression sexuelle tarderont à dévoiler les gestes qu’ils ont subis ou ne les dévoileront jamais, privant ces enfants de la protection et des services nécessaires à leur situation.

Ampleur du dévoilement des agressions sexuelles vécues à l’enfance

  • Les meilleures estimations établissent à 33 % la proportion d’enfants agressés sexuellement qui dévoileront avant l’âge de 18 ans à au moins une personne ce qu’elles ont subi et à 11 % la proportion d’enfants dont la situation sera rapportée aux autorités16.
  • Selon une enquête de prévalence réalisée auprès d’un échantillon représentatif de femmes québécoises en 2008, celles qui rapportaient avoir vécu une agression sexuelle dans l’enfance disaient n’avoir jamais dévoilé les agressions sexuelles à quiconque dans 26 % des cas17.
  • Les faibles proportions de dévoilement des agressions sexuelles dans l’enfance font souvent référence à l’analogie de la pointe de l’iceberg, montrant que seule une minorité de tous les cas d’agression sexuelle envers les enfants sont connus.
 
 

Environ 20 % des femmes et 10 % des hommes ont été victimes d’agression sexuelle avant 18 ans.

illustration d'un iceberg; De toutes les agressions sexuelles envers les enfants, le tiers environ seront dévoilées et 1 sur 10 sera rapportée aux autorités.

 

Délais de dévoilement des agressions sexuelles vécues dans l’enfance

 
 

Selon le ministère de la Sécurité publique, le fait que les jeunes aient été plus souvent victimes d’un membre de la famille expliquerait, du moins en partie, que les enfants soient moins nombreux que les adultes à dévoiler promptement, puisqu’ils peuvent craindre les conséquences pour eux-mêmes ou leur famille de dévoiler l’agression. De plus, les enfants n’ont pas nécessairement la capacité de reconnaître la nature d’un tel événement et de le communiquer1.

  • Parmi les infractions sexuelles rapportées aux corps policiers québécois en 2009, celles commises envers des enfants avaient été moins souvent signalées à la police le jour même de l’infraction (26 %) que celles commises envers des adultes (46 %)8.
  • Parmi les infractions sexuelles rapportées aux corps policiers québécois en 2009, celles commises envers des enfants avaient été plus souvent signalées à la police plus d’un an après avoir été commise (27 %) que celles commises envers des adultes (11 %)8. De plus, de toutes les infractions qui ont été signalées plus d’un an après leur perpétration, 10 % avaient été commises depuis plus de 10 ans.

Graphique Répartition des victimes d'infractions sexuelles, enfants et adultes, selon le délai de signalement à la police Québec 2009
Source : MSP 2009

  • Selon une enquête de prévalence réalisée auprès d’un échantillon représentatif de femmes québécoises en 2008, celles qui rapportaient avoir vécu une agression sexuelle dans l’enfance disaient :
    • les avoir rapportées promptement (à l’intérieur d’un mois) dans 22 % des cas ;
    • les avoir dévoilées plus de cinq ans après dans 33 % des cas.

Dévoiler, oui mais…

Parmi les femmes victimes d’agression sexuelle dans l’enfance interrogées dans le cadre d’une enquête et qui disaient avoir dévoilé les gestes qu’elles ont subis à au moins une personne17 :

  • 66 % disaient que le fait d’avoir dévoilé les avait beaucoup aidé ou plutôt aidé;
  • 10 % disaient que le fait d’avoir dévoilé leur avait beaucoup nui ou plutôt nui.

Ces résultats montrent l’importance de dévoiler les agressions sexuelles vécues dans l’enfance, mais soulèvent aussi la possibilité que le dévoilement d’une victime ne soit pas nécessairement perçu positivement par celle-ci. Les réactions de l’entourage peuvent influencer l’effet favorable ou défavorable d’un dévoilement18. Pour plus d’information sur la façon de réagir suite au dévoilement d’une victime, consultez la section Ressources.

Obstacles au dévoilement des agressions sexuelles vécues à l’enfance

Plusieurs raisons peuvent être invoquées par les victimes d’agression sexuelle dans l’enfance pour ne pas avoir dévoilé ou dévoilé rapidement leur situation.

  • Plusieurs de ces raisons concernent des sentiments de confusion ou d’ambivalence ainsi que des craintes liées aux conséquences potentielles du dévoilement, craintes qui peuvent avoir été induites par l’agresseur. Pour en savoir plus +

    Quelques exemples de raisons invoquées par les victimes15,19,20 :

    • Peur d’être blâmée pour l’agression sexuelle
    • Peur de ne pas être crue
    • Se sentait honteuse, sale
    • La victime n’était pas certaine que c’était un abus, que c’était mal
    • Peur des conséquences sur la famille (séparation, placement)
    • Protéger l’agresseur de conséquences (ex. : emprisonnement)
    • Gains obtenus (cadeaux, avantages, relation satisfaisante)
    • Crainte de l’exécution des menaces de l’agresseur
    • Peur des stéréotypes liés aux rôles sexuels ou à l’homosexualité pour les victimes masculines
    • Désir d’obéir aux adultes (valeur d’obéissance)
  • Certaines caractéristiques des agressions sexuelles ont été associées au fait de dévoiler ou non les agressions sexuelles vécues15,16,19,20,21,22:
    • Lien avec l’agresseur +
      • Les victimes d’un agresseur étranger ou extérieur à la famille sont plus susceptibles de dévoiler ou de dévoiler promptement.
    • Âge des victimes +
      • Les jeunes victimes (moins de 6 ans) font surtout des dévoilements accidentels.
      • Les dévoilements accidentels augmentent avec l’âge. Les enfants de 7 à 13 ans sont plus susceptibles de dévoiler à un adulte ou un parent, alors que les adolescents dévoilent surtout à un(e) ami(e) ou un(e) partenaire intime.
    • Sexe des victimes +
      • Les garçons sont moins enclins que les filles à dévoiler et à dévoiler promptement les agressions sexuelles qu’ils ont vécues, particulièrement à l’adolescence.
    • Sévérité des agressions sexuelles +
      • Les agressions sexuelles intrafamiliales et de plus longue durée apparaissent être moins dévoilées ou dévoilées plus tardivement.
      • Les agressions sexuelles avec violence physique et blessures sont plus susceptibles d’être dévoilées ou dévoilées promptement et d’être rapportées aux autorités.
    • Caractéristiques des familles des victimes +
      • La disponibilité du soutien parental est associée au dévoilement et au dévoilement prompt des agressions sexuelles par un enfant.
      • Une moins bonne relation avec les parents est davantage associée à l’absence de dévoilement chez les adolescents.

Le dévoilement des agressions sexuelles vécues à l’âge adulte

  • Même si les agressions sexuelles vécues à l’âge adulte apparaissent davantage dévoilées et dans un délai plus court que celles vécues à l’enfance, il demeure qu’une faible proportion d’agressions sexuelles commises envers des adultes seront rapportées aux services de police.

Dévoilement des agressions sexuelles vécues à l’âge adulte

  • Plusieurs victimes d’agression sexuelle interrogées dans le cadre de l’Enquête sociale générale de 2004 (ESG) rapportent avoir dévoilé à des sources informelles les agressions sexuelles subies dans la dernière année23. Les principales personnes à qui elles se sont confiées étaient :
  • Des amis (72 %);
  • Des membres de leur famille (41 %);
  • Des collègues de travail (33 %);
  • Des médecins ou infirmières (13 %).

Signalement à la police des agressions sexuelles vécues à l’âge adulte

  • Selon les données de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2004 sur la victimisation, moins d’une agression sexuelle sur 10 vécue dans l’année précédant l’enquête avait été signalée à la police23.
  • Les données de l’ESG de 2004 montrent que, parmi les crimes considérés dans l’enquête, les agressions sexuelles correspondent à la catégorie la moins rapportée à la police au cours de l’année précédente23.
Proportion de crimes violents déclarés à la police au Canada en 2004
Crimes violents vécus dans l'année précédant l'enquête Proportion des crimes signalés à la police
Vols qualifiés
47 %
Voies de fait
40 %
Agressions sexuelles
10 %
Source : ESG 2004
  • Parmi les infractions sexuelles commises envers des adultes rapportées aux services de police québécois en 2009, la majorité avaient été signalées à la police sans délai (46 %), alors que seulement 11 % avaient été signalées avec plus d’un an de délai8.

Graphique Répartition des victimes d'infractions sexuelles, enfants et adultes, selon le délai de signalement à la police Québec 2009
Source : MSP 2009

Obstacles au dévoilement des agressions sexuelles vécues à l’âge adulte

  • Selon les données de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2004 sur la victimisation, qui a révélé qu’environ 1 agression sexuelle sur 10 est signalée à la police dans l’année suivante, différentes raisons ont été invoquées par les victimes pour justifier qu’elles n’aient pas signalé l’agression sexuelle à la police23.
    • Les victimes estimaient que l’incident n’était pas suffisamment important (58 %);
    • Les victimes avaient réglé l'incident d’une autre façon (54 %);
    • Les victimes pensaient qu’il s’agissait d’une question personnelle (47 %);
    • Les victimes ne voulaient pas avoir à faire avec la police (41 %).
  • Certaines caractéristiques des agressions sexuelles semblent influencer leur signalement à la police. Selon les données de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2004 sur la victimisation23:
    • les contacts sexuels étaient moins susceptibles d’être signalés à la police (6 %) que les attaques de nature sexuelle (22 %).

 

 
 

Références

  1. Ministère de la sécurité publique du Québec (2012). Infractions sexuelles au Québec : Faits saillants 2010. Québec : Gouvernement du Québec.
  2. Collin-Vézina, D. et Tourigny, M. (2011, septembre). Les taux d’agression sexuelle au Québec et au Canada : Que comprendre des données issues des études d’incidence et de prévalence ? Communication présentée au Congrès international francophone sur l’agression sexuelle-CIFAS. Montreux, Suisse.
  3. Higgins, D. J. et McCabe, M. P. (2001). Multiple forms of child abuse and neglect : Adult retrospective reports. Aggression and Violent Behavior, 6, 547-578.
  4. Tourigny, M., Hébert, M., Joly, J., Cyr, M. et Baril, K. (2008). Prevalence and co-occurrence of violence against children in the Quebec population. Australian and New Zealand journal of public health, 32 (4), 331-335.
  5. Tourigny, M., Hébert, M., Daigneault, I., Jacob, M. et Wright, J. (2005). Portrait québécois des signalements pour abus sexuels faits à la Direction de la protection de la jeunesse. Rapport de recherche. Sherbrooke: Université de Sherbrooke.
  6. Trocmé, N., Fallon, B., MacLaurin, B. et Neves, T. (2003). What is driving increasing child welfare caseloads in Ontario? : Analysis of the 1993 and 1998 Ontario Incidence Studies. Child Welfare, 84, 341-362.
  7. Trocmé, N., Fallon, B., MacLaurin, B., Daciuk, J., Felstiner, C., Black, T. et al. (2005). Étude canadienne sur l’incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants – 2003. Données principales. Ottawa : Ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux du Canada.
  8. Ministère de la sécurité publique du Québec (2011). Statistiques sur les agressions sexuelles au Québec 2009. Québec : Gouvernement du Québec.
  9. Tourigny, M. et Baril, K. (2011). Les agressions sexuelles durant l’enfance : Ampleur et facteurs de risque. Dans M. Hébert, M. Cyr, et M. Tourigny (dir.), L’agression sexuelle envers les enfants Tome 1 (pp.7-42). Québec: Presses de l’Université du Québec.
  10. Wolfe, V. V. (2007). Child sexual abuse.Dans E. J. Mash et R. A. Barkley (Dir.), Assessment of childhood disorders (4e éd.) (pp. 685-748), New York : Guilford Press.
  11. Collin-Vézina, D. et Turcotte, D. (2011, juin). L’abus sexuel envers les enfants au Canada : les victimes, les auteurs et les contextes. Communication présentée au Colloque international sur l’exploitation sexuelle des enfants et des conduites excessives. La Malbaie, Canada.
  12. Statistique Canada. (2010). Les différences entre les sexes en ce qui touche les crimes violents déclarés par la police au Canada, 2008. R. Vaillancourt. Centre canadien de la statistique juridique. No 85F0033M au catalogue, no 24.
  13. Jewkes, R., Sen, P. et Garcia-Moreno, C (2002). La violence sexuelle. Dans E.G. Krug, L.L. Dahlberg, J.A. Mercy, A. Zwi et R. Lozano-Ascencio (dir.), Rapport mondial sur la violence et la santé (pp.163-201). Genève: Organisation mondiale de la Santé.
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  15. Ullman, S. (2003). Social reactions to child sexual abuse disclosures: A critical Review. Journal of Child Sexual Abuse, 12(1), 89-120.
  16. London, K., Bruck, M., Ceci, S.J. et Shuman, D.W. (2005). Disclosure of child sexual abuse. What does research tell us about the ways that children tell?. Psychology, Public Policy and Law, 11(1), 194-226.
  17. Baril, K. et Tourigny, M. (2010, octobre). Dévoiler l’agression sexuelle : Qui sont les victimes qui dévoilent et quels sont les impacts d’un dévoilement? Communication présentée au Congrès de l’Association internationale des victimes de l’inceste. Paris, France.
  18. Ullman, S. (2010). Benefits and barriers to disclosing sexual trauma: A contextual approach. Journal of Trauma & Dissociation, 11, 127-133.
  19. Paine, M.L. et Hansen, D.J. (2002). Factors influencing children to self-disclosure sexual abuse. Clinical Psychology Review, 22, 271-295.
  20. London, K., Bruck, M., Wright, D.B. et Ceci, S.J. (2008). Review of the contemporary literature on how children report sexual abuse to others : Findings, methodological issues, and implications for forensic interviewers. Memory, 16(1), 29-47.
  21. Hébert, M., Tourigny, M., Cyr, M., McDuff, P. et Joly, J. (2009). Prevalence of childhood sexual abuse and timing of disclosure in a representative sample of adults from Quebec. The Canadian Journal of Psychiatry, 54(9), 631-636.
  22. Allagia, R. (2005). Disclosing the trauma of child sexual abuse : A gender analysis. Journal of loss and trauma, 10(5), 453-470.
  23. Brennan S., Taylor-Butts, A. (2008).Les agressions sexuelles au Canada, 2004-2007. Centre canadien de la statistique. No 85F0033M au catalogue- no 19.