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Principes directeurs d'évaluation du risque toxicologique pour la
santé humaine
Actualités PRINCIPES DIRECTEURS D'ÉVALUATION DU RISQUE TOXICOLOGIQUE
POUR LA SANTÉ HUMAINE par
le Groupe de travail sur les principes directeurs de gestion du risque toxicologique
Daniel G. Bolduc (1) , André Beauchamp (2), Albert Nantel
(3), Joseph Zayed (4), Hélène Weber (5), Louis Dionne (6), Louis Drouin (7), Daniel
Gagné (8), Claude Prévost (9), Michèle Bélanger (10)
(1)
Comité de santé environnementale du Québec, secrétaire du groupe de travail, 2400
d'Estimauville, Beauport, QC, G1E 7G9, 418-666-7000 poste 466, télécopieur
418-666-2776, dbolduc@cspq.qc.ca ; (2) Envirosage Inc, président du Groupe de
travail ; (3) Centre de toxicologie de l'Institut national de santé publique du
Québec ; (4) Département de médecine du travail et d'hygiène du milieu,
Université de Montréal ; (5) Ministère de l'Environnement du Québec ;
(6) Direction de la santé publique de Mauricie-Centre-du-Québec ; (7) Direction de
la santé publique de Montréal-Centre ; (8) Direction de la santé publique de
l'Abitibi-Témiscamingue ; (9) Direction de la santé publique de la
Montérégie ; (10) Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.
Introduction
Depuis
le milieu des années 1980, le Québec a développé une solide expertise en matière
d'évaluation des risques toxicologiques (aussi appelée analyse de risque). Cette
approche méthodologique a été utilisée par plusieurs ministères dans différents
champs d'application de la protection de la santé humaine et de
l'environnement : évaluation de projets, d'industries existantes, de
terrains contaminés, élaboration de normes et de critères. Durant la même période,
des programmes universitaires d'enseignement et de recherche en évaluation du risque
ont vu le jour. Des services de consultants privés sont également apparus.
Pour
chacun des champs d'application, les approches utilisées varient considérablement
d'un ministère à un autre. Elles varient même entre les directions d'une
même organisation et entre les consultants. Pour une même situation, les estimations du
risque obtenues peuvent être fort différentes. Or, malgré quelques tentatives passées,
il n'existe pas officiellement au Québec de lignes directrices générales encadrant
la démarche d'évaluation du risque toxicologique pour la santé humaine. Cette
situation peut entraîner certains problèmes de cohérence, de transparence et
d'équité. Du reste, certains processus actuels de gestion du risque toxicologique
laissent le public et les groupes concernés en dehors du débat et n'intègrent les
valeurs sociales qu'à la fin du processus.
1.
L'évaluation du risque toxicologique
Le
risque toxicologique peut être défini comme la probabilité que des effets néfastes sur
la santé humaine se produisent à la suite d'une exposition à des agresseurs
environnementaux, surtout d'origine chimique, mais aussi, dans certains cas,
d'origine physique (ex. amiante, radioactivité, ultraviolets) ou biologique (ex.
toxines). L'évaluation du risque est le processus scientifique, qualitatif ou
quantitatif, cherchant à déterminer cette probabilité. Elle fournit aux décideurs et
à toute personne concernée l'information scientifique nécessaire à la prise de
décision. Elle doit être basée sur de l'information valide et mise à jour.
De
façon générale, l'évaluation du risque toxicologique pour la santé humaine
comprend les quatre étapes suivantes1 : l'identification du danger, la
caractérisation toxicologique, l'estimation de l'exposition et
l'estimation du risque. Bien qu'en théorie toute évaluation du risque
toxicologique procède selon ces quatre grandes étapes, la procédure suivie peut
différer considérablement selon l'importance et le contexte du problème et des
impacts, l'objectif visé et la disponibilité des données scientifiques.
2.
Cadre d'évaluation et de gestion du risque
Il existe
plusieurs cadres de référence définissant les concepts d'évaluation et de gestion
du risque. Celui qui est le plus généralement accepté a été proposé en 1983 par le
National Research Council (NRC)2. Cet organisme y présente les étapes requises pour
évaluer le risque (figure 1). La gestion du risque y est définie comme étant
essentiellement un processus de prise de décision. Dans ce modèle, l'évaluation et
la gestion du risque sont étroitement liées, bien qu'elles soient conceptuellement
distinctes. Par cette démarcation, le NRC voulait présenter l'évaluation du risque
comme une démarche essentiellement scientifique, exempte d'influences et de
considérations politiques1.
Figure
1 - Cadre de référence d'évaluation et de gestion du risque du National Research
Council
Avec
les années, plusieurs critiques ont toutefois été formulées quant à ce cadre de
référence puisqu'il entraînait l'isolement de l'évaluation du risque
des objectifs de gestion du risque. Les réflexions les plus récentes ont plutôt
tendance à les intégrer au sein d'un continuum en relation étroite avec les
groupes concernés3-6.
Ce
sont surtout les travaux de la Presidential/Congressional Commission on Risk Assessment
and Risk Management5,6 qui auront marqué cette évolution. Cette commission
américaine a notamment fait ressortir le net besoin de modifier l'approche
traditionnelle en gestion du risque, dont elle a développé une définition plus large et
mieux intégrée. Ainsi, la gestion du risque devrait plutôt être considérée comme un
processus d'identification, de sélection, de mise en uvre et
d'évaluation des actions de réduction du risque pour la santé humaine ; le but
étant d'intégrer de manière scientifiquement valable et économiquement efficiente
les actions de réduction ou de prévention du risque en considérant les aspects sociaux,
culturels, éthiques, politiques et légaux.
La
commission américaine a également proposé un nouveau cadre de référence comprenant
six étapes en lien étroit l'une avec l'autre. Ces étapes sont : une
définition large du problème, l'évaluation rigoureuse du risque, l'examen des
différentes options de solution, la prise de décision, la mise en uvre et
l'évaluation des actions entreprises (figure 2). Chaque étape est menée en
collaboration avec les groupes concernés et ce, dès le départ du processus, à
l'étape même de la définition du problème. De plus, elle peut sous-tendre une
rétroaction dans le déroulement de la démarche (processus itératif) en cas de
nouvelles données ou de nouvelles informations. Quant à l'évaluation du risque
comme telle, tout en demeurant une étape scientifique indépendante, son étendue et sa
nature devraient découler et renvoyer aux objectifs de la gestion du risque.
Figure 2 - Cadre de référence de gestion
du risque de la Presidential/Congressional Commission on Risk Assessment and Risk
Management
3.
Communication, perception et participation publique
Un
des éléments innovateurs du cadre de référence proposé par la
Presidential/Congressional Commission on Risk Assessment and Risk Management est de
considérer le public comme un acteur à part entière dans l'ensemble du processus
de gestion du risque toxicologique. D'où l'importance de la communication, de
la perception et de la participation publique aux différentes étapes du processus.
Les experts
ont souvent tendance à n'envisager la communication sur le risque que sous
l'angle de la transmission d'information. Or, les échecs répétés dans la
mise en oeuvre de certains projets ont fait ressortir la nécessité de la considérer
plutôt comme un processus itératif d'échange d'informations et
d'opinions entre des individus, des groupes et des institutions7. La
communication d'un risque implique ainsi une double exigence : de la compétence de
la part des communicateurs à l'égard de la signification du risque lui-même et de
sa vulgarisation ; et une ouverture sociale qui sous-tend un certain partage des
savoirs et du pouvoir. La communication du risque permet d'associer le public à la
définition des enjeux et de tenir compte des valeurs sociales mises en cause. Elle
constitue une étape cruciale pour la crédibilité de l'ensemble de la démarche. À
toutes les étapes de la gestion du risque, incluant celle de l'évaluation
scientifique du risque, une attention particulière doit donc être consacrée à la
communication sur le risque7,8.
La
préparation de la communication sur un risque inclut généralement une analyse de la
perception du risque. Ce sont les impasses nombreuses survenues dans la gestion du risque
qui ont amené les chercheurs à analyser la différence de perspective concernant la
perception du risque entre les spécialistes et les représentants du public. Il en est
ressorti que ce n'est pas tant le risque lui-même qui est en jeu mais la façon dont
une personne le perçoit et se sent traitée par la société. Il y a entre autres une
distinction très nette entre le risque assumé par l'individu et le risque imposé
contre sa volonté. Le risque assumé volontairement correspond souvent à une expérience
exaltante ou à une épreuve de vaillance9,10. Le risque imposé, au contraire,
est perçu comme un mépris de soi par un tiers et soulève souvent une résistance
acharnée. Tous les facteurs de perception ont un impact majeur sur les façons que les
résultats de l'évaluation du risque et les décisions doivent être communiqués.
Il est donc important, dans l'évaluation du risque, de tenir compte des différents
facteurs de perception du risque afin d'être en mesure de répondre aux principales
inquiétudes et attentes du public à l'égard des risques encourus.
La
communication du risque s'inscrit en général dans un cadre de consultation
publique. Cette dernière est une dimension essentielle du processus d'évaluation et
de gestion du risque. Elle concrétise le droit des gens à être informés et à prendre
part activement aux décisions qui les concernent et qui modifient leur cadre de vie. Elle
permet aussi d'intégrer les savoirs populaires et d'identifier les meilleures
solutions possibles aux problèmes soulevés. Quelle qu'en soit la forme, la
participation du public ne doit pas avoir pour but de vendre un projet au public ni de le
convaincre, mais d'obtenir de lui un consentement éclairé dans une juste
répartition des inconvénients et des avantages. La participation publique a pour but
d'instaurer la confiance mutuelle entre les acteurs et de s'assurer du respect
de l'équité8.
4.
La notion de risque acceptable
La notion de
risque acceptable fait l'objet de vives controverses selon
que l'on adopte un point de vue scientifique, psychosociologique ou éthique. Pour
plusieurs, le jugement scientifique d'acceptabilité du risque constitue le moment
final au terme de l'évaluation du risque. Or, il nous apparaît en fait que
l'acceptabilité du risque n'est pas un concept scientifique mais un concept
social. Il n'appartient donc pas aux évaluateurs scientifiques du risque
toxicologique de se prononcer sur l'acceptabilité sociale d'un risque.
En
effet, déclarer une chose acceptable, c'est poser un jugement de valeur selon lequel
une personne raisonnable devrait accepter le risque en question. Les innombrables conflits
autour du risque volontaire et du risque involontaire ont fait apparaître
l'existence d'échelles d'appréciation très différentes. Dans leur vie
personnelle, les gens acceptent volontiers des risques considérables parce qu'ils y
trouvent des satisfactions diverses; mais ils peuvent refuser avec acharnement des risques
imposés apparemment nettement moindres. Il n'y a de plus aucune de commune mesure
entre les risques dits acceptables pour les scientifiques et ceux dits acceptables pour le
public.
En
réalité, la décision de déclarer un risque acceptable repose sur un jugement éthique.
Peut-on ou non imposer à un certain nombre de personnes un risque supplémentaire en ce
qui concerne leur santé ? La santé est en général perçue comme le bien primordial de
la vie que l'on doit protéger par dessus tout. A priori, aucun risque nouveau ne
semble acceptable. Or, une telle affirmation absolue conduit en fait à
l'impossibilité de toute action puisque le risque est omniprésent et qu'on ne
peut jamais faire une démonstration scientifique intégrale de l'innocuité.
Personne
n'accepte le risque en soi. On accepte simplement des projets ou des interventions
qui entraînent des conséquences, y compris des risques7. Mais il est
impérieux que la distribution du risque demeure équitable au sein de la société. Pour
qu'un gestionnaire de l'État en approuvant un projet, puisse imposer à une
population donnée un risque supplémentaire, il faut que le projet soit pleinement
justifié, que le public concerné soit informé et puisse faire valoir ses droits, que la
procédure suivie soit transparente, équitable pour tous et respectée. De plus, les
risques encourus doivent être raisonnables, ce qui nous renvoie à un jugement de
prudence et de bon sens pour lequel il n'y aura jamais de critères parfaitement
objectifs. Dans bien des cas, des mesures de mitigation, de compensation et de
surveillance sont également des éléments essentiels pour parvenir à
l'acceptabilité sociale d'un projet11. À la limite, le pouvoir
d'imposer un risque à un sous-groupe de la société repose sur la notion de bien
commun et sur l'autorité de l'État en tant que seul détenteur de la force
légitime12.
C'est
donc au gestionnaire du risque que repose ultimement la décision d'imposer un risque
et qui, en ce sens, en proclame l'acceptabilité dans une circonstance donnée. Ce
gestionnaire est en général la personne qui exerce l'autorité politique, ou son
mandataire.
5.
Harmonisation ou uniformisation ?
Le
fait que les gouvernements, les ministères ou même diverses directions au sein d'un
même ministère utilisent des approches différentes pour évaluer la même situation et
parviennent ainsi à des estimations différentes du risque soulèvent des problèmes
évidents13-16. Même s'il est plausible de croire qu'il existe
plusieurs façons d'évaluer et de quantifier le risque, elles ne sont certainement
pas toutes équivalentes. L'une des façons de dissiper cette confusion est sans
doute la recherche d'une certaine forme d'harmonisation ou d'uniformisation
des procédures au sein des divers organismes gouvernementaux. Au Québec, ce besoin a
été signalé à quelques reprises et il y a même eu des propositions de guides et de
lignes directrices17,18.
Une
trop grande uniformisation des procédures peut par contre entraîner certains problèmes1,14.
Comme le processus d'évaluation du risque toxicologique se fonde sur une approche
scientifique complexe qui fait appel à de nombreuses disciplines, l'évolution des
connaissances et des méthodologies est parfois rapide. Or, une uniformisation ou une
harmonisation trop rigide entre plusieurs organismes gouvernementaux nécessitera du
temps, des ressources et des énergies. Cela limite donc la possibilité d'adapter
rapidement et constamment les procédures recommandées à l'évolution des
connaissances. Une harmonisation semble donc préférable à une uniformisation des
procédures d'évaluation du risque toxicologique. Elle doit toutefois conserver
suffisamment de souplesse pour permettre des adaptations selon le développement des
connaissances et le contexte spécifique des situations à évaluer.
Différents
moyens peuvent être utilisés pour favoriser l'harmonisation des processus
d'évaluation du risque toxicologique. Un des outils utilisés par un grand nombre
d'organismes gouvernementaux est la publication de lignes directrices. La teneur, les
orientations et le contenu de ces dernières doivent cependant pouvoir varier selon les
différents champs d'application. Elles doivent laisser également une place
prépondérante au jugement professionnel des analystes, s'assurer que toute
l'information critique est présentée et que l'évaluation du risque est
transparente au regard des choix effectués et des multiples sources d'incertitude.
L'approche retenue devra faire l'objet d'une validation par des pairs et
d'un niveau variable de consultation publique.
Conclusion
Cette
réflexion nous a permis de dégager 13 principes directeurs (voir encadré) afin de
baliser la réalisation des évaluations du risque toxicologique pour la santé humaine au
sein du gouvernement du Québec. Ces principes s'inscrivent dans la lignée des
réflexions récentes sur l'évaluation et de la gestion du risque. Ils contribuent
à promouvoir une approche intégrée pour résoudre les problèmes de santé publique et
d'environnement, à mettre l'accent sur la collaboration et la communication
avec le public et à s'assurer que les décisions reposent sur les meilleures
connaissances scientifiques. Ces propositions méritent d'être mises en uvre
au Québec de façon concertée par les ministères et les organismes gouvernementaux. En
favorisant la validité et la cohérence des évaluations du risque toxicologique, de
même que l'équité et une prise de décision éclairée, le gouvernement pourrait
ainsi mieux protéger la santé de la population et mieux prévenir les maladies causées
par la contamination de l'environnement.
Cet
article est un résumé du document Principes directeurs d'évaluation du risque
toxicologique pour la santé humaine rendu public par le MSSS dans le cadre d'une
consultation ouverte sur l'évaluation du risque toxicologique. Vous pouvez obtenir
une copie de ce document ainsi que des Lignes directrices pour la réalisation des
évaluations du risque toxicologique pour la santé humaine dans le cadre de la procédure
d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement et de
l'examen de projets de réhabilitation de terrains contaminés en vous adressant à
Daniel G. Bolduc à l'adresse mentionné à la page 1 du bulletin ou en consultant le
site WEB du MSSS à l'adresse www.msss.gouv.qc.ca. Ces documents sont en consultation
jusqu'au 3 mars 2000. Tous sont invités à adresser des commentaires et mémoires
sur l'évaluation du risque toxicologique pour la santé humaine.
Références
1.
NATIONAL RESEARCH COUNCIL (NRC), 1994. Science and Judgment
in Risk Assessment. Committee on Risk Characterization. National Academy Press. Committee
on Risk Assessment of Hazardous Air Pollutants. Commission on Life Sciences.
2.
NATIONAL RESEARCH COUNCIL (NRC), 1983. Risk Assessment in
the Federal Goverment: Managing the Process. Washington, D.C ., National Academy Press,
Washington, D.C.
3.
NATIONAL RESEARCH COUNCIL (NRC), 1996. Understanding Risk,
Informing Decisions in a Democratic Society. Committee on Risk Characterization. National
Academy Press.
4.
PRESIDENTIAL/CONGRESSIONAL COMMISSION ON RISK ASSESSMENT
AND RISK MANAGEMENT, 1997a. Framework for Environmental Health Risk Management. Final
Report, volume 1.
5.
PRESIDENTIAL/CONGRESSIONAL COMMISSION ON RISK ASSESSMENT
AND RISK MANAGEMENT, 1997b. Risk Assessment and Risk Management in Regulatory
Decision-Making. Final Report, volume 2.
6.
Gray, P.C.R., R.M. Stern et M. Biocca, 1998. Communicating
About Risks to Environment and Health in Europe. World Health Organization Regional
Officie for Europe, Kluwer Academic Publishers. 409 p.
7.
NATIONAL RESEARCH COUNCIL (NRC), 1989. Improving Risk
Communication. National Academy Press, Washington, D.C.
8.
BEAUCHAMP, A., 1997. Environnement et consensus social.
Montréal, L'Essentiel.
9.
LE BRETON, D., 1991. Passions du risque. Paris, Métailié.
10.
LE BRETON, D., 1995. La sociologie du risque. Paris, PUF « Que sais-je
».
11.
SHRADER-FRECHETTE, K.S., 1991. Risk and Rationality. Philosophical
Fondations for Populist Reforms. Berkely, Los Angeles, Oxford, University of California
Press.
12.
BEAUCHAMP, A., 1996. Gérer le risque, vaincre la peur. Montréal,
Éditions Bellarmin. 187 p.
13.
EPA-CALIFORNIA, 1996. A Review of the California Environmental
Protection Agency's Risk Assessment Practices, Policies, and Guidelines. Report of
the Risk Assessment Advisory Committee, California Environmental Protection Agency.
14.
HABICHT II, F.H.,1991. Memorandum: Guidance on Risk Characterization
for Risk Managers and Risk Assessors. United States Environmental Protection Agency. 33 p.
15.
KEMPER & ASSOCIATES INC., 1997. Evaluation of Options for
Incorporating Risk-Based Approaches in Environmental Guideline and Standard Setting.
Prepared for Council of Ministers of the Environment. Kemper & Associates Inc. 111 p.
16.
GOLDER & ASSOCIATES, 1997. Evaluation of Site-Specific Risk
Assessment for Contaminated Lands. Société canadienne d'hypothèques et de
logements. 46 p. + annexes.
17.
CSE, 1993. Évaluation des impacts des grands projets sur la santé.
Cahier d'introduction à l'évaluation des impacts sur la santé. Comité de
santé environnementale du Québec.
18.
MEF, 1996b. Guide technique pour la réalisation des analyses
préliminaires des risques toxicologiques, version préliminaire de consultation.
Ministère de l'Environnement et de la Faune, Direction des laboratoires, Groupe
d'analyse de risque.
19.
COVELLO, V.T. et M.W. MERKHOFER, 1993. Risk Assessment Methods,
Approach for Assessing Health and Environmental Risks. Plenum Press.
Compétition de motocross et exposition aux gaz
d'échappement
Au
Québec, les arénas sont des endroits de plus en plus utilisés pour des compétitions
impliquant des véhicules à moteur (ex. courses de motocyclettes, de véhicules tout
terrain, de véhicules monstre, etc.). Ce type d'événements représente un
risque pour la santé des participants comme pour celle des spectateurs qui, dans
certaines situations, sont susceptibles d'être exposés à des concentrations
élevées de gaz d'échappement, notamment de monoxyde de carbone (CO). Aussi,
afin d'éviter une exposition significative au CO chez les occupants d'un aréna
de la région de l'Abitibi-Témiscamingue devant servir d'enceinte le 26 juin
dernier à une compétition de motocross, la direction régionale de la santé publique en
collaboration avec divers partenaires (CLSC, municipalité, CSST, Régie du bâtiment)
avait pris soin d'établir au préalable les conditions à respecter. Pour ce
faire, les intervenants de santé publique avaient d'abord déterminé le taux de
dilution nécessaire (plus de 10 changements d'air à l'heure) pour éviter une
augmentation de la carboxyhémoglobine (COHb) supérieure à 3 %, puis établi les
recommandations en conséquence. Un monitorage des conditions ambiantes était en place
lors de l'événement et il avait été convenu de suspendre les compétitions si les
niveaux moyens de CO risquaient d'entraîner une augmentation de plus de 3 % de
la COHb. Cependant, au cours de la compétition, les recommandations n'ont pas
été respectées dans leur totalité par le promoteur de l'événement et les
concentrations enregistrées ont atteint des valeurs laissant supposer une augmentation
possible de la COHb d'environ 5 % chez certains spectateurs. Pour prendre
connaissance des recommandations formulées par les auteurs ou pour obtenir de plus amples
informations sur cette étude, communiquez avec Daniel Gagné, él.819-764-3264, poste
337, daniel_ gagne@ssss.gouv.qc.ca. [JML]
Source :
Rapport : Évaluation de la qualité de l'air lors d'une compétition de
motocross en aréna. RRSSS Abitibi-Témiscamingue, Octobre 1999.
Intoxications au NO2 dans un aréna de la Côte-Nord
Des
cas d'intoxications aux gaz d'échappement provenant de surfaceuses surviennent
chaque année dans des arénas du Québec. En février 1999, la direction de la
santé publique de la Côte-Nord a dû intervenir lors d'un épisode
d'intoxications au bioxyde d'azote (NO2) survenu dans le cadre d'un tournoi
de hockey se déroulant dans la municipalité de Sacré-Cur. Au total, une
trentaine de joueurs ont déclaré avoir ressenti des symptômes dont les plus fréquents
étaient la toux, l'essoufflement et l'irritation de la gorge. La visite
d'inspection alors réalisée avait révélé que la contamination par le NO2 était
attribuable, comme dans la majorité des épisodes d'intoxication de ce genre, à un
mauvais ajustement du moteur de la surfaceuse. Dans ce cas, la situation avait été
aggravée par l'arrêt du système de ventilation pendant une bonne partie du
tournoi. Les symptômes rapportés par les joueurs laissaient supposer une
contamination de l'air ayant atteint des concentrations de NO2 de 10 à 25 ppm, alors
que la valeur maximale recommandée pour les arénas par un groupe d'experts
québécois est de 0,5 ppm. En plus des recommandations d'usage,
l'épisode a amené les auteurs à élaborer un algorithme décisionnel destiné à
la surveillance spécifique de cette situation. Pour obtenir une copie du rapport
d'enquête qui fait état de la démarche d'intervention, vous devez vous
adresser au service des communications de la Régie régionale de la Santé et des
Services sociaux de la Côte-Nord au 418-589-9845. [JML]
Source :
Rapport : Épisode d'intoxications chimiques dans un aréna de la
Haute-Côte-Nord, RRSSS de la Côte-Nord, Août 1999.
Contamination
d'une usine au mercure métallique
À
l'automne 1998, des problèmes d'ajustement au niveau des chaînes de production
de lampes fluorescentes d'une usine de Drummondville ont eu pour conséquence un
nombre anormalement élevé de bris de tubes, entraînant une contamination de l'air
au mercure métallique. Cette contamination s'est d'abord manifestée par
une élévation du taux de mercure urinaire chez les travailleurs qui faisaient
l'objet d'une surveillance. Une évaluation des risques à la santé des
travailleurs réalisée par la Direction de la santé publique de la Mauricie et du
Centre-du-Québec, en lien avec le CLSC Drummond et la Commission de la santé et de la
sécurité au travail, révélait l'existence d'une contamination générale de
l'usine. Des mesures de protection des travailleurs ont alors été mises en
place. Par ailleurs, le niveau de risque associé à une contamination potentielle
des résidences des travailleurs retirés temporairement du milieu de travail ainsi que de
l'environnement extérieur à proximité de l'usine ont également fait
l'objet d'une évaluation. Dans les résidences, les résultats ont
confirmé l'absence d'une contamination significative de l'espace
intérieur habité, les concentrations de mercure mesurées étant essentiellement
confinées aux laveuses, sécheuses et espaces de rangement des vêtements (panier à
linge, garde-robe et tiroirs). Cependant, par souci de prudence, de nouvelles
mesures seront réalisées à l'hiver 2000. En ce qui concerne
l'environnement extérieur de l'usine, les concentrations mesurées indiquent
que la situation actuelle ne représente pas de risque pour la santé des populations
concernées et ce, en considérant toutes les voies d'exposition ainsi que les
groupes de personnes les plus sensibles. Le rapport intitulé Analyse des risques à la
santé publique en rapport à l'usine Osram Sylvania est disponible auprès de
Françoise Déry au secrétariat de l'Équipe santé et environnement (819) 693-3916.
Source :
Guy Lévesque, Direction de la santé publique de la Mauricie et du Centre-du-Québec
Anomalie rétinienne et observation d'éclipse de
soleil
En
France, une analyse de 956 consultations ophtalmologiques a permis de dénombrer, chez des
personnes âgées de 9 à 79 ans, 122 cas d'anomalie rétinienne associée à
l'observation de l'éclipse de soleil du 11 août 1999. Les données ont
été collectées auprès de 5 400 ophtalmologistes ayant participé à un système
de surveillance épidémiologique actif mis en place à cette occasion. Parmi les
122 personnes ayant été atteintes, près de la moitié avait entre 15 et 29 ans
(7 % avaient moins de 15 ans, 37 % avaient entre 30 et 44 ans et 9 % plus
de 44 ans). Parmi les personnes atteintes, 87 (71 %) présentaient une baisse
de l'acuité visuelle lors de la consultation. Une atteinte sévère a été
constatée chez 12 de ces patients chez qui l'acuité visuelle a été inférieure ou
égale à 2/10 (dont 7 de manière bilatérale). Cinquante atteintes rétiniennes
(41 %) se sont déclarées après observation de l'éclipse dans le Sud-Est de
la France. Quatre sont survenues dans la bande d'éclipse totale. Pour 4 patients
ayant utilisé des lunettes d'observation agréées, aucune période
d'observation de l'éclipse sans protection adéquate n'a été
identifiée. Un seul de ces 4 patients a présenté une baisse modérée unilatérale de
l'acuité visuelle. Par ailleurs, 91 patients ont présenté une atteinte
cornéenne réversible, de type kératite ponctuée superficielle''
(inflammation bénigne de la cornée). Plusieurs de ces cas de kératites
(42 %) sont survenus dans les régions du Nord-Est où l'observation de
l'éclipse au travers des nuages a pu favoriser une exposition à une luminosité
intense et diffuse. Un bilan final des complications oculaires associées à
l'observation de l'éclipse devrait être rendu public avant la fin de
l'année. [JML]
Source :
Institut de Veille Sanitaire, Communiqué, 23 septembre, 1999
Les
toxines marines dans les mollusques
Les
cas d'intoxication aux toxines marines retrouvées dans les mollusques ou autres
produits marins du Saint-Laurent font actuellement l'objet d'une surveillance
active de la part du personnel clinique (médecin, infirmières et infirmiers) des
établissements de santé des régions de Québec, Côte-Nord, Bas-Saint-Laurent et
Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Ce programme de surveillance, coordonné par une
équipe de l'unité de recherche en santé publique du CHUQ dans le cadre du volet
santé du programme Saint-Laurent Vision 2000, a pour objectif d'évaluer
l'ampleur de la sous-déclaration de ce type d'intoxication au niveau des
estuaires et du golfe du Saint-Laurent; d'améliorer l'efficacité des
interventions, à tous les niveaux, en cas d'intoxication simple ou même
d'épidémie; et de permettre l'identification et la caractérisation des cas
d'intoxication aux toxines marines liés à la consommation de mollusques ou autres
organismes marins. Au cours de la première phase du projet (été 1999), 11 cas
d'intoxications reliés à la consommation de mollusques ont été relevé par les
participants au programme. Les bactéries pathogènes seraient responsables de la
majorité de ces intoxications. La nécessité de mettre sur pied un tel programme de
surveillance a été soulevé lors de la réalisation d'un document sur la
Présence des toxines marines dans les estuaires et le golfe du Saint-Laurent
et implications pour la santé humaine . En effet, malgré
l'existence de programmes de surveillance des algues et des mollusques toxiques, des
cas d'intoxications aux toxines marines liés à la consommation des mollusques sont
déclarés au Québec à chaque année. Ce document qui fournit une description des
différents aspects de la problématique des toxines marines au Saint-Laurent en lien avec
la santé humaine est disponible auprès de Sylvie Bélanger, Centre de documentation de
la direction de la santé publique de Québec, tél : 418-666-7000 poste 217,
fax : 418-666-2776 ; sbelanger@cspq. qc.ca.
Source :
Jean-François Duchesne, Unité de recherche en santé publique du CHUQ
Contrecarrer le
bioterrorisme: de la santé publique à rebours?
Depuis
que la menace nucléaire s'est quelque peu apaisée, suite à la fragmentation de
l'ex-URSS, celle du terrorisme biologique prend de l'ampleur. Pour faire face à
cette situation, le gouvernement des États-Unis finance depuis 1994 divers programmes de
lutte au bioterrorisme (environ 150 millions $ par année), souvent au détriment du
budget de la santé publique qui est parallèlement amputé (Cohen, H.W. et al,
Bioterrosism Initiatives: Public Health in Reverse?, Am. J. Pub. Health, 1999, 89:
1629-1630). Certaines initiatives semblent questionnables, telle la vaccination de plus de
deux millions de militaires américains contre l'anthrax alors que l'efficacité
d'un tel vaccin n'est pas prouvée. Pendant ce temps, il manque de
ressources en santé publique pour réagir à des problèmes de base comme la prévention
des maladies infectieuses courantes et la contamination des populations civiles par divers
polluants environnementaux. De même, des milliers de personnes décèdent
annuellement aux États-Unis à la suite d'empoisonnements alimentaires, souvent à
cause d'une déficience dans les programmes d'inspection des aliments. [PC]
Croissance
des moisissures dans les immeubles
Depuis
plusieurs années, des problèmes de santé sont rapportés chez des personnes exposées
aux moisissures. Une exposition chronique aux spores ou aux mycotoxines de certaines
moisissures (ex. Eurotium herbariorum, Aspergillus versicolor, Stachybotrys chartanum)
peut engendrer divers problèmes respiratoires, des allergies, des nausées, des
vomissements ainsi qu'une immunodéficience. Les conditions environnementales
optimales pour la croissance varient d'un micro-organisme à l'autre alors que
celles qui existent dans les immeubles sont également très variables. Il devient donc
difficile d'évaluer de façon empirique si la croissance sera favorisée. Des
chercheurs ont modélisé les conditions favorables pour chacune des espèces, en
utilisant des données expérimentales (Rowan, N.J. et al, Prediction of Toxigenic Fungal
Growth in Buildings by Using a Novel Modelling System, Appl. Env. Microbiol., 1999, 65:
4814-4821). À partir du modèle prédictif développé, basé sur une équation
polynomiale de 3e ordre, il serait possible de prévoir si la croissance d'une
moisissure sera favorisée ou non, dans des conditions données. Les auteurs mentionnent,
entre autres, que la croissance des champignons à l'intérieur des cloisons et des
planchers ne devrait pas être favorisée à un taux d'humidité relative inférieur
à 78 % (pour une température variant de 15-20 oC). [PC]
H.A.P.
et air intérieur des maisons
Des
chercheurs américains ont caractérisé les H.A.P. dans l'air intérieur de
résidences afin de déterminer l'apport de la circulation urbaine à
l'exposition à ces produits (Dubowsky SD et al., The Contribution of traffic to
indoor concentrations of polycyclic aromatic hydrocarbons, J Expo Anal Environ Epidemiol,
1999, 9:312-321). Des trois résidences choisies, l'une était située en
milieu urbain, une autre en semi-urbain et la dernière en banlieue, se trouvant ainsi
dans trois zones différentes de trafic. Tout en corrigeant pour les sources
internes, il s'est avéré que la circulation urbaine pouvait être un apport non
négligeable de H.A.P. dans l'air intérieur. Cette exposition est de deux à
trois fois plus élevée pendant la semaine que lors de la fin de semaine et une
différence significative entre les trois sites pour les concentrations moyennes mesurées
pendant la semaine a été notée. Les concentrations de H.A.P. produites par la
circulation sont cependant inférieures à celles émanant de sources internes.
Parmi ces dernières, la cuisson des aliments (friture, cuisson à la poêle) et le
brûlage de chandelles ont été rapportés. [DP]
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