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La violence conjugale : des faits à rapporter, des mythes à déconstruire, une complexité à comprendre
 Statistiques - Exposition des enfants à la violence
 conjugale

Mise en garde
Prévalence
Conséquences
Refuges

Mise en garde

La prévalence de la violence conjugale au sein d'une population est difficile à évaluer du point de vue statistique. Ni les enquêtes policières ni les enquêtes de population ne parviennent à rendre compte de toute l'ampleur du problème.

Les statistiques portant sur les crimes rapportés à la police fournissent une image partielle de l'ensemble des crimes contre la personne commis dans un contexte conjugal. En 2007, les données du DUC 2 ont été obtenues auprès de 153 services de police du Canada, ce qui représente 94 % du volume national de la criminalité29. Or, selon l'ESG de 2004, seulement 28 % des victimes de violence conjugale déclarent l'incident à la police5.

Par ailleurs, les enquêtes de population reflètent rarement l'étendue réelle du problème de la violence conjugale23, 26. Premièrement, ces enquêtes misent sur les déclarations de répondants qui, pour différentes raisons (honte, culpabilité, embarras, méfiance), peuvent ne pas être disposés à révéler la violence qu'ils subissent à l'intervieweur23. Deuxièmement, les enquêtes reposent souvent sur des définitions étroites de la violence. Par exemple, dans l'ESG de 2004, les taux de violence conjugale ont été établis sur la base des actes de violence physique et sexuelle définis dans le Code criminel. Non seulement cette définition exclut-elle certaines formes de violence, comme la violence psychologique, mais elle suppose aussi que « [...] si les répondants ne perçoivent pas la conduite de leur conjoint comme une conduite criminelle, ils risquent de ne pas la rapporter »25.

Prévalence

  • En 2007, au Québec, 1042 enfants de moins de 18 ans ont été victimes de violence physique lors d'événements de violence conjugale rapportés à la police1. Source : DUC 2
  • Dans l'ESG de 2004, 33 % des victimes de violence conjugale ont affirmé que des enfants avaient vu ou entendu cette violence; parmi celles-ci, plusieurs ont dit avoir craint pour leur vie (40 %) et avoir été blessées physiquement (44 %)13.
    Source : ESG 2004
  • « Dans une étude réalisée en Irlande, 64 % des femmes maltraitées déclarent que leurs enfants sont souvent témoins de la violence et, dans une autre étude réalisée à Monterrey, au Mexique, 50 % des femmes victimes de violence font la même déclaration »14.
  • Selon d'autres études, de 11 % à 23 % de tous les enfants canadiens seraient témoins chez eux d'actes de violence dirigés contre leur mère, ce qui représente de deux à six enfants par classe8.
  • Au Canada, dans 11 % des agressions contre un conjoint, une personne autre qu'un conjoint a été maltraitée ou menacée; 44 % de ces autres personnes étaient des enfants de moins de 15 ans13.
    Source : ESG 2004
  • Dans 85 % des homicides-suicides commis par un conjoint de sexe masculin au Canada entre 1961 et 2003, ce dernier n'a tué que sa conjointe avant de se suicider. Dans les 15 % restants, il y avait d'autres victimes en plus de la conjointe, la plupart (71 %) de ces victimes non conjugales étaient des enfants
    (152 enfants)38.
    Source : EH
Conséquences
  • Au Canada, les enfants qui ont entendu ou vu des bagarres dans leur foyer sont deux fois plus susceptibles d'être physiquement agressifs que ceux qui n'en ont pas été témoins (28 % contre 11 %). Ils sont aussi plus susceptibles de commettre des délits contre la propriété (21 % contre 9 %) et de souffrir d'hyperactivité (15 % contre 9 %)33.
    Source : ELNEJ 1998-1999
  • « Les problèmes affectifs et comportementaux sont 10 à 17 fois plus fréquents chez les enfants [exposés à la violence] que chez ceux appartenant à un foyer non violent »32.
  • « [Chez les] enfants signalés aux organismes de protection, il y aurait une concomitance de la violence conjugale et des mauvais traitements envers les enfants. Ainsi, les enfants exposés à la violence conjugale seraient en proportion plus nombreux à subir de l'agression psychologique, de la violence physique mineure et de la violence physique sévère. Chez les garçons, ce fait [d'être exposé à la violence conjugale] serait fortement associé à la violence grave perpétrée ultérieurement comme partenaire d'un couple alors que, chez les filles, il serait un facteur déterminant pour devenir victime dans une relation de couple à l'âge adulte »30.
Refuges
  • Au Canada, en 2008, 52% des établissements d’hébergement offraient des programmes aux enfants exposés à la violence conjugale29.
    Source : EMH 2007-2008
  • Au Canada, le 16 avril 2008, près de la moitié des femmes victimes de violence avaient été admises dans un établissement d’hébergement avec leurs enfants29.
    Source : EMH 2007-2008

 

Attention : « Ces chiffres provenant des perceptions des parents sous-estiment la prévalence de l'exposition à la violence conjugale, puisque des études menées auprès des enfants révèlent que les enfants sont beaucoup plus conscients de la présence de cette violence que ne le croient les parents »3.

  Page créée le 8 septembre 2006  
  Modifiée le 11 novembre 2009  

 

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