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Les espaces privés de l'Institut
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Auteurs
Daniel G. Bolduc, Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), Denis Belleville, Direction de santé publique de la Montérégie et INSPQ, Pierre Chevalier, Unité de recherche en santé publique du CHUQ et INSPQ, Sylvie Lessard, INSPQ, Manon Paul, INSPQ, Onil Samuel, INSPQ, Guy Sanfaçon, INSPQ, Marion Schnebelen, INSPQ, Louis St-Laurent, INSPQ, Mathieu Valcke, Direction de santé publique de la Montérégie et INSPQ.
Mise en contexte
Au Québec, au cours de l'année 2000, les activités interministérielles de préparation des interventions au sujet du virus du Nil occidental (VNO) et les réactions du public ont fait ressortir la nécessité de préparer une évaluation scientifique des impacts et des risques que représenteraient les moyens de protection personnelle et les interventions de contrôle vectoriel contre le VNO. À la demande du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS), l'Institut national de santé publique du Québec a réalisé une évaluation des risques pour la santé humaine.
Le principal objectif visé par cette évaluation est de décrire et, dans la mesure du possible, d'estimer les risques pour la santé humaine que pourraient représenter les moyens de protection personnelle et de contrôle vectoriel pouvant être utilisés pour contrer la transmission du VNO. Ces moyens se traduisent notamment par l'utilisation d'insectifuges personnels, d'insecticides domestiques, de larvicides et d'adulticides. L'évaluation des risques a également permis d'atteindre d'autres objectifs, soit de mieux cerner le risque associé au VNO lui-même et de documenter l'efficacité des moyens de protection et de contrôle sur la transmission de la maladie.
Cinq rapports ont été produits, dont un document synthèse :
Depuis, l'INSPQ poursuit l'acquisition de connaissance en matière d'évaluation des risques pour la santé humaine et, à ce jour, trois rapports supplémentaires ont été produits :
Le présent texte constitue un résumé des principaux constats provenant de ces rapports.
Épidémiologie
La présence du virus du Nil occidental en Amérique a été signalée pour la première fois à New-York en 1999. Depuis, le virus a été identifié dans 47 États américains ainsi que dans 7 provinces canadiennes dont le Québec. Diverses espèces d'oiseaux, dont de nombreuses corneilles, ont été affectées par le virus et des animaux, notamment des chevaux, ont été trouvés malades par cause du VNO. Certains oiseaux demeurent porteurs du virus et en constituent le réservoir. L'humain est un hôte occasionnel du VNO. La transmission se produit principalement par piqûre de moustiques infectés qui se sont préalablement nourris sur des oiseaux infectés par le virus. Des études récentes démontrent toutefois que le virus peut aussi se transmettre par transplantation d'organe, par transfusion sanguine, par le lait maternel et par transfert placentaire. Des cas de transmission ont également été rapportés parmi les travailleurs de laboratoire. L'infection due au virus du Nil occidental passe le plus souvent inaperçue ou cause un syndrome viral bénin. Des études de prévalence des anticorps contre le virus du Nil occidental ont permis d'estimer qu'environ une personne infectée sur 150 développe une maladie neurologique grave. Les personnes âgées de 50 ans ou plus sont davantage susceptibles de développer une infection neurologique grave. Au Québec, des oiseaux et des groupes de moustiques infectés par le VNO ont été retrouvés. Des cas humains, dont 3 décès,ont également été identifiés. Leur nombre demeure toutefois restreint.
Moyens de protection personnelle
L'emploi de répulsifs personnels (insectifuges) est un des éléments de base de toute stratégie de protection contre le VNO. Ces produits sont des moyens efficaces de protection contre les piqûres de moustiques. Les produits à base de DEET offrent une protection de plus longue durée contre les moustiques. Ceux à base d'huile de lavande et de citronnelle protègent également, mais sur de plus courtes périodes de temps. Même s'ils ne sont pas sans danger pour la santé humaine, les risques sont peu élevés puisque le nombre de cas d'intoxication connus reste limité malgré la vaste utilisation de ces produits. La prudence recommande tout de même d'éviter tout usage abusif en termes de fréquence, de quantité ou de dose, en particulier chez les enfants. Par ailleurs, l'application d'insecticides domestiques par les citoyens pourrait être perçue par ces derniers comme une stratégie propice pour se protéger du VNO. En général, ce type d'application s'avère être un moyen de protection peu efficace. Les risques d'intoxication sont par contre importants dans le cas de certains produits étant donné la toxicité des matières actives et la forte possibilité d'une exposition lors des manipulations et des pulvérisations.
Utilisation de larvicides
L'utilisation de larvicides pour éliminer les larves de moustiques dans les gîtes de reproduction s'avère par contre une stratégie intéressante. Le Bti et le méthoprène sont des larvicides ne présentant pas de risques notables pour la santé humaine, quoiqu'il demeure tout de même prudent d'éviter d'exposer directement la population.
Application d'insecticides
Les applications terrestre et aérienne d'insecticides pour contrôler les moustiques adultes restent les moyens de contrôle les plus controversés. Puisqu'il permet de limiter les contacts entre le moustique vecteur de la maladie et l'humain, il est plausible que l'emploi d'adulticides puisse diminuer le nombre de cas humains. Cependant, très peu d'études ont réussi à prouver l'efficacité des applications d'adulticides pour réduire le nombre de cas d'infection lors d'une épidémie. L'évaluation du risque toxicologique, réalisée par l'Institut national de santé publique du Québec à partir de taux résiduels environnementaux modélisés par ordinateur et de scénarios d'exposition conservateurs, a permis de déterminer que seul l'usage du malathion peut présenter des risques pour la santé, notamment celle des enfants. L'utilisation de resméthrine synergisée (avec butoxide de pypéronyle) serait l'option la plus sécuritaire pour la population et pour les travailleurs. Ce produit n'est cependant pas homologué actuellement au Canada. Malgré la relative sécurité qu'offre l'emploi de perméthrine et de resméthrine, il faut tout de même prévoir des moyens de gestion du risque, spécifiquement pour les enfants qui sont les plus à risque d'être exposés et les plus sensibles aux insecticides.
Un nouvel exercice de modélisation (utilisant un logiciel différent) a récemment été réalisé. Celui-ci a permis de générer des valeurs de concentrations environnementales lors de pulvérisations aériennes d'insecticides pour le contrôle des moustiques adultes. Il a également permis de comparer les résultats avec ceux obtenus lors de la première modélisation. Ces derniers viennent confirmer ce qui avait été préalablement observé lors de la première modélisation, c'est-à-dire que l'utilisation de resméthrine synergisée (avec butoxide de pypéronyle) représente l'option la plus sécuritaire pour la population.
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