par Roseline Lambert
30 mars 2010 04:39
Un article britannique cherchant à dégager un portrait des évidences ou des données probantes qui pourraient émerger des revues systématiques qui adressent les déteminants sociaux de la santé et les inégalités de santé vient tout juste de paraître dans le Journal of Epidemiology and Community Health.
Se basant sur une méthodologie de recension systématique et principalement à partir des bases de données de la Cochrane Collaboration et du CRD, les chercheurs ont ciblé 30 revues systématiques qui portent sur des interventions adressant des inégalités ou des déterminants de la santé. Les auteurs considèrent le nombre d'études sélectionnées comme étant très limité considérant l'ampleur du sujet ciblé. Ils déplorent que très peu de recensions portent sur des interventions touchant les inégalités de santé et en particulier pour étudier des interventions par sous-groupes de populations.
Ils dégagent tout de même de cette recension que les interventions dans deux secteurs, soit le logement et l'environnement de travail peuvent influer positivement sur les inégalités ou sur la santé de groupes défavorisés.
Dans le cas du logement, il n'est pas étonnant selon les auteurs, que le lien entre la santé et l'habitation soit largement étudié, parce qu'un courant théorique en santé publique documente depuis les années '1930, ce qui est nommé comme la "housing evidence base". Ainsi, des interventions comme des changements de l'environnement des habitations (améliorer la sécurité, les infrastructures, modifier l'éclairage, etc.) ou encore favoriser la mixité socio-économique des quartiers auraient des effets positifs sur la santé.
Dans le cas de l'environnement de travail, des mesures favorisant le contrôle du travail par les employés et des changements dans l'organisation des horaires de travail ont montré des effets positifs sur la santé, en particulier sur la santé mentale et le bien-être.
En raison du nombre limité de recensions systématiques sur les interventions adressant les inégalités et les déterminants de la santé, comment pouvons-nous réfléchir à des méthodologies nous permettant de mieux documenter "ce qui fonctionne" en santé publique?