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Chez l'être humain, les effets
toxiques du mercure métallique dépendent de l'état
physique de cette substance et de la voie d'exposition. Si le
mercure métallique liquide est très peu assimilable
par voie digestive (moins de 1%), ses vapeurs sont par contre
très bien absorbées par voie respiratoire (environ
80%). Après inhalation, les aérosols de mercure
vont se déposer dans les voies respiratoires et sont absorbés
à une vitesse qui dépend de la taille des particules.
Les vapeurs de mercure sont plus solubles dans le plasma, le sang
total et l'hémoglobine que dans l'eau distillée.
Sous forme très divisée, le mercure métallique
peut également être absorbé à travers
la peau. Il a d'ailleurs déjà été
utilisé comme crème, savon ou désinfectant.
Quant aux sels mercuriques, ils sont absorbés de façon
variable.
Une fois dans la circulation sanguine, le mercure
métallique diffuse facilement à travers les membranes
et se distribue à travers tous les organes. Une fois dans
la cellule, il est transformé en mercure ionique bivalent
(Hg2+), forme sous laquelle il devient très
réactif. Il s'accumule au niveau du cerveau où
il affecte les neurones sensitifs et moteurs. Il s'accumule
également au niveau des reins où il peut causer
une atteinte des tubules proximaux. De par sa solubilité
dans les graisses sous forme métallique, il traverse facilement
la barrière placentaire et présente donc des risques
pour le foetus. De plus, étant excrété dans
le lait maternel, il constitue donc également un danger
pour les nouveaux nés qui sont allaités.
L'exposition aiguë aux vapeurs
de mercure entraîne chez l'enfant une érythrodermie
(dermatose caractérisée par une rougeur intense)
nommée acrodynie. Chez l'adulte, l'érythrodermie
est plus rare. Un telle exposition peut causer un tableau de
pneumonite chimique (inflammation), de la dyspnée (difficulté
respiratoire avec sensation d'oppression), de la léthargie,
de la confusion, une stomatite (inflammation de la muqueuse buccale),
une colite (inflammation du côlon), de la fièvre
et une insuffisance rénale.
L'intoxication chronique provoque de
l'éréthisme (insomnie, irritabilité,
instabilité émotionnelle, nervosité, insomnie),
des tremblements des extrémités et gingivite. Les
cas les plus sévères peuvent évoluer vers
une atteinte cérébrale irréversible et une
atteinte rénale. Les études épidémiologiques
n'ont pas mis en évidence par contre que l'inhalation
de vapeurs de mercure métallique peut causer le cancer
chez l'humain. Quant aux sels mercuriques, ils causent
une atteinte corrosive du tube digestif, un état de choc
et une nécrose tubulaire aiguë du rein.
L'élimination du mercure se fait
principalement par les urines et les selles mais une faible quantité
est éliminée par les poumons, les cheveux et la
sueur. La demi-vie biologique, qui pour la majeure partie du mercure
s'étend de quelques jours à quelques semaines, peut
être très longue, jusqu'à plusieurs années,
pour la fraction restante. Pour tout le corps et les reins, après
une courte exposition à des niveaux non toxiques, la demi-vie
est d'environ deux mois; pour le cerveau elle est de 21
jours. Les sels mercuriques ont une demi vie de 40 à 60
jours et une demi-vie d'élimination urinaire de
25,9 jours.
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