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Questions et réponses - Violence faite par les femmes
Qu'est-ce qu'on sait de la violence exercée par les femmes envers leur conjoint?
- Dans la littérature scientifique, il est reconnu que les femmes peuvent effectivement exercer de la violence envers leur conjoint. Par contre, même si les auteurs s'entendent pour dire que ce type de violence existe, le phénomène demeure encore peu connu et peu documenté.
- Cependant, ce qui est bien reconnu, c'est que même si la violence des femmes envers leur conjoint existe bel et bien, elle n'est pas comparable, ni en importance, ni en gravité, à celle des hommes envers leur conjointe23, 28.
La violence envers les conjointes est beaucoup plus répandue que celle envers les conjoints, surtout en ce qui a trait aux formes de violence plus sérieuses. Voir les statistiques sur la prévalence de la violence conjugale et de l'homicide conjugal
Les femmes sont victimes d'actes de violence plus graves que les hommes. Voir les statistiques sur la gravité de la violence conjugale
Les femmes qui posent un geste violent contre leur conjoint le font souvent pour riposter ou pour se défendre; la plus grande partie de la violence masculine a pour but de contrôler la conjointe
La violence conjugale a des conséquences physiques et psychologiques plus graves pour les femmes que pour les hommes. Voir les statistiques sur les conséquences de la violence conjugale
- Plusieurs organisations internationales reconnaissent que la violence des hommes envers les femmes demeure beaucoup plus importante que celle des femmes envers les hommes. C'est le cas de l'Organisation des Nations Unies34, de l'Organisation mondiale de la santé14 et d'Amnistie internationale35.
Qu'est-ce que la théorie de la symétrie de la violence dans le couple?
- La théorie de la symétrie de la violence a vu le jour aux États-Unis à la suite de la publication des résultats des National Family Violence Surveys (1975 et 1985).
- Ces enquêtes suggèrent que la victimation subie par les hommes et par les femmes serait symétrique, c'est-à-dire que presque autant de femmes que d'hommes subiraient de la violence de la part de leur partenaire23, 28.
- Toutes ces enquêtes utilisaient un outil de mesure appelé le Conflict Tactic Scale (CTS ou grille de comportements gradués élaborée pour étudier les modes de résolution de conflit dans le couple)23, 26. Cet outil a été largement utilisé par la suite en Amérique du Nord, notamment par Statistique Canada dans ses enquêtes sur la violence familiale et conjugale.
- Ainsi, dans l'Enquête sociale générale de 1999 sur la violence conjugale de Statistique Canada, où la Conflict Tactic Scale (CTS) a été utilisée, les femmes (8 %) et les hommes (7 %), ont obtenu des taux de victimation semblables31. Les données de l'Enquête sociale générale de 2004 de Statistique Canada allaient dans le même sens avec des taux de violence conjugale de 7 % chez les femmes et de 6 % chez les hommes5.
- Malgré son utilisation dans plusieurs enquêtes, la CTS ne fait pas l'unanimité chez les chercheurs. Plusieurs lui repprochent des lacunes méthodologiques importantes, dont notamment le fait de ne pas tenir compte du contexte de l'incident violent et d'exclure certaines formes de violence importantes.
- La CTS ne tient pas compte des intentions sous-jacentes aux actes de violence : « Rien n'indique si la répondante ou le répondant a frappé, donné des coups de pied ou mordu son ou sa partenaire par mesure de représailles ou en légitime défense.23 ». « La CTS se contente de dénombrer le nombre de gestes violents commis par les gens et ne peut indiquer pourquoi des personnes ont recours à la violence. Même si les données de la CTS indiquent presque toujours que les femmes et les hommes sont également violents, le fait est que les gens ont recours à la violence pour des raisons différentes, les femmes principalement pour se défendre et les hommes principalement pour contrôler leurs partenaires féminins25. »
- La CTS ne tient pas compte de la gravité des situations en cause (gravité des actes posés, fréquence des incidents, blessures subies, conséquences psychologiques, etc.)26.
- Il est clair que de ne pas tenir compte de la gravité des gestes et de baser la mesure de la violence conjugale uniquement sur les gestes physiques produira systématiquement des estimations de taux semblables chez les hommes et chez les femmes. « Par contre, l'introduction de variables mesurant non seulement le geste mais également sa gravité ou sa dangerosité produira des différences significatives entre les femmes et les hommes26. »
- Dans l'Enquête sociale générale (ESG) de 2004, les dix questions qui ont permis d'établir les taux de violence conjugale ne traitaient pas de la violence psychologique, ni de certains comportements violents pourtant répandus : cracher au visage de son partenaire, l'immobiliser ou s'asseoir dessus, l'isoler par différents moyens, etc.
- Ainsi, bien que les taux globaux de violence conjugale de l'ESG de 2004 suggèrent des proportions relativement égales de femmes et d'hommes vivant certaines formes de violence conjugale, l'examen plus approfondi des résultats de cette enquête révèle qu'il existe malgré tout des différences majeures entre la violence subie par les femmes et celle subie par les hommes.
Selon ces mêmes données : « Les femmes continuent à être victimes d'actes de violence conjugale plus graves et plus fréquents que les hommes, et elles subissent des conséquences plus graves suite à ces actes de violence »5. Plus de deux fois plus de femmes que d'hommes ont signalé avoir été battues, cinq fois plus de femmes que d'hommes ont signalé avoir été étranglées, près de deux fois plus de femmes que d'hommes ont signalé avoir été menacées avec une arme ou un couteau et, enfin, plus de six fois plus de femmes que d'hommes ont signalé avoir été victimes d'une agression sexuelle23. Voir les statistiques sur la gravité et les conséquences de la violence conjugale.
- La théorie de la symétrie de la violence dans le couple va aussi à l'encontre des statistiques policières qui rapportent un écart important entre les taux de victimisation des hommes et des femmes. Voir les statistiques sur la prévalence de la violence conjugale et de l'homicide conjugal.
- Dans la littérature scientifique, les auteurs qui critiquent la théorie de la symétrie de la violence dans le couple reconnaissent tous que les femmes peuvent effectivement exercer de la violence envers leur conjoint. Cependant, ils insistent tous sur l'importance de demeurer vigilants quant à la définition de la violence qui sous-tend cette théorie et quant à l'interprétation qui peut être faite de certaines données d'enquêtes.
- Voici quelques effets négatifs associés à cette théorie28 :
- Elle peut être utilisée pour minimiser les besoins des femmes violentées.
- Elle peut amener des femmes à surestimer leur propre violence.
- Elle peut amener des hommes à minimiser leurs gestes violents et à exagérer leur victimisation.
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La violence des femmes envers leur conjoint existe bel et bien, elle n'est cependant pas comparable, ni en importance, ni en gravité, à celle des hommes envers leur conjointe.
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