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thème « Tabagisme »

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Estimation de la consommation de cigarettes de contrebande chez les élèves québécois
| Benoit Lasnier | Michael Cantinotti | Johanne Laguë |

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Actuellement, les cigarettes de contrebande font l’objet d’une couverture médiatique importante, étant souvent présentées comme une voie d’accès facilitée à l’usage du tabac en raison de leur coût généralement beaucoup plus faible que les cigarettes vendues en commerce. Ce feuillet illustre les résultats de l’Enquête sur le tabagisme chez les jeunes 2006-2007 portant sur la consommation habituelle de cigarettes de marques autochtones chez les élèves québécois de 5e année primaire à 5e année secondaire. Ce document ne vise pas tant à documenter le commerce illicite de tabac dans les communautés des Premières Nations qu’à offrir une approximation de la pénétration des cigarettes de marques autochtones dans le marché des jeunes consommateurs. En raison de la faible quantité de données scientifiques disponibles au Québec sur la consommation de cigarettes de marques autochtones chez les jeunes, les résultats présentés dans le feuillet constituent des informations utiles quant à l’élaboration des futures politiques de prévention de l’usage du tabac chez les jeunes d’âge scolaire au Québec.



Réussite éducative, santé, bien-être : agir efficacement en contexte scolaire - Synthèse de recommandations
| Jézabelle Palluy | Lyne Arcand | Charles Choinière | Catherine Martin | Marie-Claude Roberge |

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Ce document novateur constitue une synthèse de recommandations internationales et nationales sur les pratiques de promotion et de prévention les plus efficaces pour favoriser la réussite éducative, la santé et le bien-être des jeunes en contexte scolaire primaire et secondaire. Cette synthèse a été réalisée avec le souci d’adapter les recommandations au contexte scolaire québécois tout en assurant leur cohérence entre les thématiques abordées.

La synthèse réunit l’ensemble des recommandations provenant à la fois des sciences de l’éducation, des sciences sociales et des sciences de la santé portant sur les niveaux d’intervention (école, jeune, famille, communauté) pour 11 thématiques qui trouvent écho dans le contexte scolaire : 1- Collaboration école-famille-communauté; 2- Environnements et comportements sécuritaires; 3- Estime de soi; 4- Relations harmonieuses et prévention de la violence; Saines habitudes de vie (5- Alcool, drogues et jeux de hasard et d’argent; 6- Alimentation; 7- Mode de vie physiquement actif; 8- Non-usage du tabac; 9- Sommeil, hygiène et santé buccodentaire); 10- Santé mentale; 11- Sexualité saine et responsable.

Ce document permet ainsi aux gestionnaires et aux intervenants des milieux de l’éducation et de la santé de mettre en perspective les pratiques de leur milieu avec les recommandations scientifiques. Il facilite donc le choix de pratique et la prise de décision dans le cadre d’une approche globale et intégrée.

La synthèse demeure une première étape pour s’éloigner d’une approche par problématique. Une analyse transversale des 11 thématiques permettra, par la suite, de dégager un tronc commun de recommandations et d’identifier les recommandations propres aux thématiques.



Évaluation préliminaire des centres d'abandon du tabagisme : période 2005-2006
| Bernard-Simon Leclerc |

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L’usage du tabac est une cause importante de maladies et de mortalité évitables au Québec. Depuis janvier 2003, des centres d’abandon du tabagisme (CAT) ont été implantés dans toutes les régions du Québec. Ces services généralement situés dans un établissement exploitant un CLSC, aujourd’hui appelé centre de santé et de services sociaux (CSSS), offrent à tout fumeur qui en fait la demande de l’information et du soutien pour l’aider à se libérer du tabac.

Leur mise en place répondait aux impératifs organisationnels de services de soutien à l’arrêt tabagique édictés par le ministère de la Santé et des Services sociaux dans son Plan québécois d’abandon du tabagisme. La volonté d’intensifier la disponibilité des services d’abandon du tabagisme, d’offrir une gamme étendue de services communs dans chacun des territoires du Québec et d’harmoniser les pratiques des divers intervenants constituaient le cœur des préoccupations du plan.

Le Ministère a confié à l’Institut national de santé publique du Québec le mandat de réaliser l’évaluation des services d’abandon du tabagisme, dont les CAT. Le présent rapport s’applique à dresser un bilan sommaire du développement et du fonctionnement des CAT en 2005–2006, soit deux ans après le début de leur implantation, et à étudier la faisabilité et la légitimité de leur évaluation formelle. L’objectif est d’éclairer le Ministère à l’égard de la conception, de la structure organisationnelle et de la mise en œuvre des CAT, de contribuer à leur amélioration, de concourir à en orienter l’évolution future et de suggérer les suites à donner en matière d’évaluation.



Remboursement des aides pharmacologiques à l'arrêt tabagique au Québec - Utilisation par les Québécois assurés par le régime public d'assurance médicaments et coûts associés
| Michèle Tremblay | Yves Payette | Annie Montreuil |

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En septembre 2000, suite à une recommandation du Conseil consultatif de pharmacologie, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) décidait d’inclure trois types d’aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique à la liste des médicaments couverts par le régime général d'assurance médicaments du Québec : le timbre de nicotine, la gomme de nicotine et le bupropion. Cette mesure, dénommée dans certains documents ministériels comme le programme de couverture des aides pharmacologiques (PCAP), s’inscrit dans un ensemble d’actions visant à lutter contre le tabagisme. Elle a pour objectif de soutenir les fumeurs qui désirent renoncer au tabac en réduisant les coûts associés à l’achat d’aides pharmacologiques reconnues pour doubler les taux de succès. En 2004, le MSSS confiait à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) le mandat d’évaluer cette nouvelle mesure.

Dans un premier temps, les professionnels de l’INSPQ réalisèrent :

  • une recension des écrits sur :
    • l’efficacité des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique;
    • l’efficience du financement des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique comparativement à l’efficience du financement de médicaments reliés à diverses problématiques de santé (Leaune et coll., 2006);
  • un premier survol de l'utilisation des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique par les fumeurs québécois et des coûts pour la Régie d’assurance maladie du Québec (RAMQ) (Leaune et coll., 2006).

L’objectif du présent rapport est de dresser un portrait :

  • de l’utilisation des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique par les Québécois assurés par le régime public d’assurance médicaments du Québec (RPAMQ) d’octobre 2000 à décembre 2004;
  • de la connaissance, de l’utilisation et de la perception de l’utilité des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique et de la mesure de remboursement chez les fumeurs et anciens fumeurs récents (moins de deux ans) du Québec en 2006;
  • des pratiques de prescription ou de recommandation des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique par les professionnels de la santé, de leur connaissance et approbation de la mesure de remboursement et des effets perçus de cette mesure sur la pratique médicale en 2005;
  • et des coûts engendrés par le remboursement des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique aux Québécois assurés par le RPAMQ entre 2000 et 2004.

L’analyse des données en provenance de cinq sources différentes indique que :

  • Près de 1,8 million d’ordonnances d'aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique ont été remboursées aux personnes assurées par le RPAMQ pour la période 2000-2004, bénéficiant à plus de 300 000 utilisateurs distincts. On observe une baisse importante de plus de 30 % du nombre d’utilisateurs entre 2002 et 2004 : le nombre d’utilisateurs en 2002 était de près de 112 000 en comparaison d’un peu plus de 75 000 en 2004.
  • Environ 40 % des ordonnances d’aides à l’arrêt tabagique émises au Québec ont été remboursées par le régime public. Parmi les fumeurs assurés par le RPAMQ, 14 % auraient été remboursés pour des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique. Cette proportion atteint presque le double chez les prestataires de l’assistance-emploi, soit 27 %.
  • Le timbre de nicotine représente le choix de 80 % des utilisateurs d’aides assurés par le RPAMQ.
  • Environ 30 % des personnes qui ont utilisé le timbre de nicotine en 2004 l’utilisaient pour une deuxième fois depuis l’instauration de la mesure de remboursement, 14 % pour une troisième fois et 4 % pour une quatrième fois. Le nombre moyen de timbres de nicotine achetés par utilisateur pour un essai augmente avec le nombre d’utilisations.
  • La proportion d’utilisateurs de timbres de nicotine ayant franchi un seuil d’utilisation pouvant s’apparenter à l’aboutissement d’un processus d’abandon du tabac (utilisation pendant huit semaines et dernière dose de 7 mg) augmente en fonction du nombre d’utilisations, passant de 26 % à la première utilisation à 42 % à la quatrième utilisation. L’augmentation la plus élevée se retrouve chez les prestataires de l’assistance-emploi, de 29 % à 49 %.
  • Les fumeurs du Québec connaissent très bien les timbres et les gommes de nicotine et un peu moins le bupropion. La majorité des utilisateurs de timbres de nicotine et de bupropion qui ont cessé de fumer au moins temporairement estiment que ces aides ont été très utiles. Peu de fumeurs affirment que c’est en raison du coût trop élevé des médicaments ou faute d’accès à un médecin qu’ils n’ont pas utilisé d’aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique.
  • La majorité des fumeurs et anciens fumeurs récents connaissent l’existence de la mesure de remboursement du timbre de nicotine et du bupropion par les régimes d’assurance médicaments. Cependant, moins de la moitié savent que les gommes de nicotine sont aussi couvertes. Alors que plus des trois quarts des utilisateurs de timbres de nicotine les avaient obtenus suite à une prescription, c’était le cas pour à peine un utilisateur de gomme sur dix. Peu d’utilisateurs mentionnent que le manque d’accès à un médecin les a empêchés d’obtenir une prescription. Entre 62 % et 74 % des utilisateurs d’aides pharmacologiques ayant bénéficié d’un remboursement affirment que cette mesure les a encouragés à essayer ces produits.
  • Pour les professionnels de la santé du Québec, le timbre de nicotine est considéré comme l’aide pharmacologique la plus efficace pour arrêter de fumer. Soixante-dix pour cent des médecins et pharmaciens affirment prescrire ou recommander des timbres ou gommes de nicotine à plus de la moitié de leurs patients qui se préparent à cesser de fumer. Quant au bupropion, il est peu recommandé ou prescrit. La mesure de remboursement des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique est très bien connue des médecins et pharmaciens et la majorité des professionnels de la santé sondés en 2005 approuvent cette mesure.
  • Entre 2000 et 2004, le budget consacré au remboursement des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique a été de 55 millions $. Le coût moyen par utilisateur se chiffre à 181 $ pour cette période de quatre ans. De 2002 à 2004, le coût annuel pour l’ensemble des utilisateurs a diminué de 4 millions $ passant de 15 millions $ à 11 millions $. Un peu plus de 40 % des coûts ont été consacrés aux prestataires de l’assistance-emploi, qui représentent 30 % des utilisateurs d’aides pharmacologiques assurés par le RPAMQ.

Il n’est pas possible, à partir des données actuellement disponibles, de déterminer le nombre précis de fumeurs québécois ayant réussi à cesser de fumer grâce à la mesure de remboursement des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique mise en place en octobre 2000. Nous pouvons toutefois affirmer que cette mesure est bien connue du public, qu’elle est appréciée des professionnels de la santé et qu’elle favoriserait l’essai des aides par de nombreux fumeurs. Par ailleurs, les données québécoises indiquent que les prestataires de l’assistance-emploi, plus sujets à rencontrer des barrières économiques à l’utilisation de médicaments pour cesser de fumer, utilisent davantage la mesure de remboursement que les personnes âgées et que les adhérents. De plus, les fumeurs qui réutilisent les timbres lors d’une nouvelle tentative d’abandon du tabac ont tendance à en utiliser pendant plus longtemps qu’à l’essai précédent. Sachant que les produits de remplacement de la nicotine et le bupropion doublent les taux de succès, et qu’il faut plusieurs tentatives pour réussir à cesser de fumer définitivement (Fiore et coll, 2000), il est raisonnable de croire que la mesure de remboursement mise en place au Québec en 2000 soit responsable d’un nombre important d’abandons du tabac.

Dans un contexte de ressources financières limitées, on peut s’interroger sur la pertinence de poursuivre le financement d’aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique prétextant qu’il est de la responsabilité des fumeurs de cesser de fumer. Certes, la volonté et la décision de cesser de fumer appartiennent au fumeur et sont des préalables à toute tentative de renoncement au tabac. Par contre, elles sont loin d’être suffisantes. La dépendance engendrée par les produits du tabac nécessite l’ajout d’interventions reconnues efficaces comme le counselling par un professionnel de la santé et l’utilisation d’aides pharmacologiques. Sans ces interventions, les taux d’abandon du tabac à six mois atteignent à peine 10 % (Fiore et coll., 2000). Les conditions actuelles de remboursement des aides à l’arrêt tabagique obligent les fumeurs à consulter un médecin ou un intervenant spécialisé en abandon du tabac1 afin d’obtenir une prescription. Cette modalité fait en sorte que les fumeurs profitent par la même occasion d’une session de counselling en abandon du tabac, une intervention gratuite pour les fumeurs québécois et peu coûteuse pour l’État (Tremblay et Gervais, 2001). Le coût de ces deux interventions combinées se compare aux coûts d’une ligne téléphonique d’information et de référence et au counselling de groupe, par exemple, qui sont des services d’aide à l’arrêt tabagique considérés importants au Québec (Tremblay et Gervais, 2001). Rappelons enfin, que les coûts par année de vie sauvée pour le traitement pour l’abandon du tabac à l’aide de médicaments seraient entre 10 et 12 fois moins élevés que ceux pour le traitement de l’hypercholestérolémie (Leaune et coll, 2006).


1Avec les ordonnances collectives offertes dans certaines régions du Québec, les fumeurs peuvent obtenir une prescription d’un intervenant spécialisé en abandon du tabac dans l’un des centres d’abandon du tabagisme qui offrent cette possibilité.



Enquête sur le tabagisme chez les jeunes 2004-2005 - Comparaisons Québec-Canada
| Yves Payette | Cat Tuong Nguyen |

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Le tabagisme chez les jeunes constitue un problème majeur de santé publique, d’autant plus qu’il est reconnu que la grande majorité des fumeurs développe cette habitude néfaste avant l’âge de 18 ans (Lalonde et Heneman, 2004). Bien que certains pays européens comme la France ou la Suède connaissent une baisse de la prévalence du tabagisme chez les jeunes, la situation n’est pas la même partout (Hibell et coll., 2004). En 2006, selon le Global Youth Tobacco Survey (GYTS) on estime qu’environ 18 % des jeunes de 13 à 15 ans fument la cigarette dans les pays d’Amérique et d’Europe (Centers for Disease Control and Prevention, 2006). Au Canada, les taux de tabagisme ont diminué depuis 1994 dans toutes les provinces, les plus fortes baisses ayant été constatées en Ontario, puis en Alberta et en Colombie-Britannique (Santé Canada, 2004). Au Québec, où il existe un programme d’intervention spécifique de lutte contre le tabac (MSSS, 2006), on assiste depuis quelques années à une diminution de la prévalence du tabagisme chez les jeunes, tant chez les garçons que chez les filles (Dubé et coll., 2007). En effet, l’usage de la cigarette chez les jeunes du secondaire est passé de 23 % (en 2002) à 19 % (en 2004) (Dubé et Pica, 2005) et à 15 % en 2006 (Dubé, 2007).

Ce feuillet descriptif présente, à partir des données de l'Enquête canadienne sur le tabagisme chez les jeunes (ETJ), le portrait du tabagisme qui prévalait en 2004-2005 au Québec et dans le reste du Canada parmi les élèves de la 5e année du primaire à la 3e année du secondaire, soit des jeunes âgés de 10 à 15 ans. Cette enquête, qui est différente de l’Enquête québécoise sur le tabac, l’alcool, la drogue et le jeu chez les élèves du secondaire (ETADJES), fournit non seulement des données inédites sur le tabagisme des jeunes Québécois, mais elle permet également de les comparer aux autres jeunes canadiens et de mieux cerner les facteurs de risque et de protection associés à cette problématique. Un volet sur la consommation d’alcool et de drogues est de plus inséré à l’ETJ pour les élèves du premier au troisième secondaire.



Résultats préliminaires de l'Enquête sur le tabagisme chez les jeunes 2006-2007 - Quelques faits saillants
| S. Manske | R. Ahmed | K. Wong | Youth Smoking Survey Collaborative |

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Selon les premiers résultats de la dernière Enquête sur le tabagisme chez les jeunes (ETJ) la proportion de jeunes Canadiens ayant déjà essayé un produit du tabac a cessé de diminuer. En effet, la version 2006-2007 de l’enquête indique que 21 % des jeunes de la 5e année primaire à Secondaire 3 (5e à 9e année pour les autres provinces), généralement âgés de 10 à 14 ans, ont déjà essayé un produit du tabac. Ce résultat est comparable à celui de l’enquête 2004-2005, mettant fin à la suite de diminutions observées pendant les dix années précédentes. La première ETJ, menée en 1994, rapportait que 52 % des jeunes de ce groupe d’âge avaient déjà essayé un produit du tabac.

L’ETJ de 2006-2007 a inclus pour la première fois les élèves de Secondaire 4 et 5 généralement âgés de 15 à 17 ans (10e à 12e année pour les autres provinces, soit les jeunes généralement âgés de 15 à 18 ans). Pour ce groupe d’âge, la proportion de jeunes Canadiens ayant déjà essayé un produit du tabac s’élève à 55 %, proportion la plus élevée relevée par l’étude. De plus, 48 % ont déjà essayé la cigarette et 11 % entrent dans la catégorie des fumeurs actuels . Par comparaison, chez les élèves de la 5e primaire à Secondaire 3 (5e à 9e année pour les autres provinces), 18,5 % ont déjà essayé la cigarette et deux pour cent sont considérés comme fumeurs actuels.



Enquête de santé auprès des Cris 2003, Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, Cycle 2.1 Iiyiyiu Aschii, 2003 : L’usage de la cigarette
| Sylvie Bernier | Yves Pepin |

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Ce fascicule présente les résultats d’une enquête de santé menée en 2003 auprès des ménages de la région d’Iiyiyiu Aschii. Une enquête similaire avait été réalisée par Santé Québec dans la région en 1991 (Santé Québec, 1994). Après plus de dix ans, il devenait indispensable pour la Direction de santé publique du Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie James (CCSSSBJ) de disposer d’un nouveau portrait de l’état de santé de sa population. L’enquête de 2003 avait donc pour objectif de fournir des renseignements à jour sur les principaux problèmes de santé et leurs déterminants afin de mieux planifier, administrer et évaluer les divers programmes sociaux et sanitaires de la région.

Le présent fascicule s’intéresse précisément à l’usage de la cigarette chez les résidents de 12 ans et plus d’Iiyiyiu Aschii. Parmi les thèmes abordés, notons entre autres la dépendance à la nicotine, la cessation de l’usage du tabac, les taux d’abandon, l’usage de la cigarette chez les jeunes de 12-19 ans et l’exposition à la fumée secondaire.



Mémoire concernant les projets de règlements portant sur la Loi sur le tabac
| Michèle Tremblay |

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Le 5 mars 2008, deux projets de règlements en regard de la Loi sur le tabac étaient déposés à la Gazette officielle du Québec : le Règlement d’application de la Loi sur le tabac et le Règlement sur la mise en garde attribuée au ministre de la Santé et des Services sociaux et portant sur les effets nocifs du tabac sur la santé. Ces deux projets de règlements viennent préciser certains aspects de la Loi sur le tabac adoptée à l’unanimité en juin 2005.

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), organisme gouvernemental créé en 1998 par voie législative, vise à être le centre d’expertise et de référence en matière de santé publique au Québec. En 2005, nous avons rédigé deux mémoires relatifs à la Loi sur le tabac et, à la demande du ministère de la Santé et des Services sociaux, nous avons présenté nos recommandations à la Commission des affaires sociales. C’est avec plaisir que nous vous faisons part de notre position sur les deux projets de règlements déposés en mars 2008.



Monitorage du Plan québécois de lutte contre le tabagisme 2007
| Sylvia Kairouz | Yves Payette | Cat Tuong Nguyen | Louise Guyon |

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Tout système de monitorage du tabagisme a pour objectif de documenter l’évolution du tabagisme et des diverses stratégies de lutte mises en place pour combattre ce fléau afin de guider leur révision ou leur mise à jour dans le but de produire une diminution de la consommation tabagique. Le système de monitorage du Plan québécois de lutte contre le tabagisme (PQLT) vise à assurer le suivi du tabagisme au Québec et l’évolution des diverses stratégies de contrôle tabagique dans la province. Il vise trois objectifs spécifiques :

  1. la surveillance du tabagisme au Québec;
  2. l’identification des diverses stratégies de contrôle tabagique;
  3. la reconnaissance de problématiques émergentes pour le développement de meilleures pratiques de contrôle tabagique.

Pour la plupart des indicateurs, l’absence de données au niveau régional nous a contraints à produire un portrait global pour l’ensemble de la province à l’exception de certains indicateurs de prévalence.

Pour répondre adéquatement aux objectifs du monitorage du PQLT , nous avons développé, un modèle logique de référence basé sur les domaines cibles énoncés dans le PQLT , c’est-à-dire la prévention, la protection et la cessation. Une liste d’indicateurs a été ensuite identifiée pour caractériser chacun des domaines cibles. Finalement, une base informationnelle qui regroupe les données empiriques relatives à chacun des indicateurs a été créée. L’implantation de ce système informationnel a permis de produire un bilan de l’évolution de la situation du tabagisme au Québec entre 1996 et 2006. Ultimement, l’implantation de ce système intégré permettra de générer périodiquement un portrait populationnel des habitudes tabagiques au Québec en tenant compte des spécificités régionales et de certains sous-groupes de la population. Pour ce faire, la base informationnelle sera continuellement alimentée par de nouvelles données permettant de suivre l’évolution de la situation à court, moyen et long terme.

Le développement du système s’est inspiré de trois sources principales : la proposition d’un plan de monitorage du PQLT faite par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ ) en collaboration avec l’Unité québécoise de recherche sur le tabagisme (UQRT ) (Brassard & Laguë, 2003), le rapport du National Advisory Group on Monitoring and Evaluation (NAGME ) (Copley, Lovato & O’Connors, 2006) sur les indicateurs communs de monitorage et le rapport du Centers for Disease Control and Prevention (CDC ) (Starr et coll., 2005) sur les indicateurs clés de monitorage. Par ailleurs, en s’inscrivant dans le cadre de l’initiative canadienne d’harmonisation des indicateurs de monitorage, ce système permet une comparaison de la situation à travers les provinces et un partage des connaissances au niveau national en vue d’améliorer les stratégies de contrôle tabagique.

Le système présenté dans ce document se veut prioritairement un outil de surveillance et d’accompagnement du PQLT ainsi qu’une source informationnelle utile pour le réseau de la santé dans la province. Pour le Québec, ce système couvre l’ensemble des indicateurs référencés par le Programme national de santé publique 2003-2012 (PNSP) (ministère de la Santé et des Services sociaux, 2003) et par le Plan commun de surveillance de l’état de santé de la population et de ses déterminants 2004-2007 (ministère de la Santé et des Services sociaux, 2005).

Ce premier rapport présente le cadre de référence, la structure et le contenu du système de monitorage du PQLT élaboré par l’INSPQ. Le système est structuré autour de trois domaines cibles :

  1. la prévention de l’initiation aux produits du tabac, particulièrement chez les jeunes;
  2. la protection de la population contre la fumée de tabac dans l’environnement (FTE );
  3. le soutien à la cessation de l’usage du tabac.

Pour chacun de ces trois domaines, des indicateurs tracent un portrait précis sur l’état de la situation du tabagisme au Québec de 1996 à 2006.



Analyse du potentiel d'efficacité des programmes de prévention du tabagisme chez les jeunes
| Monique Lalonde | Johanne Laguë |

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En juin 2004, la table de concertation nationale en promotion et prévention a confié à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) le mandat d’examiner le degré de conformité des interventions de prévention du tabagisme déployées au Québec en fonction des critères d’efficacité définis par la recherche scientifique et l’état des connaissances. La présente analyse examine donc le potentiel d’efficacité des programmes scolaires et communautaires de prévention du tabagisme implantés au Québec par rapport aux meilleures pratiques de santé publique en matière de lutte au tabagisme.

Pour réaliser ce mandat, deux grilles d’analyse ont été élaborées, une pour les programmes scolaires et une pour les programmes communautaires. Les critères d’efficacité de la grille d’analyse des programmes scolaires ont été tirés de l’avis scientifique sur la prévention du tabagisme chez les jeunes, réalisé par l’INSPQ en 2004, alors que ceux de la grille d’analyse des programmes communautaires découlent de travaux récents ou en cours sur différents modes d’évaluation des interventions de promotion de la santé.

L’analyse du potentiel d’efficacité des programmes scolaires de prévention du tabagisme chez les jeunes a été effectuée pour les quatre programmes Méchant problème, Sam Chicotte Plus, Mission TNT.06 et La gang allumée pour une vie sans fumée, ainsi que pour le plan d’action de lutte au tabagisme de six écoles. L’analyse du potentiel d’efficacité des programmes communautaires de prévention du tabagisme chez les jeunes a porté sur les deux interventions suivantes : « Prévention du tabagisme dans les organismes communautaires du quartier Pointe Saint-Charles » à Montréal et « Lieux publics sans fumée » en Outaouais. Les grilles d’analyse ont été remplies à l’aide des documents écrits fournis par les directions de santé publique, complétées lorsque nécessaire, par des entrevues téléphoniques. Deux analystes ont utilisé les grilles de façon indépendante pour porter un jugement sur les programmes retenus. Ils ont ensuite comparé leurs résultats. Dans les cas où des différences d’appréciation étaient observées, ils ont révisé les informations disponibles et se sont entendus sur un résultat final.

Cinq grands paramètres ont été retenus pour évaluer le potentiel de succès des programmes scolaires, soit la présence

  1. de certaines caractéristiques générales du programme telles que son caractère écologique, l’implication des jeunes et les modalités d’évaluation prévues,
  2. d’une politique scolaire,
  3. d’activités préventives s’adressant aux jeunes
  4. d’activités impliquant la communauté et
  5. d’activités favorisant la cessation tabagique.

La grille d’analyse comporte 46 critères de succès touchant l’ensemble de ces paramètres à l’exception des interventions de cessation qui n’ont pas été comprises dans la présente étude. Pour les programmes communautaires, trois grands paramètres ont été retenus, soit

  1. le degré de planification du programme,
  2. le caractère écologique du programme (cibles et milieux) et
  3. le degré de participation communautaire.

Pour rendre compte de ces trois paramètres, 36 critères de succès composent la grille d’analyse.

L’analyse du potentiel d’efficacité des programmes de prévention en milieu scolaire montre que des améliorations importantes sont à apporter à tous les programmes si on veut que ceux-ci se conforment aux meilleures pratiques. Pour ce faire, il importe en premier lieu de rendre les programmes de prévention en milieu scolaire plus écologique. À cet effet, des activités liées à la mise en place d’une politique scolaire et à la cessation, de même que des activités destinées aux parents et à d’autres groupes de la communauté, sont des volets complémentaires à développer. Il importe, en deuxième lieu, de réviser et de compléter les activités éducatives en classe. Le programme Méchant problème est celui qui s’approche le plus des meilleures pratiques au niveau du contenu. Il se démarque aussi par la durée et le nombre des activités proposées et par la présence du programme au niveau secondaire. Tous les programmes analysés devraient réduire le temps consacré à la transmission des connaissances et mettre l’accent sur le développement des habiletés à résister aux influences sociales favorables à l’initiation du tabagisme. De même, tous les programmes éducatifs en classe devraient être plus intenses et cibler les élèves du secondaire.

Le programme La gang allumée pour une vie sans fumée diffère des programmes éducatifs menés dans les classes. Il s’agit en effet d’un programme qui mise sur les projets que réalisent eux-mêmes les jeunes pour faire avancer la cause du non-usage du tabac. Le programme propose de très nombreuses idées d’activités aux jeunes, mais celles-ci touchent généralement la transmission de connaissances. Pour respecter les meilleures pratiques, le programme doit orienter davantage ces activités vers l’action sociale et l’action publique.

L’analyse des plans d’action des écoles montre que les intervenants locaux combinent plusieurs programmes touchant la prévention et la cessation du tabagisme et peuvent aussi ajouter leurs propres activités notamment pour rejoindre les parents et la communauté. Les plans d’action des écoles respectent ainsi davantage le caractère écologique d’un programme scolaire de lutte au tabagisme en déployant des activités visant l’élève (programmes éducatifs dans la classe), l’école (programmes parascolaires1 de prévention, politique scolaire et activités de cessation tabagique s’adressant au personnel et aux élèves), les parents et la communauté (activités complémentaires de prévention). Les forces et les faiblesses des programmes préventifs inclus dans les plans d’action sont les mêmes que celles des programmes scolaires analysés.

Enfin, très peu d’interventions communautaires touchant la prévention du tabagisme chez les jeunes sont réalisées au Québec. Les deux seuls programmes analysés ont porté sur

  1. la réalisation d’une stratégie de plaidoyer et d’actions publiques « advocacy » pour l’adoption d’un règlement antitabac dans une municipalité et
  2. le développement d’activités préventives dans des organismes communautaires d’un quartier défavorisé.

Dans le premier cas, plusieurs types de savoirs ont favorisé l’efficacité de l’intervention du point de vue des processus de mise en oeuvre de la stratégie. Dans le deuxième cas, plusieurs difficultés ont été rencontrées en raison, principalement, d’un manque de données scientifiques et d’expériences pour ce type d’interventions.

Les résultats obtenus conduisent à formuler plusieurs recommandations :

  1. pour les programmes scolaires de prévention du tabagisme, les contenus et les outils devant être développés ont été identifiés,
  2. pour les programmes communautaires de prévention du tabagisme, le développement de la recherche dans ce domaine est préconisé.



Prévention du tabagisme chez les femmes enceintes
| Louise Guyon | Lyne Chayer | Chantale Audet | Nicole April |

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Depuis plusieurs années, scientifiques, professionnels et professionnelles de la santé et plus récemment législateurs entreprennent diverses actions en vue de réduire l’usage de tabac auprès de la population générale. Ces actions ont une portée certaine, puisque le tabagisme a considérablement diminué au cours des dix dernières années (Kairouz et coll., à paraître). Toutefois, la prévalence du tabagisme chez les femmes enceintes demeure préoccupante. En effet, en dépit de l’information transmise quant aux risques, pour la grossesse et l’enfant à naître, du maintien de l’usage de la cigarette pendant la phase prénatale, certaines femmes poursuivent leur habitude pendant cette période (Greaves et coll., 2003), et cette situation se retrouve plus souvent chez les mères de milieux défavorisés (Cnattingius, 2004; Graham et coll., 2006; Lumley et coll., 2006; Villalbi et coll., 2007). De plus, celles qui cessent de fumer à ce moment vont souvent recommencer après la naissance de leur enfant (Albrecht et coll., 1999; Cnattingius, 2004; Orleans et coll., 2000; Windsor et coll., 2000).

Outre le fait qu’un bon nombre de femmes enceintes continuent de fumer pendant la grossesse, leur perception des risques associés à cet usage peut varier en fonction du statut tabagique, du niveau socioéconomique, de l’état matrimonial et de l’intention d’allaiter (Haslam et Draper, 2000). De plus, même si les femmes enceintes qui fument savent que la cigarette a des effets néfastes sur le fœtus, la façon dont le tabac affecte leur grossesse et l’enfant à naître reste en grande partie méconnue pour un bon nombre d’entre elles (Lendahls et coll., 2002).



Connaissance, utilisation et perception des interventions en arrêt tabagique chez les fumeurs québécois - Résumé
| Sylvia Kairoux | Annie Montreuil | Isabelle Poulin | Yves Payette | Denis Hamel | Michèle Tremblay |

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Depuis plus de cinq ans, le ministère de la Santé et des Services sociaux supporte la mise en oeuvre du Plan québécois d’abandon du tabagisme (PQAT), qui vise à promouvoir et soutenir l’abandon de l’usage du tabac chez les fumeurs. Ainsi, en octobre 2000, les timbres et les gommes de nicotine de même que le bupropion étaient ajoutés à la liste des médicaments couverts par le régime public et les régimes privés d’assurance médicaments du Québec. Puis, à partir de 2002, des services gratuits ont été graduellement implantés à l’ensemble du Québec : la ligne téléphonique j’Arrête, le site Internet j’Arrête et plus de 130 centres d’abandon du tabagisme. Enfin, depuis 2004, les professionnels de la santé sont conviés à s’impliquer plus activement auprès de leur clientèle fumeuse. Des formations, des outils d’aide à la pratique ainsi que des orientations cliniques ont été développés spécifiquement pour les aider dans leur rôle.

Ce feuillet présente les principaux résultats d’une étude menée au printemps 2006 auprès des fumeurs et anciens fumeurs récents du Québec. Celle-ci visait à documenter la connaissance, l’utilisation et la perception d’utilité des aides pharmacologiques et des services en arrêt tabagique offerts dans le cadre du PQAT. Elle visait également à documenter les pratiques de counseling en abandon du tabac des professionnels de la santé, telles que rapportées par les fumeurs qui les avaient consultés.



Remboursement des aides pharmacologiques à l'arrêt tabagique au Québec - Utilisation par les Québécois assurés par le régime public d’assurance médicaments et coûts associés - Phase II
| Michèle Tremblay | Yves Payette | Annie Montreuil |

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En septembre 2000, suite à une recommandation du Conseil consultatif de pharmacologie, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) décidait d’inclure trois types d’aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique à la liste des médicaments couverts par le régime général d'assurance médicaments du Québec : le timbre de nicotine, la gomme de nicotine et le bupropion. Cette mesure, dénommée dans certains documents ministériels comme le programme de couverture des aides pharmacologiques (PCAP), s’inscrit dans un ensemble d’actions visant à lutter contre le tabagisme. Elle a pour objectif de soutenir les fumeurs qui désirent renoncer au tabac en réduisant les coûts associés à l’achat d’aides pharmacologiques reconnues pour doubler les taux de succès. En 2004, le MSSS confiait à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) le mandat d’évaluer cette nouvelle mesure.

Dans un premier temps, les professionnels de l’INSPQ réalisèrent :

  • une recension des écrits sur :
    • l’efficacité des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique;
    • l’efficience du financement des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique comparativement à l’efficience du financement de médicaments reliés à diverses problématiques de santé (Leaune et coll., 2006);
  • un premier survol de l'utilisation des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique par les fumeurs québécois et des coûts pour la Régie d’assurance maladie du Québec (RAMQ) (Leaune et coll., 2006).

L’objectif du présent rapport est de dresser un portrait :

  • de l’utilisation des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique par les Québécois assurés par le régime public d’assurance médicaments du Québec (RPAMQ) d’octobre 2000 à décembre 2004;
  • de la connaissance, de l’utilisation et de la perception de l’utilité des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique et de la mesure de remboursement chez les fumeurs et anciens fumeurs récents (moins de deux ans) du Québec en 2006;
  • des pratiques de prescription ou de recommandation des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique par les professionnels de la santé, de leur connaissance et approbation de la mesure de remboursement et des effets perçus de cette mesure sur la pratique médicale en 2005;
  • et des coûts engendrés par le remboursement des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique aux Québécois assurés par le RPAMQ entre 2000 et 2004.

L’analyse des données en provenance de cinq sources différentes indique que :

  • Près de 1,8 million d’ordonnances d'aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique ont été remboursées aux personnes assurées par le RPAMQ pour la période 2000-2004, bénéficiant à plus de 300 000 utilisateurs distincts. On observe une baisse importante de plus de 30 % du nombre d’utilisateurs entre 2002 et 2004 : le nombre d’utilisateurs en 2002 était de près de 112 000 en comparaison d’un peu plus de 75 000 en 2004.
  • Environ 40 % des ordonnances d’aides à l’arrêt tabagique émises au Québec ont été remboursées par le régime public. Parmi les fumeurs assurés par le RPAMQ, 14 % auraient été remboursés pour des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique. Cette proportion atteint presque le double chez les prestataires de l’assistance-emploi, soit 27 %.
  • Le timbre de nicotine représente le choix de 80 % des utilisateurs d’aides assurés par le RPAMQ.
  • Environ 30 % des personnes qui ont utilisé le timbre de nicotine en 2004 l’utilisaient pour une deuxième fois depuis l’instauration de la mesure de remboursement, 14 % pour une troisième fois et 4 % pour une quatrième fois. Le nombre moyen de timbres de nicotine achetés par utilisateur pour un essai augmente avec le nombre d’utilisations.
  • La proportion d’utilisateurs de timbres de nicotine ayant franchi un seuil d’utilisation pouvant s’apparenter à l’aboutissement d’un processus d’abandon du tabac (utilisation pendant huit semaines et dernière dose de 7 mg) augmente en fonction du nombre d’utilisations, passant de 26 % à la première utilisation à 42 % à la quatrième utilisation. L’augmentation la plus élevée se retrouve chez les prestataires de l’assistance-emploi, de 29 % à 49 %.
  • Les fumeurs du Québec connaissent très bien les timbres et les gommes de nicotine et un peu moins le bupropion. La majorité des utilisateurs de timbres de nicotine et de bupropion qui ont cessé de fumer au moins temporairement estiment que ces aides ont été très utiles. Peu de fumeurs affirment que c’est en raison du coût trop élevé des médicaments ou faute d’accès à un médecin qu’ils n’ont pas utilisé d’aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique.
  • La majorité des fumeurs et anciens fumeurs récents connaissent l’existence de la mesure de remboursement du timbre de nicotine et du bupropion par les régimes d’assurance médicaments. Cependant, moins de la moitié savent que les gommes de nicotine sont aussi couvertes. Alors que plus des trois quarts des utilisateurs de timbres de nicotine les avaient obtenus suite à une prescription, c’était le cas pour à peine un utilisateur de gomme sur dix. Peu d’utilisateurs mentionnent que le manque d’accès à un médecin les a empêchés d’obtenir une prescription. Entre 62 % et 74 % des utilisateurs d’aides pharmacologiques ayant bénéficié d’un remboursement affirment que cette mesure les a encouragés à essayer ces produits.
  • Pour les professionnels de la santé du Québec, le timbre de nicotine est considéré comme l’aide pharmacologique la plus efficace pour arrêter de fumer. Soixante-dix pour cent des médecins et pharmaciens affirment prescrire ou recommander des timbres ou gommes de nicotine à plus de la moitié de leurs patients qui se préparent à cesser de fumer. Quant au bupropion, il est peu recommandé ou prescrit. La mesure de remboursement des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique est très bien connue des médecins et pharmaciens et la majorité des professionnels de la santé sondés en 2005 approuvent cette mesure.
  • Entre 2000 et 2004, le budget consacré au remboursement des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique a été de 55 millions $. Le coût moyen par utilisateur se chiffre à 181 $ pour cette période de quatre ans. De 2002 à 2004, le coût annuel pour l’ensemble des utilisateurs a diminué de 4 millions $ passant de 15 millions $ à 11 millions $. Un peu plus de 40 % des coûts ont été consacrés aux prestataires de l’assistance-emploi, qui représentent 30 % des utilisateurs d’aides pharmacologiques assurés par le RPAMQ.

Il n’est pas possible, à partir des données actuellement disponibles, de déterminer le nombre précis de fumeurs québécois ayant réussi à cesser de fumer grâce à la mesure de remboursement des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique mise en place en octobre 2000. Nous pouvons toutefois affirmer que cette mesure est bien connue du public, qu’elle est appréciée des professionnels de la santé et qu’elle favoriserait l’essai des aides par de nombreux fumeurs. Par ailleurs, les données québécoises indiquent que les prestataires de l’assistance-emploi, plus sujets à rencontrer des barrières économiques à l’utilisation de médicaments pour cesser de fumer, utilisent davantage la mesure de remboursement que les personnes âgées et que les adhérents. De plus, les fumeurs qui réutilisent les timbres lors d’une nouvelle tentative d’abandon du tabac ont tendance à en utiliser pendant plus longtemps qu’à l’essai précédent. Sachant que les produits de remplacement de la nicotine et le bupropion doublent les taux de succès, et qu’il faut plusieurs tentatives pour réussir à cesser de fumer définitivement (Fiore et coll, 2000), il est raisonnable de croire que la mesure de remboursement mise en place au Québec en 2000 soit responsable d’un nombre important d’abandons du tabac.

Dans un contexte de ressources financières limitées, on peut s’interroger sur la pertinence de poursuivre le financement d’aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique prétextant qu’il est de la responsabilité des fumeurs de cesser de fumer. Certes, la volonté et la décision de cesser de fumer appartiennent au fumeur et sont des préalables à toute tentative de renoncement au tabac. Par contre, elles sont loin d’être suffisantes. La dépendance engendrée par les produits du tabac nécessite l’ajout d’interventions reconnues efficaces comme le counselling par un professionnel de la santé et l’utilisation d’aides pharmacologiques. Sans ces interventions, les taux d’abandon du tabac à six mois atteignent à peine 10 % (Fiore et coll., 2000). Les conditions actuelles de remboursement des aides à l’arrêt tabagique obligent les fumeurs à consulter un médecin ou un intervenant spécialisé en abandon du tabac1 afin d’obtenir une prescription. Cette modalité fait en sorte que les fumeurs profitent par la même occasion d’une session de counselling en abandon du tabac, une intervention gratuite pour les fumeurs québécois et peu coûteuse pour l’État (Tremblay et Gervais, 2001). Le coût de ces deux interventions combinées se compare aux coûts d’une ligne téléphonique d’information et de référence et au counselling de groupe, par exemple, qui sont des services d’aide à l’arrêt tabagique considérés importants au Québec (Tremblay et Gervais, 2001). Rappelons enfin, que les coûts par année de vie sauvée pour le traitement pour l’abandon du tabac à l’aide de médicaments seraient entre 10 et 12 fois moins élevés que ceux pour le traitement de l’hypercholestérolémie (Leaune et coll, 2006).


1Avec les ordonnances collectives offertes dans certaines régions du Québec, les fumeurs peuvent obtenir une prescription d’un intervenant spécialisé en abandon du tabac dans l’un des centres d’abandon du tabagisme qui offrent cette possibilité.



Connaissance, utilisation et perception des interventions en arrêt tabagique chez les fumeurs québécois
| Sylvia Kairouz | Annie Montreuil | Isabelle Poulin | Yves Payette | Denis Hamel | Michèle Tremblay |

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Ce rapport présente les résultats d’un sondage mené au mois de mai 2006 auprès de 2 736 fumeurs et anciens fumeurs récents (ayant cessé au cours des deux dernières années) au Québec âgés de 18 ans et plus. Cette étude avait pour objectifs principaux d’évaluer la connaissance, l’utilisation et l’utilité perçue de trois services d’aide à l’arrêt tabagique (ligne j’Arrête, site Internet j’Arrête, Centre d’abandon du tabagisme) et du programme de couverture des aides pharmacologiques du gouvernement du Québec pour les timbres de nicotine, les gommes de nicotine et le bupropion1. Le sondage servait également à documenter les pratiques de professionnels de la santé, telles que rapportées par les personnes qui les avaient consultés.

Les résultats montrent que la ligne j’Arrête est connue par près de 80 % des fumeurs et anciens fumeurs récents et que 3 % des personnes qui connaissent ce service l’ont utilisé au cours des deux années précédant le sondage. Chez les utilisateurs de la ligne j’Arrête, les opinions sont partagées également entre ceux qui considèrent que la ligne a été peu ou pas du tout utile à l’arrêt tabagique et ceux qui considèrent qu’elle a été très utile. Le site Internet est un peu moins connu que la ligne téléphonique (62 %) mais il a été utilisé par le quart des personnes qui le connaisse. La moitié des utilisateurs considère que le site a été moyennement utile à l’arrêt tabagique. Les centres d’abandon du tabagisme (CAT) sont connus par la moitié des fumeurs et anciens fumeurs récents et utilisés par un peu plus de 4 % d’entre eux. La majorité des utilisateurs considère que les CAT ont été très utiles à leur arrêt tabagique. La télévision, les dépliants, affiches ou kiosques, le journal, la radio et l’entourage sont les moyens qui contribuent à faire connaître ces trois services et ce, dans le même ordre pour chacun des services.

Presque tous les québécois fumeurs et anciens fumeurs récents connaissent les timbres et les gommes de nicotine alors que 60 % connaissent le bupropion. Près d’un tiers d’entre eux ont utilisé des timbres de nicotine au cours des deux années précédant le sondage alors qu’un peu plus de 10 % des personnes qui connaissent les gommes les ont utilisées et 5 % des personnes qui connaissent le bupropion l’ont utilisé. Deux utilisateurs de timbres sur trois les considèrent très utiles à l’arrêt tabagique alors que c’est le cas d’un utilisateur de gommes sur deux. Parmi les utilisateurs de bupropion, une majorité (80 %) considère cette aide très utile à l’arrêt tabagique. Les timbres et les gommes sont connus surtout grâce à la télévision, aux présentoirs en pharmacie, aux dépliants, affiches ou kiosques ainsi qu’à travers les membres de l’entourage et les professionnels de la santé. Les gens qui connaissent le bupropion rapportent en avoir entendu parler surtout par leur entourage, ensuite par les professionnels de la santé, la télévision et finalement par les dépliants, affiches ou kiosques.

Le programme de couverture des aides pharmacologiques est bien connu et couramment utilisé pour les timbres et le bupropion, mais moins de gens savent que ce programme couvre aussi les gommes de nicotine. Pour ces trois types d’aide, la majorité des utilisateurs qui avaient eu une ordonnance médicale rapporte avoir été remboursée (80 %). Soixante pour cent (60 %) des personnes remboursées étaient couvertes par une assurancemédicament privée alors que 40 % participaient au Régime d’assurance médicaments du Québec (régime public). La majorité des utilisateurs du programme de couverture des aides considère que celui-ci est un incitatif à l’essai des aides pharmacologiques en soutien à la cessation tabagique.

En ce qui a trait aux pratiques des professionnels de la santé, près de 80 % des fumeurs et anciens fumeurs récents croient que c’est le rôle du médecin et de l’inhalothérapeute de donner des conseils à leurs patients pour arrêter de fumer alors qu’environ 60 % croient que c’est aussi le rôle du pharmacien et de l’infirmière. La plupart des personnes interrogées avaient consulté un professionnel de la santé au cours des 12 mois précédant le sondage. Selon les personnes qui avaient consulté ces professionnels au cours de l’année, 80 % des médecins, 50 % des dentistes et 15 % des pharmaciens s’étaient informés de leur statut tabagique. Les médecins avaient les meilleures pratiques de counseling en abandon du tabac en s’informant plus souvent que les pharmaciens et les dentistes de l’intention du patient d’arrêter de fumer, en discutant plus souvent du tabagisme avec leurs patients, et en conseillant plus souvent d’arrêter de fumer. Selon les personnes interrogées qui se préparaient à arrêter de fumer au moment de leur consultation avec un médecin, les pratiques de celui-ci consistaient davantage à discuter de médicaments pour arrêter de fumer et à en prescrire qu’à parler des services d’aide comme la ligne j’Arrête et les CAT.

En conclusion, cette étude a démontré que malgré la connaissance bien répandue chez les fumeurs de l’existence de services gratuits d’aide à l’arrêt tabagique et de la couverture des aides pharmacologique de soutien à l’arrêt tabagique par le gouvernement du Québec, les services d’aide et les aides pharmacologiques sont utilisés par une minorité de fumeurs qui tentent de cesser de fumer. Ceci étant dit, les timbres de nicotine semblent être une ressource intéressante dans une perspective de santé publique en raison (1) du taux d’utilisation plus élevé pour cette aide en comparaison avec les autres aides pharmacologiques et les services, (2) du taux de satisfaction élevé des utilisateurs, (3) de l’accessibilité de cette aide grâce au programme de couverture des aides pharmacologiques et (4) de la propension des médecins à recommander cette aide à leurs patients qui se préparent à arrêter de fumer.


1Le bupropion est commercialisé au Canada comme aide antitabagique sous le nom de Zyban®.



Évaluation d’impact du programme de prévention du tabagisme - Mission TNT.06 - Rapport final
| Johanne Laguë | Sylvia Kairouz | Héla Makni | Jennifer O’Loughlin |

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En juin 2001, Acti-Menu présentait à la Table de coordination nationale en santé publique (TCNSP) un programme de prévention du tabagisme auprès des jeunes nommé Mission TNT.06. Un programme avait été conçu en collaboration avec les Directions de santé publique des Laurentides, de Lanaudière et de Québec (Mission TNT.06, 2003). La TCNSP recommandait alors de tester ce programme d’abord sous forme de projet pilote accompagné d’une composante d’évaluation, avant de statuer sur son éventuelle généralisation à l’ensemble des écoles québécoises. Le déploiement du programme s’est d’abord limité aux écoles de Lanaudière, des Laurentides et de Québec, trois régions ayant manifesté de l’intérêt au projet. Le ministère de la Santé et des Services sociaux a confié à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) le mandat d’évaluer le concept, l’implantation et l’impact de ce projet pilote. Le programme Mission TNT.06 a donc fait l’objet d’une évaluation formative lors de sa 1re année d’implantation et d’une évaluation d’impact lors de la 2e année à l’automne 2002. Le présent rapport divulgue les principaux résultats de cette évaluation d’impact ainsi que les conclusions qui en découlent.



Évolution de l’usage de la cigarette chez les Québécois de 15 ans et plus - 1994-1995 à 2003 - Résumé
| Sylvie Bernier | Denis Hamel |

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En comparant les résultats obtenus par le biais de plusieurs enquêtes réalisées entre 1994-1995 et 2003, au Québec comme dans l’ensemble du Canada, ce feuillet dresse le portrait de l’usage de la cigarette au Québec. Il met en lumière la prévalence de l’usage de la cigarette au Québec, le nombre de cigarettes qui y sont fumées par jour, de même que le pourcentage de Québécois n’ayant jamais fumé. Il permet en outre d’établir l’évolution du taux d’abandon tabagique de 1999 à 2003. Le tout, dans une mise en perspective canadienne et présenté selon le sexe, l’âge et la région sociosanitaire.



Évolution de l’usage de la cigarette chez les Québécois de 15 ans et plus de 1994-1995 à 2003
| Sylvie Bernier | Denis Hamel |

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Ce rapport présente les grandes tendances de l’usage de la cigarette au Québec chez les 15 ans et plus entre 1994-1995 et 2003. Il fait suite à une autre étude qui avait couvert la période 1985 à 1994 (Aubin et al., 1996). Quant au tabagisme chez les jeunes et son évolution, il n’est pas présenté ici puisqu’il fait déjà l’objet d’une surveillance particulière chez les élèves du secondaire depuis 1998 par le biais des enquêtes de Santé Québec.



Le counseling en abandon du tabac - Résultats d’une enquête menée auprès des dentistes du Québec - 2005
| Michèle Tremblay | Daniel Cournoyer | Jennifer O’Loughlin |

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En 2004, le MSSS a confié à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) le mandat d’élaborer conjointement avec six ordres professionnels québécois (Collège des médecins, Ordre des dentistes, Ordre des hygiénistes dentaires, Ordre des inhalothérapeutes, Ordre des pharmaciens, Ordre des infirmiers et infirmières) un projet visant à faire en sorte que leurs membres s’impliquent plus activement dans la lutte contre le tabagisme. C’est donc dans ce contexte que les dentistes et d’autres professionnels de la santé sont conviés à intégrer le counseling en abandon du tabac à leur pratique courante.



Le counseling en abandon du tabac - Résultats d’une enquête menée auprès des médecins du Québec - 2005
| Michèle Tremblay | Daniel Cournoyer | Jennifer O’Loughlin |

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En 2004, le MSSS a confié à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) le mandat d’élaborer conjointement avec six ordres professionnels québécois (Collège des médecins, Ordre des dentistes, Ordre des hygiénistes dentaires, Ordre des inhalothérapeutes, Ordre des pharmaciens, Ordre des infirmiers et infirmières) un projet visant à faire en sorte que leurs membres s’impliquent plus activement dans la lutte contre le tabagisme. C’est donc dans ce contexte que les médecins et d’autres professionnels de la santé sont conviés à intégrer le counseling en abandon du tabac à leur pratique courante.



Le counseling en abandon du tabac - Résultats d’une enquête menée auprès des hygiénistes dentaires du Québec - 2005
| Michèle Tremblay | Daniel Cournoyer | Jennifer O’Loughlin |

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En 2004, le MSSS a confié à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) le mandat d’élaborer conjointement avec six ordres professionnels québécois (Collège des médecins, Ordre des dentistes, Ordre des hygiénistes dentaires, Ordre des inhalothérapeutes, Ordre des pharmaciens, Ordre des infirmiers et infirmières) un projet visant à faire en sorte que leurs membres s’impliquent plus activement dans la lutte contre le tabagisme. C’est donc dans ce contexte que les hygiénistes dentaires et d’autres professionnels de la santé sont conviés à intégrer le counseling en abandon du tabac à leur pratique courante.



Le counseling en abandon du tabac - Résultats d’une enquête menée auprès des pharmaciens et pharmaciennes du Québec - 2005
| Michèle Tremblay | Daniel Cournoyer | Jennifer O’Loughlin |

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En 2004, le MSSS a confié à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) le mandat d’élaborer conjointement avec six ordres professionnels québécois (Collège des médecins, Ordre des dentistes, Ordre des hygiénistes dentaires, Ordre des inhalothérapeutes, Ordre des pharmaciens, Ordre des infirmiers et infirmières) un projet visant à faire en sorte que leurs membres s’impliquent plus activement dans la lutte contre le tabagisme. C’est donc dans ce contexte que les pharmaciens et d’autres professionnels de la santé sont conviés à intégrer le counseling en abandon du tabac à leur pratique courante.



Le counseling en abandon du tabac - Résultats d’une enquête menée auprès des infirmiers et infirmières du Québec - 2005
| Michèle Tremblay | Daniel Cournoyer | Daniela Jukic | Jennifer O’Loughlin |

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En 2004, le MSSS a confié à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) le mandat d’élaborer conjointement avec six ordres professionnels québécois (Collège des médecins, Ordre des dentistes, Ordre des hygiénistes dentaires, Ordre des inhalothérapeutes, Ordre des pharmaciens, Ordre des infirmiers et infirmières) un projet visant à faire en sorte que leurs membres s’impliquent plus activement dans la lutte contre le tabagisme. C’est donc dans ce contexte que les infirmières et d’autres professionnels de la santé sont conviés à intégrer le counseling en abandon du tabac à leur pratique courante.



Le counseling en abandon du tabac - Résultats d’une enquête menée auprès des inhalothérapeutes du Québec - 2005
| Michèle Tremblay | Daniel Cournoyer | Jennifer O’Loughlin |

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En 2004, le MSSS a confié à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) le mandat d’élaborer conjointement avec six ordres professionnels québécois (Collège des médecins, Ordre des dentistes, Ordre des hygiénistes dentaires, Ordre des inhalothérapeutes, Ordre des pharmaciens, Ordre des infirmiers et infirmières) un projet visant à faire en sorte que leurs membres s’impliquent plus activement dans la lutte contre le tabagisme. C’est donc dans ce contexte que les inhalothérapeutes et d’autres professionnels de la santé sont conviés à intégrer le counseling en abandon du tabac à leur pratique courante.



La fumée de tabac secondaire - Effets sur la santé et politiques de contrôle de l’usage du tabac dans les lieux publics
| Daniel Guérin | Louise Guyon | Madelyn Fournier | Michaël Gillet | Yves Payette | Johanne Laguë |

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Contexte et objectif de cette recension des écrits sur la fumée de tabac secondaire

Cette recension des écrits scientifiques sur la fumée de tabac secondaire (FTS) et sur les politiques de restriction de l’usage du tabac a été réalisée dans le but de soutenir le processus de révision de la Loi québécoise sur le tabac amorcé au Québec en janvier 2005. Ce projet de loi s’est achevé le 1er juin 2005 avec l’adoption à l’unanimité, par l’Assemblée nationale, de la loi 112. En vertu de cette loi, qui modifie la Loi sur le tabac (L.R.Q., c. T- 0.01), il sera interdit de fumer dans tous les restaurants et les bars du Québec à compter du 31 mai 2006. Sans être exhaustive, cette recension se veut une synthèse des principales recherches scientifiques réalisées en Europe, aux États-Unis et au Canada depuis 1997. Elle vise principalement à documenter l’impact de la FTS sur la santé des non-fumeurs, notamment celle des travailleurs de la restauration et de l’hôtellerie ainsi qu’à examiner différentes politiques adoptées pour protéger la santé des travailleurs et celle de la population générale contre les méfaits de cette fumée secondaire.

Méthodologie

Critères de sélection de la littérature scientifique

L’accent a été mis sur les documents les plus récents, à savoir ceux publiés depuis 1997. En terme pratique, cette date permettait de concentrer la recension des écrits sur les recherches les plus récentes effectuées depuis l’adoption de la Loi sur le tabac de 1998. En terme scientifique, le choix de 1997 était aussi déterminé par la mise à jour, en fin d’année 2004, du premier rapport de la California Environmental Protection Agency (CALPA), publié en 1997. Ce document incontournable constitue, en effet, la synthèse la plus complète et la plus récente de la recherche scientifique quant au lien entre la FTS et la santé. Par ailleurs, en raison de leur contenu particulièrement éclairant quant à l’étude de ce lien entre la FTS et les conditions de santé, certains travaux de recherches publiés au début des années 90 ont aussi été retenus pour analyse. Enfin, en raison de l’abondance et de la diversité de ces matériaux, la recension se réfère essentiellement aux mises à jour les plus récentes réalisées par des organismes nationaux et internationaux réputés pour leur crédibilité scientifique dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et son Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de même que les Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis (USEPA) et de la Californie (CalEPA).

Une définition sommaire des concepts-clés

Dans le but de faciliter la lecture du résumé, voici une définition sommaire des principaux concepts qui fondent le rapport central.

En comparaison avec la fumée primaire, inhalée par le fumeur, la fumée de tabac secondaire est produite par la cigarette entre les bouffées et représente de 50 à 80 % de toute la fumée produite lorsqu’une personne fume. À volume égal, cette fumée secondaire contient des quantités plus importantes de produits toxiques que la fumée primaire. L’exposition à la FTS se mesure à partir de méthodes directes et indirectes. Les méthodes directes permettent de mesurer (en général sur une journée) la quantité de constituants absorbée par les personnes exposées alors que les méthodes indirectes permettent de déterminer l’exposition en mesurant la concentration d’un constituant ou plus de la FTS dans l’environnement ambiant.

Le tabagisme involontaire/tabagisme passif serait le résultat d’une exposition à la fumée de tabac ambiante, à savoir un mélange de fumée exhalée par un fumeur et de fumée dégagée par une cigarette en combustion (ou un cigare, ou une pipe, etc.) répandues dans l’atmosphère.

L’absence dans l’air de produits toxiques et de particules créées par la combustion du tabac dans un lieu intérieur constitue un environnement sans fumée.

Les politiques favorisant la création d’environnements sans fumée sont des mesures législatives, réglementaires, exécutives, administratives ou autres ayant pour objectif de prévenir et de réduire l’exposition de la population à la fumée de tabac.

Des effets du tabagisme à ceux de la FTS

Les effets dévastateurs du tabagisme sur la santé, et la littérature scientifique est éclairante à ce propos, ne sont plus à démontrer : l’usage du tabac est non seulement responsable d’un grand nombre de pathologies, mais il est aussi la cause d’un nombre élevé de décès. En 1998, au Québec seulement, on estimait à 13 295 le nombre de décès attribuable au tabagisme. De plus, 85 % de tous les décès attribués au cancer du poumon seraient causés par le tabagisme. Le tabagisme comporte également des coûts économiques et sociaux (soins de santé, application de la loi, perte de la productivité au travail ou à la maison, décès prématurés, incapacités, etc.) qu’il est possible d’évaluer à partir d’un certain nombre d’indicateurs. L’étude canadienne la plus récente portant sur ces aspects (Rehm, et al, 2006) établit à 16 996,2 M$ les coûts sociaux du tabac en 2002; ils constituent 43 % de l’ensemble des coûts sociaux de l’abus de substances (alcool 36 % et drogues illicites, 21 %). Au Québec, ces coûts sont estimés à 3 963,5 M$ et représentent 1,5 % du PIB.

La recherche épidémiologique, qu’elle soit réalisée au Québec, au Canada, aux États-Unis ou encore en Europe, fait aussi la démonstration de conséquences néfastes pour la santé des non-fumeurs lorsqu’ils sont exposés à la fumée de tabac secondaire. Les mêmes études scientifiques démontrent également que les travailleurs de l’industrie de la restauration, des bars, de l’hôtellerie et des établissements de jeux sont particulièrement exposés à la fumée secondaire encourant ainsi des risques accrus pour leur santé.

La fumée de tabac secondaire et les risques sur la santé

Le tabagisme tue; c’est démontré. Dans certaines conditions, la FTS en fait autant et les études recensées dans cette revue de littérature le démontrent. Ainsi, la grande majorité de ces études fait-elle la preuve d’une association certaine entre la présence de la fumée de tabac secondaire dans l’environnement et les conditions de santé suivantes : le cancer, en particulier celui du poumon, les conséquences sur le système respiratoire, les maladies cardiovasculaires et le retard de croissance dans le développement antepartum et postpartum.

Le cancer

Une mise à jour d’études réalisées depuis 1997 fait ressortir un lien — parfois certain, parfois probable — entre la FTS et certains types de cancers. Ainsi, on a démontré une association causale certaine entre la FTS et les cancers du poumon, des sinus nasaux et du sein chez la femme préménopausée. La même mise à jour fait aussi ressortir une association probable entre la FTS et le cancer du cerveau et les lymphomes chez l’enfant, le cancer nasopharyngé, celui du col de l’utérus et finalement de tous les sites de cancer chez les enfants comme chez les adultes. Une méta-analyse basée sur 37 études épidémiologiques réalisées auprès de conjointes non-fumeuses quantifie l’ampleur du risque supplémentaire que représente la FTS pour le cancer du poumon. Les femmes non-fumeuses qui vivent avec un conjoint fumeur ont 24 % plus de risque de développer un cancer du poumon et ce risque croît avec l’augmentation du tabagisme chez le conjoint.

Le système respiratoire

La littérature indique clairement que la fumée secondaire exacerbe et détériore une condition respiratoire déjà fragilisée. Pire encore, elle fait aussi la preuve que la FTS peut induire des maladies respiratoires chez des personnes en santé comme chez des enfants et des nourrissons. Plus de 150 études épidémiologiques réalisées sur une période de 25 ans démontrent que la FTS affecte le système respiratoire en développement des enfants et entraîne un plus grand risque de pathologies chez l’adulte. Chez les enfants en bas âge et les nourrissons, l’exposition à la FTS augmente les risques de souffrir d’infections des voies respiratoires inférieures (bronchite, bronchiolite, pneumonie, etc.) et d’écoulement chronique de l’oreille moyenne. Les adultes exposés à la FTS sont plus susceptibles de souffrir d’irritation des voies respiratoires supérieures et d’une réduction de la fonction pulmonaire. Chez les enfants comme chez les adultes, la FTS induit et aggrave les problèmes d’asthme. D’autres résultats démontrent une association probable entre la FTS et l’exacerbation de la fibrose kystique ainsi que d’autres symptômes respiratoires chroniques chez l’adulte.

Le système cardiovasculaire

Les études scientifiques le confirment : si le fait d’être exposé à la FTS endommage sévèrement le système respiratoire des non-fumeurs, il en est tout autant pour le système cardiovasculaire. Les recherches recensées concluent en effet qu’il existe une association certaine entre la FTS et la mortalité par maladies cardiaques et démontrent un lien certain entre la FTS et la morbidité coronarienne aiguë et chronique. Enfin, soulignons qu’il existe aussi une association certaine entre la FTS et l’altération des propriétés vasculaires. La question du lien entre la FTS et la santé cardiovasculaire est d’autant plus pertinente pour la santé publique que cette légère augmentation du risque liée à la FTS induit un grand nombre de cas additionnels de pathologies coronariennes et de décès prématurés dans un contexte où la prévalence des maladies cardiovasculaires dans la population est déjà élevée.

Des analyses scientifiques établissent en effet qu’un pourcentage élevé de décès par maladies cardiaques1 est attribuable à la FTS. D’ailleurs, à l’instar d’un risque accru de cancer du poumon encouru par le conjoint non-fumeur, celui-ci est également exposé à un risque accru de maladies, voire de mortalité, cardio-vasculaires.

Le développement du foetus et la santé périnatale

La recension des écrits démontre l’effet néfaste de l’exposition à la FTS sur la grossesse et le développement de l’enfant. Des associations causales certaines ont été trouvées chez les mères non-fumeuses exposées à la FTS et les conséquences suivantes : diminution du poids de naissance, faible poids à la naissance et naissance prématurée. Des associations causales certaines viennent également confirmer l’hypothèse d’un lien entre la FTS et les risques accrus du syndrome de mort subite chez le nourrisson. En outre, des associations causales probables sont signalées entre l’exposition à la FTS et les retards de croissance intra-utérin, l’avortement spontané, un plus grand risque d’atopie (prédisposition à devenir allergique à des allergènes communs) chez les enfants et une diminution de la fonction pulmonaire.

L’exposition à la FTS des travailleurs de la restauration et de l’hôtellerie et les risques associés à la santé

Les sections précédentes ont clairement fait ressortir les effets néfastes de la fumée de tabac secondaire sur la santé des personnes qui y sont exposées. L’environnement de travail est reconnu comme un des lieux où les travailleurs non-fumeurs sont le plus à risque d’être exposés à la FTS et par conséquent subir ses effets sur leur santé. De nombreuses études comparatives ont en effet été réalisées sur cet environnement avec l’objectif d’y mesurer le degré d’exposition des travailleurs à la FTS. Ces études tentent d’estimer cette exposition selon le milieu de travail, le temps d’exposition, et l’adoption ou non de politiques et de mesures de contrôle. Elles tentent également d’en documenter les effets sur la santé des travailleurs. D’autres études ont aussi été effectuées avec l’objectif d’observer plus spécifiquement encore les conditions auxquelles sont exposés les travailleurs de la restauration et de l’hôtellerie en terme de fumée de tabac secondaire.

Les travailleurs de la restauration et de l’hôtellerie et le degré d’exposition à la FTS

Les résultats des études scientifiques recensées sont éloquents; les travailleurs de restaurants et de bars sont exposés à des niveaux de FTS largement supérieurs à ceux observés dans la plupart des autres milieux de travail. Plusieurs études démontrent que les employés de bars et de restaurants travaillant dans des établissements permettant le tabagisme sans restriction présentaient des taux de cotinine sanguin significativement plus élevés que ceux observés chez les travailleurs des milieux sans tabac ou avec fumoirs. Ainsi, une étude ayant mesuré le taux de cotinine sanguin auprès de quelques 4 952 travailleurs non-fumeurs de 40 métiers différents et n’ayant subi aucune exposition à la FTS avant l’arrivée au travail fait ressortir les différences suivantes : les valeurs les plus élevées en terme de taux de cotinine sanguin étaient observées chez les serveurs de bars et de restaurants (taux de 0,47) alors que les valeurs les plus basses étaient observées chez les fermiers et les travailleurs de pépinières (taux de 0,06), la médiane des emplois étant de 0,16.

L’exposition à la FTS et le cancer chez les travailleurs de bars et restaurants

Sans refaire le tableau exhaustif de résultats présentés dans le rapport principal, rappelons qu’ils convergent vers les mêmes conclusions. D’abord, selon l’emploi occupé, selon le lieu de pratique et le nombre d’heures d’exposition à la FTS, les travailleurs ne courent pas tous les mêmes risques et ne souffrent pas tous des mêmes symptômes, que ce soit en termes de gravité ou de permanence. Il ressort cependant que les travailleurs de restaurants et de bars sont non seulement plus exposés à la FTS que tout autre travailleur, mais qu’ils courent un risque plus élevé de mortalité par cancer du poumon (durant une vie) que le risque habituel de mortalité associé à cette maladie. Plusieurs chercheurs soutiennent que jusqu’à 50 % des décès par cancer du poumon reliés à la FTS auraient un lien avec le milieu de travail. L’exposition à la FTS et les maladies cardiovasculaires chez les travailleurs de bars et restaurants Plusieurs études ont démontré une association entre les risques accrus de maladies cardiovasculaires et l’exposition à la FTS dans la population en général; de nombreuses autres ont aussi documenté un risque encore plus grand de maladies cardiaques pour les travailleurs de la restauration et de l’hôtellerie exposés à la FTS. Ainsi, certaines études révèlent que les travailleurs non-fumeurs de la restauration et de l’hôtellerie courent un risque accru de maladies cardiovasculaires pouvant atteindre jusqu’à 60 %.

FTS et autres problèmes de santé chez les travailleurs de bars et restaurants

Outre les risques encourus en terme de pathologies respiratoires et de risques cardiovasculaires, ces personnes s’exposent aussi, comme tant d’autres travailleurs non-fumeurs, à des problèmes ou des inconforts plus ou moins sévères, récurrents ou chroniques. On peut citer l’infection des bronches et/ou des voies respiratoires, l’exacerbation de l’asthme ou encore l’induction de conditions asthmatiques, l’irritation oculaire ou celle des sinus, etc. La recherche a aussi démontré que la FTS pouvait aussi être associée à plusieurs autres affections touchant par exemple le système reproducteur, comme l’avortement spontané, le cancer du col de l’utérus et les désordres du cycle menstruel.

La mesure de l’efficacité des systèmes de ventilation dans l’objectif de réduire la FTS

Une recension d‘études récentes concernant la plupart des systèmes de ventilation utilisés dans les bars, les restaurants et autres lieux de divertissements, ainsi que dans les autres milieux de travail où le tabagisme est permis, conclut à l’inefficacité de ces systèmes de ventilation. Une recherche établit même qu’il faudrait au-delà de 10 000 changements d’air par heure, soit l’équivalent d’une tornade, pour arriver à un niveau de risque acceptable pour protéger le personnel des bars de la FTS. Dans le même ordre d’idées, l’OMS confirmait, en 2000, le caractère utopique de l’opération et précisait qu’une bonne ventilation pouvait peutêtre réduire l’effet irritant de la fumée, mais ne pouvait éliminer l’ensemble des éléments toxiques. À moins que les sections fumeurs et non-fumeurs soient complètement isolées les unes des autres avec des systèmes indépendants de ventilation expulsant la fumée directement à l’extérieur, les travailleurs exposés ne peuvent espérer se préserver de la FTS; un système commun de ventilation ne ferait que disperser la fumée à travers les deux zones fumeurs et non-fumeurs.

Les recherches montrent, par ailleurs, que la gamme actuelle de technologies de ventilation ne peut à elle seule protéger adéquatement les travailleurs de la FTS. En effet, s’il est possible, avec certaines nouvelles technologies, de réduire de 90 % les niveaux de la FTS, le degré d’exposition reste encore considérablement élevé, c’est-à-dire pas moins de 1 500 à 2 500 fois le niveau de risque acceptable pour les polluants atmosphériques. L’utilisation de la ventilation pour éliminer totalement la FTS constitue par conséquent une tâche considérable sinon impossible. Des recherches mentionnent aussi, d’autre part, que les établissements qui ont appliqué des mesures pour réduire l’exposition à la fumée de tabac en restreignant son usage à quelques zones ont effectivement réduit l’exposition moyenne à la FTS. Cette exposition demeure cependant très importante encore — 60 fois supérieure environ – en comparaison avec les établissements où l’on interdit systématiquement l’usage du tabac.

Ces études scientifiques, de concert avec celles de l’OMS et plusieurs autres examinant la capacité des systèmes de ventilation à réduire la FTS, en arrivent pratiquement toutes aux mêmes conclusions : les systèmes de ventilation existants ne permettent pas de réduire l’exposition à la FTS à des niveaux acceptables et les législations limitées à des normes de ventilation sont insuffisantes pour protéger la population de la fumée secondaire. Ainsi, l’interdiction de fumer dans les lieux de travail et les lieux publics resterait la seule option possible pour protéger les travailleurs et le public des rejets toxiques dus à la combustion du tabac.

Les politiques de contrôle de l’usage du tabac dans l’environnement public : un état des lieux

Compte tenu d’un consensus croissant ressortant de la recherche à l’effet que la FTS a un impact significatif sur la morbidité et la mortalité des personnes qui y sont exposées, plusieurs pays ont commencé à promulguer de nouvelles législations et réglementations visant à limiter sévèrement voire à interdire complètement l’usage du tabac dans les lieux publics et les milieux de travail. Plus encore, l’interdiction de fumer dans les transports publics, dans certains lieux publics (ou de travail) comme les restaurants, les bars, les espaces extérieurs situés par exemple près des entrées d’édifices publics (hôpitaux, écoles, etc.), croit avec de plus en plus de force en terme de portée et de restrictions.

La Convention-cadre pour la lutte antitabac de l’OMS a d’ailleurs été développée dans l’objectif de réduire le tabagisme autant dans les pays développés que dans les pays non industrialisés. Cette convention réunit les engagements généraux des pays signataires et précise le système général de gouverne pour la lutte au tabagisme au niveau international. Une fois ratifiée, elle oblige les pays signataires à légiférer et à appliquer certaines mesures concernant l’usage du tabac et sa commercialisation.

De nombreux pays européens imposent des restrictions sur la mise en marché, la publicité, l’étiquetage et les lieux où il est permis de fumer. Parmi les pays européens les mieux cotés pour la somme de leurs interventions en abandon du tabac, on retrouve l'Islande, l'Angleterre, la Norvège et l'Irlande. Ces quatre pays arrivent d’ailleurs au premier rang dans la diminution de la prévalence du tabagisme entre 1985 et 2003 en Europe. La Norvège fut très certainement le premier pays à promulguer et à mettre en application une interdiction de la consommation de tabac dans les lieux publics sur l’ensemble de son territoire.

En 1992, la publication du rapport de l’USEPA, dont la démonstration et la reconnaissance de la FTS comme une substance cancérogène représentait la principale conclusion, fut un point tournant dans le mouvement d'interdiction de la FTS en milieu de travail aux États-Unis. Cette reconnaissance fut principalement fondée sur la démonstration d’une association certaine entre l'exposition à la FTS et le cancer du poumon. Ce même rapport avait aussi eu pour effet de sensibiliser les législateurs et les responsables des politiques aux problèmes de santé publique posés par la FTS. La tendance à l’interdiction totale du tabac découle donc des recommandations de ce rapport ainsi que de la publication de nombreuses observations scientifiques sur l’exposition à la FTS; ces travaux concluaient, entre autres choses, que l’interdiction totale de la FTS en milieu de travail constituait la seule politique réaliste et sécuritaire pour la santé des travailleurs.

Au Canada, dix provinces et trois territoires ont adopté des mesures de protection contre la FTS dans les lieux publics. Elles protègent, à des degrés divers, des catégories différentes de leur population. Sommairement, l'usage du tabac sera prochainement interdit dans les bars et restaurants de neuf provinces et territoires. Ce sera notamment le cas en Ontario et au Québec2 qui ont renforcé leur législation couvrant l'interdiction de fumer dans les endroits publics en incluant les bars, les restaurants, les salles de divertissements (casino, bingos, salles de quilles, etc.), certains immeubles et logements communautaires. En l’absence de politiques provinciales suffisamment musclées, plusieurs municipalités à travers le Canada ont développé et mis en place des réglementations antitabac pour protéger les citoyens dans leur communauté.

Bénéfices économiques et sanitaires

Des travaux de recherche portant sur l'efficacité des réglementations sur l‘usage du tabac ont été menés depuis plusieurs années dans une variété de lieux publics et de contextes nationaux. Il ressort de ces travaux un bilan nettement favorable quant aux coûts/bénéfices des lois pour un environnement sans fumée. L’éventail des bénéfices de ces politiques dépasse d’ailleurs largement les coûts qu’elles pourraient occasionner aux individus, aux entreprises ou à la société. Les non-fumeurs sont, bien sûr, les premiers à en retirer le plus grand avantage puisqu’ils sont de moins en moins exposés aux risques et autres inconvénients reliés à la FTS. Ces politiques ont aussi, par ricochet, un effet extrêmement intéressant puisqu’elles ont pour résultat d’inciter de plus en plus de fumeurs à réduire sensiblement leur consommation tabagique, voire à y mettre définitivement fin pour beaucoup d’entre eux. La Banque mondiale établit d’ailleurs, sur la base d’études effectuées sous sa gouverne, que l’adoption de mesures encore plus restrictives aurait pour effet de faire reculer encore plus le tabagisme dans les pays à forte économie, et cela, pour plus de 6 %. Dans cet ordre d’idées, d’autres études, réalisées avec l’objectif de mesurer les impacts économiques négatifs de loi antitabac dans les bars et restaurants en terme de baisse des ventes, établissent que ces craintes ne sont pas fondées. Les résultats de recherches effectuées en ce sens aux États-Unis, en Australie, en Colombie-Britannique et en Ontario font ainsi ressortir que l’interdiction de fumer dans ces lieux publics n’avait pas l’heur d’affecter les ventes de façon significative.

Des populations de plus en plus favorables à l’adoption de mesures antitabac

L’opinion et l’appui du public constituent des éléments de poids dans l’adoption de lois et de réglementations plus restrictives sur la consommation de tabac. Ainsi, là où les politiques antitabac ont été adoptées, la population en général les approuve et les respecte de plus en plus. Cette situation s’expliquerait en grande partie par le fait d’une population désormais mieux informée des effets secondaires de la FTS sur la santé, mais aussi des effets bénéfiques largement démontrés de ces restrictions sur la santé.

Conclusion

Le bilan des travaux scientifiques est éclairant : la fumée de tabac secondaire a un impact démontré sur la santé des fumeurs et des non-fumeurs. Source majeure d’émission de produits toxiques par milliers dont une grande quantité sont démontrés et reconnus cancérogènes, la FTS induit notamment des effets sur le système respiratoire, sur la santé cardiovasculaire, sur le développement du foetus et la santé périnatale comme elle a aussi des effets sur la fonction reproductive. La FTS occasionne aussi, par ailleurs, d’autres problèmes de santé plus ou moins sévères : difficultés respiratoires, migraines, irritation oculaire et/ou nasale, etc., sans compter qu’elle est aussi, dans bien des cas, un déclencheur d’asthme.

Les travailleurs de bar, de restaurants et d’établissements de jeux tels que bingos et salles de quilles sont particulièrement affectés par la FTS. Ils y sont plus exposés que l’ensemble des travailleurs et autres citoyens si bien d’ailleurs que les travailleurs non-fumeurs de la restauration et de l’hôtellerie courent des risques accrus de maladies cardiaques et de cancer du poumon – jusqu’à 50 % – selon les écrits scientifiques. En combinaison avec certains facteurs de risque – tabagisme actif ou antérieur, exposition aux irritants professionnels ou polluants dans l’environnement ambiant – l’exposition à la FTS contribuerait aussi à un affaiblissement chronique du système respiratoire chez les adultes.

Les études relatives à la question de la ventilation et des politiques sur les lieux préservés pour les travailleurs de bars et de restaurants confirment par ailleurs que les systèmes de ventilation sont inadéquats. À moins que les sections fumeurs soient complètement isolées des non-fumeurs et équipées de systèmes indépendants de ventilation expulsant la fumée à l’extérieur, les travailleurs ne peuvent guère se préserver de la FTS. En fait, il est possible de réduire énormément les niveaux de FTS avec certaines nouvelles technologies, mais le degré d’exposition, malgré cela, reste très élevé et nettement inacceptable.

Tous ces résultats tirés des études scientifiques auront motivé les gouvernements de nombreux pays à adopter des lois et des règlements de plus en plus restrictifs. Dès lors, si de nombreux travailleurs non-fumeurs tirent profit de conditions plus saines dans leur environnement de travail, des travailleurs fumeurs semblent aussi, pour leur part, profiter de ces nouvelles réglementations; ces interdits semblent en effet motiver beaucoup d’entre eux à mettre fin à leur habitude tabagique.


1 En 2006, au Canada, le tabagisme causera le décès de plus de 1 000 non-fumeurs : la fumée secondaire est responsable de plus de 300 décès liés au cancer du poumon et d'au moins 700 décès attribuables aux cardiopathies ischémiques. Source : La fumée secondaire est une véritable menace. Santé Canada.

2 Au Québec l’interdiction de l’usage du tabac dans tous les lieux publics sera effective le 31 mai 2006.



Programme québécois de remboursement des aides pharmacologiques à l'arrêt tabagique - Phase 1 : Recension des écrits scientifiques sur l'efficacité et l'efficience des aides pharmacologiques et survol du fonctionnement du programme depuis sa mise en place depuis sa mise en place
| Viviane Leaune | Sylvie de Grosbois | Louise Guyon |

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La première partie du rapport présente de façon succincte la situation du tabagisme dans la population québécoise et son évolution récente. À partir de sources officielles et des résultats des grandes enquêtes populationnelles, les principaux problèmes reliés au tabagisme sont présentés dans une perspective de santé publique. La seconde partie présente une recension des connaissances scientifiques récentes sur l’efficacité des aides pharmacologiques à l’arrêt tabagique et sur les études coût/efficacité menées sur ces produits. La description du Programme de couverture des aides pharmacologiques québécois (PCAP) fait l’objet de la troisième partie. Il s’agit d’une analyse préliminaire de données disponibles sur les coûts du PCAP pour les années 2000, 2001, 2002 et 2003 et sur le nombre de participants ayant reçu au moins une ordonnance d’une ou de plusieurs de ces aides. La quatrième et dernière partie propose une synthèse des principales études portant sur l’impact du remboursement des aides pharmacologiques sur le processus d’arrêt tabagique. Ce rapport constitue la première partie de nos travaux sur l’évaluation du programme québécois de remboursement des aides pharmacologiques à l’abandon du tabagisme. Il sera suivi de deux autres rapports : phase II - Usage des aides pharmacologiques chez les fumeurs québécois et modes de pratiques des professionnels de la santé; phase III - Utilisation, satisfaction et perception des aides pharmacologiques chez les fumeurs et les ex-fumeurs québécois.



Projet de Loi no 112 - Loi modifiant la Loi sur le tabac et d'autres modifications législatives
| Michèle Tremblay | André Gervais |

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L’adoption à l’unanimité de la Loi sur le tabac en 1998 a permis au Québec de franchir des étapes importantes. On y reconnaissait en effet l’importance de protéger la santé des non-fumeurs de l’exposition involontaire à la fumée de tabac. De plus, on signifiait clairement vouloir réduire l’initiation au tabac des jeunes en diminuant leur accès au tabac et en réduisant la publicité et la promotion du tabac.

Après plus de cinq ans d’implantation de la loi, le gouvernement a décidé de modifier celle-ci pour contrer certaines difficultés d’application rencontrées, qu’elles soient liées à l’incohérence de certaines mesures, à la précision ou l’interprétation du texte de loi ou aux limites des pouvoirs d’intervention visant à assurer le respect de la loi. En ce sens, l’INSPQ appuie très fortement ce projet de loi qui constitue une avancée significative afin d’améliorer la santé des Québécois et Québécoises.

Voici les arguments scientifiques qui soutiennent la pertinence de ce projet de loi et nos recommandations d’amendements.



Révision de la Loi sur le tabac
| Daniel Guérin | Michèle Tremblay | Kabengele Mbuyi | Daniela Jukic | Pierre Pelletier | Céline Michel | Louise Guyon | Johanne Laguë |

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L’adoption de la Loi sur le tabac en 1998 a permis au Québec de franchir des étapes importantes dans la lutte contre ce fléau individuel et collectif qui est responsable chaque année de plus de 13 000 décès au Québec. Les progrès dans la lutte antitabac se reflètent notamment dans la diminution de la prévalence du tabagisme, qui est passée de 34 % à 26 % entre 1998 et 2003.

Le consensus social reflété par la Loi sur le tabac de 1998, adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale du Québec, a fort probablement évolué ces dernières années. On peut penser que la portée et la rigueur de la Loi ne correspondent plus parfaitement aux nouvelles normes sociales de la population québécoise à l’endroit du tabagisme, ni ne traduisent de façon adéquate les nouveaux éclairages scientifiques apportés depuis cette date sur le tabagisme et les méfaits de la fumée de tabac dans l’environnement (FTE).

Le mémoire de l’Institut national de santé publique du Québec comprend trois parties principales : 1- le tabagisme, la fumée dans l’environnement et ses effets sur la santé, 2- les mesures de protection de la population contre la FTE et 3- les autres mesures visant la réduction du tabagisme, en particulier les restrictions à la promotion et à la vente des produits du tabac. Les parties 2 et 3 se terminent par les réponses de l’Institut national de santé publique du Québec aux questions de la consultation et par une série de recommandations sur les mesures de protection et les restrictions à la vente et à la promotion.



Proposition d’un plan de monitoring du Plan québécois de lutte contre le tabagisme 2001-2005 (PQLT)
| Joëlle Brassard | Johanne Laguë |

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En 2002, le Ministère de la santé et des services sociaux du Québec octroyait une subvention à l’Institut national de santé publique du Québec pour élaborer, en collaboration avec l’Unité québécoise de recherche sur le tabagisme, un plan de monitoring du Plan québécois de lutte contre le tabagisme 2001-2005 (PQLT).

Ce document présente la proposition de l’Institut concernant le contenu initial et les modalités de mise en œuvre d’un plan de monitoring des activités québécoises de lutte contre le tabagisme. Compte tenu que l’élaboration et la mise en œuvre d’un système de monitoring utile, viable et performant ne peut se faire sans la participation active de tous les acteurs impliqués dans la lutte contre le tabagisme, le plan proposé ne peut, à cette étape-ci, être considéré comme le plan définitif.

En conséquence, l’Institut recommande au ministère d’utiliser cette proposition comme point de départ d’une vaste consultation de ses partenaires devant permettre de statuer sur les principaux paramètres qui serviront à guider la mise en œuvre d’un tel système au Québec. L’Institut espère que sa proposition stimulera les discussions et éclairera les décideurs tout au long du processus conduisant au développement et la mise en œuvre d’un tel système. Une meilleure connaissance du degré de mise en œuvre des divers éléments du PQLT, couplée à la surveillance de l’évolution du tabagisme au Québec, permettra sans aucun doute au ministère et à ses partenaires de porter un meilleur jugement sur la pertinence de leurs actions et la nécessité d’apporter des correctifs le cas échéant.



La prévention du tabagisme chez les jeunes
| Monique Lalonde | Bernard Heneman | Johanne Laguë |

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L’analyse des écrits scientifiques effectués dans cet avis a pour but d’identifier les composantes les plus efficaces ou prometteuses pour réduire la prévalence du tabagisme juvénile. Il s’agit d’un avis scientifique qui se base essentiellement sur les résultats de recherche publiés dans les journaux scientifiques avec révision par des pairs et dans les rapports scientifiques des grands organismes de santé publique. On ne trouvera donc pas dans cet avis une description des différentes actions menées à l’heure actuelle au Québec, ni une analyse de leur pertinence par rapport aux meilleures pratiques de santé publique dans la lutte au tabagisme. Le présent avis scientifique peut cependant faciliter une telle analyse en vue d’améliorer les pratiques mais la réalisation de cette analyse revient aux instances concernées.



Intégration de la dénormalisation dans la lutte antitabac au Québec - Perspectives de santé publique
| Marie Jacques | Francine Hubert | Johanne Laguë |

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Le présent avis vise à préciser quels sont les ajustements que rend nécessaire l'intégration de la dénormalisation dans la pratique de la santé publique au Québec pour optimiser les efforts de tous les acteurs appelés à relever les défis de réduction du tabagisme et de protection de la santé.

L'objet de l'avis a été cerné au plan étymologique, sémantique et historique. L'intégration possible de la dénormalisation à la pratique de la santé publique est illustrée à partir des trois exemples américains les plus souvent associés à la dénormalisation, soient ceux de la Californie, du Massachusetts et de la Floride, ainsi que des expériences canadienne et québécoise. L'expérience québécoise est ensuite analysée à partir d'un modèle d'intégration de la dénormalisation pour dégager les stratégies susceptibles d'accélérer le changement de la norme dans le dossier du tabac au Québec. Inspirées de la Convention-cadre de l'Organisation mondiale de la santé pour la lutte antitabac, des recommandations sont formulées.

La dénormalisation est une approche qui vise à changer les normes sociales reliées au tabagisme en agissant sur la nature et les origines de la norme sociale qui encouragent la dépendance et l'usage du tabac, en l'occurrence l'industrie du tabac, et en modifiant le climat social et le cadre juridique afin que le tabac devienne moins acceptable, moins désirable et moins accessible.

Une synergie d'interactions opposant les forces de l'industrie à celles des acteurs antitabac contribue à créer un climat social dynamique qui évolue dans le temps et dans l'espace. Ces interactions sont regroupées en neuf grands ensembles stratégiques : programme écologique, politiques économiques, politiques d'environnements sans fumée, réglementation du produit, éducation, communication et formation, restrictions publicitaires et promotionnelles, restrictions sur la vente, poursuites et responsabilisation de l'industrie et surveillance. Les campagnes de démarketing qui s'inscrivent dans une approche globale et qui peuvent créer un climat social supportant des modifications législatives sont efficaces pour dénormaliser. Les messages les plus efficaces sont ceux qui portent sur la fumée de tabac dans l'environnement, sur les pratiques manipulatrices de l'industrie et sur la dépendance à la nicotine.

À la lumière de la définition et du modèle proposés, la dénormalisation est intégrée à la pratique de santé publique au Québec dans le dossier antitabac surtout depuis la crise de la contrebande et la baisse des taxes sur les produits du tabac qui en a découlé en 1994. Plusieurs leviers d'intervention permettant de modifier la norme sociale en regard du tabac existent dans le Plan québécois de lutte contre le tabagisme 2001-2005 et dans la Loi sur le tabac. Pour intensifier les efforts de dénormalisation au Québec, quatre types d'actions doivent être mis en oeuvre : connaître, faire connaître et contrer les pratiques de l'industrie du tabac qui ont un impact sur la santé publique et sur l'implantation des mesures efficaces de contrôle du tabac, implanter les mesures déjà prévues dans les orientations ministérielles, s'assurer de l'actualisation de toutes les stratégies qui contribuent à dénormaliser – entre autres les campagnes de démarketing – et accentuer l'utilisation de certaines stratégies, en particulier celles qui visent l'optimisation de la protection de tous contre la fumée de tabac dans l'environnement.



Enquête estrienne sur le tabac, l’alcool et les drogues chez les élèves du secondaire, 2004
| Comité d'éthique en santé publique |

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Mission TNT.06 - Résultats du pré-test de l’évaluation des effets
| Joëlle Brassard | Johanne Laguë |

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Le présent rapport jette un bref regard sur les données obtenues lors du pré-test de l’évaluation des effets du projet Mission TNT.06. Ce document vise à décrire d’une façon succincte, les résultats de la première interrogation des élèves de 6e année primaire participant à l’étude. Ces résultats préliminaires serviront de point de comparaison à la seconde interrogation des élèves, au moment de leur entrée au secondaire. Les effets de ce projet seront connus ultérieurement et présentés dans le rapport final d’évaluation.

Ce document donne un aperçu des objectifs de l’étude, de la méthodologie utilisée ainsi que de la population à l’étude. Les principaux résultats sont présentés sans égards au groupe d’appartenance des élèves (expérimentaux ou témoins) puisqu’il s’agît ici de données pré-intervention. Compte tenu de la taille de l’échantillon à l’étude, les résultats obtenus tracent un portrait intéressant des attitudes et des comportements des élèves de 6e année primaire par rapport au tabagisme.



Interventions en matière de cessation tabagique : description, efficacité, impact, coûts estimés pour le Québec
| Michèle Tremblay | André Gervais |

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Les différentes méthodes pour aider les québécois à cesser de fumer font l'objet, dans cette étude, d'une évaluation qui compare leur efficacité relative et leurs coûts. L'accessibilité aux services de cessation du tabagisme étant appelée à croître au Québec, l'Institut espère que ce travail facilitera l'identification des interventions efficaces et leurs modalités d'implantation.



Analyse de la pertinence d'interventions de cessation du tabagisme
| Michèle Tremblay |

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Dans le cadre du volet cessation du Plan de travail tripartite tabac (septembre 2000 à mars 2002), l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a convenu d'évaluer la pertinence d'interventions de cessation du tabagisme et de la qualité des modèles théoriques qui les sous-tendent après que le Ministère de la santé et des services sociaux (MSSS) ait répertorié et présélectionné les interventions devant faire l'objet d'une telle analyse. En date d'avril 2001, neuf programmes ont été soumis à l'INSPQ pour analyse, cinq en provenance des Directions de santé publiques (DSP) et quatre en provenance d'organismes privés. C'est le fruit de cette analyse que nous avons le plaisir de communiquer à nos partenaires. Dans le contexte des travaux en cours pour doter le Québec de services d'abandon du tabac, l'Institut espère que ce travail facilitera l'identification des interventions efficaces et leurs modalités d'implantation.

 
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