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Les espaces privés de l'Institut
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LES ODEURS RELIÉES AUX ACTIVITÉS AGRICOLES
(1) Direction de la santé publique, de la
planification et de l'évaluation de Chaudière-Appalaches,
22, avenue Côté, Montmagny, Qc., G5V 1Z9, tél.
418-248-6122, téléc. 418-248-3348.
L'émanation d'odeurs a toujours
été associée à la production animale.
Cependant, l'intensification des élevages associés
à l'agriculture productiviste requiert que l'on
dispose d'un grand nombre d'animaux dans des espaces
relativement restreints. Les systèmes de manutention des
fumiers se sont aussi adaptés à ces pratiques. Cette
nouvelle réalité fait en sorte que les odeurs provenant
de certaines installations de production animale représentent
maintenant un problème pour un grand nombre de citoyens
dont une bonne part sont eux-mêmes producteurs agricoles.
Bien sûr le phénomène de l'étalement
urbain accentue la situation puisqu'un nombre croissant
de personnes est exposé à ce contaminant environnemental.
Cependant on est souvent tenté de traiter
la question de l'exposition aux odeurs agricoles comme
un simple inconvénient pour lequel les plaintes provenant
de quelques ìnez sensiblesî sont rarement justifiées.
Or, si certaines ìsenteurs de campagneî sont en effet
tout à fait normales, les odeurs environnementales provenant
d'activités agricoles peuvent avoir un impact considérable
sur la santé et le bien-être de la population exposée
tant en agissant sur leur statut physiologique que psychologique 1,
2, 3 .
Les concepts de santé, d'atteinte à la
santé et de nuisance
On a souvent tendance à aborder la notion
de nuisance sur le plan environnemental comme un inconvénient
négligeable qui relève davantage du caprice que
d'une atteinte à la santé, du moins aux yeux
des responsables de cette nuisance. D'un point de vue juridique,
la définition de nuisance varie considérablement
d'un pays, d'une province et même d'une
municipalité à l'autre en ce qui a trait
à son contrôle. Cependant l'objectif commun
à tous vise à prévenir ou à réduire
l'atteinte à l'environnement par l'élément
nuisible qui dégrade la qualité de vie des citoyens 4 .
D'autre part le concept de santé a
beaucoup évolué au cours des années. À
un moment donné, on ne considérait la santé
que comme l'absence de maladie (ce qui est encore le cas
dans certains milieux...). Cependant, cette définition
a fait place à une conception plus large, selon laquelle
la santé est un état de bien-être physique,
mental et social 5 . Cet
état de bien-être est fonction de facteurs tels que
les habitudes de vie, la biologie humaine, le milieu socio-culturel
et bien sûr le milieu physique (l'environnement)
dans lequel évolue l'individu.
En 1986, l'Organisation mondiale de la Santé
a donné une définition plus précise encore
de la santé :
C'est la mesure dans laquelle un groupe
ou un individu peut d'une part, réaliser ses aspirations
et satisfaire ses besoins et d'autre part, évoluer
avec le milieu ou s'adapter à celui-ci. (...) Ainsi
donc, la promotion de la santé ne relève pas seulement
du secteur de la santé; elle dépasse les modes de
vie sains pour viser le bien-être 6 .
C'est ce concept qui a été retenu
dans la Loi sur les services de santé et les services sociaux
du Québec en 1991 (chapitre 42). D'un point de vue
de santé publique, l'approche des questions de nuisance,
dans ce contexte, ne peut être dissociée du concept
de santé.
Les symptômes reliés aux odeurs environnementales
Bien qu'un nombre relativement restreint d'études
ait porté sur les effets des odeurs sur la santé,
la revue de certaines d'entre elles permet de cerner assez
bien la question. Miner 7
par exemple conclut que des odeurs déplaisantes, dont celles
provenant d'élevages porcins, peuvent affecter le
bien-être en provoquant des sensations désagréables,
déclenchant des réactions réflexes nocives
pour l'organisme, modifiant les fonctions olfactives et
entraînant diverses réactions physiologiques. Il
rapporte aussi que des sentiments de contrariété
et des réactions dépressives peuvent être
la conséquence de l'exposition à des odeurs
désagréables et entraîner des nausées,
des vomissements, des céphalées, des troubles respiratoires
(respiration superficielle, toux), des troubles du sommeil et
la perte de l'appétit.
D'autres études ont démontré que des
odeurs incommodantes peuvent affecter des fonctions physiologiques
comme le rythme cardiaque et l'activité cérébrale
de façon identifiable à l'électroencéphalogramme 8,9 .
Selon Kilburn, le système nerveux de l'humain est
la partie de l'organisme la plus sensible aux contaminants
de l'environnement10. Chez l'animal,
des effets aigus et chroniques sur le comportement et l'activité
électrique cérébrale dus à l'exposition
à de faibles concentrations de substances chimiques ont
été maintes fois démontrés11.
Certaines études ont spécifiquement
porté sur les effets psychologiques des odeurs environnementales.
On a clairement mis en évidence diverses réactions
nocives sur l'humeur, les émotions et plusieurs
types de performances intellectuelles dont les capacités
d'apprentissage 1-3,12,13 .
L'une d'elle a récemment été
menée auprès de personnes exposées aux odeurs
provenant d'élevages porcins. Nous y reviendrons.
Le stress engendré par une exposition fréquente
à des odeurs désagréables peut par la suite
entraîner certains problèmes de santé :
augmentation de la tension artérielle, diminution de la
motilité gastrique, augmentation de la tension musculaire
du cuir chevelu chez des personnes souffrant de céphalée
de tension 4,15,16 . Par
déduction, on pourrait aussi relier l'exposition
aux odeurs environnementales aux problèmes de santé
consécutifs au stress chronique comme la maladie coronarienne,
l'ulcère peptique et l'hypertension artérielle
chronique 2 .
Cependant, la plupart des symptômes rapportés
par les personnes exposées à des sources d'odeurs
environnementales sont aigus dans leurs manifestations, limités
dans le temps et de nature subjective; ils sont donc difficiles
à établir objectivement 2 .
Néanmoins, Shusterman 2
a revu plusieurs études dans lesquelles on a établi
une relation directe entre l'exposition à des odeurs
non toxiques provenant d'équipements municipaux,
d'activités agricoles et d'activités
industrielles et une symptomatologie présentée par
les personnes exposées. Dans plusieurs cas, on a identifié
une forte corrélation entre les symptômes rapportés
et l'exposition aux odeurs environnementales même
si les concentrations des contaminants étaient bien inférieures
aux niveaux considérés comme toxiques. L'auteur
conclut qu'en matière de problèmes de santé
reliés aux odeurs, les mécanismes physiopathologiques
ne s'expliquent pas par l'approche toxicologique
classique mais doivent être abordés comme des effets
non toxicologiques sur la santé.
Physiopathologie des symptômes reliés aux odeurs
Les intervenants en santé publique constatent
souvent que les effets apparents provoqués par les odeurs
environnementales sur la santé de personnes habitant en
bordure de sites de traitement ou d'enfouissement de déchets,
de sites industriels ou de lieux d'activités agricoles
ne répondent pas de façon objective à l'approche
toxicologique classique.
Relation entre la perception des odeurs et la toxicité
aiguë
La mesure des caractéristiques de la relation
stimulus-réponse reliée aux odeurs relève
d'un domaine de la science appelée psychophysique.
Les études psychophysiques permettent d'établir
l'exposition minimale nécessaire à la perception
consciente d'une substance odorante (seuil olfactif) et
de définir des échelles psychophysiques pour ces
substances de façon à pouvoir déterminer
des niveaux d'exposition selon l'intensité
des odeurs perçues 17 .
Malgré des variations interpersonnelles, il est ainsi possible
d'établir une échelle psychophysique qui
conserve sa validité d'un individu à l'autre.
La concentration à laquelle un contaminant
peut être perçu par son odeur constitue ainsi son
seuil olfactif. Le rapport entre la concentration du produit à
laquelle des effets irritants ou toxiques sur l'humain
peuvent se produire (concentration maximale admissible pour une
durée de 8 heures) et son seuil olfactif constitue
le facteur de sécurité olfactive (FSO) pour cette
substance 18 . Lorsque le
FSO d'un contaminant est faible, les symptômes reliés
aux odeurs sont aussi les symptômes reliés à
la toxicité intrinsèque du produit. Un produit odorant
dont le FSO est modéré ( > 10-25) peut
aussi causer une toxicité aiguë dans la population
mais seulement si sa concentration environnementale dépasse
largement son seuil olfactif.
Par ailleurs, d'autres produits peuvent provoquer
des symptômes aigus reliés à leur simple odeur
même si les concentrations en cause ne constituent pas une
exposition toxicologique proprement dite 2 .
Par exemple, certains gaz comme le sulfure d'hydrogène
et divers mercaptans qui, notamment, sont des produits émanant
du lisier, possèdent un seuil olfactif beaucoup plus bas
que les niveaux reconnus comme pouvant entraîner des symptômes
par les mécanismes toxicologiques ou irritatifs classiques.
Pourtant ces gaz sont souvent associés à des manifestations
symptomatiques se produisant à des niveaux qui dépassent
de peu leur seuil olfactif 19 .
À titre d'exemple, la figure 1 représente
la relation entre les concentrations dans l'air et la proportion
de personnes affectées à diverses intensités
pour le sulfure d'hydrogène. Les mécanismes
pouvant expliquer les problèmes de santé dont se
plaignent des citoyens exposés à un ou des composés
odorants à des concentrations de toute évidence
sous-irritantes ou sous-toxiques ne sont pas de nature toxicologique
mais sont plutôt des mécanismes reliés aux
odeurs proprement dites 2 .
Ces mécanismes sont de plusieurs natures. Nous présentons
très succinctement les principaux mécanismes rapportés
dans la littérature scientfique sur le sujet.
Les mécanismes des symptômes reliés
aux odeurs environnementales2,9,12,20,21
Même si les facteurs individuels influencent
grandement les réactions aux odeurs perçues, plusieurs
substances odorantes sont considérées par la plupart
des gens comme plaisantes ou déplaisantes et provoquent
des réactions réflexes.
Les principales conditions médicales impliquées
dans ce mécanisme sont l'asthme bronchique, la grossesse,
certains troubles psychologiques (hypocondrie, tendance à
la somatisation), et des dysfonctions olfactives.
Ce type de réaction, bien documenté
dans la littérature scientifique, résulte le plus
souvent d'une expérience antérieure d'exposition
aiguë symptomatique. Cette sensibilisation conditionnée
aux odorants surtout rapportée en milieu de travail pourrait
aussi se manifester plus subtilement dans un contexte d'odeurs
environnementales lorsque des gens sont exposés de façon
fréquente à des odeurs désagréables.
Il s'agit ici d'un état de stress
relié au sentiment d'altération de l'environnement
par les odeurs, auquel s'associent des sentiments de perte
de jouissance des lieux et de perte de valeur de la propriété.
La réaction relève du sentiment d'absence
de contrôle sur un stimulus transitoire récidivant
et non désiré.
Plusieurs études ont mis en évidence
des liens directs entre les centres olfactifs du cerveau et les
tissus lymphoïdes. Par ce mécanisme, les odeurs agiraient
sur le système immunitaire par un effet d'immunosuppression
(parfois d'immunostimulation). Des auteurs ont aussi démontré
à plusieurs reprises que l'altération de
l'humeur pouvait avoir une influence négative sur
le système immunitaire.
Les molécules de certaines substances odorantes
pourraient agir directement sur la muqueuse nasale et respiratoire.
Une telle stimulation de la muqueuse nasale de façon expérimentale
chez l'animal peut provoquer une augmentation de la sécrétion
d'adrénaline. Ce type d'effet chez l'humain
serait-il à même de contribuer à faire naître
des sentiments d'anxiété et de colère?
Les odeurs environnementales peuvent donc déclencher
divers symptômes à des concentrations bien inférieures
à celles pouvant causer des réactions de type toxique
en agissant par une variété de mécanismes
physiologiques. La complexité et les nombreux éléments
inconnus du phénomène s'apparentent d'ailleurs
à la problématique contemporaine des "sensibilités
chimiques multiples" 22 .
L'origine des odeurs
Les odeurs provenant des installations de production
animale résultent principalement de la décomposition
anaérobique des selles, de l'urine et des autres
matières organiques 23 .
Les principales sources d'odeurs sont 24,25 :
L'apport des animaux eux-mêmes et de l'alimentation
à la charge d'odeur est beaucoup moins importante
que celle attribuable au fumier et à la ventilation des
bâtiments 24 . Dans une série de
mesures d'émissions d'odeurs provenant de
diverses installations agricoles, Carney a démontré
que c'est l'agitation du lisier, suivie de l'entreposage
(sans agitation), de l'épandage et de la ventilation
des bâtiments qui sont responsables des principales charges
d'odeurs 24 . L'épandage
de lisier de volaille émettait de plus fortes odeurs que
le lisier de porc tandis que les porcheries étaient plus
odorantes que les poulaillers. Les concentrations auxquelles les
odeurs devenaient incommodantes à plus de 50 % de la population
étaient de 4,8 fois supérieures au seuil de détection.
Près de 80 composés gazeux ont été
identifiés dans le processus de décomposition du
fumier 26 . Les gaz responsables
de la production des odeurs sont de plusieurs natures chimiques
(alcools, aldéhydes, amines, azotes hétérocycliques,
carbonyles, esters, sulfures, disulfures, mercaptans, etc.) 7,27-29 .
Les effets sur la santé provenant d'opérations
de production porcine
Peu d'études ont porté spécifiquement
sur les effets sur la santé reliés aux odeurs provenant
d'installations de production animale. Des auteurs rapportent
que les composés odorants provenant de tels établissements
sont souvent à l'origine de plaintes du voisinage
même lorsque leur concentration demeure à des niveaux
relativement bas 20,24.
En ce qui concerne le caractère de l'odeur, des
auteurs ont noté que la plupart des gens qualifient celle
qui émane des porcheries de désagréable lorsque
son intensité est modérée à élevée 12 .
Une étude récente s'est penchée sur
les effets des odeurs environnementales provenant d'installations
porcines sur l'humeur des résidants du voisinage 12 .
Fait à noter, la majorité des sujets du groupe expérimental
et du groupe témoin (au nombre de 44 chacun) étaient
des employés agricoles.
Le profil psychologique étudié portait
sur l'état d'anxiété, la dépression,
le sentiment de colère, le niveau de vigueur, la fatigue
et l'état de confusion de même qu'un
score global d'atteinte de l'humeur. Les auteurs
ont noté une différence très significative
(p < 0,0001) entre le groupe témoin et le groupe expérimental
en ce qui concerne chacun des symptômes du profil psychologique
et le score total du degré d'atteinte de l'humeur
(figure 2). Ces effets résulteraient de mélanges
des composés responsables des odeurs plutôt que d'un
seul élément gazeux. Les résultats indiquent,
selon les auteurs, que les personnes vivant près d'une
installation porcine et soumises aux odeurs qui s'en dégagent
souffrent plus d'anxiété, sont plus souvent
dépressives, ressentent plus de colère et de fatigue,
manifestent plus de confusion, ont moins de vigueur et présentent
des troubles de l'humeur de façon plus manifeste
que l'ensemble de la population. Ces résultats sont
concordants avec d'autres études portant sur les
effets des odeurs désagréables sur la santé 1-3,30 .
Rappelons que de tels effets sur l'humeur pourraient jouer
un rôle défavorable sur le système immunitaire,
ce qui pourrait prédisposer les personnes concernées
à d'autres problèmes de santé 31-34 .
Facteurs du profil psychologique
D'autre part, les endotoxines provenant des
bactéries que l'on retrouve dans l'air des
porcheries 35 peuvent être
transportées dans le panache de dispersion. On ne connaît
pas l'importance de leur effet sur les populations du voisinage.
Bien que, de l'avis général, ce soit les
opérations d'épandage qui sont à l'origine
de la plupart des plaintes qui parviennent au MEF et aux Directions
régionales de santé publique, l'exposition
aux odeurs des porcheries provient aussi des bâtiments et
des structures d'entreposage et n'est donc pas que
ponctuelle. La durée de l'exposition est par ailleurs
influencée par certains facteurs. D'abord les molécules
des composés odorants sont absorbées sur les vêtements,
les draperies et divers matériaux des maisons ce qui constituent
un réservoir qui libère graduellement les substances,
prolongeant ainsi le temps d'exposition après un
épisode intense par exemple 12 . D'autre
part, les composés organiques volatils présents
dans les gaz émis sont absorbés dans le sang et
les tissus graisseux. Certaines personnes peuvent donc continuer
à sentir les mêmes odeurs plusieurs heures après
une exposition importante puisque ces composés peuvent
être relâchés du sang dans l'air expiré
stimulant ainsi les récepteurs olfactifs 36,37 .
Les répercussions sociales des problèmes d'odeurs
Le développement de la production porcine
à grande échelle a entraîné dans bien
des pays et en particulier dans plusieurs états américains
des répercussions sociales majeures en milieu rural en
provocant une dynamique conflictuelle entre promoteurs et opposants
aux projets d'implantation de porcheries 38 .
Au Québec, depuis quelques mois, nous assistons malheureusement
à l'émergence de telles situations dans plusieurs
régions. La crainte des odeurs est souvent au centre des
controverses. Cependant les auteurs d'une importante étude
sur le sujet 39 concluent
que la nature des problèmes a tendance à être
associée mais non pas exclusive aux odeurs. Ils citent
d'autres recherches qui tendent à démontrer
que les conflits qui ont ainsi émergés pourraient
avoir plus de retombées néfastes sur la qualité
de vie et la santé des gens que le problème des
odeurs de porcs lui-même. Ces conséquences sociales
pourraient d'ailleurs accentuer l'intensité des
réactions physiopathologiques reliées aux odeurs 12 .
L'interprétation d'une plainte
reliée aux odeurs d'origine agricole (ou d'une
autre source) est difficile à interpréter du fait
que la nature des problèmes rapportés est surtout
subjective. Même si l'approche toxicologique classique
ne permet pas d'expliquer de façon objective les
symptômes ressentis, plusieurs mécanismes physiopathologiques
permettent cependant de mieux comprendre les manifestations qu'entraîne
l'exposition à des odeurs désagréables.
Des études nous démontrent donc que
les citoyens qui résident à proximité d'installations
de productions animales peuvent subir de réels préjudices
à leur santé. Mais nous ne connaissons malheureusement
pas l'ampleur du phénomène au Québec, aucune
étude n'ayant été réalisée
à ce jour sur le sujet.
Dans un concept large de santé, tel que celui
retenu dans la Loi sur les services de santé et les services
sociaux du Québec, les intervenants en santé publique
se doivent donc d'aborder les questions de nuisance comme
des problèmes de santé proprement dits. Il est aussi
fortement souhaitable que l'on prenne davantage en considération
ce type de problème. Il serait utile, à ce stade-ci,
de cesser de nier l'existence du problème et de tenter
d'y trouver des solutions pratiques, à l'instar de plusieurs
universités et entrepreneurs, et de les implanter rapidement.
En effet, les conflits qui sont nés autour des projets
d'implantation d'installations porcines un peu partout
au Québec risquent de dégénérer et
de déstabiliser les efforts de mise en place d'une
véritable solidarité rurale.
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l'alimentation en eau potable et les dangers d'exposition
chimique ont constitué les principales urgences en santé
publique lors des inondations survenues cet été
au Saguenay. Au début, l'équipe de santé
publique a surtout aidé la Régie régionale
dans l'organisation des services pré-hospitaliers.
Par la suite, des activités de surveillance et de relevé
des risques ont dû être réalisées. Les
risques de contamination des sols et de l'eau ont été
examinés. Un processus de surveillance des gastro-entérites
a été mis en place. Les réseaux d'alimentation
en eau potable et de nombreux puits privés étaient
contaminés sur un territoire de 100 km de long. Aucun cas
de gastro-entérites n'a cependant été
relevé au cours des inondations et des jours qui ont suivi.
Il n'y a pas eu non plus, au stade aigu de la crise, d'exposition
chimique de personnes ou de groupes, malgré un risque important
(produits chimiques, explosions, déversements) que l'inondation
faisait peser à certains moments sur des complexes industriels
majeurs. Les principales interventions de santé publique
ont été d'informer les populations sur les risques
associés à la qualité de l'eau, des
aliments, des légumes et fruits des potagers inondés.
Plusieurs avis et recommandations ont été émis
durant les inondations et les jours suivants pour prévenir
les infections (médias, affiches, etc.). Des consignes
ont été transmises à la population pour la
réintégration des logis rendus insalubres, sur leur
désinfection, sur la circulation dans les rues à
risque important d'accident, sur la gestion de matières
dangereuses et des déchets, etc. Sur le plan médical,
mis à part les deux enfants décédés,
il n'y a eu aucun blessé. Aucun achalandage supérieur
à la normale n'a été remarqué
dans les hôpitaux. Il y a eu tout de même 15 000 personnes
évacuées pour lesquels le choc psychologique a été
énorme. Il s'agit là vraisemblablement d'ailleurs
de l'impact santé le plus important du désastre.
Une cinquantaine de psychologues et travailleurs sociaux des CLSC
a été affectée auprès des sinistrés
pour le soutien psychosocial.
Source : Léon Larouche et Benoît Girard, communication
personnelle, Direction de la santé publique du Saguenay/Lac-Saint-Jean;
et Actualité médicale, 21 août 1996,
p. 2-4.
Les personnes vivant à proximité de
l'aluminerie Alcan de Shawinigan subissent une exposition
non-négligeable aux hydrocarbures aromatiques polycycliques
(HAP). Il s'agit là d'une des conclusions
du rapport Surveillance biologique de l'exposition aux
hydrocarbures aromatiques polycycliques chez des personnes vivant
aux environs de l'usine ALCAN de Shawinigan. Le rapport
a été préparé par Nicolas Gilbert
de la Régie régionale de la santé et des
services sociaux de MauricieóBois-Francs et Claude Viau
de l'Université de Montréal. Il est bien
connu que la réduction de l'aluminium au moyen du
procédé d'électrolyse Söderberg
libère d'importantes quantités de HAP dans
l'atmosphère. Certains HAP se sont avérés
cancérigènes lors d'expérimentations
animales. De plus, des excès de cancer du poumon ont été
observés chez des travailleurs exposés aux HAP,
notamment dans l'industrie de l'aluminium. Toutefois,
les effets des HAP émis par les industries sur la santé
des populations humaines voisines sont mal connus. À Shawinigan,
afin d'évaluer l'exposition de la population aux HAP et
la fiabilité des indicateurs d'exposition, des échantillons
d'urine ont été recueillis chez des personnes
vivant à moins de 500 mètres de l'aluminerie.
Des habitants de Trois-Rivières servaient de témoins.
Les concentrations de 1-hydroxypyrène (1-OHP) chez les
sujets de Shawinigan étaient deux fois plus élevées
que chez les témoins. Cet écart était significatif,
tant chez les non-fumeurs que chez les fumeurs (p<0.025). L'excrétion
urinaire de 1-OHP était aussi significativement accrue
par le tabagisme. Les résultats ont aussi démontré
l'utilité du 1-OHP comme indicateur d'expositions
environnementales aux HAP, particulièrement dans des secteurs
contaminés par des émissions industrielles. Pour
information : Nicolas Gilbert, tél. 819-693-3636, téléc.
819-373-1627.
Source : résumé du rapport
Le Centre de santé publique de Québec
(CSPQ) a évalué à deux reprises en 1996 la
qualité de l'air à l'intérieur
d'un amphithéâtre durant des spectacles de
ìMonster Truckî. Les concentrations de CO et de NO 2
ont été suivies du début à la fin
de la compétition. Les concentrations mesurées de
NO 2 étaient relativement
faibles lors des séances de janvier et nulles en mai 1996.
Par contre, lors des représentations de janvier 1996, plusieurs
spectateurs et travailleurs ont été exposés
à des concentrations excessives de CO. Ainsi, la norme
de 200 ppm pour les expositions de courte durée (15 minutes)
du Règlement sur la qualité du milieu de travail
a été dépassée à deux reprises.
La valeur IDLH (Immediately Dangerous to Life or Health Concentration)
de 1200 ppm du NIOSH a même été atteinte à
3 reprises durant de très courtes durées (maximum
atteint de 1645 ppm). Les spectateurs situés dans
les gradins supérieurs ont subi des expositions moyennes
variant entre 70 et fort probablement 100 ppm pour des durées
de 3 heures. Une concentration de 40 ppm aurait été
la limite pour protéger les sujets à risques (personnes
atteintes de maladies cardiaques, femmes enceintes, etc.). Cependant,
aucun cas d'intoxication ou de problèmes de santé
n'a été identifié ou déclaré.
À la suite du spectacle de janvier, les responsables
de l'amphithéâtre, le promoteur, le Centre
de santé publique, la Commission de la santé et
de la sécurité du travail et la Régie du
bâtiment du Québec ont pris divers moyens pour qu'une
telle situation ne se reproduise pas lors du spectacle de mai
1996. Les responsables de l'édifice se sont assurés
du bon fonctionnement du système de ventilation. Les carburateurs
des véhicules ont été ajustés avant
le spectacle. Des exhibitions de véhicules pas ou peu polluants
ont aussi été insérées dans le programme.
Les spectateurs ont été avertis au début
des représentations du danger pour la santé des
personnes plus vulnérables. En mai, les résultats
de la surveillance en continu du CO n'ont pas montré
de surexposition des spectateurs. Pour information supplémentaire,
Benoît Lévesque, Centre de santé publique
de Québec, 2400, D'Estimauville, Beauport, QC, G1E
7G9, tél. 418-666-7000 # 296, téléc. 418-666-2776.
À la demande de la direction régionale
du ministère de l'Environnement et de la Faune,
la direction de la santé publique, de la planification
et de l'évaluation (DSPPE) de Chaudière-Appalaches
a analysé les risques à la santé de la population
exposée aux émissions atmosphériques de l'incinérateur
de la Régie intermunicipale de gestion des déchets
de la Rive-Sud de Québec (RIGDRSQ) à Lévis.
Parmi les substances émises par l'incinérateur,
celles les plus susceptibles de présenter un risque à
la santé étaient les dioxines et les furannes en
raison de leur concentration très élevée
à la sortie de la cheminée et de leur potentiel
d'effets néfastes chez l'humain. La DSPPE
a estimé que le risque à la santé relié
aux émissions passées et actuelles de l'incinérateur
de la RIGDRSQ est à toute fin pratique nul pour les individus
vivant en milieu urbain ou semi-urbain près de l'incinérateur.
Il en est de même pour ceux d'autres territoires
qui consomment des denrées provenant de ce secteur (lait,
fruits et légumes, etc.). Quant aux individus vivant en
milieu agricole sur les terrains avoisinant l'incinérateur,
le risque est aussi à toute fin pratique nul. Cependant,
afin d'éviter une accumulation à long terme
de substances potentiellement toxiques dans l'environnement
et dans la chaîne alimentaire, il est apparu inacceptable,
d'un point de vue de santé publique, que l'incinérateur
continue d'émettre dans l'atmosphère
des quantités aussi importantes de contaminants, notamment
de dioxines. En conséquence, la direction de santé
publique a recommandé que, dans un délai rapide,
des mesures soient prises pour réduire cette source de
contamination de l'environnement. Une copie du rapport
Avis sur les risques à la santé de la population
reliés aux émissions atmosphériques de l'incinérateur
de la Régie intermunicipale de gestion des déchets
de la Rive-Sud de Québec peut être obtenue en
s'adressant au Centre de documentation de la Régie
régionale de la santé et des services sociaux de
Chaudière-Appalaches, 363, route Cameron, Sainte-Marie,
QC, G6E 3E2, tél. 418-386-3558, téléc. 418-386-3361
(coût : 3,00$).
Source : résumé du rapport
Le 19 juin dernier, le Comité de santé
environnementale du Québec (CSE) a déposé
un mémoire aux audiences publiques sur la gestion des matières
résiduelles. Le mémoire commente les principes,
objectifs et orientations mis de l'avant par le ministère
de l'Environnement et de la Faune (MEF). Selon le CSE,
la gestion des déchets est une source importante de contamination
de l'environnement. Les rejets et émissions des
lieux d'enfouissement et des incinérateurs s'ajoutent
au bruit de fond environnemental qui expose la population aux
contaminants toxiques. En plus de réduire le volume de
déchets à éliminer, la récupération
des matières résiduelles permet de réduire
directement la pollution engendrée par la production des
biens de consommation, laquelle, bien plus que l'élimination
des déchets, constitue une véritable menace à
la santé publique.
Dans son mémoire, le CSE met de l'avant
l'objectif de réduire de 75 % le volume de déchets
à éliminer en 2006. Les matières récupérables
doivent être triées à la source et bénéficier
d'une collecte sélective minimale. Le gouvernement
devrait réglementer un modèle de tri à la
source et restreindre davantage l'élimination des
matières récupérables. Une redevance à
l'élimination devrait être imposée
à toutes les entreprises d'élimination. Les
citoyens, bien informés, devraient eux aussi assumer une
part équitable de la nouvelle gestion de déchets.
Finalement, la réglementation sur les déchets solides
devra être révisée en profondeur, notamment
en ce qui concerne les émissions de biogaz et les rejets
liquides provenant des lieux d'élimination. Une
copie du mémoire peut être obtenue auprès
de Nadia Tremblay, Comité de santé environnementale
du Québec, 2400, D'Estimauville, Beauport, QC, G1E
7G9, tél. 418-666-7000 # 464, téléc. 418-666-2776,
nadia@cspq.qc.ca. Information : Marcel Bélanger, Direction
de santé publique de Lanaudière, tél. 514-759-9900.
Les lignes d'eau des unités de soins
dentaires représentent un environnement propice au développement
de colonies microbiennes pouvant constituer un réservoir
de pathogènes opportunistes. Une étude, dirigée
par Esther Faucher de l'Université de Montréal
et présentée lors du 64e congrès de l'ACFAS
en mai 1996, a permis de dénombrer et d'identifier
les micro-organismes qui contaminent les lignes d'eau de
la Faculté de médecine dentaire de l'Université
de Montréal. En moyenne, 300 000 unités de coliformes
fécaux/ml ont été dénombrées,
ce qui en fait une eau nettement non potable. Sphingomonas
paucimobilis, Acinetobacter calcoaceticus, Methylobacterium
mesophilicum et Pseudomonas aeruginosa sont les espèces
bactériennes retrouvées les plus fréquemment.
Ces micro-organismes sont considérés comme des pathogènes
opportunistes chez l'homme.
Source : Résumé, 64e Congrès de l'ACFAS,
http://www.acfas.ca
Le volet Santé de Saint-Laurent Vision 2000
a rendu publiques certaines données recueillies lors d'une
enquête menée en 1995 auprès de 19 236 personnes
habitant une municipalité riveraine du fleuve Saint-Laurent.
L'enquête dresse un bilan des connaissances et des
perceptions des populations riveraines, ainsi que de l'usage
qu'ils font du fleuve. On y apprend que plus de sept personnes
sur dix boivent habituellement l'eau du robinet. La grande
majorité se dit satisfaite de son odeur (89%) et de son
goût (87%). Sur les risques associés à l'eau
du robinet, 83% des riverains estiment qu'ils sont faibles
ou inexistants. L'enquête nous apprend aussi que
1,7 million de riverains s'adonnent à la marche
sur les rives du Saint-Laurent. De plus, 200 000 riverains aiment
bien faire trempette dans le Saint-Laurent. Environ un riverain
sur cinq se promène en embarcation sur le fleuve. La pêche
sportive est populaire : 260 000 riverains pêchent
dans le fleuve. La moitié d'entre eux consomment leurs
prises. La moitié des riverains croient que le poisson
pêché dans le fleuve est dangereux pour la santé.
Les résultats de l'enquête démontrent
que, pour favoriser le retour des riverains au fleuve, il faut
continuer les efforts de décontamination et informer les
gens des améliorations réalisées. C'est
la mauvaise réputation du Saint-Laurent qui semble influencer
la perception des risques des riverains. Les principaux résultats
de l'enquête sont présentés dans la
brochure Reflets du Saint-Laurent, la parole aux riverains,
disponible à la Direction régionale des communications,
Santé Canada, 200, boul. René-Lévesque Ouest,
Tour de l'Est, bureau 218, Montréal, QC, H2Z 1XA,
tél. 514-283-2306, téléc. 514-283-6739.
Source : communiqué, Saint-Laurent Vision 2000, 16 juillet
1996
Le Ministère de l'Environnement et
de la Faune (MEF) a publié à la fin juin 1996 un
deuxième bilan des ventes de pesticides au Québec.
Les ventes de 1993 et 1994 indiquent une légère
diminution en comparaison de l'année 1992, respectivement
de 5,8% et de 14,9%. Les herbicides demeurent les produits les
plus vendus avec 54,6% des ventes totales. Le secteur agricole
reste l'utilisateur principal avec 81,2% des ventes totales.
Les ventes en agriculture ont diminué de 12,9% entre 1992
et 1994. La pression moyenne d'utilisation (kg ingrédient
actif/hectare de terre cultivée) suit la même tendance.
Les pesticides domestiques utilisés directement par les
consommateurs représentent 9% des ventes, dont 81,1% sont
des insecticides. Les ventes de ces derniers ont diminué
de 20,6% entre 1992 et 1994, en grande partie à cause d'un
usage moins fréquent des produits de préservation
du bois. Le rapport mentionne par contre la progression de 140%
des ventes d'insectifuges corporels à base de DEET.
Celles de savon insecticide et de terre diatomée ont aussi
montré une progression constante. Les pesticides biologiques
ont presque disparu du paysage québécois, notamment
en agriculture. Seules les ventes de Bt utilisé dans la
lutte contre les insectes piqueurs ont progressé. Le bilan
est disponible au Centre d'accueil et de renseignements
du MEF, tél. : 418-643-3127 ou 1-800-561-1616. Il peut
être commandé en utilisant l'adresse électronique
: info@mef.qc.ca.
Source : MEF, communiqué de presse et rapport
Même si les amalgames dentaires constituent
la source unique la plus importante d'exposition au mercure
pour la moyenne des Canadiens et des Canadiennes, rien ne permet
actuellement de prouver qu'ils nuisent à la santé
de la population en général. Voilà la première
considération de l'énoncé de principes
sur les amalgames dentaires rendu public par Santé Canada
à la fin de l'été. Santé Canada n'interdit
pas l'utilisation des amalgames au mercure ni ne recommande
le retrait d'amalgames en bon état. Le Ministère
suggère toutefois de ne pas utiliser d'amalgames
pour traiter les personnes allergiques au mercure, celles souffrant
d'insuffisance rénale ou celles qui portent un appareil
en métal, tel qu'un appareil orthodontique. Il existe
en effet une faible proportion de gens hypersensibles au mercure
et chez qui cet élément peut entraîner de
graves problèmes de santé même à faibles
doses. Santé Canada recommande que les dentistes évitent,
dans la mesure du possible, d'installer ou de retirer un
amalgame chez des patientes enceintes et d'envisager des solutions
de rechange dans le cas des enfants qui ont encore leurs premières
dents. Le document souligne que les dentistes devraient fournir
à leurs patients tous les renseignements voulus afin qu'ils
puissent faire des choix éclairés concernant le
matériau utilisé pour l'obturation de leurs
dents.
L'énoncé de principe, de même
que les rapports de Santé Canada L'innocuité
des amalgames dentaires et Rapport du comité des
intervenants chargés de l'examen de l'innocuité
des amalgames dentaires sont disponibles sur internet à
l'adresse http://hpb1. hwc.ca/datahpb/dataehd/Francais/bmm/bmm.htm.
Il peut aussi être obtenu sans frais en s'adressant
à Publications, Santé Canada, Indice d'adresse
0900C2, Ottawa, Ontario, K1A 0K9, tél. 613-954-5995, téléc.
613-941-5366. Renseignements : 613-957-1803.
Source : Santé Canada, communiqué 1996-63 et énoncé
de principes
La Société canadienne d'hypothèques
et de logement (SCHL) a évalué en 1995 les impacts
santé de la présence de moisissures dans des maisons
de la ville de Wallaceburg en Ontario. Trente-neuf maisons fortement
contaminées et vingt qui le sont faiblement ont fait l'objet
d'inspections et d'un suivi rigoureux. L'examen
préliminaire des données indique un lien entre la
prolifération de moisissures et des changements observés
dans le système immunitaire. Aucun facteur de confusion
n'a pu expliquer les résultats sur la santé
(tabagisme, concentrations de composés organiques volatils
ou de CO 2 , antigènes
d'acariens et d'animaux domestiques). La contamination
par les moisissures n'était pas expliquée par la
ventilation, mais par la présence de sources locales d'humidité
comme le suintement des murs du sous-sol, les salles de bain et
les eaux stagnantes. Des analyses plus complètes seront
toutefois nécessaires afin de bien interpréter les
résultats de ces travaux. Vous pouvez vous procurer gratuitement
les rapports Les moisissures dans les maisons : raisons de
leur prolifération et raisons de nos préoccupations,
de même que La moisissure dans les sous-sols aménagés
en vous adressant au Centre canadien de documentation sur l'habitation,
SCHL, 700, chemin de Montréal, Ottawa, Ontario, K1A 0P7,
téléc. 613-748-4069.
Les herbicides à base de cyanazine ne seront
plus homologués au Canada à partir du 31 décembre
2000. La vente au détail des produits sera autorisée
jusqu'au 31 décembre 2002 pour permettre l'écoulement
des stocks. Toutefois, à partir de 1997, les étiquettes
seront modifiées pour limiter la dose maximale d'application.
Ces mesures sont conformes à celles qui ont été
annoncées par l'Environmental Protection Agency
(EPA) des États-Unis. Cette dernière
avait entrepris en 1994 un examen spécial de la cyanazine,
de la simazine et de l'atrazine. Il s'agissait d'examiner
la possibilité que ces pesticides puissent entraîner
un risque de cancer suite à l'exposition à
long terme dans les aliments et l'eau de boisson. En 1995,
l'EPA annonçait une entente avec DuPont Agricultural
Products pour l'élimination graduelle de l'herbicide.
La cyanazine est utilisée au Canada dans la culture du
maïs et de céréales.
Source : Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire,
R96-01
Saviez-vous que plus d'un milliard et demi
d'habitants des villes à travers le monde sont exposés
à des taux de pollution atmosphérique supérieurs
aux niveaux maximums recommandés? Près de 400 000
décès supplémentaires sont imputables chaque
année dans le monde à la pollution de l'air.
Source : OMS, Aide-mémoire n° 122, juin 1996
Au Canada, les concentrations moyennes d'ozone
au niveau du sol ont grimpé de 29% entre 1979 et 1993.
Celles des particules en suspension relevées en 24 heures
ont diminué de 38%, le dioxyde de soufre de 46%, le monoxyde
de carbone de 56% et celles de dioxyde d'azote de 28%.
Malgré cette baisse, des concentrations élevées
d'ozone au niveau du sol et de fines particules continuent
de menacer la santé des Canadiens. Les concentrations d'ozone
semblent être particulièrement élevées
durant l'été, en milieu d'après
midi dans les villes et entre la fin de l'après-midi
et le début de la soirée dans les régions
rurales situées dans la direction du vent provenant des
villes. Près de la moitié de l'ozone décelé
en été dans l'est du Canada proviendrait
des États-Unis. Ce sont les habitants des Prairies qui
jouissent d'une des meilleures qualités de l'air
au Canada, alors que le problème de l'ozone au sol
est plus préoccupant dans le corridor Windsor-Québec,
dans le sud des provinces maritimes et dans la partie continentale
inférieure de la Colombie-Britannique.
Source : Bulletin EDE, n° 96-1, printemps 1996
Le département de santé publique de
l'État de New York, en collaboration avec l'agence
fédérale ATSDR et d'autres partenaires, prépare
en ce moment une étude de suivi de quelque 7000 résidents
de Love Canal pendant la période de 1940 à 1978.
Les chercheurs évalueront les excès possibles de
cancers, anomalies congénitales, et autres morbidités
et mortalités reliées à l'exposition
au benzène, HAP, dioxines et autres substances toxiques
retrouvées dans les sols, les eaux ou l'air de la
région. Comme il existe des données environnementales
de bonne qualité sur une période d'environ
20 ans, les études épidémiologiques gagneront
en précision pour l'estimation de l'exposition.
L'Environmental Protection Agency (EPA) a
rendu public en septembre 1996 un rapport intitulé EPA's
National Agenda to Protect Children's Health from Environmental
Threats. Le rapport explique notamment comment l'environnement
affecte la santé des jeunes américains. Aux États-Unis,
la mortalité due à l'asthme infantile a augmenté
de 118% entre 1980 et 1993. L'asthme est maintenant la
principale cause d'hospitalisation chez les enfants. Les
enfants exposés à la fumée de cigarette à
la maison ont 16 millions de jours supplémentaires d'activités
restreintes, 10 millions de jours de plus confinés au lit
et manquent 7 millions de journées d'école
par année de plus que les autres enfants. Les intoxications
au plomb affectent 1,7 millions de jeunes de cinq ans et moins.
Dix millions d'enfants de moins de 12 ans vivent à moins
de 4 miles d'un dépotoir de déchets toxiques.
Les enfants sont affectés par les eaux polluées
des rivières et des lacs lorsqu'ils s'y baignent
et lorsqu'ils mangent certains poissons. Ils font face
à des risques pour leur développement, notamment
à cause des effets potentiels des pesticides et des résidus
chimiques industriels sur leur système endocrinien. Les
enfants sont plus à risque puisqu'ils sont encore en développement
et parce qu'ils consomment plus de nourriture et de liquide,
relativement à leur poids corporel, que les adultes. Le
rapport d'une quinzaine de pages est disponible sur internet
à l'adresse suivante : http://www.epa.gov/ docs/PressReleases/1996/September/Day-11/pr841840.html.
Des experts internationaux ont évalué
pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS) les
risques pour la santé liés à la production
et à l'utilisation industrielles du chrysotile,
une des trois variétés d'amiante commercialisées.
L'exposition professionnelle au chrysotile a grandement
diminué au cours des dernières années. C'est
l'exposition potentielle lors de travaux de transformation
ou d'entretien de bâtiments qui suscite maintenant
des préoccupations. Des matériaux déjà
en place peuvent présenter des risques pour les préposés
aux travaux d'entretien ou de transformation. Dans ce cas,
l'OMS confirme que l'utilisation de matériaux
de substitution plus sûrs devrait être envisagée
là où ils sont disponibles. Rappelons que ce sont
les fibres minuscules d'amiante qui, en cas d'inhalation,
peuvent comporter des risques de cancer du poumon, de la plèvre
et du péritoine. Dans la population en général,
le risque d'une exposition au chrysotile ayant des effets
néfastes est considéré faible. En ce qui
concerne l'exposition par la consommation d'eau,
l'OMS ne dispose pas d'arguments cohérents
permettant de dire que l'amiante ingéré est
dangereux pour la santé.
Source : communiqué OMS/51/rev.1, 9 septembre 1996
Le Comité de santé environnementale
du Québec (CSE) a maintenant son site sur internet. Vous
y trouverez un aperçu de la problématique de santé
environnementale au Québec, ainsi que les mandats et les
priorités du CSE. Une liste de publications est mise à
votre disposition. Vous pouvez accéder rapidement à
des résumés de documents et d'avis du CSE, de même
qu'aux dépliants et brochures produits au cours
des dernières années. Le BISE est aussi sur
internet. Pour l'instant, vous y trouverez seulement les
3 derniers volumes, mais vous pourrez bientôt accéder
à la collection complète. Un index de recherche
sera incorporé plus tard. Vous y retrouverez également
la liste des équipes régionales de santé
environnementale du Québec. Des liens hypertextes avec
d'autres sites utiles aux intervenants en santé
environnementale seront bientôt accessibles. L'adresse
: http://www.inspq.qc.ca/cse/. Prenez note aussi qu'une
partie du livre Ma santé, mon environnement, publié
par le CSE au début de l'année, est maintenant
disponible sur internet dans Écoroute de l'information
: http://ecoroute.uqcn.qc.ca/envir/sante/index.htm.
Une récente enquête du département
de la santé de l'Indiana (États-Unis) publiée
dans le MMWR du Centers for Disease Control (45 (26) :
569-572, 5 July 1996) fait état d'un lien possible
entre 6 avortements spontanés et l'ingestion d'eau
de puits contaminés aux nitrates à des niveaux dépassant
la norme. Les sources de nitrates étaient des installations
d'élevage de porcs et des fosses septiques. Comme
cette possibilité est plausible biologiquement en plus
d'avoir été notée dans les études
toxicologiques animales, on recommande des études supplémentaires
concernant l'effet sur la reproduction humaine de ce contaminant
fréquent dans les eaux de consommation.
Une étude cas-témoins (1484 cas de
cancer et 2179 témoins appariés) réalisée
au sein d'une cohorte de 31 543 employés mâles
d'Hydro-Ontario vient d'être publiée
(Miller A.B., Leukemia following occupational exposure to 60-Hz
electric and magnetic fields among Ontario electric utility workers, Am J Epidemiol, 144 (2) : 150-160).
La période à l'étude s'étend
de 1970 à 1988, et les expositions ont été
estimées par des matrices d'exposition selon la
tâche. L'étude met en évidence des
rapports de cote élevés pour divers cancers du système
hématopoïétique, dont le plus important est
celui pour la leucémie (OR : 4,45; IC 95% :
1,01-19,7) en fonction de l'exposition cumulative aux champs
électriques, pour le tercile le plus élevé
d'exposition. L'exposition aux champs magnétiques
ne semble pas présenter de risque accru, après ajustement
pour divers confondants occupationnels et personnels. On note
cependant une tendance, non significative statistiquement, entre
l'exposition à ces champs et la présence
de tumeurs bénignes ou malignes au cerveau.
Le maintenant célèbre paradoxe français,
i.e. le fait que les Français maintiennent une mortalité
cardiovasculaire faible malgré leur forte consommation
de graisses, avait été attribué en partie
à l'effet tampon du vin rouge, très présent
dans la diète quotidienne française par rapport
aux pays anglo-saxons ou aux voisins immédiats. Ce qui
avait sans doute ajouté un peu de lustre scientifique aux
nombreux médecins oenophiles oeuvrant dans les Instituts
du vin et autres établissements similaires. Mais une récente
étude vient préciser qu'il semble possible
d'obtenir les mêmes résultats, en partie du
moins, en consommant tout breuvage alcoolisé. L'étude
comparait 561 cas d'infarctus du myocarde à 643
contrôles en bonne santé pour la période 1988-91
en France et en Irlande du Nord (Marques-Vidal P. et al., Am
J Epidemiol (143 (11) : 1089-93, June 1, 1996). L'effet
protecteur semble en partie relié à l'augmentation
du cholestérol sur lipoprotéines à haute
densité induite par l'alcool. Peut-être faudra-t-il
réévaluer les risques reliés aux pesticides
utilisés pour le raisin à la lumière de la
possibilité d'obtenir des bénéfices
sanitaires similaires en distillant du moût d'orge...
Décidément, le mercure revient à
la mode. Plusieurs articles sur des déversements de mercure
ont été publiés récemment. Le bulletin
Hazardous Substances & Public Health (vol. 6, n°
1) de l'ATSDR raconte l'histoire de cinq adolescents
de la Floride qui avaient trouvé cinq pots pleins de mercure.
Durant 25 jours, ils ont joué avec le mercure à
l'intérieur et à l'extérieur
de la maison, dans l'autobus scolaire, dans les salles
de classe, à la cafétéria, etc. Certains
en ont même mis dans leur bouche pour voir si leurs dents
deviendraient argent! Résultats : 50 maisons et 86 personnes
évacuées (jusqu'à 5 mois pour certaines),
l'école locale fermée pendant 4 jours et
nettoyée de fond en comble, plus de 400 individus testés
pour évaluation de leur exposition au mercure. Facture
: 795 457 $ US.
Puis, le numéro de l'été
1996 (vol. 6, n° 2) du même bulletin ainsi que le MMWR
(vol. 45, n° 20) relatent à leur tour l'histoire
d'un ancien édifice industriel de cinq étages
rénové pour faire des condominiums et dans lequel
du mercure métallique a été trouvé
au sous-sol. Les teneurs en mercure urinaire de certains occupants
étaient 5 fois plus élevées que la normale
(max. 102 µg/l). L'édifice a été
condamné par la municipalité en janvier 1996. Le
bulletin Hazardous Substances & Public Health est disponible
sur internet à l'adresse http://atsdr1.atsdr.cdc.gov:8080/HEC/hsphhome.html.
Pour connaître les étapes à suivre
pour réussir une décontamination suite à
un déversement de mercure métallique, consulter
le Bulletin d'Information Toxicologique (vol. 12,
n°2, avril 1996, p. 8-10) du Centre de Toxicologie du Québec
et du Centre Anti-Poison du Québec, disponible également
sur internet http://www.ctq.qc.ca.
Commission mixte internationale
La Commission a rendu public cet été
son Huitième rapport biennal sur la qualité de
l'eau dans les Grands Lacs. Si elle félicite
les intervenants gouvernementaux et privés des succès
de ces derniers 25 ans, la commission prévoit que la baisse
des exigences en matière d'environnement et les
coupures projetées au niveau du financement de la surveillance,
de la mise en oeuvre et de la recherche pourraient compromettre
les progrès réalisés jusqu'ici. L'organisme
continue la promotion du rejet zéro des substances toxiques
rémanentes et d'une transition vers une économie
plus durable sur les plans humain et environnemental. On peut
obtenir copie du rapport et des autres publications de la commission
auprès du bureau d'Ottawa, tél. 613-995-2984,
téléc. 613-993-5583.
Eaux souterraines et société
Un volumineux et intéressant rapport de l'INRS-Eau
a été publié en 1995 sous le titre Contexte
social de la gestion des eaux souterraines au Québec (Banton
O. et al., rapport no 441). Le document constitue une revue exhaustive
des volets législatifs, économiques, politiques,
sociaux et culturels de la gestion des eaux souterraines au Québec,
avec quelques comparaisons occidentales. Des recommandations ayant
contribué à la formulation du récent projet
de politique des eaux souterraines du gouvernement du Québec
sont aussi présentées.
Contamination des organismes aquatiques
Le ministère de l'Environnement et
de la Faune a mis à jour les critères de contamination
des organismes aquatiques dans son document Critères
de qualité de l'eau. Les gens intéressés
peuvent en obtenir une nouvelle copie en contactant madame Isabelle
Guay, tél. 418-521-3820 # 4771 ou 4770, téléc.
418-646-8483.
Valorisation des boues
Le Ministère des Ressources naturelles (MRN)
a rendu publique une étude intitulée Suivi environnemental
effectué à la suite de l'épandage
de boues d'épuration des eaux usées municipales
à la pépinière de Normandin. Le rapport
contient une évaluation des risques de contamination de
la nappe phréatique par les principaux éléments
minéraux et les métaux contenus dans les boues.
Des exemplaires peuvent être obtenus au MRN, Direction de
l'environnement forestier, 880, chemin Sainte-Foy, local
5.00, Québec, G1S 4X4, tél. 418-644-9719, téléc.
418-643-5651.
Saint-Laurent Vision 2000
Trois nouveaux rapports du volet Santé de
Saint-Laurent Vision 2000 sont maintenant disponibles gratuitement
en s'adressant à René-Claude Landry, Centre
de santé publique de Québec, 2400, D'Estimauville,
Beauport, QC, G1E 7G9, tél. 418-666-7000, # 311, téléc.
418-666-2776, rclandry@cspq.qc.ca :
Pour plus d'informations sur le volet santé
de Saint-Laurent Vision 2000, vous pouvez consulter le bulletin
Le Fleuve, vol. 6, n° 3, juin-juillet 1996. Il peut
être obtenu auprès de Nancy Lainé, Environnement
Canada, 1141, route de l'Église, 6 e
étage, Sainte-Foy, C.P. 10 100, Sainte-Foy, QC, G1V 4H5,
tél. 418-648-3444. Une liste des Projets du Volet Santé
(1993-1996) est aussi disponible en s'adressant au
Volet Santé, Saint-Laurent Vision 2000, Santé Canada,
1144, Immeuble principal, Parc Tunney 0301A1, Ottawa, K1A 0K9.
Bacillus thuringiensis (Bt)
Le Comité de santé environnementale
du Québec a rendu disponible le document de support à
l'avis de santé publique sur l'utilisation
du Bt. L'insecticide Bacillus thuringiensis et la santé
publique est disponible au coût de 12,00$ (ajouter une
taxe de 7%) (chèque à l'ordre CHUQ-Pavillon
CHUL) auprès de Renée-Claude Landry, Centre de santé
publique de Québec, 2400, D'Estimauville, Beauport,
QC, G1E 7G9.
Champs électromagnétiques
L'Institut de recherche en santé et
en sécurité du travail du Québec (IRSST)
a publié Bilan des normes et recommandations d'exposition
aux champs électromagnétiques (0 à 300 GHz)
et au rayonnement ultraviolet (rapport B-047). Les auteurs
sont du Centre de santé publique de Québec. Il peut
être obtenu en communiquant à l'IRSST, Direction
des communications, 505, boul. de Maisonneuve Ouest, Montréal,
QC, H3A 3C2, tél. 514-288-1551 # 215, téléc.
514-288-7636. Le coût est de 9,00 $ (taxes incluses). Le
document pourra s'avérer un outil précieux
pour toute personne appelée à évaluer les
risques associés à une exposition aux champs électromagnétiques.
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