L’arsenic inorganique (As) est un métalloïde susceptible de se retrouver de façon naturelle dans l’eau. Entre 1983 et 1987, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune a échantillonné plus de 40 000 puits de captage au Québec et procédé à l’analyse de différents paramètres, dont l’As1. Selon les résultats de cette caractérisation, 3,9 % des 2 919 puits échantillonnés en Estrie présentaient une concentration en As supérieure à 10 µg/L, soit la concentration maximale acceptable recommandée au Canada2. Plusieurs études épidémiologiques ont permis d’observer que l’ingestion d’une eau contenant des concentrations relativement élevées en As pouvait induire plusieurs types de cancer, dont celui de la peau, des poumons et de la vessie3. À l’exception des analyses effectuées lors de l’installation d’un nouveau puits, les propriétaires de puits privés ne sont pas assujettis au Règlement sur la qualité de l’eau potable4.
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L’eau souterraine a toujours été une source importante d’approvisionnement en eau potable pour les populations. Jusqu’au XXe siècle, les effets potentiels de la consommation de ces eaux sur la santé étaient peu connus, d’autant plus qu’elles étaient réputées être plus sûres que les eaux de surface. Le risque de contamination associé à la profondeur du puits était toutefois considéré, les puits peu profonds étant reconnus comme une source d’eau moins fiable nécessitant souvent une forme minimale de traitement, telle la désinfection au chlore. De leur côté, les puits plus profonds étaient traditionnellement considérés plus sûrs pour la consommation humaine et ce, sans qu’ils ne requièrent un quelconque traitement. On supposait alors que la filtration s’effectuant de façon naturelle par le sol ainsi que l’imperméabilité de certaines formations géologiques étaient suffisantes pour assurer une eau d’excellente qualité. Or, plusieurs études portant sur des épidémies causées par des infections bactériennes ou virales associées à la consommation d’eau souterraine non traitée ont par la suite suggéré que ce n’était pas toujours le cas. Notons qu'au Canada, environ 30 % de la population (soit 9 millions de Canadiens) est approvisionnée par de l’eau souterraine1 tandis qu’au Québec, cette proportion est d’environ 18 %2.
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