<%@ language="JScript" %> 2.1 Comportement et effets du mercure dans l'organisme

2.1 Comportement et effets du mercure dans
l'organisme

Chez l'être humain, les effets toxiques du mercure métallique dépendent de l'état physique de cette substance et de la voie d'exposition. Si le mercure métallique liquide est très peu assimilable par voie digestive (moins de 1%), ses vapeurs sont par contre très bien absorbées par voie respiratoire (environ 80%). Après inhalation, les aérosols de mercure vont se déposer dans les voies respiratoires et sont absorbés à une vitesse qui dépend de la taille des particules. Les vapeurs de mercure sont plus solubles dans le plasma, le sang total et l'hémoglobine que dans l'eau distillée. Sous forme très divisée, le mercure métallique peut également être absorbé à travers la peau. Il a d'ailleurs déjà été utilisé comme crème, savon ou désinfectant. Quant aux sels mercuriques, ils sont absorbés de façon variable.

Une fois dans la circulation sanguine, le mercure métallique diffuse facilement à travers les membranes et se distribue à travers tous les organes. Une fois dans la cellule, il est transformé en mercure ionique bivalent (Hg2+), forme sous laquelle il devient très réactif. Il s'accumule au niveau du cerveau où il affecte les neurones sensitifs et moteurs. Il s'accumule également au niveau des reins où il peut causer une atteinte des tubules proximaux. De par sa solubilité dans les graisses sous forme métallique, il traverse facilement la barrière placentaire et présente donc des risques pour le foetus. De plus, étant excrété dans le lait maternel, il constitue donc également un danger pour les nouveaux nés qui sont allaités.

L'exposition aiguë aux vapeurs de mercure entraîne chez l'enfant une érythrodermie (dermatose caractérisée par une rougeur intense) nommée acrodynie. Chez l'adulte, l'érythrodermie est plus rare. Un telle exposition peut causer un tableau de pneumonite chimique (inflammation), de la dyspnée (difficulté respiratoire avec sensation d'oppression), de la léthargie, de la confusion, une stomatite (inflammation de la muqueuse buccale), une colite (inflammation du côlon), de la fièvre et une insuffisance rénale.

L'intoxication chronique provoque de l'éréthisme (insomnie, irritabilité, instabilité émotionnelle, nervosité, insomnie), des tremblements des extrémités et gingivite. Les cas les plus sévères peuvent évoluer vers une atteinte cérébrale irréversible et une atteinte rénale. Les études épidémiologiques n'ont pas mis en évidence par contre que l'inhalation de vapeurs de mercure métallique peut causer le cancer chez l'humain. Quant aux sels mercuriques, ils causent une atteinte corrosive du tube digestif, un état de choc et une nécrose tubulaire aiguë du rein.

L'élimination du mercure se fait principalement par les urines et les selles mais une faible quantité est éliminée par les poumons, les cheveux et la sueur. La demi-vie biologique, qui pour la majeure partie du mercure s'étend de quelques jours à quelques semaines, peut être très longue, jusqu'à plusieurs années, pour la fraction restante. Pour tout le corps et les reins, après une courte exposition à des niveaux non toxiques, la demi-vie est d'environ deux mois; pour le cerveau elle est de 21 jours. Les sels mercuriques ont une demi vie de 40 à 60 jours et une demi-vie d'élimination urinaire de 25,9 jours.


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