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 Publications    Bulletins    Volume 11 - Année 2000    Numéro 5

BISE -  Bulletin d'information en sante environnementale
 Une publication du réseau de la santé publique du Québec

Volume 11 - Numéro 5 -  Septembre-octobre 2000

Table des matières

Les risques à la santé publique associés aux activités de production animale

Actualités
Surveillance avoisinant une usine de traitement de bois
Clinique interuniversitaire de santé au travail et de santé environnementale
Chauffage au bois: source de pollution atmosphérique
Étude sur le smog à Toronto
Arsenic au Bangladesh

Publications

Colloques


LES RISQUES À LA SANTÉ PUBLIQUE ASSOCIÉS AUX ACTIVITÉS DE PRODUCTION  ANIMALE[menu]

Benoît Gingras (1), Jean-Marc Leclerc (2), Pierre Chevalier (3), Daniel G. Bolduc (2), Michel Laferrière (4) et Suzanne H. Fortin (5)

(1) Direction de la santé publique (DSP), de la planification et de l'évaluation de Chaudière-Appalaches, 22, Avenue Côté, Montmagny (Québec) G5V 1Z9; tél.: 418-248-6122; télec.:418-248-3348;courriel: Benoit_Gingras@ssss.gouv.qc.ca ; (2) Direction des risques biologiques, environnementaux et occupationnels de l'Institut national de santé publique; (3) Unité de recherche en santé publique du Centre hospitalier universitaire de Québec; (4) DSP du Bas-Saint-Laurent; (5) DSP  de Lanaudière.

Introduction

Au cours des dernières décennies, le développement des productions animales, et particulièrement de la production porcine au Québec, a été remarquable1. Cet accroissement a entraîné une augmentation notable du volume de déjections animales à gérer tandis que parallèlement, les superficies d'épandage diminuaient de façon substantielle2.

L'analyse des données disponibles concernant la qualité des eaux des bassins versants à prédominance agricole montre, au cours des dernières décennies, des excès notables en azote et en phosphore ainsi qu'une dégradation de la qualité bactériologique de l'amont vers l'aval3,4,5. Des études québécoises réalisées en milieu rural démontrent également que les puits d'alimentation en eau potable sont fréquemment contaminés par des micro-organismes et des nitrates6,7,8.

Parallèlement à ce phénomène, on dénote également pour cette période une augmentation importante des odeurs provenant des sites de production. Globalement, la charge d'odeura provenant uniquement des bâtiments d'élevage et des structures d'entreposage s'est accrue d'environ 500 % entre 1961 et 19969, à laquelle il faut ajouter les odeurs ponctuelles provenant des épandages.

Nous présentons ici une évaluation de l'impact possible des répercussions environnementales causées par la production animale sur la santé des populations susceptibles d'y être exposées. L'approche utilisée pour cette évaluation est de type qualitatif puisqu'il n'est pas possible, dans l'état actuel des connaissances, de quantifier le degré d'exposition de la population rurale aux contaminants générés dans l'environnement par les activités de production animale.

L'exposition potentielle des populations du milieu rural

Les populations résidant en milieu rural sont, pour la plupart, regroupées dans de petites municipalités. Les réseaux de distribution d'eau desservant moins de 5 000 personnes sont plus vulnérables à la contamination que les réseaux de plus grande taille parce qu'ils dérogent plus souvent à la fréquence d'échantillonnage réglementaire, que plusieurs d'entre eux ne désinfectent pas leur eau ou sont dotés de chaînes de traitement incomplètes ou non appropriées, ou encore qu'ils sont opérés par du personnel ne possédant pas les qualifications requises10,11.L'importante épidémie d'origine hydrique survenue au printemps 2000 à Walkerton, en Ontario, illustre d'ailleurs la vulnérabilité des petits réseaux de distribution d'eau potable12. Par ailleurs, il n'existe à ce jour aucun contrôle réglementé de la qualité microbiologique ou physico-chimique de l'eau des puits individuels, qui alimentent une forte proportion des gens résidant en milieu rural. De plus, l'exposition aux odeurs provenant de l'entreposage, de la manutention et de l'épandage dans les secteurs à haute densité d'élevage, représente maintenant un problème pour un grand nombre de citoyens du milieu rural, incluant des membres de la communauté agricole13,14.

Les problèmes de nature infectieuse

 Les animaux d'élevage sont les hôtes d'une quantité importante de micro-organismes, dont certains ont un pouvoir pathogène.Nous avons effectué une revue de littérature exhaustive de sept genres bactériens (Campylobacter sp, Coxiella sp, Escherichia sp, Leptospira sp, Listeria sp, Salmonella sp et Yersinia sp), de deux genres de parasites (Cryptosporidium sp et Giardia sp) et d'un virus (Influenza) sur la base d'une littérature scientifique confirmant une transmission possible de l'environnement à l'humain. Ces agents infectieux ont été retenus en considérant principalement les risques pour les personnes résidant dans des régions à fortes activités agricoles, en excluant les risques habituellement associés au contact direct avec les animaux ainsi que ceux découlant d'une contamination alimentaire. Nous n'aborderons ici que les principaux constats ressortant de notre analyse.

Chez les bactéries, Campylobacter sp pourrait représenter un risque potentiel pour la santé des populations rurales. En effet, sa prévalence élevée chez plusieurs animaux de ferme15,16, sa capacité de survie envi­ron­nementale et sa faible dose minimale infectante laissent supposer un risque de contracter l'infection par ingestion d'eau, de même que par contact avec l'eau du milieu naturel (ex. baignade)17.

 Bien que l'infection à Escherichia coli 0157:H7, responsable d'entérites sévères chez les humains18, soit surtout associée à la consommation d'aliments contaminés, des cas récents dus à l'ingestion d'eau potable ont mis en évidence la possibilité d'une transmission d'origine environnementale. Les bovins et ovins seraient porteurs de la bactérie qui peut survi­vre assez longtemps dans les déjections et qui résiste bien à des conditions environnementales défavorables19. Une épidémie de 921 cas (dont 2 décès) d'origine hydrique associée à la contamination d'une source d'approvisionnement par les eaux de ruissellement provenant d'un enclos à bétail, est survenue en 1999 lors d'une foire agricole aux États-Unis20. En mai 2000, une autre épidémie majeure ayant affecté plus de 2000 personnes et causé le décès de 6 d'entre elles est survenue en Ontario12.

 La rickettsie Coxiella burnetii, responsable de la fièvre Q, pourrait représenter un risque potentiel pour la santé publique dans les secteurs où l'élevage ovin est important21. La dose minimale infectante est très faible et la contamination se fait par inhalation, principalement lors de la mise bas de petits ruminants22. La grande résistance environnementale de C. burnetii et sa transmission par voie aérienne favorisent la contamination de personnes éloignées du foyer infectieux d'autant plus que les poussières peu­vent transporter le micro-organisme23. Par ailleurs, plusieurs cas d'infection seraient asymptomatiques ou passeraient inaperçus.

En ce qui concerne les parasites, Cryptosporidium parvum pourrait également représenter un risque potentiel pour la santé des populations rurales. En effet, le parasite est fortement présent chez les bovins et particulièrement le veau (prévalence variant entre 83 % et 93 % au Québec), mais également dans les déjections de porc24,25. La grande résistance et la survie environnementale des oocystes de C. parvum sont à l'origine de sa dissémination et de sa capacité à causer des infections loin de son point d'origine. Il est par ailleurs à noter que plusieurs usines de traitement d'eau éprouvent actuellement de la difficulté à réduire le nombre d'oocystes dans l'eau puisée26.

Malgré les appréhensions de nature infectieuse ci-haut présentées, il demeure difficile d'en évaluer l'incidence réelle compte tenu notamment de l'absence de données d'exposition. L'analyse des donnés provenant des éclosions de maladies hydriques déclarées entre 1989 et 1997 aux directions régionales de santé publique laissent supposer que certaines d'entre elles pourraient être associées aux activités de production animale11,27,28. Le type d'information disponible ne permet toutefois pas de vérifier une relation directe de cause à effet.

Par ailleurs, dans le cadre des activités liées à la production animale intensive, d'importantes quantités d'antibiotiques sont administrées aux animaux dans le but de prévenir les infections et d'accélérer leur croissance. En Amérique du Nord, près de la moitié de toutes les utilisations d'antibiotiques se fait en agriculture29. Cette utilisation abusive d'antibiotiques contribue à augmenter la résistance parmi les populations bactériennes30, lesquelles sont ensuite susceptibles d'être transmises aux humains31. Il est ainsi à craindre que ce phénomène ait pour conséquence d'accroître la difficulté à combattre les germes respon­sables de diverses maladies chez l'humain à l'aide des médicaments actuellement disponibles.

Les risques d'origine chimique

 Les nitrates

 En milieu agricole, les puits d'alimentation en eau souterraine ayant fait l'objet d'échantillonnage montrent fréquemment des concentrations en nitrates supérieures à 3 mg/l de N-NO3, niveau reflétant une influence anthropique32. La proportion des puits ayant démontré des concentrations dépassant la norme actuelle de 10 mg/l N-NO3 se situe, selon les études québécoises effectuées, autour de 2 %6,7,8. Des liens entre la consommation d'eau contaminée par les nitrates et une maladie appelée la méthémoglobinémie, ou syndrome du bébé bleu, ont été rapportés33. Au Canada, aucun cas récent de méthémoglobinémie n'a été signalé. Cependant, l'ampleur de cette atteinte est mal connue, puisque les cas légers ou modérés sont difficiles à diagnostiquer. Par ailleurs, certains composés N-nitrosés, qui se forment dans l'estomac suite à l'ingestion de nitrates, sont de puissants cancérigènes chez l'animal34. Plusieurs études épidémiologiques ont été réalisées afin de vérifier la relation possible entre la consommation de nitrates et certains types de cancer, principalement celui de l'estomac35.D'autre part, des risques d'avortement spontané et de malformation congénitale ont aussi été rapportés36,37. Ces données demeurent préoccupantes bien que la démonstration soit insuffisante pour établir une relation claire entre l'exposition aux nitrates et de tels effets sur la santé.

 Les sous-produits de la chloration

 Compte tenu des phénomènes d'érosion des sols et de ruissellement de surface, les activités d'épandage représentent une des sources entraînant un apport considérable de matières en suspension dans les eaux de surface. Lorsqu'une eau chargée de matière organique est puisée et traitée pour la consommation, la matière en excès peut réagir avec le chlore et former des sous-produits susceptibles de représenter un risque à la santé (ex. trihalométhanes et acides haloacétiques). Plusieurs études épidémiologiques ont été effectuées pour vérifier le potentiel cancérigène des sous-produits de la chloration. À la lumière de ces données, un groupe d'experts réuni par Santé Canada a conclu qu'il demeure possible que les sous-produits de la chloration représentent un risque notable de cancer, en particulier de la vessie38. Quelques études épidémiologiques ont également porté sur la relation entre l'exposition aux sous-produits de la chloration et des complications de la grossesse. Des associations entre l'exposition aux trihalométhanes et l'avortement spontané, le faible poids à la naissance et les malformations congénitales ont été observées39,40. On ne peut toutefois conclure actuellement à une relation causale claire entre l'exposition à ces sous-produits et des effets nocifs sur la reproduction humaine38.

Les cyanobactéries

 La présence en excès de phosphore dans les eaux de surface favorise la croissance d'algues microscopiques dont certaines peuvent produire des toxines. Des problèmes de santé reliés au contact avec une eau contaminée par ces toxines (irritations cutanées et oculaires, maux de gorge, réponses allergiques) ont été rapportés41. Certains auteurs ont relevé des atteintes hépatiques et des symptômes de gastro-entérite chez des personnes ayant consommé de l'eau contaminée par ces toxines42. Enfin, Santé Canada a classé la principale toxine rencontrée (la microcystine-LR) dans le groupe de substances possiblement cancérigènes43. Des études récentes ont permis d'identifier des cyanobactéries toxiques dans des plans et cours d'eau du sud de la provinceb .

La contamination de l'air

 La question des odeurs d'origine agricole a été fréquemment soulevée ces dernières années, principalement par les populations concernées par des projets de construction de porcheries de grande dimension.Les odeurs provenant d'activités agricoles représentent, dans plusieurs cas, beaucoup plus qu'un simple inconvénient et peuvent avoir un impact non négligeable sur la santé et le bien-être de la population exposée44. Il a été démontré, entre autres, que des odeurs désagréables pouvaient déclencher des réactions réflexes nocives pour l'organisme, modifier les fonctions olfactives et entraîner diverses réactions physiologiques et psychologiques45. Les auteurs d'une étude portant spécifiquement sur les effets des odeurs environnementales provenant d'installations porcines ont observé que les personnes soumises aux odeurs qui se dégagent de ces installations souffraient davantage d'anxiété et de dépression, ressentaient plus de colère et de fatigue et présentaient des troubles de l'humeur de façon plus manifeste que l'ensemble de la population46. Il est aussi possible, selon certaines études, que de tels effets sur l'humeur puissent jouer un rôle défavorable sur le système immunitaire, ce qui pourrait prédisposer les personnes atteintes à d'autres problèmes de santé47. Des chercheurs ont aussi mis en évidence une réduction très significative de la qualité de vie (privation d'ouvrir les fenêtres et de sortir à l'extérieur même par beau temps) chez les résidants du voisinage d'une porcherie de grande envergure comparativement à d'autres populations rurales. Mentionnons enfin que des études récentes ont révélé que des populations résidant dans le voisinage de porcherie de grande dimension présentaient des taux anormalement élevés de problèmes respiratoires48,49.

 Les effets d'ordre social

 La population du Québec se montre sensible aux projets d'implantation ou d'expansion d'élevages agricoles. Un sondage réalisé en 1997c rapportait que 75,6 % de la population interrogée percevait l'élevage ainsi que l'usage d'engrais comme une cause très importante ou assez importante de la pollution des cours d'eau. Par ailleurs, une étude réalisée par une firme de recherche et de sondages a révélé que 17 % de gens habitant à un kilomètre ou moins d'une terre agricole en production se disent incommodés par l'odeur liée à l'épandage de fumier13. Le quart des personnes interrogées était d'avis que ce type d'odeurs avait un impact sur la santé physique des gens vivant à proximité.

 Dans plusieurs régions du Québec, le développement de la production porcine a même entraîné des répercussions sociales majeures, en provoquant une dynamique conflictuelle entre promoteurs et opposants. Ce sont les craintes de contamination du milieu, l'appréhension des odeurs et la perspective d'une dévaluation des propriétés qui sont principalement à la source de ces mouvements d'opposition. Des études ont démontré que ce type de conflit social a en soi des retombées néfastes souvent plus importantes que les nuisances appréhendées50.

Conclusion

 Les activités de production animale constituent une source maintenant reconnue de contamination de l'environnement. Malgré le peu de cas rapportés, le risque pour la santé publique est bien présent et pourrait même s'accroître au cours des prochaines années compte tenu des objectifs de croissance soutenue de la production, de la concentration importante des élevages sur certains territoires et de la tendance à la gestion des déjections animales sous forme liquide.

Les gains économiques attribuables aux activités de production animale ne doivent pas être obtenus sans égard aux risques à la santé publique et l'absence de certitudes scientifiques ne doit pas être un frein à la prévention. La poursuite du développement agricole au Québec doit désormais intégrer, en plus de la protection de l'environnement, celle de la santé publique.

Le présent article résume les grandes lignes d'un rapport scientifique produit par un groupe de travail mandaté par le ministère de la Santé et des Services sociauxd. Dans ce rapport, les auteurs formulent plusieurs recommandations dont les principales sont:

  • L'arrêt de l'expansion des productions animales dans les zones en surplus de fumier tant que des solutions techniques ne seront pas opérationnelles ;

  • Le renforcement des mesures de contrôle sur le terrain et la révision des sanctions et de leur mécanismes d'application ;

  • La surveillance plus étroite de la qualité des eaux souterraines et des eaux de surface servant d'approvisionnement en eau potable dans les secteurs d'élevage ;

  • La mise en place, en milieu agricole, de mesures actives de surveillance des effets des productions animales sur la santé publique;

  • L'organisation d'un débat public sur l'industrie de la production animale au Québec.

 _______

a La charge d'odeur est mesurée en unité d'odeur, elle-même définie comme le nombre de dilutions d'un volume d'air nécessaire pour que l'odeur soit détectée par 50% des membres d'un jury à qui elle est soumise.
b Les résultats de ces études paraîtront au cours de l'année 2001.
c Publié dans le quotidien Le Devoir
d Les risques à la santé associés aux activités de production animale. Comité de santé environnementale du Québec, Juin 2000.

 RÉFÉRENCES

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ACTUALITÉS[menu]

Surveillance de la population avoisinant une usine de traitement du bois
La Direction de la santé publique (DSP) de la Montérégie, en collaboration avec le Centre de toxicologie du Québec et le ministère de l'Environnement, a réalisé une étude de surveillance biologique de l'exposition d'une population située à proximité d'une usine de traitement du bois. Le procédé, qui nécessite l'utilisation de créosote ou du pentachlorophénol (PCP), est susceptible d'émettre dans l'air ambiant divers contaminants potentiellement toxiques tels que le PCP et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dont le naphtalène.L'étude, qui s'est déroulée durant l'été 1999, visait à comparer les niveaux d'exposition dans trois groupes de population, déterminés en fonction de leur localisation par rapport à l'usine (proximité, direction des vents). Le niveau d'exposition a été estimé à partir de quatre paramètres urinaires, soit le
a- et le b-naphtol, des métabolites du naphtalène, le 1-hydroxypyrène (1-OHP), un métabolite du pyrène qui est utilisé comme indicateur de l'exposition globale aux HAP, et le PCP. Les facteurs personnels (âge, sexe, indice de masse corporelle, etc.) ainsi que l'exposition à d'autres sources de HAP (tabagisme passif, feux de bois, alimentation) ont également été pris en compte lors de l'analyse.Les résidants vivant à proximité de l'usine et situés sous les vents dominants (les plus exposés) ont absorbé significativement plus de naphtalène que le groupe non exposé situé loin de l'usine et en amont des vents dominants.De fait, les concentrations urinaires de a- et de b-naphtol étaient supérieures chez les participants exposés par rapport aux sujets non exposés.Aucune augmentation de l'excrétion du 1-OHP ou du PCP n'a été observée chez le groupe le plus exposé.Compte tenu de la nature périodique des émissions avec la présence de pics de concentration, il est probable que des effets aigus (irritation des muqueuses, céphalées, nausées) se manifestent chez les citoyens.Dans ce contexte, la DSP croit que l'entreprise devrait réduire la quantité de contaminants émis, principalement de naphtalène, de sorte que les niveaux dans l'air ambiant ne dépassent pas, sur une période de 24 heures, la concentration de référence proposée par le USEPA.De plus, les émissions de pointes devraient être mieux contrôlées.Le rapport Surveillance de l'exposition d'une population vivant à proximité d'une usine de traitement du bois est disponible auprès de Mme Claudette Girard, de la DSP de la Montérégie, au 450-828-6777, poste 4052.
Source : Linda Pinsonneault et Michèle Bouchard, Direction de la santé publique de la Montérégie.

Clinique interuniversitaire de Santé au travail et de Santé environnementale
Généralement, les médecins traitants ont de la difficulté à préciser la contri­bution du milieu environnant dans l'étiologie des atteintes pour la santé des patients qu'ils rencontrent.De plus, les services de consultation de deuxième ligne susceptibles de leur offrir un support clinique à cet effet sont très peu nombreux.Compte tenu de cette situation et de la montée croissante des problèmes de santé associés au milieu de travail et à l'environnement, la Direction de la santé publique de Montréal-Centre et les centres hospitaliers universitaires de Montréal et de McGill, ont récemment créé à Montréal la première clinique interuniver­sitaire de Santé au travail et de Santé environnementale.Tout en contribuant à la formation universitaire, les activités de cette clinique de deuxième ligne visent principale­ment à répondre aux besoins des médecins traitants concernant le diagnostic clinique, la documentation du lien étiologique et le support à l'intégration des personnes atteintes de maladies en lien avec le travail ou l'environnement.La cliniqueinteruniversitaire offre ainsi des activités de soutien aux médecins traitants pour des problèmes reliés à des produits chimiques, à des contraintes thermiques, aux gestes et posture de travail, à la qualité de l'air, etc.Pour obtenir de plus amples informations sur les activités de cette clinique, veuillez composer le 514-849-5201 poste 2360 ou 2539 (message), téléc. 514-843-2070, courriel : ciste@nuhc.mcgill.ca. [JML]

Source : Document et dépliant : Cliniqueinteruniversitaire de Santé au travail et de Santé environne­mentale.

Le chauffage au bois : une source de pollution atmosphérique
Une étude réalisée en 1998 par le Regroupement montréalais pour la qualité de l'air identifiait le chauffage au bois comme l'une des sources importantes de pollution atmosphérique dans la grande région montréalaise.Préoccupés par ce constat, la Commu­nauté urbaine de Montréal (CUM), la Direction de la Santé publique (DSP) de Montréal-Centre et Environnement Canada ont décidé de réaliser conjoin­tement un programme pour mesurer les particules respirables et certaines substances toxiques dans l'air ambiant, en fonction des conditions météorologiques responsables de leur dispersion.Le quartier Rivière-des-Prairies a été retenu comme site d'échantillonnage, compte tenu du grand nombre d'utilisateurs du chauffage au bois dans ce secteur et du peu d'influence d'autres sources de pollution. Le programme a permis notamment de confirmer que les concentrations de plusieurs polluants atmosphériques mesurés dans le quartier en question, tels les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les particules fines (PM
2,5) et certains composés organiques volatils (COV), étaient plus élevées qu'au centre-ville.La DSP a parallèlement réalisé un sondage pour connaître la répartition des équipe­ments de chauffage au bois sur le territoire de la CUM.Les données de ce sondage seront disponibles cet autom­ne.De plus, la DSP réalise une étude de faisabilité visant à déterminer le degré d'exposition des individus aux produits de combustion du bois, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des habitations. Le programme d'échantillonnage se poursuit afin de confirmer les observations et constats effectués lors de la première phase du program­me.Pour de plus amples informations, communiquez avec Jo Anne Simard, conseillère en communication à la DSP de Montréal-Centre, 514-528-2400, poste 3232. [JML]
Source : Communiqué de presse,DSP Montréal-Centre, 25 avril 2000.

Étude sur le smog à Toronto
Un projet de recherche, visant à vérifier la variabilité spatiale du smog en milieu urbain et à mieux comprendre les liens existant entre les polluants atmosphériques et la santé humaine, a été initié au cours de l'été 2000 à Toronto.Pour ce faire, des laboratoires de surveil­lance mobiles ont été installés dans quatre écoles situées dans les secteurs les plus peuplés de la ville pendant des périodes de temps définies.De tels laboratoires permettent de mesurer le niveau de plusieurs polluants princi­paux du smog, notamment l'ozone au sol, les particules fines, le dioxyde d'azote et le monoxyde de carbone. Paral­lèlement, dans une étude très voi­si­ne, une quinzaine d'adultes devaient porter de l'équipement de sur­veillance de l'air dans un sac à dos afin d'évaluer les niveaux de polluants alors qu'ils s'affairaient à leurs activités quotidiennes.Les données recueillies sont analysées par des chercheurs de Santé Canada, de l'Université de Toronto et du Toronto Western Hospital qui tenteront de préciser les effets des changements quotidiens des polluants atmosphériques en milieu urbain sur le système cardio-pulmonaire.Il s'agit là d'une des études les plus approfondies réalisées à ce jour sur le smog et son impact sur la santé de la population canadienne.Les résultats de l'étude, qui sera répétée l'an prochain à Vancouver, devraient être connus au printemps 2001. [JML]

Source : Communiqué de presse, Environ­nement Canada, 24 août 2000.

Arsenic au Bangladesh : désastre écologique
La contamination naturelle des nappes phréa­tiques par l'arsenic qui sévit au Bangladesh est, selon une étude rapportée par l'OMS, la plus grande intoxication d'une population recen­sée au cours de l'histoire.L'intoxication dans ce pays fait suite à la mise en place, au cours des vingt dernières années, de millions de puits tubés insé­rés dans les sols à des profon­deurs dépassant rarement deux mètres, dont l'eau n'avait jamais fait l'objet de tests pour rechercher la présence d'arsenic.Une enquête menée en 1998 a révélé que 35 % des 2 022 échantillons prélevés démontraient des concentrations d'arsenic supérieures à 50
mg/l (concentration maximale autorisée au Bangladesh), 8,4 % démontrant des con­centrations supérieures à 300 mg/l. Compte tenu de la densité de la popu­­la­tion dans ce pays, il a été estimé que le nombre de personnes expo­sées à des concentrations supé­rieures à 50 mg/l était d'environ 21 millions, nom­bre à multiplier par deux si l'on retient la concentration maxi­male de 10 mg/l recommandée par l'OMS.Les effets sur la santé causés par l'ingestion d'eau contaminée par l'arsenic sont multiples et se manifestent lentement.La période de latence pour les lésions cutanées provoquées par l'arsenic, en particulier pour les kératoses, est habituellement de l'ordre de 10 ans tandis que celle pour les cancers cuta­nés et internes (vessie, reins, pou­mons) est de plus de 20 ans après la première exposition.Ce désastre éco­logique dépasse tout ce que l'on a connu, que ce soit l'accident de Bhopal aux Indes ou celui de Tchernobyl en Ukraine.Selon les auteurs, une telle catastrophe nécessite le décret d'un état d'urgence sanitaire.[JML]
Source : Organisation mondiale de la santé, Communiqué OMS/55, 8 septembre 2000


PUBLICATIONS[menu]

Arsenic et lésions cutanées
En plus du risque cancérigène, l'expo­sition à l'arsenic est associée à des lésions cutanées : hyperpygmenta­tion du tronc et des extrémités et hyper­kératose de la paume des mains et de la plante des pieds. Cependant, certai­nes populations du Chili en contact, par leur eau, à de fortes concentrations d'arsenic, ont longtemps été considé­rées comme étant résistantes à ces effets. Plusieurs hypothèses avaient été émises pour expliquer cette résis­tance. Dans le but d'élucider ce phéno­mène, l'incidence des lésions cutanées a été comparée entre les habitants de deux villages du Chili dont l'exposition à ce métal est très différente (750 à 800µg/l vs 5µg/l) (Smith A.H., Arroyo A.P., Mazunder D.N.G., Kosnett M.J., Hernandez A.L., Beeris M., Smith M.M., Moore L.E., 2000. Arsenic-indu­ced skin lesions among Atacameno people in northern Chile despite good nutrition and centuries of exposure. Envir Health Perspect 108(7) :617-620). La qualité de l'alimentation, véri­fiée par un questionnaire, s'est avérée dans les deux cas variée et équilibrée. Bien que les tailles d'échantillons étaient faibles, on a pu observer que 4 des 6 hommes exposés à de fortes concentrations d'arsenic depuis plus de 20 ans présentaient des lésions cutanées. Ces lésions ont également été observées chez un homme de 19 ans et une adolescente de 13 ans. Cette étude fait donc naître des doutes sur la possibilité d'une résistance aux effets de l'arsenic, ce qui est intéres­sant dans une période de réévaluation des normes existantes. [DP]

Cancer, environnement et hérédité
Le rôle que peut avoir le facteur géné­tique dans l'étiologie des cancers demeure imprécis. Des éléments de répon­ses peuvent cependant nous être apportés par l'étude de leur incidence chez les jumeaux : si la concor­dance pour un type de cancer est plus grande pour des jumeaux monozygotes que pour les hétérozy­gotes, le facteur génétique joue proba­blement un rôle important. Trois pays scandinaves (Suède, Danemark et Finlande) possèdent des registres de don­nées de cancer, couvrant plus d'un siècle, permettant de réaliser une telle étude (Lichtenstein P., Holm N.V., Verkasalo P.K., Iliadou A., Kaprio J., Koskenvuo M., Pukkala E., Skytthe A., Hemminki K., 2000. Environmental and heritable factors in the causation of cancer, Analyses of cohorts of twins from Sweden, Denmark, and Finland. N Engl J Med 343(2) :78-85). Parmi les 44 788 paires de jumeaux répertoriés, un cancer a été diagnos­tiqué chez 10 803 individus représen­tant 9 512 paires. Il en ressort que le jumeau d'une personne ayant déve­lop­pé un cancer possède un risque accru de développer un cancer pour le même site. Ceci est spécialement évi­dent pour les cancers de l'estomac, du colorectum, du poumon, du sein et de la prostate. Par contre, aucun risque accru n'a été observé pour la maladie d'Hodgkin, les lymphomes non-hodgkinien et le cancer des lèvres de la bouche, du pharynx, des reins, de la thy­roïde, des os et des tissus mous. Une modélisation statistique a cepen­dant permis de constater que même si le facteur génétique semble jouer un rôle dans l'apparition de certains cancers, ce rôle est moins important que celui apporté par l'environnement. [DP]

Méthylmercure et développement de l'enfant
La recommandation sur le méthyl­mercure de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) concernant la charge corporelle à ne pas dépasser date de 1972.Depuis, plusieurs études sur les effets du méthylmercure ont été publiées et d'autres sont en cours.L'OMS prévoit revoir cette recomman­dation en 2002 à la lumière des résultats obtenus aux Îles Seychelles au moment où les enfants suivis auront atteint l'âge de 96 mois.L'interprétation de l'ensemble des résultats obtenus à ce jour est complexe, ce qui ne facilite pas la tâche des organismes de santé qui ont à émettre les avis de santé s'adres­sant aux populations consommatrices de ressources aquatiques.Dans un article résumant l'état des connaissan­ces concernant la relation entre l'exposition au méthylmercure et ses effets sur le développement de l'enfant (Myers, G.J. et P.W. Davidson, 2000. Does Methylmercury Have a Role in Causing Developmental Disabilities in Children? Environ. Health Perspect. 108 (suppl 3) : 413-420), les auteurs exposent les résultats des étu­des de populations depuis les évé­ne­ments du Japon jusqu'aux études en cours.Ils mettent en évidence le fait que les effets neurotoxiques du méthylmercure ont été démontrés lors d'exposition à fortes doses. Cepen­dant, les études où l'exposition en jeu était plus faible présentaient des résultats inconsistants et contradic­toires quant aux effets néfastes sur le développement de l'enfant. Les au­teurs concluent qu'à l'heure actuelle, il est difficile de parvenir à un consen­sus scientifique sur le sujet.Ils font également le point sur un ensemble de questions non résolues ou parfois négligées qui doivent être prises en considération lors de l'analyse et la réalisation d'études. [CL]

LIVRES ET RAPPORTS

Bilan des éclosions de maladies d'origine hydrique
La Direction des risques biologiques, envi­ron­nementaux et occupationnels de l'Institut national de santé publique du Québec vient de publier le Bilan des éclosions de maladies d'origine hydrique signalées dans les direc­tions régionale de la santé publique du Québec en 1996 et 1997.On y mentionne notamment que pour ces années, 28 éclosions, ayant affecté 271 individus, ont été dénombrées pour l'ensemble de la province de Québec.Les auteurs rappellent que le nombre d'épisodes déclarés est probablement bien inférieur à la réalité.Ils ajoutent qu'avec la mise sur pied en janvier 2000 d'un système de collecte de données associé à la ban­que de données du registre des mala­dies à déclaration obligatoire (MADO), le volu­me de données devraient aug­men­­­ter. Le réseau de la santé devrait ainsi disposer d'ici quelques années d'un système de surveillance qui lui per­met­­tra d'identifier les problèmes et de mieux cibler des priorités d'inter­ven­­tion menant à la réduction du nom­bre de personnes affectées par des épidé­mies d'origine hydrique.Le rap­port est disponible gratuitement auprès de Diane Bizier-Blanchette au 418-666-7000, poste 464 ou diane. bizier-blanchette@ssss.gouv. qc.ca. [JML]

Évaluation de la contamination aux moisissures dans des classes mobiles
Au cours des dernières décennies, plusieurs écoles québécoises ont amé­nagé des locaux attenants afin de pou­voir accepter un plus grand nom­bre d'étudiants.Ces classes, dites mobi­les, sont constituées, dans la majo­rité des cas, de bâtiments modu­laires utilisés antérieurement comme roulottes de chantier.Une récente étude réalisée sur quarante-six classes portatives, a permis de constater que la presque totalité des classes possé­dant leurs toits d'origine avaient subies des infiltrations d'eau impor­tan­tes et qu'en conséquence, plus de 39% étaient contaminées par les moi­sis­sures sur plus de trois mètres carrés (niveau de contamination considéré élevé). Les auteurs rapportent que des enseignantes de deux écoles évo­luant dans ce type de classes mobiles ont dit éprouver des problèmes de santé. Les symptômes étaient compa­rables à ceux d'une grippe à la diffé­rence qu'ils persistaient tant qu'il y avait exposition aux moisissures. Pour avoir copie du rapport intitulé Évalua­tion de la contamination aux moisis­sures retrouvées dans les classes mobi­les de quatorze écoles de la région de Montréal, communiquez avec Yves Frenette, du CLSC Lac-Saint-Louis, au 514-697-4110.

Changements environnementaux planétaires
Le Journal de l'Association médicale canadienne (JAMC) a entrepris depuis le 5 septembre 2000, la publication d'une série d'articles sur l'environne­ment et la santé, en particulier sur le thème des changements environne­men­taux pla­né­­taires causés par l'acti­vité humaine et leur rôle probable dans les problèmes de santé contem­porains. Dans ces arti­­cles, les auteurs offrent un bref aperçu de l'état de la scien­ce dans le domaine, une inter­prétation du pro­blème et des sugges­tions por­tant sur des réponses liées à la méde­­cine et à la santé publique.Les articles peuvent être consultés sur le site Web du JAMC: http://www.cma.ca/cmaj-f/series/environment.htm. [CL]


COLLOQUES[menu]

16-17 novembre 2000 ; 9e Congrès annuel de l'Association québécoise pour l'évaluation d'impacts, sous le thème : Évaluation environne­mentale et compétitivité : l'évaluation environ­nementale est-elle devenue un laby­rinthe ? ; Hôtel Holiday Inn Select, Montréal,Canada ;Information: Fran­çoise Mondor, mondorf@aqei.qc.ca ou http://www.cam.org/~aqei

5 décembre 2000 ; Aliments génétiquement modifiés (OGM) et santé publique ; Institut national de santé publique du Québec ; Hôtel Delta, Montréal, Canada ; Inscrip­tion : Diane Fillion 450-928-6779, poste 4291; Information : Christian Fortin 418-666-7000, poste 223.

27 septembre au 13 décembre 2000(tous les mercredis de 12h à 13h). Rencon­tres scientifiques du départe­ment de santé environnementale et santé au travail, Université de Mont­réal ; Pavillon Marguerite d'Youville, 2375, Chemin de la Côte Sainte-Catherine, salle 4113; Information : 514-343-6134 ouhttp://www.mdtrav. umontreal.ca/evenement.htm

BISE, le Bulletin d'information en santé environnementale, est publié six fois par année par l'Institut national de santé publique du Québec.
La reproduction est autorisée à condition de mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite. Le bulletin peut être consulté sur internet à l'adresse www.inspq.qc.ca/bulletin/bise.
Adresse de correspondance : Institut national de santé publique du Québec, 945, avenue Wolfe, Sainte-Foy, Québec, Canada, G1V 5B3.
Information : Claire Laliberté, téléphone (418) 650-5115 poste 5253; ; télécopieur (418) 654-3132; claire_laliberte@ssss.gouv.qc.ca
Rédaction et révision de textes : Jean-Marc Leclerc, Claire Laliberté et Denise Phaneuf.
Abonnement gratuit : Diane Bizier-Blanchette, téléphone (418) 650-5115 poste 5220, télecopieur (418) 654-3134, diane.bizier.blanchette@inspq.qc.ca
Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Canada et Bibliothèque nationale du Québec ISSN 1199-052X

 

  Page créée le 6 mars 2003
  Modifiée le 6 mars 2003  

 

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