Bulletin d'information en santé environnementale
Une publication du réseau de la santé publique du Québec - Volume 2 - No 5 - Septembre-octobre 1991
NDLR : Nous reproduisons ici un extrait
de la conclusion du livre du Dr Gaétan Carrier, publié
au printemps 1991. L'objectif de ses recherches visait
à améliorer la connaissance de la relation dose-effets
chez l'humain des BPC, dioxines et furannes. L'auteur
démontre que la cinétique de ces substances chez
les mammifères est non linéaire. Il identifie les
principaux facteurs biologiques responsables de cette non-linéarité
et en décrit le comportement dans l'organisme humain.
Gaétan Carrier développe également un modèle
mathématique qui permet de simuler, avec une bonne valeur
prédictive, le devenir de ces substances dans l'organisme
des mammifères; ce modèle est basé entièrement
sur des paramètres physiologiques. Les résultats
de ses recherches se résument en neuf points.
1. Parmi les espèces de mammifères
étudiées jusqu'à présent, la
sensibilité de l'être humain aux HAP-halogénés
se situe à mi-chemin entre la plus sensible des espèces,
le cochon d'Inde, et la plus résistante, le hamster.
(...)
2. À la suite d'une dose unique
de dibenzodioxines et de dibenzofurannes polychlorés, la
concentration corporelle atteinte est à peu près
identique chez le rat, le singe et l'humain, lorsque l'administration
de la dose se fait par voie orale ou intraveineuse. (...) 3.
Lorsqu'une dose est administrée quotidiennement
de façon chronique, la situation diffère totalement.
(...) Chez l'humain, nous estimons, avec notre modèle
toxicocinétique à base physiologique, qu'une
dose quotidienne d'environ 48 pg de TCDD éq/kg de
poids corporel/jour administrée chroniquement à
l'humain est suffisante pour induire des effets toxiques
sévères puisqu'elle se traduit par une charge
corporelle d'environ l g en TCDD éq/kg de p.c.,
charge à laquelle des effets toxiques apparaissent chez
plusieurs personnes. Notre modèle, qui tient compte de
la cinétique propre à chaque espèce, a rendu
possible la mise en lumière de cet élément
nouveau.
4. Il suffit d'une charge corporelle
de l µg à 5 µg en TCDD éq/kg de poids
corporel pour causer, chez l'être humain exposé
aux dibenzodioxines et dibenzofurannes polychlorés, un
syndrome comparable à celui des maladies de Yusho et de
Yu-Cheng. (...) Nous avons également établi que
les congénères toxiques de polychlorodibenzofurannes
contenus dans les tissus des patients de la maladie du riz sont
pratiquement les mêmes que ceux qui sont susceptibles de
se retrouver dans les tissus d'une personne qui serait
exposée aux produits de dégradation d'un
incendie de biphényles polychlorés. Nous en concluons
que les données tirées des recherches concernant
les maladies de Yusho et de Yu-Cheng constituent les meilleures
sources d'information pour l'analyse des risques
relatifs aux incendies de BPC.
5. Chez un adulte de poids moyen, la charge
corporelle en BPC requise pour causer des effets cliniquement
observables est estimée à plus de 500 mg. À
notre avis, compte tenu des mesures de mitigation adoptées
au sujet des BPC (interdiction de production, contrôle des
rejets, de leur transport et de leur élimination), il est
très peu probable que de tels effets soient de nouveau
observés chez l'être humain en raison d'une
exposition aiguë à ces substances. Cependant, il
est plus difficile de se prononcer sur leur potentiel d'effets
toxiques, notamment sur le système reproducteur, suite
à une exposition chronique à une faible dose. Aux
doses auxquelles nous sommes présentement exposés,
tout porte à croire que ce risque est faible. De plus,
ce risque ne pourra qu'aller en diminuant avec le temps.
6. Notre modèle permet de démontrer
qu'en raison de la non-linéarité de la cinétique,
le taux d'élimination des dibenzodioxines et dibenzofurannes
varie en fonction de la charge corporelle. (...)
7. Nos travaux démontrent qu'un
effet cancérigène est plausible chez les êtres
humains, du moins lorsque la charge corporelle est élevée.
Cette hypothèse est basée sur l'étude
de la plausibilité des résultats obtenus dans l'étude
épidémiologique effectuée sur les patients
de la maladie de Yusho, après leur intoxication en 1968.
Nous avons constaté avec étonnement que ces personnes
avaient en moyenne, au cours d'une période s'étendant
sur plusieurs années, des charges corporelles en TCDD éq.
comparables à celles qui ont causé des cancers hépatiques
chez le rat Sprague-Dawley, comme le révèle l'étude
de Kociba et al. (1978).
8. À notre avis, les doses virtuellement
sûres (DVS) préconisées par l'EPA (6
fg en TCDD éq./kg de p.c./j), le CDC (28 fg en TCDD éq./kg
de p.c./j) et la FDA (57 fg en TCDD éq./kg de p.c./j) surestiment
le risque réel de cancers. Il s'agit ici de doses
quotidiennes pouvant théoriquement induire un (1) cancer
supplémentaire par million de personnes sur une période
de 70 ans. (...) Grâce à notre modèle toxicocinétique
non linéaire à base physiologique qui tient compte
des paramètres propres à l'humain, nous estimons
que la dose nécessaire pour induire un (1) cancer par million
de personnes serait environ de 175 fg de TCDD éq./kg de
poids corporel par jour. (...)
9. Quant aux critères fondés
sur le postulat qu'un seuil existe en dessous duquel il
ne peut y avoir d'effets, cancérigènes ou
autres, nous considérons, à la lumière des
données actuelles, que si ce seuil existe, il est impossible
de le déterminer. Nous avons vu néanmoins que s'il
existe, il serait relativement faible.
Étant donné le fort potentiel
de toxicité de ces substances, leur longue persistance
dans l'environnement et dans les tissus des êtres
vivants, de même que leur totale inutilité dans notre
vie quotidienne, il nous paraît imprudent de recommander
comme niveau d'exposition acceptable, une dose quotidienne
moyenne qui serait plus élevée que celle à
laquelle l'être humain est exposé actuellement,
soit entre 2 pg et 4,2 pg en TCDD éq./kg de poids corporel
par jour durant une vie entière. La sagesse nous conseille
plutôt de chercher à réduire dans l'avenir
cette dose d'exposition.
L'espèce humaine est condamnée
à vivre sur la Terre, du moins suffisamment longtemps pour
qu'il vaille la peine de se préoccuper du problème
de contamination par les HAP-halogénés. Nous sommes
personnellement convaincus qu'il suffit d'une volonté
politique pour réduire graduellement la charge en HAP-halogénés
répandue sur la planète, sans que cette élimination
progressive ne soulève des problèmes majeurs. Les
mesures adoptées pour prévenir l'accumulation
des biphéniles polychlorés dans notre environnement
représentent un exemple de quasi-réussite qui doit
inspirer nos actions futures.
Notre environnement possède cette capacité
d'éliminer ces substances toxiques, mais le processus
d'élimination est très lent. Étant
donné que les différents écosystèmes
terrestres reposent sur un équilibre dynamique, il n'existe
qu'un seul moyen d'en arriver à une diminution
des quantités absorbées par les organismes vivants
: faire en sorte que les rejets dans l'environnement soient
toujours inférieurs aux quantités éliminées
par la nature, au cours d'une période de temps donnée.
RÉFÉRENCE
Carrier, Gaétan, Réponse de
l'organisme humain aux BPC, dioxines et furannes et analyse
des risques toxiques, Les éditions Le Passeur, Québec,
1991. Coût : 75.00 $ + TPS. Les éditions Le
Passeur, 10 rue Saint-Pierre, Québec, (Qc.), G1K 8A3, Tél.
: (418) 667-5348.
Dans Lanaudière, les projets de combustion de déchets dangereux par la compagnie Ciment Saint-Laurent font encore beaucoup de bruit. La compagnie, après l'abandon au printemps dernier du projet de brûler des BPC faiblement concentrés dans ses fours à ciment, souhaite maintenant pouvoir utiliser des huiles usées faiblement contaminées comme combustible d'appoint. Le DSC de Lanaudière a été sollicité pour se prononcer sur le sujet. Il émettra bientôt un avis quant au risque que ce procédé représente pour la santé publique, avis basé sur des données de littérature sur l'efficacité de destruction des huiles usées dans les fours à ciment et sur les émissions atmosphériques. Cependant, le DSC a précisé dernièrement dans un communiqué de presse, qu'il déplorait l'absence de consultation et d'implication de la population dans les discussions entourant la gestion des huiles usées au Québec. Conséquemment, les appréhensions et les craintes de la population à l'égard du projet de Ciment Saint-Laurent leur apparaissent légitimes. Le DSC demande notamment que les recommandations de la Commission Charbonneau sur la gestion des déchets dangereux soient mises de l'avant dans la région de Lanaudière et que la population soit impliquée dans la prise de décision.
(Source : DSC de Lanaudière)
L'Association minière
du Québec (AMQ) a publié au printemps 1991 un premier
bilan environnemental de l'industrie minière québécoise.
L'AMQ y suggère la création d'un
Régime Enregistré d'Épargne Environnement
(REEE) qui permettrait, selon eux, "de régler
de façon définitive la restauration des sites miniers
actuels et futurs au Québec". Elle propose également
que la restauration des parcs orphelins et rétrocédés
à la Couronne soit confiée à un organisme
gouvernemental, comme la SOQUEM, dont le mandat comprendrait aussi
la récupération des métaux pouvant encore
se trouver dans les résidus. L'AMQ a aussi adopté
un plan d'action triennal qui prévoit l'adoption,
cette année, d'une politique environnementale pour
l'ensemble de l'industrie minière du Québec.
Le bilan révèle entre autres que les opérations
minières génèrent annuellement 50 millions
de tonnes de résidus et autant de stériles. On
retrouve en moyenne 2,6 personnes responsables des aspects environnementaux
dans chaque entreprise minière au Québec, ce qui
reste bien supérieur à certains départements
de santé communautaire au Québec! Renseignements
: André Lavoie, Association minière du Québec,
(418) 657-2016.
Cantel met à la disposition des équipes d'intervention d'urgence un nouveau service qui permet l'accès direct à CANUTEC, 24 heures par jour en cas d'accident mettant en cause des marchandises dangereuses. En composant *666 d'un téléphone cellulaire, l'appelant pourra rejoindre directement le service d'urgence de CANUTEC à Ottawa (613-996-6666). Ce centre d'urgence-transport géré par Transports Canada est ouvert 24 heures par jour et offre un service de consultation en matière de produits chimiques et d'informations réglementaires en cas d'accident mettant en cause des marchandises dangereuses. Le service *666 est offert gratuitement et il est réservé aux appels d'urgence seulement. Pour des informations, CANUTEC peut être rejoint au (613) 992-4624.
(Source : Marchandises dangereuses Nouvelles,
vol. 11, no. 2, Été 1991)
D'après l'EPA,
la firme américaine Craven Laboratories, qui a effectué
des travaux sur la chimie de pesticides pour des titulaires d'homologation,
aurait peut-être falsifié des résultats d'études
sur les résidus et sur le devenir dans l'environnement.
Craven a été accusé d'avoir malhonnêtement
manipulé les données des études sur certains
pesticides, dont : le Manèbe (EBDC), le Tordon (piclorame),
le Round-up/Rodeo (glyphosate), le Parathion éthyl, etc.
Cependant, l'EPA considère que la consommation
d'aliments traités avec les pesticides couverts
par les données de Craven ne constitue pas un risque pour
la santé du public, puisque les études de la firme
américaine ne couvrent qu'une proportion limitée
de l'ensemble des études sur ces pesticides. Au
Canada, Santé et Bien-être Canada semble considérer
également comme peu probable que cette situation ait des
répercussions sur les denrées alimentaires vendues
au Canada, ou sur l'homologation d'un quelconque
pesticide en usage au Canada.
Le Velpar L, un herbicide utilisé dans l'aménagement des terrains boisés, a vu étendre son usage à l'épandage aérien pour la préparation des terrains à repeupler (moins de 500 ha). Selon les autorités responsables de l'homologation, ce produit ne laisse pas de résidus dans les aliments, mais compte tenu d'une exposition possible des utilisateurs, des mesures de réduction du risque ont été prises. Même si les données toxicologiques n'inspirent aucune crainte, Santé et Bien-être Canada recommande tout de même la prudence durant l'épandage, car Velpar L n'a fait l'objet d'aucune évaluation de l'exposition professionnelle.
(Source : Note à l'ACRP,
91-02 et C91-03, Agriculture Canada)
Pour la première fois, un jury vient de prononcer un verdict favorable à un plaignant dans un cas d'exposition aux dioxines. L'individu qui travaillait à un terminal routier de Saint-Louis, avait été exposé lors de la pulvérisation au sol d'huiles contaminées. Ce dernier a par la suite développé trois différentes et importantes maladies associées aux dioxines par plusieurs études. En 1981, dix ans après son exposition, on lui a diagnostiqué une maladie du foie (PCT). Il a également subit des problèmes intermittents de chloracné. En 1983, un angiosarcome a été découvert, maladie associée aux expositions à l'Agent orange chez les vétérans du Vietnam et par d'autres études d'exposition aux dioxines. La mort de l'individu en 1984 aurait été causée par cette exposition aux dioxines.
(Source :Envir. Health Letter, août
1991)
Le Comité de santé environnementale
des DSC (CSE) a déposé le 17 septembre 1991 un mémoire
devant la Commission de l'aménagement et des équipements
de l'Assemblée nationale du Québec. Dans
Mémoire sur la procédure d'évaluation
et d'examen des impacts sur l'environnement,
le CSE soutient que la procédure en vigueur au Québec
est de bonne qualité et qu'une réforme visant
une harmonisation avec les procédures fédérales,
tout en conservant une liste améliorée de projets
assujettis, serait souhaitable et réalisable à court
terme. Le CSE souligne la nécessité de conserver
les aspects de la justification du projet. Ils sont extrêmement
importants pour pouvoir balancer les risques et inconvénients
lors de la prise de décision.
Le CSE propose aussi quelques améliorations
à moyen terme de la procédure, à savoir l'évaluation
environnementale des programmes et politiques gouvernementaux,
l'établissement de limites acceptables de niveaux
de risque pour le gouvernement, l'élaboration des
capacités et limites de contamination de zones industrielles,
et la transformation du BAPE en agence gouvernementale autonome.
Les modalités d'une implication plus poussée
du MSSS et de son réseau sont aussi discutées.
La plupart de ces recommandations peuvent s'inscrire dans
le cadre législatif et réglementaire actuel. On
peut obtenir une copie du document en s'adressant à
Daniel G. Bolduc, 1401, 18e Rue, Québec, Qc. G1J 1Z4,
tél. : (418) 649-5577.
L'État de la Floride (Department
of Agriculture and Consumer Services) a récemment émis
un avis concernant la contamination du requin au mercure. Les
niveaux mesurés sont en moyenne de 1,48 ppm, avec des maxima
de 3,9 ppm. Une étude plus approfondie est en cours.
Les personnes à risque demeurent les femmes enceintes et
les jeunes enfants.
GESTION DES DÉCHETS MUNICIPAUX
L'Environmental Protection Agency américaine
a mis sur pied en mai un panel d'experts pour étudier
sur une période de trois ans les effets potentiels sur
la santé et les risques associés à la gestion
des déchets municipaux, en commençant par le recyclage.
Rappelons que le Comité de santé environnementale
des DSC du Québec a lui aussi mis sur pied un tel comité
en avril dernier avec la collaboration de l'UQAM, et vise
à produire un avis de santé publique global sur
la gestion des déchets en 1993.
À la manière américaine
habituelle, l'American Lung Association et cinq États
du Nord-Est des USA ont déposé un avis de poursuite
légale contre l'EPA pour réviser les normes
d'air ambiant concernant l'ozone. Diverses études,
incluant certaines conduites par l'EPA, font état
depuis quelques années de diminution de la capacité
respiratoire chez des adultes jeunes en bonne santé exposés
pour quelques heures à des niveaux de 0,08 ppm. On
en déduira facilement que les populations plus sensibles
sont fortement à risque. La norme québécoise
permet 0,08 ppm sur une heure, et elle est de plus en plus fréquemment
dépassée en milieu urbain au cours des dernières
années. Au Québec, le Règlement sur la qualité
de l'atmosphère est en cours de révision
depuis bientôt 2 ans.
Le Congrès américain a récemment
autorisé le budget annuel du National Institute of Environmental
Health Sciences pour un montant de 255 millions $. Au prorata
de la population, ceci représenterait un budget de 7 millions
$ en recherche en santé environnementale pour le Québec.
Il est toujours permis de rêver...
À la demande du docteur Jean Robert du DSC Saint-Luc, l'équipe de santé environnementale du DSC Maisonneuve-Rosemont a analysé, en juillet 1991, l'impact des émissions de polluants par l'incinérateur Des Carrières sur la santé de la population. Dans leur étude, le DSC s'efforce de répondre aux questions suivantes pour chacune des substances mesurées :
1° Une personne qui vit près d'un incinérateur risque-t-elle d'absorber une quantité significative des polluants émis par l'incinérateur, laquelle s'ajouterait aux quantités absorbées via d'autres sources?
2° Quel est le risque associé à cette exposition?
3° Étant donné le caractère cumulatif des dioxines et des furannes, l'incinérateur est-il une source importante de ces substances relativement à d'autres sources? En comparaison à d'autres incinérateurs, les quantités des polluants émises par Des Carrières sont-elles élevées? Ces émissions peuvent-elles avoir un impact à long terme?
4° Quelle est la signification des normes
ou critères d'acceptabilité pour les émissions,
par un incinérateur, de dioxines, de furannes et des autres
substances analysées?
Ce document avait pour objectif, entre autres, de fournir un cadre de réflexion sur l'ensemble des problèmes associés à la gestion des déchets, et plus particulièrement ceux associés à l'utilisation de l'incinération comme un de ces modes de gestion. Le document de 54 pages est disponible au DSC Maisonneuve-Rosemont. Pour plus d'information, communiquez avec Luc Lefebvre, DSC Maisonneuve-Rosemont, 5565, rue Sherbrooke Est - Bureau 470, Montréal, Qc., H1N 1A2. Tél. (514) 252-3994.
(Source : Luc Lefebvre, DSC Maisonneuve-Rosemont)
Une étude récente de l'EPA
et de l'école de santé publique de Harvard
présentée lors du congrès de l'American
Lung Association relie des excès de mortalité de
7% à chaque augmentation des matières totales en
suspension dans l'atmosphère de 1 µg/m3,
et de 5% à chaque augmentation de 100 µg/m3
de dioxyde de soufre, et ce, même en deçà
des normes environnementales. Les causes de mortalité
étudiées étaient la bronchite chronique,
la pneumonie et les problèmes cardiaques; l'étude
portait sur la région de Philadelphie pour la période
1973-1980. Les résultats devraient être publiés
sous peu dans American Review of Respiratory Disease.
Les résultats de tests de toxicité
chronique pour les substituts des CFC, les hydrochlorofluorocarbones,
ou HCFC-123, ont présenté des surprises pour DuPont
et Allied-Signal qui développent ces alternatives. Des
tumeurs bénignes du pancréas et des testicules chez
les rats mâles sont apparues lors des tests d'inhalation.
À suivre.
Une revue du potentiel de toxicité
des algues bleues-vertes met en évidence leur potentiel
cyanotoxique par le biais des toxines produites. W.W. Carmichael,
dans Health and Environment Digest, (vol.5, no.6, July
1991), met en garde contre les effets hépatiques, neurotoxicologiques
et gastro-intestinaux des algues Anabaena, Aphanizomenon, Nodularia,
Nostoc, Oscillatoria et principalement Microcystis.
Si le risque d'intoxication aiguë se limite surtout
aux animaux buvant ou nageant dans des eaux contaminées,
l'effet à long terme chez l'humain fait l'objet
de recherches. Des études récentes menées
au Japon et en Australie montrent que ces toxines peuvent produire
des tumeurs chez les animaux de laboratoire, et être considérées
comme des promoteurs du cancer chez l'humain. Les effets
prévisibles du réchauffement de la planète
risquent d'inclure une prolifération des algues,
et il faudra considérer cette possibilité au cours
des prochaines années.
On peut obtenir quelques communications
intéressantes présentées au 84th Air and
Waste Management Association Conference tenu à Vancouver
du 16 au 21 juin dernier (en appelant Mrs Tracy Shipley, Publications
Dept., 412-232-3444). Citons notamment :
- Ito, K., Thurston, G., Lippman, M., (no.
91-137.1) Association of Daily Mortality with Ambient Exposure
to Air Pollution Mixture: Particulate Matter, Sulfur Dioxide
and Acidic Aerosols; étudie le cas de Londres, en tentant
de séparer les effets individuels de ces polluants. Des
associations significatives avec les niveaux de pollution des
jours précédents et la mortalité sont mises
en évidence.
- Vidal, S., Blair, J., Manna, B., (no. 91-180.56) Adverse Respiratory Health Effects of Ambient Inhalable Particle Exposure; documente une augmentation de la symptomatologie respiratoire chez les enfants d'âge scolaire pour des niveaux de particules en suspension de 30 à 40 µg/m3. Rappelons que la norme québécoise autorise une moyenne géométrique annuelle de 70 µg/m3; le Règlement sur la qualité de l'atmosphère est en cours de révision depuis bientôt 2 ans.
Molfino, N.A., et al., Effect of Low
Concentrations of Ozone on Inhaled Allergen Responses in Asthmatic
Subjects, The Lancet, (July 27, 1991, vol. 338, no 8761,
p.199-203). Cette étude originale conclut que des niveaux
relativement bas d'ozone (de l'ordre de 0,12 ppm)
peuvent doubler la probabilité de réactions allergiques
aux pollens chez les asthmatiques. Le mécanisme impliqué
fait l'objet d'hypothèses. Comme les taux
d'ozone et de pollens ont tendance à être
à leur maximum pendant la même période estivale,
cette découverte pourrait s'avérer un facteur
explicatif important dans l'augmentation des cas d'asthme
signalés un peu partout au monde depuis 1970.
Linos A. et al., Leukemia and Non-Hodgkin's
Lymphoma and Residential Proximity to Industrial Plants, Arch.
of Envir. Health (March/April 1991, vol.46, no.2, p.70-74;
étude cas-contrôle de population menée en
Iowa et Minnesota qui met en évidence une légère
augmentation significative du risque de développer un lymphome
non Hodgkinien pour les individus demeurant à moins de
3,2 km d'une usine, ainsi que d'autres tendances non significatives.
Malgré des ajustements pour l'exposition aux pesticides,
pour l'occupation, le tabagisme, l'histoire familiale
de cancer et la classe sociale, il est possible qu'il ne
s'agisse que d'un effet de confusion étant
donné les bas niveaux de risque observés. Ceci
doit toutefois être mis dans le contexte d'une augmentation
des taux de ces cancers dans la région à l'étude.
Ershow A.G., Brown L.M., Cantor K.P.,
Intake of Tapwater and Total Water by Pregnant and Lactating Women,
Am. J. of Public Health (March 1991, vol. 81, no. 3);
les auteurs ont effectué une étude auprès
de 188 femmes enceintes, de 77 femmes allaitant et de 6 201
femmes contrôle pour évaluer plus précisément
l'apport quotidien en eau du robinet. Les résultats
montrent qu'une forte proportion de cette population (de
l'ordre de 10 %) boit jusqu'à 3 litres d'eau
par jour; les processus d'élaboration de normes
actuels ne tiennent généralement pas compte du comportement
de telles sous-populations à risque élevé.
Lire également : Dewailly, É.
and Joly, R., Contamination of Domestic Water Heaters with Legionella
pneumophila : Impact of Water Temperature on Growth and Dessemination
of the Bacterium. Environmental Toxicology and Water Quality:
An International Journal, 6: 249-257.
Pour vous tenir au courant des futures
controverses scientifiques et politiques dans le domaine de l'environnement,
rien de tel que la lecture de revues un peu plus radicales comme
The Ecologist. Toujours avec des arguments scientifiques
intéressants, vous pourrez lire dans le numéro de
mai/juin 1991 (vol.21, no.3) deux articles sur une critique de
la " propagande " pronucléaire.
On y démontre notamment la contribution de l'extraction
et du raffinage de l'uranium à l'effet de serre; avis à
l'industrie nucléaire! Abonnement auprès de The
Ecologist, MIT Press Journals, 55 Hayward Street, Cambridge, MA
02142, tél. : (617) 253-2866.
LIVRES ET RAPPORTS
Pour ceux que la prospective
intéresse, le MENVIQ vient de publier fin juin les résultats
d'une enquête de type Delphi menée au début
de 1991. Intitulée Défis et enjeux pour le ministère
de l'Environnement du Québec pour 1995 et 2000,
elle est disponible auprès du ministère.
Goulet, D. et al., Bilan des
activités en 1989, Service recherches en environnement
et santé publique, Vice-présidence Environnement,
Hydro-Québec, avril 1991, 27 p. Fait état des principales
réalisations des programmes de recherche et de développement,
et des activités du suivi environnemental effectuées
en 1989 par ce service d'Hydro-Québec.
La contamination du lait maternel par les organochlorés au Québec, juillet 1991, par Dewailly, É., Laliberté, C. et Gingras, S., du Service santé et environnement du DSC du CHUL en collaboration avec Albert Nantel et Jean-Philippe Weber du Centre de toxicologie du Québec. Ce rapport de 126 pages (plus les annexes) est le résultat d'un vaste projet de recherche visant principalement à établir les niveaux moyens de contamination du lait maternel au Québec par les composés organochlorés : BPC, BPC coplanaires, PCDD, PCDF, DDE. Une analyse par région du Québec est présentée. Ce document est disponible au coût de 20 $ au DSC du CHUL, a/s Antonyne Bourassa, 2050 boul. St-Cyrille Ouest, Sainte-Foy, Qc., G1V 2K8.
(Source : Denis Gauvin, DSC du CHUL)
Les comptes rendus d'une
récente conférence sur la santé et la sécurité
en milieu agricole seront disponibles en novembre prochain auprès
de Melvin L. Myers, NIOSH (404) 639-2376. Il s'agit de
la conférence intitulée Surgeon General's
Conference on Agricultural Safety and Health tenue en mai
1991 à DesMoines, Iowa. Les risques associés à
l'agriculture sont parmi les plus élevés
de tous les métiers, et tous les types de risques ont été
couverts lors de cette conférence, y inclus les cancers,
les effets immunitaires et d'autres sujets moins fréquemment
abordés.
Un autre rapport sur l'exposition
passive à la fumée de cigarette vient d'être
publié, cette fois-ci par l'EPA. On y traite notamment
des pathologies chez l'enfant et du cancer du poumon chez
l'adulte. Le rapport estime à 3 800 morts
par année chez les non-fumeurs l'impact de cette
exposition aux USA. Disponible auprès du NTIS, 5285 Port
Royal Rd, Springfield, VA 22161, USA. Le titre est Health
Effects of Passive Smoking : Assessment of Lung Cancer in Adults
and Respiratory Disorders in Children (PB90-26-1652).
Un rapport du General Accounting Office,
le service de recherche indépendant des députés
américains (tél. 202-275-6241) considère
que les données de consommation alimentaire utilisées
par l'EPA pour déterminer les niveaux de résidus
de pesticides acceptables dans l'alimentation ne sont pas
adéquates pour bien évaluer les risques pour les
nourrissons, les femmes enceintes et les femmes qui allaitent.
Les erreurs d'estimation dues à l'échantillonnage
pour ces sous-populations varient de 70 à 175 %.
Le National Academy of Sciences américain
presse le gouvernement américain d'agir dans le
dossier de l'effet de serre. Le rapport Policy Implications
of Greenhouse Warming (14,95 $) suggère donc un renversement
de la position américaine actuelle. Il est disponible
auprès de la National Academy Press (202) 334-3313.
Forrest, S. et P.-Y. Caux, 1990, Pesticides
in Tributaries of the St. Lawrence River : 1987-1988 Program
Report, Centre Saint-Laurent (Plan d'action Saint-Laurent),
134 p.
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