Catégories : Gestion du risque, Enfants Publié le 10/08/2007

Lyse Lefebvre(1)

(1)Pharmacienne, Direction de la toxicologie humai­ne,Institut national de santé publique du Québec, 945, avenue Wolfe, Québec (Québec) G1V 5B3. Téléphone: 418-650-5115, poste 4645; télécopieur: 418-654-2148. Courriel:lyse.lefebvre@inspq. qc.c.a.

Intoxicatioons chez enfants_photo

Les enfants sont fréquemment victimes d’intoxication et ce, en dépit des mesures préventives retrouvées sur le marché, tels les dispositifs à l’épreuve des enfants pour les médicaments, les emballages sécuritaires de plusieurs produits domestiques ainsi que l’information améliorée sur les produits devant être gardés hors de la portée des enfants. En 2005, plus du tiers des appels reçus au Centre Antipoison du Québec (CAPQ), soit 18 134 intoxications, concernaient des expositions chez des enfants de moins de 6 ans.

Plus de 92 % des expositions rapportées chez les jeunes enfants sont accidentelles, mais on rapporte aussi un nombre non négligeable d’erreurs thérapeutiques lors de l’administration de médicaments. En 2005, 1 171 erreurs thérapeutiques ont été signalées au CAPQ, ce qui représente 6,5 % de toutes les intoxications pour ce groupe d’âge.

Les enfants qui sont le plus à risque d’intoxication sont les petits âgés de 1 à 3 ans qui ont été victimes de 10 708 intoxications en 2005, soit 60 % de toutes les intoxications rapportées chez les moins de 6 ans. Le tableau 1 montre la répartition des intoxications selon l’âge chez les jeunes enfants. Les garçons, en raison de leurs comportements plus turbulents, sont plus fréquemment victimes d’intoxications accidentelles que les filles. Les statistiques démontrent qu’ils représentent 54 % des intoxications rapportées pour les moins de 6 ans en 2005.

Tableau 1. Répartition des intoxications selon l’âge

Intoxication chez les enfants_tableau 1

Cependant, en dépit du nombre important d’incidents rapportés, la majorité des intoxications pédiatriques ne s’avèrent que peu ou pas toxiques et entraînent peu de morbidité et de mortalité. En effet, 82 % des événements rapportés au CAPQ pour ce groupe d’âge ne requièrent aucun traitement. De plus, parmi les enfants ayant nécessité une intervention, 80 % ont pu être traités à domicile.

Les produits d’usage domestique et les médicaments sont impliqués dans 51 % et 46 % respectivement des intoxications pédiatriques1.

Intoxications par les produits domestiques

Produits de nettoyage

Les produits domestiques les plus fréquemment rencontrés lors d’intoxications pédiatriques sont évidemment ceux qu’on retrouve naturellement dans l’environnement de l’enfant, soient les produits de nettoyage domestiques, les cosmétiques et produits de soins personnels, les plantes d’intérieur ou d’extérieur selon la saison.

Les produits de nettoyage domestiques de toutes sortes sont la première cause d’intoxication non médicamenteuse chez l’enfant de moins de 6 ans. En 2005, 2 394 expositions accidentelles à ces produits ont été rapportées pour des enfants de ce groupe d’âge dont plus de 55 % sont survenues chez des enfants de moins de 2 ans1. Beaucoup de ces expositions surviennent alors que l’enfant s’amuse près de l’adulte qui en a la charge. Par exemple, bébé met les doigts dans le compartiment de savon du lave-vaisselle et les porte à sa bouche; il s’amuse avec le vaporisateur de nettoyeur tout usage et reçoit un jet dans le visage et dans la bouche; il boit un peu de savon à lessive du contenant qui était dans la poubelle. On estime que ce type de comportement main-bouche se produit jusqu’à 10 fois l’heure chez le jeune enfant2.

Parmi les produits de nettoyage usuels, les savons à vaisselle et les détersifs pour les vêtements sont le plus souvent mis en cause. Ces produits contiennent pour la plupart des détergents anioniques et non ioniques dont la toxicité est essentiellement locale pouvant entraîner une irritation des yeux et des muqueuses lors d’exposition locale ou des nausées et vomissements lors d’ingestion3. On se contentera donc de nettoyer la peau et/ou les yeux avec de l’eau lors d’un contact avec ces produits. En cas d’ingestion, on recommandera de ne pas donner de liquides ou d’aliments dans l’heure qui suit l’exposition afin d’éviter que l’enfant ne vomisse. En cas de vomissements, on surveillera l’apparition de symptômes comme la toux qui pourrait signaler une pneumonie chimique suite à l’aspiration du produit moussant. L’expérience du CAPQ montre que plus de 95% de ces expositions n’entraînent que des effets minimaux sans conséquences pour la santé de l’enfant.

La plupart des détergents pour lave-vaisselle sont alcalins avec des pH de 10.5 à 12.5. Les nettoyeurs liquides ont généralement un pH plus élevé que les formes granulaires. Ces produits peuvent être irritants ou corrosifs selon leur composition, leur concentration, leur forme physique, la durée de l’exposition et leur viscosité3. Les symptômes de l’exposition peuvent varier de l’irritation légère à des brûlures sévères. Chez les jeunes enfants, la plupart des expositions aux détergents pour lave-vaisselle rapportés au CAPQ n’ont entraîné aucun symptôme grave, probablement en raison de la durée d’exposition qui est généralement très courte.

L’eau de Javel domestique contient entre 4 et 6 % d’hypochlorite de sodium. À cette concentration, l’exposition ne cause que des symptômes mineurs d’irritation cutanée, oculaire ou digestive selon la voie d’exposition.

Les désinfectants et les nettoyeurs tout usage peuvent contenir des solvants ou des corrosifs. Lorsqu’ingérés en grande quantités, ils peuvent causer, outre les brûlures, des symptômes tels qu'acidose métabolique, dépression du système nerveux central (SNC), pneumonie d’aspiration ou dommages hépatiques et rénaux4. Les nettoyeurs pour le four contiennent pour la plupart de l’hydroxyde de sodium et le contact, même bref, peut entraîner des brûlures.

Cosmétiques et produits de soins personnels

Les produits de soins personnels et les cosmétiques sont souvent laissés à la portée des enfants. Par exemple, l’enfant boit du shampooing laissé près de la baignoire ou veut imiter maman en appliquant du rouge à lèvres ou de la crème pour le visage.

La plupart des produits de maquillage comme les crèmes, fards, vernis à ongles ou rouges à lèvres ne sont que peu ou pas toxiques. Cependant, les eaux de Cologne, les parfums et les gargarismes contiennent des concentrations d’éthanol pouvant aller jusqu’à 70 % et peuvent causer des symptômes d’ébriété et de dépression du SNC lorsqu’ingérés par un jeune enfant.

À noter aussi parmi les produits de soins personnels susceptibles d’entraîner une intoxication grave voire mortelle, les dissolvants à vernis à ongle sans acétone qui peuvent contenir du méthanol, un alcool toxique qui peut entraîner le décès après ingestion d’aussi peu que 0,5 ml/kg3.

Enfin, les shampooings sont des irritants du tractus gastro-intestinal qui peuvent causer des nausées et des vomissements.

Plantes

Des 1 039 expositions à des plantes d’intérieur ou d’extérieur survenues chez les enfants de 0-5 ans en 2005, 549 (soit plus de 52 %) impliquaient des enfants de moins d’un an. En effet, les plantes d’intérieur sont souvent les premiers objets que l’on retrouve dans l’environnement du bébé laissé dans une marchette ou qui commence à ramper. Le nombre d’intoxications diminue rapidement par la suite, se situant à 253 entre 1 et 2 ans, 117 de 2 à 3 ans , 64 de 3 à 4 ans et 34 de 4 à 5 ans. Bien que bon nombre de ces incidents n’entraînent que peu ou pas de symptômes et se limitent souvent à une irritation digestive, certaines plantes peuvent entraîner des symptômes graves. En 2005, 34 enfants ont dû être traités en milieu hospitalier1.

Parmi les plantes d’intérieur fréquemment retrouvées dans les foyers québécois, plusieurs tel le, le bégonia (Begonia Rex), l’oreille d’éléphant (Alocasia), le Philodendron et le lys de paix (Spathyphyllum) contiennent des oxalates et peuvent causer des brûlures de la bouche et de la gorge. Le cerisier de Jérusalem (Solanum Pseudocapsicum) contient de la solanine responsable de nausées, vomissements, hypersalivation, bradycardie et paresthésies. L’hydrangée (Hydrangea) contient des glycosides cyanogènes alors que l’azalée (Rhododendron) et le laurier-rose (Nerium Oleander) peuvent entraîner des symptômes cardiotoxiques. Dans le cas de ce dernier, une seule feuille pourrait entraîner le décès d’un adulte5. De nombreuses plantes dont l’Amaryllis, le croton (Codiaeum variegatum), le houx (Ilex aquifolium) et le piment décoratif (Capsicum annuum) peuvent aussi entraîner des symptômes digestifs ou des dermatites5,6.

L’intoxication par les plantes chez les jeunes enfants est facilement évitable en retirant les plantes de l’environnement immédiat de l’enfant. Une sage précaution consiste à s’assurer de connaître le nom des plantes que l’on possède afin de faciliter l’évaluation du risque lors d’ingestion accidentelle.

Pesticides

Les pesticides constituent la 5e cause d’intoxication non médicamenteuse chez l’enfant après l’ingestion de corps étrangers. Les données du CAPQ pour 2005 font état de 439 cas dont plus de 75 % sont consécutifs à des ingestions accidentelles1.

Ce sont les organophosphorés qui sont le plus souvent mis en cause. Ces insecticides qu’on retrouve dans de nombreux produits pour maisons et jardins peuvent être absorbés tant par voie cutanée que par voie orale. Ils peuvent entraîner des effets cholinergiques tels myosis, hypersalivation, incontinence, bradycardie et dans les cas sévères, coma, convulsions, dépression respiratoire et arythmies. Les intoxications graves sont cependant rares7.

Intoxications médicamenteuses

Des enfants de moins des 6 ans ont été impliqués dans 8 354 intoxications rapportées au CAPQ en 2005. Contrairement aux intoxications par les produits domestiques qui sont essentiellement accidentelles, les intoxications médicamenteuses ne sont accidentelles que dans 75 % des cas. En effet, 1 571 de ces cas étaient dus à des erreurs thérapeutiques, ce qui représente plus de 15 % des intoxications médicamenteuses pédiatriques1.

Ces erreurs d’administration des médicaments sont très souvent dues à un manque d’attention ou de compréhension de la dose à administrer résultant dans l’absorption de doses supra-thérapeutiques. Elles peuvent aussi résulter d’un manque de communication entre les différentes personnes responsables de l’enfant entraînant la répétition d’une dose déjà administrée.

En 2005, 1 555 enfants de 0 à 5 ans intoxiqués par médicaments ont consulté en milieu hospitalier.

Analgésiques, antipyrétiques, anti-inflammatoires

Les analgésiques, antipyrétiques, anti-inflammatoires sont la première cause d’intoxication chez l’enfant de moins de 6 ans. En 2005, l’acétaminophène a entraîné à lui seul 1 857 intoxications pédiatriques, dont plus de 20 % sont dues à des erreurs thérapeutiques1. L’intoxication aigue par l’acétaminophène peut entraîner des dommages hépatiques à des doses supérieures à 200 mg/kg, ce qui correspond à aussi peu que quatre comprimés de 500 mg pour un enfant de 2 ans qui pèse 10 kg. Il est important de noter que, chez l’enfant, les dommages hépatiques sont plus susceptibles de survenir consécutivement à un surdosage chronique qu’après une dose élevée unique7.

Pour la même période, l’ibuprofène était responsable de 914 intoxications dont 15 % étaient consécutives à des erreurs d’administration1. Généralement peu toxique, l’ibuprofène peut entraîner des effets néphrotoxiques à doses très élevées mais chez l’enfant, les symptômes observés sont principalement dus à l’irritation digestive (nausées, vomissements) 3.

Médicaments pour la peau et les muqueuses

Cette catégorie de médicaments regroupent tous les produits dermatologiques, les gouttes et onguents ophtalmiques et otiques ainsi que les antisudorifiques. Bien que responsables de nombreux incidents, la majorité de ces produits n’entraînent pas de conséquences graves chez les enfants exposés. Les produits pour l’érythème fessier contenant de l’oxyde de zinc, non toxique, comptent pour plus de 15 % des intoxications par les produits pour peau et muqueuses. Par contre, l’alcool à friction contenant la plupart du temps de l’isopropanol peut, en surdosage, entraîner la dépression du SNC, le coma et l’arrêt respiratoire3.

Médicaments contre la grippe

Les médicaments contre la grippe peuvent contenir des antihistaminiques, décongestionnants, antitussifs, expectorants ainsi que des antipyrétiques comme l’acétaminophène ou l’ibuprofène. Ils sont disponibles sous formes de comprimés, comprimés à croquer, sirops et même sucettes agréables au goût qui les rendent particulièrement attrayants pour les tout-petits et augmentent la possibilité d’ingestion de quantités significatives et le risque d’intoxication grave. Les sirops contenant des antitussifs narcotiques recèlent un potentiel élevé de dépression respiratoire et sont particulièrement dangereux pour les jeunes enfants, même à des doses légèrement plus élevées que les doses thérapeutiques.

En 2005, on a rapporté 977 intoxications par des médicaments contre le rhume chez les enfants de moins de 6 ans dont plus de 36 % sont dues à des erreurs thérapeutiques1. Une fois de plus, la vigilance des personnes responsables de l’enfant pourrait éviter bon nombre d’expositions à des doses supra-thérapeutiques de médicaments.

Vitamines et minéraux

Les vitamines et minéraux et plus particulièrement les multivitamines sont la cause de nombreuses ingestions accidentelles chez l’enfant. Des 627 intoxications rapportées au CAPQ en 2005 pour les 0-5 ans, plus de 96 % n’ont nécessité aucun traitement ou ont pu être traités à domicile1. En effet, à l’exception des vitamines contenant du fer ou du fluor, ces composés ne sont habituellement que peu ou pas toxiques lors d’ingestion aigue unique. Les vitamines liposolubles (A, D, E, K) pourraient théoriquement être toxiques mais l’expérience montre qu’en surdosage aigu, la dose ingérée doit être extrêmement élevée pour entraîner des symptômes d’intoxication, situation extrêmement rare lors d’ingestion accidentelle chez le jeune enfant. Par contre, les comprimés de fer ou les multivitamines avec fer peuvent entraîner des intoxications graves et constituent une des causes importantes de décès par intoxication chez l’enfant7. Les vitamines prénatales contiennent des quantités importantes de fer et sont fréquemment mises en cause lors d’intoxications pédiatriques.

Des poisons mortels

Les caractéristiques des intoxications diffèrent significativement chez les jeunes enfants comparativement aux expositions chez les adolescents et les adultes. La plupart des expositions sont non toxiques parce que l’intention est essentiellement exploratoire plutôt qu’intentionnelle8. Il en résulte que la quantité ingérée est la plupart du temps minime limitant ainsi les conséquences de ces intoxications accidentelles.

Certains auteurs parlent de la règle de « un comprimé » selon laquelle, une dose thérapeutique adulte ne devrait pas produire de symptômes significatifs d’intoxication chez un enfant9. Par exemple, un enfant de 2 ans pesant 10 kg devrait ingérer environ 10 comprimés de sulfate ferreux 325 mg avant de présenter des symptômes d’intoxication par le fer mettant sa vie en danger. Bien que cette règle soit vraie pour la plupart des expositions accidentelles chez l’enfant, certains agents peuvent entraîner une intoxication possiblement mortelle après ingestion d’aussi peu qu’un ou deux comprimés ou gorgées8.

Les bloqueurs du canal calcique, utilisés pour le traitement de plusieurs conditions médicales comme l’hypertension, l’angine, les arythmies supra-ventriculaires et la prévention des migraines, même s’ils n’ont été impliqués que dans 14 intoxications chez les moins de 6 ans en 2005, ont nécessité l’hospitalisation de 10 d’entre eux1. Plusieurs autres médicaments, comme les antidépresseurs tricycliques, les sulfonylurées utilisés dans le traitement du diabète, les salicylés (aspirine et dérivés), les analgésiques narcotiques comme la morphine et la codéine, l’antidiarrhéique diphénoxylate (Lomotil®) ainsi que la clonidine, un antihypertenseur, qu’on utilise de plus en plus dans le traitement des troubles de déficit de l’attention et de l’hyperactivité chez l’enfant, sont tous des médicaments susceptibles des causer des intoxications graves à la suite de l’ingestion d’aussi peu qu’un ou deux comprimés.

Le camphre est aussi un ingrédient qu’on retrouve dans plusieurs produits sans ordonnance comme des liniments et les carrés de camphre utilisés, encore de nos jours, pour prévenir ou traiter les symptômes du rhume. Un petit carré de camphre pèse 15 g et une cuillerée à thé d’huile camphrée 20 % contient 1 g de camphre. Aussi peu que 1 g de camphre s’est avéré fatal pour un enfant de 19 mois3,10. Le camphre étant absorbé, non seulement par ingestion, mais aussi par inhalation et par voie cutanée, il est facile d’imaginer à quel point l’usage de ce produit chez l’enfant est dangereux.

Les alcools toxiques, particulièrement le méthanol et l’éthylène glycol sont extrêmement toxiques à faible dose et même si plusieurs expositions à ces substances s’avèrent non significatives en raison de la surestimation de la quantité ingérée, toute exposition à ces produits doit être considérée sérieuse en raison du potentiel toxique des produits en cause.

Le combustible à fondue, le lave-glace pour vitres d’automobile, les dégivreurs de conduites d’essence ou les dégivreurs de serrures contiennent également de fortes concentrations de méthanol. Ce dernier peut entraîner des symptômes d’intoxication sévère incluant cécité, coma et acidose métabolique à la suite de l’ingestion d’aussi peu que 0,25 ml/kg, des décès étant survenus à la suite de l’ingestion de 0,5 ml/kg de méthanol pur3.

La dose létale de l’éthylène glycol (antigel de radiateur) est estimée à 1,4 ml/kg et des décès ont été rapportés après ingestion de 30 à 60 ml3. L’éthylène glycol peut entraîner le coma, l’acidose métabolique et l’insuffisance rénale.

Conclusion

Les intoxications chez les jeunes enfants sont très fréquentes. Même si la plupart d’entre elles sont mineures et n’ont que peu ou pas de conséquences pour la santé de l’enfant, la possibilité que le produit ingéré soit très toxique ne peut être écartée.

« Tenir hors de portée des enfants » est une recommandation essentielle en matière de prévention des intoxications mais elle s’avère souvent insuffisante. En effet, environ la moitié des intoxications accidentelles surviennent alors que le produit était utilisé au moment de l’ingestion ou avait récemment été déplacé de son endroit habituel d’entreposage8.

Les intoxications par des médicaments se retrouvant dans le sac à main d’un visiteur ou alors que l’enfant est confié à la garde des grands-parents, moins habitués à la présence des enfants dans leur maison et qui peuvent laisser des médicaments à la portée des tout-petits, sont tellement fréquentes que ce phénomène a été nommé Granny Syndrome11.

Il faut aussi se méfier des contenants à l’épreuve des enfants. En effet, plusieurs petits débrouillards ont suffisamment de dextérité pour ouvrir ces contenants.

Enfin, plusieurs erreurs thérapeutiques pourraient être évitées par une meilleure communication entre les différentes personnes responsables de l’enfant et par une vérification attentive de la posologie avant l’administration d’un médicament.

Références

1. Centre antipoison du Québec, Statistiques d’into­xication chez les enfants de 0 à 5 ans, non publié.

2. Reed KJ, Jimenez M, Freeman NC, Lioy PJ. (1999). Quantification of children’s hand and mouthing activities through a videotaping methodology. J Expo Anal Environ Epidemiol. Sep-oct; 9(5):513-20.

3. Klasco RK (Ed): POISINDEX® System. Thomson Micromedex, Greenwood Village, Colorado, vol 131, (Edition expires March 2007).

4. Riordan M, Rylance G, Berry K.(2002). Poisoning in children 4: household products, plants, and mushrooms. Arch Dis Child. Nov; 87(5):403-6.

5. Dart RC. (ed).(2004). Medical toxicology, 3rd ed., Philadelphia: Lippincott, Williams & Wilkins, 1665-1752

6. Olson, KR (ed). (2004). Poisoning & Drug Overdose, 4th edition, New York: Appleton & Lange, pp.309-19

7. Bates N, Edwards N, Roper J, Volans G (eds) (1997). Paediatric Toxicology, Handbook of Poisoning in Children, New York: Stockton Press, 5411p.

8. Michael JB, Sztajnkrycer MD. (2004). Deadly pediatric poisons: nine common agents that kill at low doses. Emerg Med Clin North Am. Nov; 22(4):1019-50.

9. Tenenbein M. (2000).Poisoning pearls regarding the very young. Clin Pediatr Emerg Med, 1; 176-179.

10. Phelan WJ (1976). III: Camphor poisoning: over the counter dangers. Pediatrics, 57:428-431.

11. McFee RB, Caraccio TR. (2006). «Hang Up Your Pocketbook» — an easy intervention for the granny syndrome: grandparents as a risk factor in unintentional pediatric exposures to pharmaceuticals. J Am Osteopath Assoc. Jul; 106(7):405-11.

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