<%@ language="JScript" %> 2.2 Exposition en milieu de travail

2.2 Exposition en milieu de travail

Dans un milieu de travail tel qu'un établissement de santé, les intoxications sévères au mercure et à ses composés sont peu probables. Les expositions les plus fréquentes sont de type chronique (exposition à de faibles concentrations, sur une longue période de temps), par exemple dans le cas d'une personne travaillant dans un atelier d'électronique contaminé par du mercure.

Les premiers symptômes non spécifiques comprennent l'erythrodermie, la fatigue, la faiblesse, l'insomnie, la perte d'appétit et des modifications de l'humeur. De faibles tremblements dans les doigts, les paupières et les lèvres sont des signes précoces d'intoxication au mercure. Si l'exposition se poursuit, les tremblements dans les mains et dans les bras peuvent interférer avec des mouvements précis et gêner des activités telles que l'écriture. Au niveau comportemental, les symptômes habituels d'intoxication au mercure comprennent la dépression, l'irritabilité, la réponse exagérée à des stimuli, de la timidité excessive, de l'insomnie et de l'instabilité émotionnelle. Au Québec, les intoxications au mercure font partie des maladies à déclaration obligatoire (MADO).

Les propriétés du mercure (vapeurs incolores, inodores et non irritantes) et les symptômes non spécifiques dans le cas d'exposition chronique nécessitent des interventions particulières en milieu de travail. Suite au bris d'un sphygmomanomètre au mercure par exemple, il est possible qu'une certaine quantité de mercure ne soit pas récupérée. Comme il n'y a pas d'alerte sensorielle d'exposition pour le personnel, la contamination de l'air (et des poussières du sol) ne pourra être décelée que par des appareils de mesure d'où l'importance d'informer le personnel des risques liés au mercure.

Au Québec, le Règlement sur la qualité du milieu de travail (S-2.1, r.15) administré par la CSST et auquel sont assujettis les établissements du réseau de la santé dicte actuellement comme norme d'exposition aux vapeurs de mercure une TLV-TWA de 0,050 mg/m3 (soit 50 µg/m3). Cette norme a été abaissée à 0,025 mg/m3 aux États-Unis (ACGIH, 1994). La TLV-TWA est la concentration moyenne pour une exposition d'un travailleur de huit heures par jour, cinq jours par semaine. Cette norme devrait donc être respectée dans les locaux fréquentés uniquement par des travailleurs (ex: atelier d'électronique où sont entretenus des sphygmomanomètres au mercure). À ce sujet, il est important de saisir que les concentrations de mercure dans un local peuvent varier de façon considérable dans le temps. Elles ont tendance à augmenter pendant la journée (les travailleurs peuvent inconsciemment agiter le mercure, le chauffage peut favoriser la vaporisation) et à diminuer pendant les périodes où les locaux sont vides (les concentrations peuvent même être non détectables). Les pics les plus élevés peuvent être atteints à l'occasion d'activités d'entretien ménager tel que le polissage d'un plancher contaminé.


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